Ashita no Sekai



 

Sortir de sa vie monotone. (ft. Jian Wan Kuroda)

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Sujet: Sortir de sa vie monotone. (ft. Jian Wan Kuroda)
Lun 1 Oct - 22:09

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sortir de sa vie monotone

ft. jian wan kuroda

Il n'y avait pas plus bel échange que celui-là. Plus doux. Plus honnête. Elle se tenait devant sa tombe avec un bouquet de pivoines, en quelque sorte le blason de leur famille. Dans les jardins luxurieux de la maison familiale fleurissaient les plus belles pivoines des villes bleues, c'est là-bas qu'elle avait pris le temps de couper quelques fleurs qui étaient sur le point de mourir. Elle les posa sur la pierre lisse où était gravé dans une belle calligraphie le nom complet de son père. Sans une phrase de la part de ses proches. Son père avait toujours été un homme reclus, sans réel ami, sans réel amour. Ce fut un homme solitaire, du début, jusqu'à la fin. Eut-il réellement éprouvé de l'amour pour quelqu'un dans sa longue vie ? Pour elle ? Oh, elle n'était pas stupide, bien sûr qu'il eut aimé, un père aime toujours son enfant, du moins c'était ce qu'elle pensait. Mais l'avait-il aimé assez pour faire passer son devoir après elle ? Non. Il avait ses priorités, et l'amour n'en faisait pas parti, apparemment.

La seule phrase qui était gravée était une épigraphe que Savannah avait demandé à ce que l'on grave ; « Celui qui sait ce qu'est le grand désir, Lui seul sait ce que je souffre » de Goethe. Un homme trop ambitieux, elle le connaissait très bien, c'est cette grande ambition, ce désir de « toujours plus » qui eut raison de lui. Aussi, il ne vit pas son enfant s'épanouir.

Un souffle discret s'échappa d'entre ses lèvres avant qu'elle ne tourne le dos à la stèle. Elle ne disait jamais rien. Elle ne savait jamais quoi vraiment dire. Elle venait, posait les fleurs, lisait l'épigramme et s'en allait, aussi silencieusement qu'elle venait. C'était une facette assez sombre de sa personnalité, quelque chose qu'elle faisait toujours seule. Elle alluma une cigarette tordue dans son paquet vide et inspira une barre de l'objet poison. Quel contraste strident entre ce visage de poupon et cette action si venimeuse. Comme si une force incontrôlable voulut l'empêcher d'en faire davantage, une petite pluie commença à s'abattre et trempa la feuille de gomme de sa cigarette, devenue infumable. Elle l'éteignit et la remit dans son paquet vide, avant de le jeter dans une poubelle publique. Elle releva la tête et inspira l'air. Ça sentait le macadam humide, le ciel se fit orangé maussade, presque beige, ses cils commencèrent à dessiner de petites billes d'eau à leurs extrémités. Elle les battit, faisant tomber la pluie sur ses pommettes, puis elle se dirigea vers le bâtiment des dortoirs des chasseurs, les mains dans les poches de son hoodie, la capuche sur sa tête.

Ce fut l'esprit maussade qu'elle fit son entrée dans le bâtiment, les joues et le bout du nez rouges, le teint blafard, quelques mèches courtes collées à son visage. Elle prit le temps de se les attacher en queue de cheval, rabattant sa capuche contre son dos humide. Les mains dans les poches, elle s'avança vers l'ascenseur, voulant passer dans sa chambre avant de déambuler dans les couloirs. Le petit son d'ouverture des portes s'enclencha, lui signalant de se diriger expressément vers sa chambre, fit glisser son ID-0 pour débloquer la porte d'entrée et agrippa illico presto une serviette qu'elle avait du jeter hasardeusement sur une chaise. Elle défit son élastique et frictionna ses cheveux, passant son sèche cheveux sur les racines pour qu'elles ne graissent pas alors que son dernier shampooing remontait d'il y a quelques heures. Elle rajouta de l'huile d'extraction sur ses longueurs, une odeur douce de noix de coco se déposant sur ses fibres, puis elle agrippa un bouquin qu'elle continua à lire, se rendant vers ses étagères où elle récupéra un biscuit nourrissant, avec l'apport équivalent d'un repas complet. C'était quand elle avait vivement l'ennui de cuisiner. Adossée contre son bureau, elle intima à sa radio de mettre une playlist apaisante de duduk, un vieil instrument arménien dont le son la transportait tout de suite dans des paysages désertiques.

Depuis le début de cette journée, il ne s'était rien passé de bien enivrant, rien de palpitant, rien d'enrichissant, rien de subjuguant. Un défilé de choses habituelles, de quotidiennes... Une routine, en somme, la plongeant dans une monotonie glaçante. Elle n'avait que Sebastian autour d'elle, et même si l'envie de rester collée à lui jusqu'à la fin de ses jours ne semblaient pas l'ennuyer, elle n'en était pas égoïste au point d'appliquer cette envie. Sebastian avait sa vie, ses habitudes à lui aussi, et sans doute préférait-il passer du temps avec lui même, il n'avait pas cette même peur obsessionnelle que Savannah pour la solitude, un comble pour la jeune fille qui s'était isolée plusieurs années pour se renforcer mentalement et physiquement. Elle avait envie de changements, qu'il se passe quelque chose de vibrant, pour que ce sentiment maussade la quitte, l'espace de quelques instants.

Elle ferma son bouquin d'un geste sec et contempla le sol quelques secondes avant de se décider fermement de sortir. Elle se mit deux coups de déo sous les bras, se brossa les dents, se nettoya le visage, se mit du parfum sous les oreilles et sur les poignets et prit son sac. Elle ne savait pas où elle allait se rendre comme ça, mais elle était déterminée à passer une journée instructive ou tout du moins de vivre quelque chose de fort. Elle sortit de sa chambre, les écouteurs dans ses oreilles et l'esprit pour le moment concentré sur ce qu'elle allait bien pouvoir faire dehors lorsqu'elle tomba nez à nez avec un visage qu'elle ne s'attendait pas à voir.

« Jian... ? »

Petit malaise, dans lequel elle sentit ses jambes presque défaillir, et son esprit s'engourdir. Elle n'entendit pas le son de sa propre voix, sûrement avait-elle crié ? Non, il lui semblait que son timbre de voix eut été correct, voire même un peu trop bas, ce qui pourrait laisser sous entendre qu'elle avait un timbre de voix intimidé, mais il n'en n'était rien. Elle l'avait regardé, un peu accusateur, se demandant bien ce qu'il faisait là à cette heure. Elle retira ses écouteurs et coupa sa musique, l'air las qu'il ne sut se servir de sa bouche pour dire quelque chose.

« Bonjour. »

Lança-t-elle, comme pour lui signaler « tu me connais, alors dis moi bonjour sinon j'vais te niquer ta mère » (bien qu'elle n'avait nullement envie de pratiquer le coït avec sa maman), puis elle se rendit vers l'ascenseur. … Suivit de près par Jian Wan. Elle attendit que l'ascenseur s'ouvre, les mains dans ses poches de hoodie, les joues un peu rouge car malgré tout, le fait qu'il la suive la gênait un peu. Elle enleva ses mains de ses poches pour resserrer sa queue de cheval, les remis dans ses poches, retoucha à ses cheveux, se passa une main sur une de ses joues chaude à cause du sang qui passait trop vite au niveau de ses pommettes. Mais pourquoi il attendait, il pouvait pas repasser plus tard ?

Ce n'était pas comme s'ils étaient super potes à cette heure. Elle regarda en l'air pour essayer de penser à autre chose. Pourquoi l'ascenseur était long à venir, tout à coup ? Il arriva enfin, s'ouvrant sous un petit son distinctif, elle rentra un peu trop vite, à la limite de se cogner contre les portes automatiques, maladroite et brusque qu'elle était. Elle se mit tout au fond à gauche, près des boutons et appuya un peu vivement sur le bouton « RDC ». Toutes tentatives pour démontrer son stress étaient réduites à néant. Putain, jura-t-elle, énervée contre elle-même. C'est bon c'est pas ton amoureux secret, t'as plus treize ans !! Mince alors.

Le silence était pesant. Gênant. Stressant. Ses joues étaient encore rougies, elle avait honte d'être encore intimidée à cet âge. Bien qu'avant elle avait un sourire radieux à son égard quand elle l'apercevait, juste... Maintenant, ne subsistait qu'un air bougon, le regard fuyant, et une sensation de malaise. Mais tout était de sa faute ! C'est lui déjà qui l'avait snobé à l'académie, il se prenait pour qui, en fait ? Jamais elle ne lui aurait tourné le dos, les années ayant passées ou non, il avait tout gâché. Tout était de sa faute. Elle ne le détestait pas – comment pourrait-elle ? - mais bon sang, qu'il était bête, et quel manque de tact ! Vraiment pas gentleman, et quel toupet. Et puis, dire bonjour, c'était trop demandé ??? Peut-être lui avait-il répondu et qu'elle n'avait pas fait attention mais... Oh et puis zut.

Son cerveau était dans une ébullition extrême, son front aurait pu gonfler à cause de ses pensées qui dévalaient sa tête tel une rivière en crue. Sans s'en rendre compte, elle avait croisé les bras sous sa poitrine, et son regard était encore plus dirigé sur le côté, un air bougon encore plus marqué. Une vraie enfant, avec Jian Wan, encore aujourd'hui, elle semblait être restée à l'âge de dix ans quand elle se tenait près de lui. Dans ses poches, elle se grattait les ongles, s'arrachant celui de son pouce – c'était son petit tic quand elle était en grande période de stress – sa moue ne se décidant pas à se retirer de son visage. Elle mourrait de chaud, l'ascenseur lui semblait trop petit tout à coup, alors qu'il pouvait contenir plus de six cent kilos.

Elle voulait juste sortir de sa vie monotone, de base. Pas rencontrer les fantômes du passé.

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Sujet: Re: Sortir de sa vie monotone. (ft. Jian Wan Kuroda)
Jeu 4 Oct - 21:57

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Réputation: Jian Wan est doué au combat mais un connard méprisant dans la vie de tous les jours. De ce fait, il est difficile d'ignorer son existence. Même si sa compagnie n'est pas franchement appréciée – excepté par les dames dans un contexte précis (...bien que pas toujours, ne vous faites pas de fausses idées), on est ravi de l'avoir en tant que compagnon d'arme. Jian Wan laisse les stratégies à ses camarades qui le sollicitent généralement pour les attaques de front.
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ft. Savannah Taisu
C’est la peau encore chaude de la douche et la veste sous le bras qu’il sortit de son appartement. Il n’était pas spécialement pressé, seulement excité à l’idée de le revoir. Il ferma négligemment la porte derrière lui avant de se diriger vers le couloir. Ses collègues espéraient happer au moins son regard quand ils le virent traverser l’espace commun mais n’eurent que les effluves de son shampoing sur son passage. Non pas qu’il éprouvait plus d’animosité à leur égard que d’habitude, il n’avait simplement aucun intérêt, ni en leurs présences, ni dans les règles de bienséance. Son ignorance faisait toujours violence tant elle était naturelle. Comme souvent, ça lui valut d’être suivi par des pairs d’yeux accusateurs et offensés.

Alors qu’il enfilait sa veste, il ouvrit la porte menant aux escaliers. Que ne fut pas sa surprise quand il aperçut Amber et Sebastian côte à côte montant droit dans sa direction. Dans la panique, sa réaction fut moins courageuse qu’il ne l’aurait voulu. Il referma la porte à la hâte et tourna les talons vers les ascenseurs. Le changement de direction fut si expéditif que ses chaussures émirent un son grinçant qui ne pensait entendre que sur un terrain de baskets. Quand il arriva devant les portes et croisa son regard, il était en train de passer son bras dans la dernière manche de sa veste. Il détourna les yeux quand elle leva les siens. Est-ce que tous les gens qu’il ne préférait pas voir s’était passé le mot ? Il passa son badge sur la petite tablette murale disposée à appeler ascenseur et sortit de sa poche une paire d’écouteurs dans la foulée. Au même moment, elle enlevait les siens pour le saluer.

« B-… »

Mauvais timing pour l’un, très bon pour l’autre. Il n’entendit rien.

Il avait posé l’épaule contre le mur de la cabine opposée au coin dans lequel elle s’était terrée. Il ne savait pas trop pourquoi il l’observait mais il le faisait sans crainte qu’elle ne le surprenne. Elle semblait avoir été chargée de la mission de ne pas établir de contact avec lui. Elle était mal à l’aise il le voyait, mais au lieu de s'attarder sur ses raisons il préféra juger bêtement sa tenue. Est-ce qu’elle avait été payée pour porter ça ? Elle ressemblait à un panneau publicitaire avec le nom de la marque exposée partout dans des couleurs criardes. Il savait sa famille riche mais il apprenait tout juste qu’elle était pauvre de goûts. A ce stade-là, toutes les raisons étaient bonnes à prendre pour ne pas l’aimer.

Il déporta ses yeux sur la porte quand elle s’ouvrit pour accueillir un groupe de chasseurs vocalement généreux. Voilà une des raisons pour lesquelles il ne prenait pas l’ascenseur d’ordinaire. En quelques secondes, il se retrouva coincé au fond de la cabine, à une tête près de Savannah … et à un doigt d’exploser. La douce odeur de noix de coco qui la collait ne l'aida malheureusement pas à se mettre dans cette ambiance plus détendue. Il retira ses écouteurs d’un geste vif et choppa la nuque de celui qui continuait de s’enfoncer dans leur direction.

« Si tu fais un pas de plus, la seule chose qui va être descendue ici, c’est toi. » lâcha-t-il avec le tact d’un gars qui n’en a pas.

Il ne s’adressa qu’à une seule personne et pourtant, tout le monde sembla se sentir concerner par la menace.

« On va prendre le prochain, on vous rejoint en bas » fit savoir l’un d’eux à son groupe, amenant avec lui deux collègues.

Lorsque l’ascenseur repartit, il y régnait un silence que seul le son grésillant de ses écouteurs venaient alléger. Il profita de l’espace regagné pour s’éloigner de Savannah et afin de s’assurer que personne ne se rapproche, releva son genou pour coller son pied derrière. Il éteignit sa musique l'air agacé tandis que les indésirables regagnaient le troisième étage. Jusqu’au rez-de-chaussée, il fit donc de nouveau seul avec elle et cette fois-ci, il était celui qui fuyait le regard. Elle ne l’avait probablement jamais vu s'en prendre à quelqu'un auparavant. Elle n'avait fait qu'entendre des "on dit".

Ni lui ni elle ne purent retenir un court soupire de soulagement d’accompagner la sonnette qui annonçait leur arrêt. Un moment gênant puisque tous deux le remarquèrent mais rien en comparaison à ce qui arrivait. Ils tentèrent de sortir tous les deux aussitôt les portes ouvertes, puis s’arrêtèrent pour laisser passer l’autre, s’avancèrent de nouveau avant de s’arrêter encore, net et le regard froid. Sa langue passa devant ses dents, tic qu’il avait lorsque sur les nerfs, il tentait de se retenir de la claquer contre son palais.

« Tu comptes dormir ici ? » lâcha-t-il impatient.

Qui aurait pu leur en vouloir ? Il s’agissait de leur premier réel échange en dix ans (ah le temps passe vite starfoullah). Ils avaient passé tellement de temps à s’esquiver que toute l’attention qu’ils avaient refoulé jusqu’ici les tenait en haleine face à ce que l’autre aurait à répondre. Les portes de l’ascenseur commencèrent à se fermer et sauter sur les boutons comme des dégénérés ne leur fut d’aucune aide. Une fois encore, leur synchro avait posé problème.

Le brouhaha laissa place à un silence flottant lorsqu’ils sentirent que leurs corps défier la gravité en contre sens. Ils remontaient.

« La prochaine fois contente-toi de te toucher les veuch au lieu d’appuyer sur toutes les touches qui font de l’ombre à ton sweat. C’était trop compliqué de continuer à compter les lignes horizontales dessinées sur le plafond ? Après 2 c'est 3.»

Il claqua sa langue contre son palais. Il était officiellement énervé.  
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Ce soir comme hier soir, tu céderas à tes démons. Tu détestes les problèmes mais encore plus les solutions.  - Disiz #810808
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Sujet: Re: Sortir de sa vie monotone. (ft. Jian Wan Kuroda)
Jeu 4 Oct - 23:31

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ft. jian wan kuroda

En moins de temps qu'il en fallut pour le dire, plusieurs personnes rentrèrent dans la cage d'ascenseur, réduisant l'espace vital que Savannah s'était crée pour se sentir en sécurité. Oh non, songea-t-elle avec son ton de dépit que seuls Sebastian et son oncle connaissaient, peut-être éventuellement Jian Wan. Elle entrouvrit sa bouche et soupira légèrement, collant son dos contre la cage. Mais c'est qu'ils étaient un peu dans le genre forceurs. On se serait cru dans un métro bondé. Surtout lorsque sa tête rencontra le torse de Jian Wan. Elle n'osa pas relever sa tête, elle n'était pas très gourmande des proximités avec des gens dont elle n'avait pas (ou plus) l'habitude d'être tactile. Son visage devint tout rouge, et elle racla sa gorge, ne sachant ou poser les yeux. Avant qu'elle n'ait eu le temps de faire comprendre aux gens dans l'ascenseur que ça ne servait à rien de se tasser comme un colis de la poste dans une boite aux lettres, Jian Wan perdit patience bien avant elle.

« Si tu fais un pas de plus, la seule chose qui va être descendue ici, c’est toi. »

Elle est tendue Natacha, pensa-t-elle. Il n'eut pas un ton qui proposait une éventuelle réponse à son interlocuteur, et surtout pas son emprise sur la nuque du jeune homme. La blanche écarquilla ses yeux gris, surprise d'une telle ampleur, son esprit voguant tranquillement dans une série de petits films sur le pourquoi du comment un tel ton fut employé. Elle ne pense pas qu'il se serait permis de lui casser la gueule car sa place dans les rangs de chasseurs aurait été vite retiré, mais elle voyait à travers les gestes et ses paroles que c'était surtout un homme qu'il ne fallait pas chercher, ne serait-ce titiller. L'espace se fit moins restreint et elle put respirer librement, se sentant plus à l'aise. Effectivement, quelques personnes passèrent leur tour. Et elle comprenait bien pourquoi. Jian Wan avait repris ses distances, et Savannah le dévisagea, curieuse devant le jeune homme qui se tenait devant elle. Elle tritura ses doigts dans ses poches, encore. Les autres personnes partirent, les laissant seuls, le silence comme troisième roue de carrosse pendant ce moment étrange. 

Le temps était trop lent, beaucoup trop lent. Et elle n'avait pas quitté des yeux le visage de celui qu'elle pensait connaître. On ne connaissait jamais vraiment les autres, se connaître soi-même en valait autant. 

Ting. Ting !

« Aaah » soupira-t-elle, satisfaite d'être enfin arrivée. Mais elle le fut moins lorsqu'elle percuta l'épaule de Jian Wan. 

Elle le dévisagea, le visage sombre. Avant de se reculer pour le laisser passer. Mais il en fit de même. Alors elle s'avança, mais lui aussi. Mais putain, il est débile, râla-t-elle dans ses pensées, à deux doigts d'exploser de stress et d'angoisse. Elle se recula vivement en le dévisageant toujours avec son regard qui traduisait ses pensées précédentes. 

« Tu comptes dormir ici ? » lança-t-il, l'impatience transpirant de ses pores.
« Je te retourne la question » renvoya-t-elle, employant le même ton. 

Premier échange depuis dix ans – dix ans, déjà … Tant d'années à s'esquiver ou à se fuir, à éviter le regard de l'un ou de l'autre, forcément la moindre réplique était attendue au tournant, et ce fut presqu'avec joie que Savannah lui eut répondu sur un ton cinglant, laissant s'en aller deux pourcent de sa frustration entretenue toutes ces années. Mais cet espèce de petite joie fut de courte durée lorsque leur tête se tournèrent en parfaite synchronisation vers les portes de l'ascenseur qui commençaient à se fermer sous leurs yeux, déconfits. Les mains moites de Savannah glissèrent sur le mauvais bouton, s'efforçant d'appuyer sur le bouton « ouvrir » de la porte, embarquant dans sa glissade de doigts ceux de Jian Wan qui lui aussi avait sauté sur les boutons comme un dégénéré.

« Putain » laissa s'enfuir la blanche, littéralement au bout de sa vie.
Ils remontèrent, tout simplement. Savannah n'avait qu'une seule envie, faire un trou au plafond de la cage et s'enfuir telle une Kim Possible.

« La prochaine fois contente-toi de te toucher les veuch au lieu d’appuyer sur toutes les touches qui font de l’ombre à ton sweat. C’était trop compliqué de continuer à compter les lignes horizontales dessinées sur le plafond ? Après 2 c'est 3.» 
« Comment ça me toucher les veuchs ? Oh ! T'avais qu'à appuyer plus vite, monsieur le génie » répondit-elle, au quart de tour, les yeux brillants de colère.

Il fallait qu'elle se calme, sinon elle allait faire une grosse connerie, comme appuyer sur tous les boutons pour qu'ils restent coincés, ou une ânerie dans le genre. Elle soupira, se passant une main sur le crâne, serrant dans ses doigts fins le bout de ses manches. Non mais il se prend pour qui ? Quel abruti ! Tu parles de retrouvailles, c'était bien loin d'être ce qu'elle s'était toujours imaginée. Elle s'était plutôt attendue un gros câlin comme dans les shôjos, mais c'était à croire que les histoires dans les shôjos n'étaient que ce qu'elles étaient en fin de compte : des histoires. Elle croisa ses bras, le dévisageant sans vergogne dans les yeux, n'ayant pas peur – pour le moment – de ce gros bêta impulsif. 

« Puis pourquoi tu m'as suivi dans l'ascenseur ? Tu pouvais pas prendre les escaliers » maugréa-t-elle, « ça t'aurait évité une compagnie qui semblerait bien désagréable. »

Oui parce que bon, elle avait cru comprendre que ça le faisait chier d'être avec elle au bout de dix ans d'absence. Sympa le pote, enfin en était-il toujours un ? Quel naze. Mais elle n'était pas mieux, elle n'avait rien fait pour être agréable ou pour rendre le voyage plus agréable. M'enfin, elle n'allait pas lui parler de ses nouveaux sachets de thé Viét Thung quand même ? Avant qu'il n'ait eu le temps de répondre, elle surenchérit :

« Bah ça sert à rien de t'accabler, j'aurais du prendre les escaliers quand j'ai vu que tu me suivais. Ça nous aurait évité tout … ça, là. »

Sa voix mourut avec un ton bien triste. Ça lui aurait surtout évité d'avoir l’infime espoir qu'il allait enfin lui parler et qu'ils allaient enfin s'expliquer et qui sait, peut-être repartir sur de bonnes bases ? C'était impossible, il y avait eu trop de temps qui s'était écoulé depuis. Mais elle était toujours habitée par ça, par les petits infimes bouts d'espoir. Elle en attendait trop, toujours trop, de la part des autres. Se donner à cent pourcent aux gens ça ne servait plus à rien, on ne vous rendait jamais autant, parfois même pas la moitié. Elle cessa de le dévisager. Il était devenu très séduisant, il avait bien grandi, mais son caractère était devenu... Bougon, un vrai cochon. Têtu, impulsif. Il faisait la paire, les deux. 

Elle avait cette curieuse sensation que le temps s'était stoppé, encore une fois. Elle appréciait encore ces instants, bien que mauvais, c'était les seuls récents qu'elle aurait de lui et d'elle. Après, c'était peu probable qu'ils se revoient, et surtout se reparlent. Les esquives allaient reprendre. Elle en avait la boule au ventre. 

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Sujet: Re: Sortir de sa vie monotone. (ft. Jian Wan Kuroda)
Jeu 11 Oct - 14:35

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ft. Savannah Taisu
« Tu comptes dormir ici ?
- Je te retourne la question.
- Vraiment ? « Je te retourne la question », c’est ta réponse ? »

C’était quoi ça ? Un genre de « toi-même » pour les plus de douze ans ? Il crut mourir un peu de l’intérieur quand sa maladresse tout aussi enfantine les sequestra dans l’ascenseur. La situation était si frustante qu’elle semblait avoir été orchestrée exprès pour tester ses limites. Résultats des courses : Il était celui à bout. C’était de sa faute et elle avait le culot de lui lâcher un « putain » ? Vous connaissez la suite. C’est à ce moment-là qu’il eut la langue bien pendue avant de fermement la claquer. La langue hein, pas elle.

« Comment ça me toucher les veuchs ? Oh ! T'avais qu'à appuyer plus vite, monsieur le génie, lui répondit-elle aussitôt.
- Parce qu’il faut être un génie pour distinguer le bouton ouvrir du bouton fermer ? Courte démonstration, o-u-v-r-i-r, fit-il en articulant exagérément, le doigt soulignant le mot, f-e-r-m-e-r… »

Elle croisa les bras sous sa poitrine, le regard toujours noir de colère. Oh elle pouvait le dévisager avec autant de hargne qu’elle le voulait, ça ne le rendrait pas coupable pour autant. Il soupira en déportant son regard, il aurait dû prendre ces putains d’escaliers. Au final tout ça c’était peut-être la faute de Sebastian. Il glissa brievement deux doigts sur ses tempes. Ok, c’était peut-être sa faute à lui en premier lieu. S’il n’avait pas fuit comme un collabo face à Bee, il n’en serait pas là. Il était peut-être temps de se confronter à elle.

« Puis pourquoi tu m'as suivi dans l'ascenseur ? Tu pouvais pas prendre les escaliers, maugréa-t-elle, ça t'aurait évité une compagnie qui semblerait bien désagréable. »

Bien qu'elle ne croyait pas si bien dire, il resta scotché par ce qui l'avait emmené à dire ça.  Comment ça « tu pouvais pas prendre les escaliers ? » ? Son visage s'était doucement froncé dans une sorte d'expression de surprise... dédaigneuse, à lui en couper le souffle une seconde. C’était la fille Taisu d'accord, mais s'agissait-il de leurs escaliers ? Il y avait son nom écrit là quelque part ? Elle croyait quoi, que c’était un hélicoptère privatisée juste un peu quoi... rectangle et sans hélices ?

« Bah ça sert à rien de t'accabler, j'aurais dû prendre les escaliers quand j'ai vu que tu me suivais. Ça nous aurait évité tout … ça, là. » ajouta-t-elle avant qu’il n’eut le temps de répliquer. Beau geste stratégique.

Son visage avait changé, son ton aussi. Bien qu’elle ne le regardait plus dans les yeux, il discernait que la colère l’avait quitté. C’était comme si elle avait été pris d’un vertige. Elle était devenue… molle, presque engourdie tout d’un coup. A y regarder de près, peut-être n’était-ce pas seulement la colère qui l’eut quitté.
La revoir se montrer fragile devant lui le mit dans une position inconfortable. Que pouvait-il répondre à ça ? Et par "ça", il ne parlait pas des mots qu'elle avait employé mais de ce que sa voix avait apporté avec. Il se mordit la lèvre inférieur un instant, la quittant des yeux pour regarder le numéro des étages défiler. Il les baissa après un moment, regardant droit devant et d’un ton qui ne laisse pas place à la discussion, lui fit :

« Fais-nous plaisir à tous les deux. Ne me donne pas autant d’importance. »

Les portes s’ouvrirent aussitôt sa phrase terminée, comme s'il avait planifié le timing parfait. Des inconnus attendaient pour entrer mais étrangement, il ne se précipita pas pour sortir. En fait, il resta cloué trois bonnes secondes comme pour apprécier le dernier moment où elle lui en donnait.  
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Sujet: Re: Sortir de sa vie monotone. (ft. Jian Wan Kuroda)
Ven 12 Oct - 23:19

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ft. jian wan kuroda

« Fais-nous plaisir à tous les deux. Ne me donne pas autant d'importance. »

Les paroles les plus douloureuses qu'elle ait pu entendre ces dernières années tant elles agrippaient son cœur pour le lui arracher de sa poitrine. Elle dévisagea son vieil ami, ce dernier fuyant le regard après avoir dit ces mots. Sa bouche s'était légèrement entrouverte tant elle était abasourdie, la douleur sourde ne souhaitant pas se dissiper dans sa cage thoracique. Ses yeux commençaient à lui piquer, démontrant que malgré qu'elle ait renforcé son mental, certaines personnes avaient toujours le don de la toucher au plus profond d'elle-même, et par conséquent, de lui faire le plus grand mal. Elle n'avait plus qu'une hâte, c'était qu'il s'en aille, souffrant trop de ses mots et de sa présence. C'était trop dur, même si elle se doutait qu'il lui imposait ses mots car il fuyait lui aussi ses propres émotions. Il ne la détestait pas, mais il ne savait pas comment faire, tout comme elle. Que dire ? Que faire ? Était-ce trop tard ? Elle tourna sa tête sur le côté, sentant une petite larme lui couler sur la joue, chose qu'elle effaça bien vite à l'aide de la pulpe de son annulaire droit.

Les portes s'ouvrirent aussitôt qu'elle eut effectué son geste, les personnes voulant entrer patientant devant eux. Son cœur se serra, ne sentant pas Jian Wan se déplacer. Elle le regarda, elle avait envie de le retenir comme l'envie qu'il parte vite. Elle ne savait pas, elle était complètement perdue. Trois longues secondes passèrent, durant lesquelles elle s'imprégna de sa présence, car ce serait sûrement la dernière fois qu'ils se verraient tous les deux, juste eux deux, ensemble, sans personne pour s'interposer. Lorsqu'il se décida à sortir, elle ferma ses yeux, plus la distance les séparant aggravant sa douleur dans le cœur, provoquant un soubresaut de ce dernier. Elle ne fit pas attention aux gens qui rentraient, elle avait tendu sa main vers le dos du brun, comme pour le retenir, pour le garder, comme si ces dix dernières années n'avaient été qu'un mauvais rêve. Elle n'avait pas la moindre idée de ce qu'il avait pu traverser, elle ne le saurait peut-être jamais, et peut-être qu'elle n'était pas en capacité d'alléger son cœur de ses mauvais souvenirs... Mais bon Dieu qu'elle aurait aimé essayé !

A quelques centimètres de l'attraper, les portes automatiques se refermèrent, ses doigts moites ne touchant que le métal frais. Son regard fixant le sol, ses doigts glissèrent doucement avant de se remettre dans ses poches. Elle n'entendait rien, pas même le son de l'ascenseur, ni le son des portes qui s'ouvraient, annonçant le rez-de-chaussé, elle resta prostrée quelques instants avant de se décider à sortir, se dirigeant vers la sortie, en direction du centre ville. Elle était cruellement peinée, et ce fut en la tête vers la pluie qu'elle se laissa aller à quelques petits sanglots silencieux, ses larmes salées se mêlant avec la pluie qui tombaient avec fracas sur ses pommettes et paupières.

C'était vraiment pas juste.

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Sortir de sa vie monotone. (ft. Jian Wan Kuroda)

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