Ashita no Sekai



 

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Féminin

Age : 36
Métier : Médecin

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Cavalière
Sujet: Amber Kaiso
Sam 2 Juin - 22:11

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Informations complémentaires
Depuis: 2062
Réputation: Piquante
Arme(s) utilisée(s): Seringues et bandages
AMBER KAISO



▬ Age 35 ans
▬ Date de naissance 31 Octobre 2029
▬ Nationalité  Japonaise
▬ Groupe  Cavaliers
▬ Métier  Médecin
▬ Avatar  Jenny par WarrenLouw - Modification des yeux par Jian Wan
▬ Code du règlement :








Amber ici présente est une jeune femme tout ce qu’il y a de plus normale, physiquement parlant en tout cas. Enfin, tout dépend de la notion de normalité mais globalement, rien d’exceptionnel. Du haut de son mètre 76, elle ne domine pas le monde entier mais souvent ses consœurs. Ce qui n’est pas forcément pour lui déplaire, n’aimant pas faire comme tout le monde. Aucune solidarité féminine pour le coup. Elle peut en plus gagner quelques centimètres selon les chaussures qu’elle aura aux pieds.
Ajoutez à ceci un poids correct, ni surpoids ni anorexie en ce qui la concerne, de 75 kilos qui, combiné à des soins quotidiens, lui apporte une allure svelte et élancée. Enviée par certaines parfois aussi. Les soins en question tiennent dans une alimentation équilibrée mais surtout dans la pratique régulière de quelques activités physiques telles que le tai-chi, le taekwondo et l’escalade, indoor ou non selon les disponibilités. Tout ça la musclant joyeusement sans en faire une montagne de muscles bodybuildée aux anabolisants. Et non, aucun miracle dans cette silhouette. Un beau petit morceau d’humanité donc.

Passons maintenant à sa jolie caboche très bien remplie. Cette dernière est d’une forme ovale des plus classiques. Son front n’est ni haut ni bas, seulement légèrement bombé, sa mâchoire ne déforme pas ses traits et son menton est lui aussi tout à fait normal, ni fuyant ni quoi que ce soit d’autre.
Contrairement à ses parents ou ses frères, japonais pure souche aux yeux bridés, les siens, au nombre de deux, ont une jolie forme en amande et sont aussi bleu qu’un ciel d’été. Ils possèdent toujours un petit éclat vif et alerte. Ils sont agrémentés de cils naturellement longs et fournis qu’elle n’embarrasse pas de mascara. Sauf exception, mais au quotidien, jamais. Par contre, une petite pointe d’eye-liner est de rigueur quelle que soit l’occasion. Ses sourcils sont en revanche fins, sans être invisibles, et épilés au jour le jour. Son nez est droit et la base des narines fine.
Quant à ses lèvres, elles sont bien dessinées, non charnues et souvent accompagnées d’un rouge à lèvre à la teinte discrète. Aucune chance de la voir avec un rose pouf … sauf pari débile perdu. Lorsqu’elle sourit, avec cynisme et sadisme la plupart du temps, on peut voir une rangée de dents blanches et saines. Sa voix, dont le timbre est d’ordinaire clair, en impose naturellement. Elle n’a pas besoin d’hausser la voix pour se faire écouter et s’exprime avec une facilité déconcertante. Surtout quand il s’agit d’émettre une pointe de sarcasme.
Ses cheveux sont raides et noirs. Si elle veut des boucles, il lui faut sortir le fer adéquat … et c’est une perte de temps qu’elle n’accepte que de façon ponctuelle. Comme pour le mascara. De manière générale, elle privilégiera le naturel à un trop plein de mise en scène. De plus, elle les aura rarement plus longs que la hauteur des épaules pour ne pas être emmerder dans son boulot. Le cas échéant, elle les attachera pour ne pas les avoir dans les yeux : chignon la plupart de temps. Fantaisie si l’envie lui prend ou qu’un événement l’y oblige. Ses oreilles sont percées une seule fois, au lobe, et ses boucles s’accorderont toujours avec sa tenue.
Sa peau, douce au toucher, est un peu plus claire que la normale, tirant même un peu sur le laiteux. Mais rien de bien distinctif et ce n’est pas un symptôme d’une quelconque maladie non décelée. Cette couleur peut varier en été si elle prend le temps de lézarder au soleil, pour peu qu’elle n’ait pas oublié la crème solaire.

Si Amber ne possède aucune cicatrice, pas même la classique de l’appendicite, elle s’est fait tatouer un petit scorpion, son signe astrologique, sur son épaule droite et possède un piercing, simple et noir, sur la narine gauche.
Dans les petits signes particuliers, il peut être à noter qu’elle est somnambule. Mais c’est un détail mineur …

Côté vestimentaire, il n’y a rien de particulier à mentionner si ce n’est qu’elle porte des vêtements bien taillés et adaptés à sa personne. Elle peut se permettre de porter un peu tout ce qu’elle veut sans se prendre la tête. Paris, idiots ou non, entre amis mis à part, jamais elle n’optera pour du vulgaire ou du provocant. Elle a tout de même un certain goût, une certaine classe qu’elle maintient sans forcément y faire attention. Il faut tout de même remarquer qu’elle se baladera pieds nus si le temps et l’environnement le lui permet, d’autant plus en été.
Côté professionnel, si elle est de garde, elle sera en combinaison parce que les chimères n’ont pas vraiment pour habitude de vous laisser le temps de vous habiller. Si elle est juste en poste à la base, elle sera en civile sous son indémodable blouse blanche de rigueur. Les poches de celle-ci contiennent les bricoles habituelles mais aussi une seringue et un flacon de morphine …







Amber est quelqu'un de relativement froid et distant au premier abord. Et même au second en fait. Ça, c'est un fait indéniable. Un véritable glaçon. Il faut attendre le troisième ou quatrième abord pour qu’elle veuille bien daigner  augmenter sa température interne. Non pas qu’elle soit méchante (quoique …), c’est juste qu’il faut qu’elle connaisse les gens pour apparaître telle qu’elle est vraiment. Douce et attentive. Mais il faut prendre le temps de la connaitre pour ça et de passer outre la première impression qu’elle donne.
Que ce soit avec des collègues, sa famille ou des amis, on peut également affirmer qu'elle est râleuse parfois, médisante par moment. Mais la jeune femme est surtout … cynique et sarcastique. Elle s'y donne avec grand plaisir à longueur de journée. Un véritable sport pour elle. Personne n'y réchappe. Vraiment personne. Surtout si vous lui tapez sur les nerfs. D’autant plus si vous la prenez pour une imbécile. Ce qu'elle n'est pas. Amber dispose d’un sang-froid et d’une maîtrise de soi à toutes épreuves, à quelques exceptions personnelles près. Cependant, en la cherchant vraiment, si vous aviez des envies suicidaires par exemple, vous risqueriez de la trouver … et dans ce cas, elle répliquera quelle que soit la situation dans laquelle elle se trouve. Ce qui n’est pas forcément très bon pour vous. Surtout si elle a une seringue entre les mains.
Paradoxalement, c'est dans sa nature de prendre soin des autres et elle ne laissera jamais tomber quelqu'un. Tous ses collègues vous le diront. Même un parfait inconnu qui serait tombé dans la rue. De plus, on aura beau lui reprocher tant qu'on voudra d'être froide, distante et légèrement sadique par moment, mais elle exerce son métier avec beaucoup d'attention, elle tient à ses malades sans que ça y paraisse …
Non, en fait, c'est juste qu'en cas de décès, il faut remplir de la paperasse et ça l’horripile.

Ce qu’elle déteste par-dessus tout, le racisme, l’intolérance et l’irrespect des idéaux des autres. Selon elle, on est tous libre de croire en qui ou en quoi nous voulons. Elle n’aime pas non plus les gens malpolis et imbus d’eux-mêmes. Elle n’apprécie pas avoir tort, et encore moins quand cela concerne son propre champ d’expertise, mais elle saura le reconnaître et s’excuser si besoin.
Elle a également du mal avec toute personne n’étant pas capable de fournir des faits et des sources pour étayer ses propos. De la même façon, elle n’aime pas gaspiller son temps donc elle risque de se montrer sèche et cassante si vous lui en faites perdre.

Côté divertissements, elle apprécie la lecture, encore plus si c’est dans un transat au soleil. Surtout les revues médicales et articles de ce genre pour se tenir à jour et soigner au mieux ses potentiels patients. Mais elle ne dira certainement pas non devant un bon roman de science-fiction. Il lui arrive également d’aller au cinéma de temps à autre mais elle n’a pas de genre favori. Elle est toutefois légèrement rétro dans ses goûts. Musicalement parlant, de la musique instrumentale, qu’elle soit tirée de films, jeux vidéo ou pas, ou de la musique d’ambiance s’entendra toujours dans son appartement, en fond sonore plus ou moins élevé. Quand elle se balade avec son casque rivé aux oreilles, il faut prendre les mêmes et y ajouter de tout, surtout le l’électro et du rock, mais certainement pas de rap ou de r’n’b.
La jeune femme est plus douée que la moyenne en informatique, sachant parfaitement monter son propre ordinateur et en booster les capacités si elle le souhaite par exemple. Il lui arrive de dépanner son entourage quand son frère ainé n’est pas dans les parages ou indisponible. En plus de la lecture, elle aime tout particulièrement les jeux vidéo, y jouant principalement le soir pour se détendre. Mais elle n’est pas, comme certains persistent à tort à le croire, asociale et renfermée. Cela étant, elle aime bien sa tranquillité.
Sortant à l’air libre régulièrement, elle pratique également le tai-chi depuis  ses années de faculté de médecine, soit une dizaine d’années à peu près, et le taekwondo depuis ses 10 ans. Autant dire qu’elle a un bon niveau dans ce dernier. Elle s’est initiée à l’escalade lors d’un semestre à New-York, cela remontant aussi à ses années de faculté. Elle continue de pratiquer à un niveau modeste quand elle le peut mais ne prend aucun risque.
D’un point de vue culinaire, on peut ajouter qu’elle adore le café, l’alcool, qu’elle tient très bien sans être alcoolique, et la nourriture française dans sa globalité. Elle déteste particulièrement les desserts trop gras et les hamburgers.

Autrement, au-delà des choses qu’elle affectionne, il y a surtout quelques personnes qu’elle aime : Sôseki et Hisae, ses parents, Kaemon et Iwao, ses frères, Sebastian, son cousin ainsi que Pierre, Danny, Nola et François, quatre amis qu’elle a rencontrés en fac de médecine. Et Jian Wan aussi. Même si c’était largement compromis au début. Elle tient à eux plus que tout et ferait n’importe quoi pour eux.








Mercredi 31 Octobre 2029, 05:26 UTC.
Seattle, Washington, Etats-Unis

Après la douleur et les cris, une mère rejetait d’un ton catégorique sa fille qui venait de naître.
« Je n’en veux pas !
- Comment souhaitez-vous l’appeler ?
La jeune mère marqua un blanc, semblant réfléchir à cette question avec un peu trop d’intérêt après ce qu’elle venait de dire. Un rictus déforma ses traits, n’envisageant rien de bon.
- Appelez-la Amber.
Si ce prénom lui inspirait autant de dégoût, c’est parce qu’il était celui de sa propre mère. Femme qu’elle avait détestée et haïe toute sa vie.
- Vous ne voulez pas la prendre ?
- NON ! Plutôt mourir ! Faites-la disparaître de ma vue ! »

Rien n’aurait pu être aussi clair que l’aversion affichée par la femme à ce moment-là et personne n’insista, se mettant d’accord pour confier le bébé à une assistante sociale qui la placerait surement en foyer d’accueil. Et puis, en théorie, elle aurait vécue au gré des changements. Triste vie. Mais parfois, certains naissent sous une bonne étoile.
Un des médecins présents dans l’hôpital, le japonais Sôseki Kaiso, faisait simplement une garde de nuit. Il était en ville pour avoir suivi la conférence d’un confrère et comme il n’aimait pas rester les bras croisés, excepté lorsqu’il était avec sa famille, il s’était proposé naturellement. Il avait entendu le rejet de la mère qui, il fallait bien le dire, n’était pas vraiment passé inaperçu. C’est assez triste qu’il vit passer la sage-femme avec le bébé dans les bras. Elle ne pleurait pas et ses yeux bleus semblaient déjà observer le monde. Il hésita, juste le temps qu’elle ne sorte de son champ de vision en disparaissant à l’angle du couloir. Puis il attrapa rapidement son téléphone portable. Il composa le numéro de chez lui et ne laissa même pas le temps à sa femme de se présenter.
«Hisae, il faut que je te parle.
- Sôseki ? Est-ce tout va bien au moins ?
- Oui oui, ne t’en fais pas. Il faut juste que je te parle de quelque chose …»

Et c’est comme cela que les démarches administratives pour l’adoption commencèrent. Procédure longue et harassante. Mais les futurs parents, médecin et PDG d’une entreprise familiale de prêt-à-porter, sont des gens plus que patients. Alors ils prenaient leur mal en patience, continuant leur vie sans oublier la petite Amber dont ils recevaient des photos régulièrement.


Mardi 26 Novembre 2030, en début de matinée.
Seattle, Washington, Etats-Unis

Il aura fallu un peu plus d’un an pour que la procédure aboutisse. Alors Sôseki retourna à Seattle pour aller chercher celle qui maintenant était sa fille. Sur le chemin du foyer d’accueil, il vit une petite boutique de bijoux. L’un d’eux attira son attention. Un pendentif composé … d’ambre. Il n’hésita pas et poussa la porte du magasin pour l’acheter. Satisfait de son achat, il reprit la route du foyer. Après discussions, le médecin pu partir avec la petite Amber endormie dans ses bras et le peu de possessions qu’elle avait dans un sac qu’il portait en bandoulière. Le trajet Seattle-Tokyo se passa sans encombre, l’homme étant habitué des voyages. Quant au bambin … dormir paisiblement fut la seule occupation qu’elle exerça pendant ce vol. On avait rarement vu plus calme. Il en profita pour lui passer le pendentif autour du cou en souriant.

Même jour, en fin de soirée.
Tokyo, Japon
«Chérie, les enfants, je suis rentré … »

L’annonce fut suivie d’un brouhaha sonore qui s’intensifia rapidement. Hisae, qui était dans la pièce attenante, arriva d’un pas calme et serein, souriant à son mari qu’elle embrassa une fois à ses côtés.
«Tu as fait bon voyage ?
- Impeccable, pas le moindre problème durant le vol. Qu’il soit lié à la météo ou bien à elle …»

La jeune femme se recula un peu pour voir sa nouvelle fille dont elle replaça une mèche de cheveux dans un geste tendre.
« Alors c’est elle ?
- Oui …
- Elle est encore plus jolie que sur les photos que nous avons eues …»

Le couple s’était décidé rapidement pour l’adoption et ils étaient plus que ravis d’accueillir un nouveau membre chez eux, même si elle n’était pas de leur sang. Pour eux, cela n’avait aucune importance. Ils l’aimeraient comme si elle était leur propre fille biologique.

« Papaaaa ! »

Ceci était le cri de joie synchronisé de deux petits garçons de respectivement 8 et 6 ans, plus qu’heureux de revoir leur père après une semaine d’absence. Les voyants débouler à toute vitesse, leur mère les calma avec affection.
« Kaemon, Iwao, doucement … vous allez la réveiller …»

Écoutant leur maman, ils arrivèrent à petits pas, gardant le sourire aux lèvres. Ils savaient très bien de qui elle parlait. Dès que Sôseki et Hisae avaient pris la décision d’adopter Amber, ils en avaient tout de suite parlé à leurs fils en leur expliquant pourquoi ils faisaient ça. Même s’ils étaient jeunes, ils avaient bien pris le temps de leur faire comprendre -ou essayer en tout cas- que la différence qu’il y aurait entre eux et elle serait uniquement l’origine du sang qui coulait dans leurs veines. Et rien d’autre. Et que ce n’était pas pour ça qu’ils ne les aimeraient plus. Arrivés à hauteur de leurs parents, les deux petits garçons regardèrent directement vers le bambin que tenait leur père. Ce dernier s’accroupit alors pour qu’ils puissent mieux la voir.
« C’est elle notre petite sœur ? demanda Kaemon
- Oui, c’est elle.
- Elle s’appelle … commença Iwao
- Amber ! répondit son frère
- Oui. C’est bien ça. confirma Hisae
- C’est trop trop joli … »

Un hochement de tête vigoureux de la part d’Iwao montra qu’il était clairement d’accord avec son frère. Hisae, souriante, s’éclipsa alors sans faire de bruit. Ce fut à ce moment que la nouvelle venue décida d’ouvrir les yeux, provoquant un "Oooooh" surpris de ses nouveaux frères.
«Elle a les yeux bleus ! »
Réaction logique de leur part quand on savait que tous les Kaiso les avaient noirs. Pure souche japonaise et lois de la génétique obligent.
« Oui. Mais on vous l’avait dit avec Maman, vous vous souvenez ?
- Oui oui ! Mais ça fait trop bizarre de le voir en vrai ! »

Les deux petits étaient admiratifs devant elle. Quant à Amber, elle les regardait en esquissant un sourire, gazouillant doucement provoquant un sourire plus grand encore chez eux. Ce fut cet instant que choisit d’immortaliser Hisae à l’aide de l’appareil photo qu’elle était partie chercher. La première photo de tous ses enfants réunis puisqu’elle était parfaitement consciente qu’elle n’en aurait pas d’autres. La première d’une très longue série. Avec amour, elle les congédia.
« Allez hop, Kaemon, Iwao, rejoignez vos lits …
- Mais M’maaaaaaaan ! On veut jouer avec elle !
- Tutut. Vous jouerez avec elle demain …
- Pffff !
- Ecoutez votre mère les garçons … on jouera ensemble demain.
- Tu ne travailles pas demain ? »

Sôseki acquiesça en souriant tandis que ses deux fils sautaient de joie sur place. Puis ils commencèrent à partir, prêts à retourner dans leur chambre quand leur père les interpella une nouvelle fois.
« Kaemon, Iwao … vous promettez de toujours veiller sur elle et de la protéger en cas de besoin ? »

Les deux petits garçons se regardèrent puis se tournèrent vers leur papa en souriant.
« Évidemment !
- C’est notre petite sœur ! »

Les parents ne purent que sourire devant la réponse de leurs fils qu’ils laissèrent aller se coucher. Le médecin se redressa, content d’être rentré. Sa femme embrassa sa joue puis le front de sa fille.
« Au fait …
- Hm ?
- Bienvenue à la maison. A vous deux … »

●●●

C’est ainsi qu’Amber arriva chez elle, provoquant joie et bonheur. Son enfance se déroula sous le même auspice : dans la joie et le bonheur. Ses frères et ses parents étaient toujours présents, jamais elle ne souffrait de leur absence. Ni d’un trop plein de leur présence. Elle était aimée et cela se voyait. A l’école, elle était attentive et appliquée, écoutant ses professeurs sans faillir, travaillant sans souci. Elle ne se liait pas vraiment aux autres. Non pas qu’elle les ignorait mais elle préférait largement jouer chez elle, avec ses frères Kaemon et Iwao. Quant à eux, ils honoraient la promesse qu’ils avaient faite, à savoir veiller sur elle dans la mesure de leurs moyens de petits garçons. A l’âge de 10 ans, elle se mit à les suivre au cours de Taekwondo sans hésiter. Comme eux, elle a reçu la même éducation basée en partie sur un système simple : quel que soit ton interlocuteur, respecte-le et tu auras plus de chance de l’être en retour, même si c’est un ennemi.

Alors qu’elle avait 12 ans, un heureux événement survint, illuminant l’année. Son oncle, le frère de son père, et sa tante, qui désespéraient d’avoir un enfant depuis toujours, virent leur vœu exaucé et ils devinrent les parents d’un petit Sebastian. C’était un peu comme Noël avant l’heure et toute la famille s’en réjouissait.

Amber continua de grandir au sein de la même famille aimante. Elle développa son cynisme et son sarcasme auprès de ses frères. A eux trois, personne ne leur résistait. Ne leur résiste. Hormis leurs parents. Sans problème, vint la période du lycée. Elle fut inscrite dans un établissement pour filles. Elle était un peu plus froide et distante même si cela ne l’empêchait pas d’avoir des amies. La jeune fille était toujours aussi bonne élève sans faire véritablement beaucoup d’efforts, ayant une bonne mémoire, qu’elle soit visuelle ou auditive. Ce fut pour ces raisons qu’elle se permit de prendre Anglais en LV1, parce que c’était une langue internationale, et Français en LV2, parce qu’elle aimait bien ne pas faire comme tout le monde. D’ailleurs, ses capacités provoquaient quelques jalousies.

Un jour quelconque, alors qu’elle discutait avec ses amies, elle fut bousculée par une autre élève.
« Je crois que la fayotte n°1 t’en veut parce que tu as été mieux classée qu’elle au dernier partiel …
- Qu’est-ce que j’en ai à faire ? Je me fiche éperdument de savoir ce que des gens qui m’indiffèrent pensent de moi.
-
-
- Tu sais … si t’étais pas aussi médisante, tes capacités intellectuelles te permettraient d’être une élève modèle toi aussi …
- C’est bien vrai ça …
- Oh la ferme ! »

Mais les jalousies, Amber n’en avait, et n’en a, strictement rien à cirer. Surtout si elles proviennent de personnes qu’elle n’estime pas. Cela lui passe littéralement au-dessus. Elle n’est pas du genre à se prendre la tête pour ça. Elle n’aime pas trop non plus qu’on la complimente.
Le temps passait et elle ne changeait pas. Elle trainait toujours plus avec ses frères qu’avec des gens de son âge.  Elle les accompagnait même quand ils allaient voir des combats de catch. Ce qui les étonnait mais ils ne disaient rien, ravis d’avoir leur petite sœur adorée avec eux. Elle était également souvent avec Sebastian, son petit cousin, juste pour le plaisir d’être et de jouer avec lui ou de le regarder dormir. C’était un peu comme son petit frère.

Un jour, elle assista  en rentrant chez elle, à un accident de voiture. Tout en appelant les secours, elle courut vers un des blessés pour commencer à administrer les premiers soins qu’elle connaissait. Influence d’un papa médecin. Et là, ce fut le déclic pour elle. Déjà qu’elle aimait s’occuper des gens, devenir médecin lui permettrait d’en sauver davantage. Ce fut ce jour-là que sa résolution de faire le même métier que son père fut prise. Et elle n’en démordra jamais. Obtenant avec une facilité insolente son diplôme, elle enchaina avec la faculté de médecine.


Fin des années 2040 - Années 2050
Elle aurait pu choisir une faculté de Tokyo. Mais non. Mademoiselle aime les défis et le changement. C’est bien pour ça qu’elle s’inscrivit, avec l’accord parental et la bénédiction de ses frères, dans une des facultés parisiennes. Même si ses parents lui avaient toujours dit de faire les choses pour elle et non pour les autres, sa décision avait été difficile à prendre. Non pas qu’elle ait peur d’y aller. Même si elle ne s’était exercée qu’en classe principalement, elle connaissait la langue et la nouveauté ne l’effrayait pas. Le problème venait des personnes qu’elle laissait derrière elle au Japon. Elle n’avait pas d’amis auxquels elle tenait énormément, ou pas suffisamment pour les regretter, mais c’était loin d’être le cas avec sa famille. Jusqu’ici, elle voyait ses parents et ses frangins tous les jours. Cela allait être un élément auquel elle allait devoir s’habituer. Béni soit Internet. Mais surtout, il y avait Sebastian. Elle passait beaucoup de temps avec lui et elle avait un peu l’impression de le laisser tomber en partant en France. Elle lui jura qu’elle reviendrait s’il avait besoin et que lui, quand il serait un peu plus grand, n’aurait pas à hésiter s’il voulait venir la voir.
N’ayant pas de soucis financiers, elle se trouva un petit appartement, deux pièces et une kitchnette, il ne faut pas non plus espérer mieux à Paris même avec des aides financières, non loin de ladite faculté. La pression en fac de médecine étant ce qu’elle est, elle se mit au tai-chi pour évacuer sereinement, plus ou moins, le trop plein, n’oubliant pas pour autant le taekwondo. Autant dire que son agenda était plein, tout le temps, et que certaines activités comme la lecture pour le plaisir et le cinéma devinrent des souvenirs.

Ce fut dans cette même fac qu’elle rencontra non seulement sa meilleure amie, Nola, mais aussi trois jeunes hommes qui comptent toujours énormément pour elle : Danny, François et Pierre. Cependant, même si, étrangement, sa relation avec ces trois-là débuta plus que facilement, les débuts avec Nola étaient loin d’être gagnés. Cette dernière prenant un malin plaisir à l’embêter gentiment. Notamment pour l’organisation du bal de Noël par exemple. La jeune femme était alors représentante de la promotion. Elle était d’office désignée comme présidente du comité d’organisation.

« Alors Tomita, vous avez quelqu’un à recommander ?
- Effectivement. Comme vice-président, je propose Kaiso.
# HEEEIN ?! Pourquoi moi ? J’ai pas envie !!! #
- Ce serait une charge trop lourde pour une égoïste comme elle, toujours tournée vers elle-même … répliqua quelqu’un planqué au fond de l’amphi
- J’estime au contraire qu’une personne capable de se gérer elle-même est d’autant plus qualifiée pour s’occuper des autres. De plus … elle est du genre à ne jamais laisser tomber quelqu’un …
- C’est vrai au fait … on dira ce qu’on voudra mais Bee prend quand même bien soin de nous … continua François
- Pour sûr, je suis d’accord … confirma Pierre
- Elle râle tout le temps, mais en fin de compte, elle s’occupe toujours de nous … affirma Danny
# Vous aussi vous vous liguez contre moi ?! #
- Ha ha ! Toutes les expériences sont bonnes à prendre ! Kaiso, tu as le poste !
#… Je m’suis faite avoir … #

Et puis, comme l’avait si bien dit Nola, Amber ne laissa rien ni personne tomber, remplissant son rôle de bras droit avec brio, faisant alors ressembler son agenda à une partie de Tetris. Ce fut pendant cette organisation que les deux jeunes femmes se rapprochèrent. Les garçons en furent témoins.

«Depuis un petit moment, elles s’entendent à merveille ces deux-là … J’aurais pas cru …
- Il faut dire que Amber gère tout ce qui concerne la promo comme pas deux …
- Elle n’en a pas l’air, mais elle aime vraiment s’occuper des gens. »

C’est à partir de cette période-là qu’ils formèrent un groupe de cinq des plus détonants, unis contre vents et marées. S’en prendre à l’un d’entre eux revenait à les attaquer tous. Une vraie petite fraternité. C’est sans le moindre problème qu’ils continuèrent leurs études, étant toujours là les uns pour les autres sans jamais hésiter ni douter. Alors qu’ils étaient ensemble quasi 24h sur 24, ils ne consentirent à se séparer que pendant 1 an à cette époque, découpé en deux fois 6 mois : Danny avait décidé de faire l’un de ses internats chez lui, à New York, et Bee lui avait demandé si elle pouvait faire de même en l’accompagnant. Il avait accepté avec grand plaisir. Puis ils avaient inversé les rôles : il l’av ait suivie au pays du Soleil Levant pour un autre internat.
C’est en 2055, pendant cet autre internat que la jeune femme fit la houleuse connaissance d’un de ses nouveaux patients, Jian Wan Kuroda. Son confrère, qui partait en une retraite hautement méritée, lui souhaita bonne chance. Ce détail l’avait intrigué mais elle avait vite compris pourquoi. Le tout jeune adolescent avait juste un problème de réglage sur les options franchise, tact et diplomatie. Manque de chance pour lui, elle avait deux frères ainés, un don pour le sarcasme et elle s’était déjà prise un certain nombre de remarques dans les dents au Japon parce qu’elle était adoptée. Alors elle savait parfaitement comment lui répondre, restant polie mais retournant ses armes contre lui.

Au final, en 2057, ses amis et elle décrochèrent haut-la-main leur diplôme, chacun choisissant une branche particulière de la médecine. Pierre devint diagnosticien, Danny chirurgien, Nola neurologue tandis que François s’orientait dans la recherche. Quant à Amber, elle faisait ce qu’elle avait dit : comme son père, médecin généraliste. Cependant, alors que lui officie dans un petit cabinet privé, elle choisit la voie hospitalière et décida de rester en France. Ses parents adoptifs et ses frères sont très fiers d’elle.


Dimanche 20 Juillet 2059
Tokyo, Japon

Après des années passées dans la capitale française, elle n’avait cessé de s’améliorer, devenant un médecin réputé pour sa conscience professionnelle et son sang-froid au sein de l’hôpital où elle avait été embauchée. Celui-là même où elle avait fait la plupart de ses internats. Et avec cette reconnaissance, venait le l’occasion de poser des vacances et de partir pour Tokyo. Ce choix n’était pas fait au hasard : ses grands-parents paternels y habitaient et cela faisait longtemps qu’elle n’y était pas allée. Elle n’avait peut-être juste pas tout prévu …

Elle était sortie en fin de journée uniquement parce qu’ils avaient besoin de quelques ingrédients pour le repas et qu’elle rendait volontiers service à sa famille. Elle était dans une petite supérette de quartier plutôt tranquille quand un jeune homme en sang apparut après le glissement feutré de la porte coulissante de l’entrée. Un silence de mort s’installa alors qu’elle croisait son regard, le voyant s’éteindre.

« Aidez-moi … »

La jeune femme, à proximité, n’eut le temps que de lâcher son panier pour le rattraper in extrémis avant  qu’il n’heurte le sol. Elle se mit à chercher son pouls rapidement pendant que son professionnalisme se mettait en branle.

« Allez me chercher une trousse de secours … »

Elle trouva le pouls : faible, lent et complètement sans aucun rythme. Mais il était toujours parmi eux. Elle s’autorisa un bref soupir de soulagement avant de constater que son personne n’avait pas bougé d’un iota.

« UNE TROUSSE BORDEL ! ET QUE QUELQU’UN APPELLE LES SECOURS ! »

Les gens se remirent en mouvement, comme s’ils avaient été piqués. Elle étendit son patient ventre au sol et déchira ce qu’il restait de la chemise pour constater l’ampleur des dégâts. Elle ferma brièvement les yeux et remonta ses manches. Même en ayant appelé les secours, il fallait parer au plus pressé où il allait se vider de son sang sur le carrelage.

« Je vais essayer de vous arranger ça, promis … »

Lorsque quelqu’un lui tendit la trousse, elle demanda à cette personne de s’asseoir de l’autre côté. Fouillant le contenu, elle lui jeta une paire de gants.

« Je vais avoir besoin de vous … »

S’en suivit une séance de couture où une inconnue lui servait d’assistante pour maintenir le bord des plaies : vingt points de sutures sur le flanc et une dizaine dans le dos. Et vive les vacances. Elle n’oublia pas les injections nécessaires pour éviter les complications ainsi que la douleur et ajouta les bandages pour que tout se maintienne. Elle ne voulait pas se risquer à le déplacer pour l’instant alors elle  demanda à ce qu’on lui apporte de quoi lui caler la nuque et de quoi le couvrir.

Et c’est ainsi que la jeune femme soigna l’un des premiers blessés par une chimère sans le savoir. Elle se rendit compte que les secours n’étaient toujours pas là. Et il n’y avait que peu de raisons pour que cela arrive. Une demande massive en faisait partie. Son blessé n’était probablement pas le seul …
Si elle avait su que ce n’était que le début et tout ce qui allait en découler …


Année 2060.
Paris, France

« Docteur Kaiso ? »

Amber se contenta d’émettre une sorte de grognement peu engageant. Elle était actuellement occupée à changer le bandage d’un de ses patients parisiens, qui riait doucement de sa réaction et qui avait subi une opération récemment, et elle n’était pas disposée à adresser la parole à quiconque tant qu’elle n’aurait pas fini. A moins d’une urgence. Et ce n’était pas le cas sinon la question se serait transformée en ordre direct.

« Docteur, quelqu’un souhaite vous parler.
- Et alors ? Qu’il attende son tour, comme tout le monde.
- Mais … il dit que c’est urgent … »

L’infirmier n’en menait pas large et un début de désespoir se ressentait dans sa voix. Il avait dû perdre à la courte-paille pour être charger de cette commission. Elle n’en eut cure, toujours concentrée à ce qu’elle faisait.

« Rien à secouer, je suis occupée.
- Mais … il attend au téléphone et il dit qu’il appelle depuis le Jap … »

Elle tourna la tête avant même que la voix ait finie sa phrase et regarda fixement le jeune homme, qui, surpris, se demanda brièvement ce qui allait lui arriver. Et se détourna tout aussi rapidement, n’en arrêtant pas pour autant ses soins sous le regard amusé du patient qui lui, trouvait la scène rafraichissante dans un hôpital, et qui, curieux, se demandait ce qui était en train de se tramer.
L’intéressée en revanche, réfléchissait. Ce devait être assez important puisque la personne au bout du fil l’appellait sur ses heures de travail et directement à l’hôpital. Mais elle n’en savait pas assez.

« Vous savez pourquoi ?
- Non. Il a juste dit que c’était urgent. »

Donc cela excluait qu’il soit arrivé quelque chose à un membre de sa famille. C’était généralement le détail que l’on précisait dans ces cas-là.

« Alors dites-lui de patienter dix minutes et je suis à lui. »

Le ton était sans appel et l’infirmier ne s’y trompa pas. Il soupira discrètement en se demandant comment il allait annoncer ça puis repartit comme il était venu.
Sans être constamment interrompue, il ne lui fallut guère de temps pour achever le bandage dans les règles. Puis elle sortit, avant de rejoindre le combiné qui attendait patiemment. Restait à savoir ce qu’il en était de la personne à l’autre bout. Avec un peu de bol, elle avait raccroché …

« Docteur Kaiso.
- Bonjour Amber.  »

Il ne lui fallut qu’un instant pour reconnaître la voix japonaise à l’autre bout du fil.

« Bonjour mon oncle. Si tu as attendu que je prenne cet appel, c’est que cela doit être assez important en effet. De fait, que puis-je pour toi ?
- Et bien, tu n’as pas changé. Tu ne perds pas de temps et tu vas droit au but. Des fois je me dis que tu as trop fréquenté tes frères étant petite …
- Que veux-tu, on ne se refait pas. Je peux t’appeler en soirée si tu veux discuter de la pluie et du beau temps mais puisque tu prends la peine de m’appeler en journée et de patienter, je me suis dit que je pouvais court aux civilités d’usage.
- Et tu n’aurais pas tort. Maman m’a parlé de ce que tu as fait pour cet inconnu et pour tous les autres. »

Et voilà. Elle se doutait que cela allait revenir sur le tapis un jour ou l’autre. Elle soupira en rassemblant ses souvenirs.
Après en avoir terminé avec son blessé par elle ne savait quoi sur le coup, elle avait découvert l’étendue de la situation à travers les informations. Et autant être honnête, elle était loin d’être glorieuse. Des chimères, comme ils appelaient ça maintenant, étaient apparues sur l’ensemble du territoire japonais, répétant un peu partout leurs exploits de la même façon que sur son patient zéro. Non, cela n’était pas vendeur pour le tourisme : dès le début, on parlait des dégâts matériaux sans compter les morts qui avaient eu la malchance de croiser leur chemin. Ç’aurait très bien pu être elle. Elle maintenait toujours qu’elle était née sous une bonne étoile.
Elle avait appelé ses grands-parents pour leur demander si tout allait bien et aussi pour les rassurer sur son propre sort. Si elle était au courant, plus ou moins, de ce qu’il se passait, ils l’étaient aussi, dans des proportions semblables. Elle ne se souvenait plus exactement ce qu’il s’était déroulé par la suite. Et encore moins dans quel ordre. Elle savait qu’elle avait appelé plusieurs personnes, ses parents, ses frères, Pierre pour lui demander si tout allait bien en France … elle n’avait eu que les premiers et le troisième, les réseaux étant saturés. Elle ne s’était pas inquiétée. Ou pas tant que ça.  Après ça, elle se souvenait qu’elle s’était retrouvée aux urgences d’un hôpital pour continuer à soigner des gens. En continu, sans relâche et sans craquer.
Après quelques semaines ou mois, elle avait perdu la notion du temps, quand les choses s’étaient finalement calmées, si le mot convenait, elle était retournée en France après avoir non sans mal obtenu son billet d’avion, et sans l'intervention de son oncle elle y serait probablement encore.

« Tout personne avec les capacités nécessaires aurait agi de même, non ?
- Admettons. Mais ce n’est pas là où je veux en venir. Elle m’a raconté comment tu avais réagi : ton sang-froid, ta rapidité d’action et …
- Et alors ? Papa a agi de la même façon il me semble non ? Ce n’est pas exceptionnel non plus, encore moins quand tu bosses aux urgences. Ils avaient besoin de main d’œuvre, j’étais là, je suis restée. Où veux-tu en venir exactement que l’on gagne du temps tous les deux ?
- Ma remarque précédente vaut toujours : tu as vraiment passé trop de temps avec Kaemon et Iwao. »

Elle soupira, une nouvelle fois, doucement. Non, elle n’avait pas forcément sa langue sans poche et trainer avec eux l’avait habituée à aller droit au but. De plus, elle détestait perdre son temps et elle était en service. Sa réaction avait au moins une excuse valide.

« Compte tenu des tes capacités et de ton parcours, le SSN souhaiterait te proposer un poste au sein de la branche scientifique.
- Et pourquoi c’est sur toi que ça tombe ?
- Parce que je suis un des directeurs de la branche technologique et que tu es ma nièce.
- Et qu’aurais-je à y faire en plus de supporter les remarques habituelles sur le pistonnage ?
Son oncle se mit à soupirer doucement à son tour. Malheureusement, elle avait raison sur le second point. Malgré la situation actuelle, les gens étaient toujours aussi mesquins. Mais il ne doutait pas d’elle, il savait pertinemment qu’elle saurait gérer ça alors il ignora la remarque.
- La même chose que l’année dernière. Sauver la vie des hommes et des femmes qui chassent les chimères pour protéger leurs concitoyens.
- Et pourquoi j’accepterai ? Qui te dit que je ne préfère pas rester ici ?
- Je te connais. Tu accepteras, au moins par curiosité. Et par défi. Alors je peux t’en dire plus maintenant : tu auras une formation de 8 mois une fois que tu seras sur place. Ensuite, tu iras sur le terrain pour secourir les chasseurs en opération qui en auront besoin. Tu auras également à soigner ceux dont les villes non-protégées se sont faites attaquer. Je te laisse, purement par principe, quinze jours. Passé ce délai, il me faudra une réponse. »

Elle ne répondit rien et il n’ajouta rien sur le sujet.

« Bonne journée Amber.
- A toi aussi. »

Et il avait raison. Elle ne prit qu’une journée pour peser le pour et le contre. Comme toujours, le contre contenait uniquement l’éloignement de ses amis. Mais depuis le temps qu’ils se connaissaient, ce n’était pas ça qui les séparerait. Ils lui assurèrent qu’elle serait toujours la bienvenue. Et elle qu’elle serait toujours prête à les accueillir comme il se doit s’ils voulaient se risquer dans un pays ravagé par les chimères Elle organisa le reste de son temps entre le rapatriement de ses affaires, le règlement des détails administratifs et le bonheur d’être avec ceux qu’elle aimait. Dix jours plus tard, elle atterrissait au Japon, le temps de passer un peu de temps avec ses parents et ses frères qui avaient déménagé dans Aotoshi. Au quinzième jour, elle se présentait au SSN.

●●●

Comme convenu, elle supporta ses huit mois d’entrainement et d’apprentissage. Après dix années de faculté de médecine, cela lui semblait outrageusement simple. Plus physique, mais tout de même moins épuisant psychologiquement. Même si elle se découvrit de nouveaux muscles jusque-là ignorés, en aucun cas elle ne craqua, contrairement à d’autres. Cette résistance et cette détermination lui valurent le respect tout d’abord puis l’amitié de Jensen, homme de deux ans son ainé, qui l’avait raillée lorsqu’elle était arrivée.
Une telle beauté ne pouvait pas se retrouver sur le terrain sans avoir peur de se casser un ongle. Sans compter qu’elle était uniquement là parce que nièce d’un des  grands pontes, elle n’avait aucun mérite. Parce qu’elle n’avait ni le temps ni l’envie de lui exhiber son diplôme ainsi que les félicitations du jury sous le nez, elle opta pour une seconde solution. Un coup de genou imprévu dans les parties intimes le fit changer d’avis immédiatement sur le côté fragile de la jeune femme. Au bout des huit mois, ils étaient inséparables.

●●●


Année 2065.
Aotoshi, Japon

Trois ans plus tard, elle est toujours là.

Pour le meilleur et pour le rire.
Pour la morphine et pour le pire.



28 ans, toutes mes dents. J'ai vu de la lumière alors je suis entrée 8D
Autrement, ça fait un bail que je n'ai pas écrit donc la probabilité des doigts rouillés est non nulle ><'
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Amber Kaiso

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