Ashita no Sekai



 

Un an de plus [one shot - fermé]

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Féminin
Métier : Mécanicienne/Contrebandière
Avatar : par Unodo

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Parmi nous depuis le : 29/05/2018


Civile extra-muros
Sujet: Un an de plus [one shot - fermé]
Mar 4 Sep - 14:36

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Informations complémentaires
Depuis: 5 ans
Réputation: Généralement très efficace dans ce qu'elle entreprend, méfiante mais loyale. La jeune femme fait parfois des erreurs de langage, le japonais n'étant pas sa langue maternelle, en particulier lorsqu'elle est troublée.
Arme(s) utilisée(s): Ce qui traîne...le jour, des outils, la nuit, elle ne se sépare pas de son couteau de chasse, discret et silencieux.
[/!\Mention de suicide]
 
5 août 2065, Gotenba, fin d’après-midi.
 
Dans l’atelier, l’odeur caractéristique des soudures fraîches s’était dissipée. Le soleil laissait ses derniers rayons traverser les vitres et, se faufilant à travers les barreaux des fenêtres, traçait des motifs d’or sur une tignasse rousse qui tentait de s’échapper d’un chignon attaché avec une expertise très relative.  Leur propriétaire rangeait des outils de seconde main dans une armoire qui avait manifestement connu de meilleurs jours, le regard distrait, dépourvu de sa froideur habituelle.


Répéter les mêmes mouvements, encore et encore, pour ne pas réfléchir. Pour ne pas faiblir.
Un à un, Esther débranchait ses machines, ses outils, ses pensées.


Un regard d’azur tourné brièvement vers son téléphone. Une heure, une date, une pensée.
Des souvenirs, des cris, des larmes.


« …et merde.»


Elle n’irait pas voir les enfants ce soir, se dit la jeune femme en fermant la porte de la boutique et en remontant dans son appartement. En silence, Esther se dirigea vers le comptoir de la cuisine, sans prendre la peine d’allumer. Tâtonnant sous l’épaisse plaque de bois, elle finit par mettre la main sur une bouteille de scotch « des cas d’urgence ». Elle en porta l’étiquette à ses yeux et y distingua la belle écriture cursive de sa mère :


Ethan, my love, if you really need to drink tonight, at least have something nice to throw up <3 / Ethan, mon amour, si tu as vraiment besoin de picoler ce soir, au moins vomis quelque chose de bon <3


« Parfait » marmonna la jeune femme en jetant négligemment le bouchon sur le comptoir « on reste dans le thème. »


S’enfonçant dans son canapé de cuir usé, Esther entreprit de noyer sa peine dans le liquide ambré qui lui brûlait la gorge. Jusqu’à ce que les souvenirs se mêlent, jusqu’à ce que les visages s’effacent, le temps d’une soirée.


Combien d’heures s’étaient écoulées ? Elle n’en avait pas la moindre idée. Mais alors que la nuit l’enveloppait de son manteau d’ombre et l’alcool de sa chaleur rassurante, la jeune femme perça le silence d’un rire fatigué. 
Ces nuits-là, une question tournait sans cesse dans son esprit. A quoi bon continuer ? Se battre pour une liberté pour laquelle certains n’ont même plus la moindre affection ? Donner sa vie pour des êtres qui n’accordent pas de valeur à celle de leurs congénères, ou pour d’autres qui ne sont plus là pour se réjouir d’un meilleur avenir ?


A quoi bon rester, s’ils ne sont plus là.


Ces nuits-là, la marque de sa nuque la démangeait. L’alcool dans son verre la tentait. La lame dissimulée dans ses vêtements murmurait.


Ce serait si simple, lui disait-elle, tellement plus simple. Quelques pilules, une entaille, une balade dans les bois infestés de chimères…non, non La Cause avant tout dirait sa mère, une belle mission suicide alors...
Esther laissa échapper un second rire enivré. 
 
A travers le nuage d’éthanol, elle perçut un son. Un cliquetis. La porte blindée du rez-de-chaussée. Aaah voilà, marmonna-t-elle, une descente de police ou un cambriolage, comme ça pas de culpabilité, seulement un coup du sort.
Comme si le sort l’avait épargnée jusqu’ici.
Un ricanement. Le sien ? Sans doute.


Puis un soupir. Ça, elle n’était pas sure que cela vienne d’elle.
Ce n’est que lorsqu’elle vit une paire de baskets usées se planter dans son champs de vision qu’elle en eut la confirmation.


« Woow, tu vas te haïr demain. Et je te dis pas la journée que tu vas passer. »


Esther pouffa. Elle avait du vouloir changer de perspective quelque part dans sa soirée, car elle contemplait à présent une Asae passablement agacée, et à l’envers.


« Tu sais, t’es un vrai mystère Es’. C’est quasi miraculeux de pouvoir rigoler comme une imbécile à l’envers sur un canapé, et réussir à garder, allez, une demi bouteille de whiskey dans ton estomac. »


« Tch. Qu’est-ce vous en savez, t’as douze ans. » marmonna la jeune femme.


« Et toi tu passes encore ta nuit à boire dans le noir. » lui rétorqua la fillette en croisant les bras et en ajoutant « Moi je sais parler correctement au moins. »


« Oh please. Un ou deux soirs par an, je trouve que c’est pas trop mal. » articula Esther avec difficultés en se redressant, contemplant non sans amusement la bouteille vide abandonnée sur le tapis.


Asae vint s’asseoir à côté de la jeune femme, posant un vieux sac à dos sur la table du salon. Elle se tourna lentement vers son aînée, le regard hésitant. Puis d’une voix ferme mais inquiète, libéra une question qui lui brûlait les lèvres.


« …ça fait combien de temps aujourd’hui ? »


« Comment t’es rentrée ? » son sourire s’était mué en une mélancolie douloureuse.


« Tu détournes ma question. Par la porte. Tu m’as fait un double, imbécile. »


Un sourire fatigué.


« Cinq ans. » elle jeta un regard à son téléphone. 2h du matin. « Et 6 heures. »


« Tu crois qu’ils nous voient, là où ils sont ? » demanda la fillette, levant les yeux vers le plafond.


Esther jouait distraitement avec des mèches de cheveux « En tout cas, si ma mère me voit, j’ai bien fait de pas prendre de la piquette…» répondit-elle avec un ricanement triste.


Asae eut un petit rire. Elle fouilla dans son sac à dos et en tira une belle bouteille de sake. Esther ne prenait plus la peine de demander d’où venaient  ces objets de valeur, elle n’était pas stupide. Posant la bouteille sur la table face à la jeune femme, la petite fille lui glissa :


«… Joyeux anniversaire, Esther. Autant pas contrarier ta mère pour les années à venir. »


La rouquine esquissa un sourire, alors que Morphée lui ouvrait les bras « Ah, c’est vrai, mon anniversaire…. Merci, Asae».


La fillette laissa sa place à Esther, qui glissa lentement jusqu’à finir allongée sur le canapé. Elle se dirigea vers une armoire de bois d’où elle tira une couverture qu’elle entreprit de déposer sur son amie avant de récupérer son sac à dos et de marcher sans bruit vers la sortie.


« Bonne nuit, grande perche. Ça ira mieux demain. » chuchota la petite fille, avant de verrouiller la porte.


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