Ashita no Sekai



 

La cuisine et le café ou l'art de réunir deux femmes [pv : Amber Kaiso]

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Sujet: La cuisine et le café ou l'art de réunir deux femmes [pv : Amber Kaiso]
Mar 27 Nov - 17:01

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Cela faisait une semaine qu’Eris avait ouvert un page sur son site internet où elle avait décidé de traiter de la cuisine française, qu’elle connaissait relativement bien  même si elle n’en avait  jamais fréquenté les « hauts lieux », faute d’avoir le chiffre magique sur le compte en banque. Elle n’avait jamais été d’une grande richesse, ce qui avait fait qu’à son arrivée au Japon elle s’était retrouvée dans une ville rouge, puisque ne remplissant pas les standards des villes bleues. Et de toute façon, cela ne rendait que plus simple ses enquêtes : moins de surveillance, plus de chance de voir passer une chimère, le visage des pauvres à capturer…
 
Toutefois, faut-il avoir vu le Louvre pour en raconter son histoire ? Avoir coûté à la cuisine des plus grands maîtres pour savoir reconnaître la qualité d’un plat ? Non. Il suffit pour cela d’avoir le sens du goût et de ne pas chercher à pétarder plus haut que son arrière-train ! Et Eris n’était pas prétentieuse. Un peu fière, sans doute, mais c’était tout. Ainsi avait-elle précisée, dès le début  de l’introduction, qu’elle n’avait pas la prétention d’être une experte mais seulement une amatrice éclairée et que si elle se fourvoyait l’on était prié de le lui dire, poliment, afin qu’elle puisse se corriger. Le but toutefois n’était pas de disserter sur un plat mais présenter des recettes qu’elle connaissait et maîtrisait plus ou moins bien. Et comme tout blog qui se respecte, elle avait permis à n’importe qui de faire des commentaires, même si elle écrémait la plupart puisque, comme toujours, des imbéciles venaient y lâcher des « Haan c’est fantastique, je dois essayer ça » ou des « Ca a l’air trop bon », qui ne faisait en rien avancer la discussion. En fait ça perdait plus les gens qu’autre chose et n’invitait pas à lire les suggestions de membres plus avisés et, parfois, d’autres possibilités de préparation.  Parfois quelques-uns préféraient passer directement par la case message privée, souvent par crainte du jugement des autres visiteurs du site. D’autres ne lui envoyaient des messages que par préférence ou pour poser des questions plus directes,
 
Récemment, une femme, ou du moins tout le laissait entendre dans sa façon d’écrire, lui avait envoyé une série de messages, auxquels Eris avait répondu, sur la cuisine d’abord puis cela avait dérivé sur la langue française, la personne de l’autre côté de l’écran étant soit française soit adoratrice du français, magnifique langue souvent maltraitée et pourrie de mots venus d’autres dialectes, comme presque toutes les langues. Et, finalement, un midi, en rentrant d’une virée en ville où elle avait refait le plein de bouteilles de bières, whisky et autres alcools, elle avait vu un petit message l’invitant à se rencontrer, prendre un café -choix de boisson intéressant pour la droguée qu’était Eris-. C’était toutefois surprenant, inhabituel. Ceux qui voulaient la rencontrer, c’était pour être photographié ou paraître dans le journal, ce qui n’était que rarement arrivée depuis qu’elle avait posé les pieds au Japon. La jeune journaliste avait donc accepté, sans hésiter, se pavant d’un petit message de quelques lignes.
 
« Bonjour,
Votre proposition est acceptable et très tentante !
Que diriez-vous de nous rencontrer dans la ville rouge de Gotenba ? Je n’ai hélas pas la possibilité de fouler le sol des villes bleues. Je connais en outre un endroit presque potable pour prendre un café, si cela vous convient ! Je vous en donne les coordonnées.
Quand voudriez-vous que nous ne nous voyons ?
En attendant de vos nouvelles,
Eris Monroe. »
 
Elle ne faisait jamais de grandes envolées lyriques dans ses mails. C’était toujours clair, concis. Elle attendit donc une réponse et le jour convenu se rendit, un peu en avance au lieu du rendez-vous, équipée de son appareil photo, au cas où quelque chose attirerait son œil ou que cette inconnue ne s’avérait digne d’être prise sous toutes les coutures. Eris était donc installée en terrasse, observant la rue, guettant l’arrivée de la demoiselle tout en dégustant un café, un moka si elle ne se trompait pas. Il n’était pas mauvais, seulement passable selon elle. C’était le soucis : lorsque l’on a goûté à du Blue Mountain, du Papouasie et autres cafés du genre, ceux de bases vous paraissent tout juste commun et le café des machines que l’on trouvait dans les lieux publics et les bureaux se mettaient à ressembler à de l’essence.
 
Dix minutes passèrent et le café disparut de sa tasse qui retrouva la table en plastique. Eris, elle, était toujours assise dans sa chaise, les jambes croisées, les cheveux retombant en arrière dans son dos, profitant du soleil. Elle ressemblait à n’importe quelle touriste en vacances, sauf qu’elle n’était pas en vacance et que le lieu ne se prêtait pas vraiment à ce genre d’activités.
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Sujet: Re: La cuisine et le café ou l'art de réunir deux femmes [pv : Amber Kaiso]
Dim 2 Déc - 16:41

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Assise en tailleur, comme à son habitude, sur une chaise de bureau qui n’était pas la sienne, Amber consultait ses mails distraitement avant de laisser échapper un petit « Oh ! » qui passa inaperçu dans la pièce. Sans quitter l’écran des yeux et en commençant à taper une réponse, elle s’adressa alors à son alter ego masculin.

« Jen ?
- Mmh ?
- Tu as bien dit que tu avais prévu d’aller voir des amis à toi à Gotenba bientôt, non ?
- Exact … mais je ne pensais pas que tu m’écoutais à ce moment-là répliqua l’intéressé en haussant un sourcil curieux Pourquoi ?
- Si j’y vais le même jour, t’as moyen de me ramener en repartant ?
- Bien sûr. Mais depuis quand tu connais du monde là-bas toi ? »

Un rire bref résonna dans ce qui servait de salon et centre de jeux vidéo et, amusée, elle se décida à regarder l’auteur de la question, avec un sourire en coin.

« Insinuerais-tu que mes connaissances se limitent aux villes bleues ?
- Oui.
- Et tu aurais totalement raison. »

Elle avait été présente le jour fatidique où tout avait basculé mais ce n’était que hasard. Elle n’était au Japon que pour ses vacances. Mauvais timing. Après quelques … difficultés, elle avait finalement réussi à rentrer en France. Pour qu’en fin de compte, on revienne l’y rechercher. Et après tenu et réussi les 8 mois de formation nécessaires, elle était devenu Cavalier. Et c’est en cette qualité qu’elle avait un bel ID-0 gris et le droit de vivre à Aotoshi.
De fait, elle avait croisé un certain nombre de personnes dans les villes rouges quand elle y allait en tant que médecin, ce qu’elle était avant d’être un agent du SSN, mais elle n’avait pas vraiment noué de contacts. Elle reconnaissait certains de ses patients habituels mais ça n’allait pas plus loin.
Sans s’être offusquée de la franchise de Jen, elle le lui rendait bien et c’était aussi pour ça qu’elle l’aimait, elle reprit pour lui fournir une explication. Elle savait pertinemment qu’il ne la lâcherait pas avant d’en avoir une.

« Je t’ai parlé de cette photographe française qui commençait à parler de cuisine sur son site ?
- Brièvement oui.
- On a échangé un peu et je te passe les détails mais comme elle n’est pas loin, je lui ai proposé de se retrouver autour d’un café pour discuter de vive voix. Elle propose un café à Gotenba.
- Tu prendrais la navette pour t’y rendre ?
- A moins que tu ne sois volontaire pour m’emmener également, oui, celle en début d’après-midi. Elle me fait arriver vers 15h et des poussières, c’est impeccable pour boire un café … Même s’il n’y a pas vraiment d’heure pour en boire. Excepté avant d’aller se coucher évidemment.
- Ça ne m’aurait pas dérangé mais je dois y être pour déjeuner donc j’pourrais pas. Mais pour le retour, pas de soucis.
- T’es l’meilleur. Du coup, c’est prévu quand ? »

Armée d’une date qu’elle ajouta, elle termina son mail, de façon aussi claire et concise que celle de son interlocutrice et cliqua sur « Envoyer ». Il n’y avait plus qu’à attendre le jour J.

Le trajet en lui-même n’avait rien de mémorable : elle avait pris sa place réservée dans la navette, avait sorti ses écouteurs puis ignoré tout ce qui avait pu se dire ou se faire pendant l’heure de trajet. De façon générale, les autres ne l’intéressaient guère et elle n’était pas là pour se faire des amis. Ou pas eux en tout cas. Même si elle ne savait pas vraiment ce qu’allait donner cette rencontre. Mais une française qui aimait le café et la bonne nourriture, ça ne pouvait être que quelque de bien. Au moins un petit peu.
Confortablement habillée en jean, bottes plates et montantes et veste en cuir grenat, Amber sortit son plan papier de sa poche pour vérifier son chemin. Elle pouvait être pour ça de la vieille école. Cheveux au vent, elle se dirigea vers le café avant d’y apercevoir une jeune femme accompagnée d’un appareil photo.

« Eris ? »

Elle attendit confirmation, même si elle ne pensait pas s’être trompée : la coïncidence pour qu’une autre photographe soit présente au même café à la même heure était trop faible. Puis quand elle fut sûre que c’était bien la bonne personne, elle tendit la main et s’exprima en français.

« Amber, enchantée ! »

Elle prit place à la même table et, avisant la tasse vide, reprit la parole.

« Je ne suis pas en retard j’espère ? »

Normalement, elle avait proposé l’heure en fonction de sa capacité d’arrivée donc elle ne devait pas l’être … et elle détestait l’être. Mais peut-être que le trajet avait pris un peu plus de temps que prévu, elle n’avait pas fait attention.
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Sujet: Re: La cuisine et le café ou l'art de réunir deux femmes [pv : Amber Kaiso]
Dim 2 Déc - 22:24

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Le soleil était agréable, même si la photographe ne pouvait pleinement en profiter, obliger de rester vigilante à toutes ses mains chapardeuses mais jusqu’alors personne n’avait pensé à lui faire ses poches, ou, si c’était le cas, elle ne s’en était pas aperçu. Elle avait toujours son sac et son appareil, ce qui était plutôt bon signe. Une voix qui l’appelait par son nom la tira de ses pensées, lui faisant poser les yeux sur une femme qu’elle ne connaissait pas, ou plutôt qu’elle n’avait jamais rencontré directement. De par ses habits et son allure générale, Eris pouvait dire avec une quasi-certitude qu’elle venait d’une ville bleue. Avant même qu’elle ne se présente, elle sut qu’il s’agissait de la femme qui avait pris contact avec elle mais d’abord la jeune femme lui confirma son identité d’un simple « Eris Monroe. Oui. », avant de lui serrer la main et la regarder s’asseoir et demander si elle n’était pas en retard. Quelle idée ! Oh bien sûr Eris était là depuis assez longtemps pour avoir pris un café mais c’était elle qui était en avance. Amber, elle, était parfaitement à l’heure.
 
« Nullement ! C’est moi qui suis en avance ! » répondit Eris, adoptant le français à son tour, avec un sourire aimable, observant d’un œil d’artiste la femme devant elle, se disant qu’elle ferait sans doute un bon sujet, imaginant quelques scènes dans sa tête à partir de ce qu’elle savait, c'est-à-dire bien peu de choses en fait. Puis, revenant presque aussitôt au présent, elle fit signe à un serveur de venir prendre leur commande.
 
« Vous n’avez pas eu de mal pour venir ? » s’enquerra-t-elle, soucieuse du fait que son lieu de rendez-vous ne fusse pas le plus simple d’accès. « Vous devez être la première personne que je rencontre à parler ma langue, ou du moins à me parler dans ma langue. Vous avez vécu en France ? ».
 
La photographe lançait directement la conversation sur l’un des sujets qu’elles avaient pu effleurer vaguement dans leur échange de mails, sans jamais entrer dans des détails aussi précis. Et puis, c’était une bonne façon d’aborder le sujet, glaner quelques informations sur l’autre avant d’entrer dans d’autres tout aussi passionnants et qui feraient plus plaisirs à leurs papilles et bien moins à leur estomac ; il était bien connu que parler nourriture donnait facilement faim. Eris s’installa plus confortablement sur sa chaise, se tournant vers le serveur qui arrivait et lui lança « Deux cafés. » avant d’ajouter à l’attention d’Amber « Sauf si vous avez changé d’avis ? ».
 
Lorsque le serveur se fut éloigné, Eris se fit une remarque. Elle n’avait guère fait d’effort vestimentaire, se contentant d’un pantalon bleu foncé, de chaussures en cuir montantes, d’un chemisier blanc et d’une veste grise mais son vis-à-vis n’était pas tellement mieux habiller. C’était des habits normaux pour une rencontre ordinaire. C’était toujours mieux que le débardeur qu’elle passait pour faire du sport, voire pour aller faire une course rapide.
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Sujet: Re: La cuisine et le café ou l'art de réunir deux femmes [pv : Amber Kaiso]
Mar 4 Déc - 21:55

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« Vous m’en voyez rassurée. J’ai eu un doute en voyant votre tasse vide. »

En fin de compte, tout s’était déroulé comme prévu. Comme Hannibal, elle aimait les plans qui se déroulaient sans accroc. D’ordre personnel, elle arrivait dans 90% des cas à leur faire suivre le chemin initial. D’ordre professionnel … le pourcentage variait si une chimère faisait son apparition. Et il fallait vraiment qu’elle arrête de regarder de vieilles séries. Ce serait certainement moins compliqué pour suivre les conversations autour de la machine à café … si elle en avait eu toutefois quelque chose à faire ... Donc au final, elle pouvait continuer à les regarder sans se sentir coupable de quoi que ce soit.

« Non, pas vraiment. Vous m’aviez laissé le champ libre quant à la date et l’heure, c’était du coup plus simple pour m’organiser. J’ai pris l’une des navettes pour venir et un ami me ramènera ce soir. Cela dit, si ça n’avait pas été Gotenba, ç’aurait pu être plus compliqué … »

Cette ville, distante de moins d’une centaine de kilomètres à vol d’oiseau, disposait d’une navette vers Aotoshi deux fois par jour. Voire peut-être trois en été quand le jour daignait durer plus longtemps mais elle n’était pas sûre. Mais c’était loin d’être le cas pour les autres villes rouges plus éloignées qui se retrouvaient bien plus isolées. Cette proximité était une chance. Si le terme était vraiment adéquat …
Ça n’aurait pas été le même délire non plus si la jeune femme lui avait demandé de venir un jour spécifique à une heure bâtarde du genre 11h30. Avec les navettes, elle serait arrivée bien trop en avance, même s’il y avait toujours moyen de s’occuper avec un bouquin. Ou bien trop en retard, ce qu’elle se serait refusé à faire. Peut-être aurait-elle requis l’aide de Jen, s’il avait été disponible … Mais là n’était pas la question puisqu’elle avait eu le choix.
Afin de se mettre plus à l’aise, elle dézippa sa veste en cuir, sans pour autant la retirer parce qu’il ne faisait pas si chaud que ça, révélant alors un chemisier blanc bien taillé et son pendentif d’ambre. Ce dernier, qu’elle portait depuis toujours, était une simple goutte enchâssée dans un délicat ciselage d’argent au bout d’une fine chaine de la même matière. Elle s’apprêtait à répondre à la question suivante quand le serveur arriva. Elle reprit alors en japonais.

« Non, deux cafés ce sera parfait, merci. puis revenant au français naturellement alors que l’homme s’éloignait d’un pas vif et entraîné Je crois que j’ai croisé quelques personnes qui parlaient français en ville mais pas tant que ça ... Je n’en ai pas vraiment cherché non plus cela dit. En même temps, ils doivent rester chez eux et ils auraient bien raison. »

Evidemment, elle n’était pas du genre à écouter ses propres conseils. Elle eut un bref sourire en coin avant de se tourner de nouveau vers la jeune femme.

« Hmhm, une dizaine d’années, à peu près. A la base, j’y suis allée pour mes études. Et puis j’ai rencontré des gens merveilleux alors je suis restée. J’espère pouvoir y retourner quand … tout ça sera fini. »

Ce qui n’était pas vraiment pour tout de suite, à moins d’un miracle. Mais le fait est que c’était là l’un de ses souhaits les plus chers. Elle souhaitait au moins pouvoir y retourner pour des vacances. Ce n’était pas impossible. Juste très compliqué et hors de prix. Elle était loin d’être à la rue mais ce n’était pas pour ça qu’elle voulait jeter son argent par les fenêtres. Sans compter qu’elle n’approuvait pas spécialement non plus les prix exorbitants. Qu’ils augmentent était compréhensible. Mais pas à ce point-là.

« Et vous, vous êtes arrivée ici depuis longtemps ? Ça n’a pas été trop compliqué ni trop long d’obtenir les papiers nécessaires ? Et pourquoi avoir choisi le Japon ? »

Au-delà des diverses formalités présentes sur le chemin, il n’y a pas rien en France pourtant. Ou même ailleurs. Mais non, spécifiquement le Japon et ses chimères. Le goût du risque peut-être ?
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Sujet: Re: La cuisine et le café ou l'art de réunir deux femmes [pv : Amber Kaiso]
Jeu 6 Déc - 11:46

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Eris répondit par un léger sourire amusé. Oui, cette innocente petite tasse vide devant elle pouvait semer la confusion mais ce n’était rien d’autre que le signe que la jeune photographe était là depuis un moment déjà.

« Ce qui compte est que nous soyons toutes les deux-là. S’il avait fallu, nous aurions convenu d’un autre instant, voire d’un autre lieu. »
. Elles avaient eu de la chance que Gotenba soit aussi proche d’Aotoshi, et, surtout, dispose d’une navette deux fois par jour au moins ; c’était peu, mais c’était déjà ça. « De toute façon, si vous n’aviez pu bénéficier d’une navette de retour, je ne vous aurai pas laissé à la rue. D’ailleurs si votre ami ne peut vous récupérer, ça tient toujours. ». La proposition était risquée ; cette femme, elle ne la connaissait qu’en surface et encore si elle avait dit la vérité dans leurs échanges. Toutefois elle ne voyait pas de raisons pour craindre une quelconque traitrise. Elle n’avait rien d’une tueuse psychopathe. Et puis, elle avait le mérite d’avoir quelques centres d’intérêts communs avec Eris, ce qui ne la rendait que plus sympathique.

« Je ne vois pas l’intérêt de m’enfermer, quoi que, avec une jolie personne je puis imaginer une raison ou deux… »
laissa-t-elle trainer, laissant planer le doute sur les « raisons » possibles, volontairement avant de lui laisser le temps de répondre à son autre question, celle sur ses liens avec la France. Elles avaient donc un deuxième point commun : elles y avaient faits leurs études, même si pour Eris c’était assez logique.

« Cela va faire un an en février prochain. A part pour payer le billet, ça a été. La paperasserie… Eh bien disons que nous avons un certain entraînement en France… ».
L’administration à la française, c’était tout un concept, un art d’additionner les inepties et pertes de temps par des formulaires et des procédures inintelligibles ; c’était la maison qui rend fou que seul un esprit futé pouvait traverser sans devenir zinzin.

« Et pourquoi le Japon ? Allons… Vous avez la mauvaise chance d’avoir des chimères ! Je compte bien les immortaliser ! Et puis ça change tellement des pays enlisés dans des guerres traditionnelles ! C’était ma raison de partir ! Une vilaine curiosité ! La prochaine fois je réfléchirais à deux fois avant de partir sans avoir une grosse bourse à la ceinture pour jeter de l’or dans les rues… » répondit Eris en finissant sur une touche ironique. Le goût du risque l’attirait également mais ce n’était pas pour cela qu’elle avait opté pour ce pays. C’était les ravages, les conséquences de l’apparition des chimères qui l’avaient appelé, comme la Lucilia caesar, plus couramment appelée mouche à merde, était attiré par une bouse puante.

« Evidemment, je n’ai pas réussi à en approcher une depuis… Disons que les villes rouges n’offrent pas énormément de faciliter pour ce genre d’activités… Et sinon vous faîtes quoi vous ? »

Après avoir attendu sa réponse, elle ajouta « Alors… Que pourrions-nous dire ? Vous aimez cuisiner ? C’est plutôt quoi votre type de plat ? »

Les questions étaient assez bateaux, mais après tout, elles étaient là à cause de la cuisine et du café, donc en parler n’avait rien d’anormal. C’était même plutôt évident.  
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Sujet: Re: La cuisine et le café ou l'art de réunir deux femmes [pv : Amber Kaiso]
Sam 8 Déc - 0:40

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En effet, l’essentiel était qu’elles aient réussi à se déplacer l’une comme l’autre. En attendant, elle n’avait pas peur. Lui proposer comme ça de l’héberger, en cas de grève des transports pour le retour, alors qu’elles ne se connaissaient pas … Ou alors en proportion très limitée. Parce qu’à part leur prénom, elle ne se souvenait pas avoir dévoilé son nom de famille et préférait ne pas le faire, et deux de leurs intérêts communs … c’était assez restreint.
Dans la situation inverse, aurait-elle fait la même proposition ? Probablement. Parce que mine de rien, elle n’aimait pas laisser les gens dans la galère. Ceux pour qui elle avait un peu d’estime en tout cas. Les autres … disons que ça dépendait de qui et de la situation. D’un point de vue médical, elle soignait toujours les gens. Mais sorti de ce cadre … c’était bien trop aléatoire pour en sortir une règle digne de ce nom.

« C’est gentil de votre part mais ça devrait aller. À moins qu’il n’arrive un problème à sa moto, nous devrions pouvoir rentrer sans souci. »

Et si incident il y avait … elle dormirait plus probablement chez les amis de Jen que chez la jeune femme. Elle n’avait rien contre elle mais son alter ego pouvait se porter garant … et il était un brin protecteur quand il s’y mettait. Ou alors Eris aurait deux personnes à héberger pour le prix d’une. Mais tout cela restait théorique et quitte à choisir, elle aimait autant rentrer dormir dans son propre plumard. Mais plus tard, qui sait, quand elles se connaîtront mieux, pourquoi pas ?
Ce qui l’amenait lentement à penser qu’elle n’aurait probablement jamais l’occasion de lui rendre la pareille à moins de lui obtenir une dérogation pour 24h … Autant dire que ce n’était pas demain la veille.

Il lui fallut un instant pour comprendre de quoi son interlocutrice parlait avec cette histoire d’enfermement. Il se peut que son cerveau se soit concentré sur la fin de la phrase, perdant le fil du début. Et ce dernier étant ce qu’il était, elle avait forcément eu des idées aussi … du genre qui impliquait de se dévêtir. On ne se refaisait pas … Elle en oublia de la corriger en expliquant ce qu’elle voulait vraiment dire par « rester chez eux », à savoir rester en France et non rester chez soi à Aotoshi, et enchaîna directement avec la suite.

Cela ferait donc bientôt un an. Il aurait pu s’en passer des choses en presqu’un an si elle avait parlé cuisine avant. Un rire bref lui échappa à la mention de l’administration française. Oui, c’était une horreur et le mot était faible. Il était fréquent qu’un de ses amis s’en plaigne quand ils se retrouvaient en ligne. Et ils finissaient par en rire parce que c’était toujours mieux que d’en pleurer. Et que c’était plus facile à ce sujet que sur celui des chimères.

« Oui c’est vrai … je dois avouer que ça par contre, ça ne me manque, mais alors, absolument pas du tout. »

Amber s’attendait à cette réponse, à ce que les chimères soient la raison principale, alors elle n’en fut pas surprise et hocha simplement la tête en guise d’assentiment. L’attrait du nouveau. Elle ne revenait là une nouvelle fois. Cela changeait tellement … C’était triste, dit comme ça. Le monde s’était tellement habitué à la guerre au fil des années qu’elle en était devenue banale, ordinaire. Indigne d’intérêt. Alors que cela n’empêchait pas les morts. Et elles n’étaient pas moins dignes que ceux qui périssaient à cause des chimères.

« Ça … l’adage veut que l’argent ne fasse pas le bonheur mais dans ce pays, en ce moment, cela pourrait y ressembler … »

Tout dépendait de la notion que chacun attachait au bonheur mais sa propre sécurité ou celle des siens s’y rapportait souvent. Et actuellement, l’argent pouvait acheter ça sous la forme du droit de résidence dans une ville bleue. L’argent, encore et toujours …

« En un sens, vous devriez être contente de ne pas en avoir approchées de trop près. Des membres manquants ou des cicatrices à ne plus savoir quoi en faire sont le genre d’effets secondaires notables. Pour les plus sympas. Et je pense que c’est plutôt que cette ville offre moins d’opportunités que ces consœurs puisqu’elle n’est pas si loin d’Aotoshi. Les chasseurs peuvent être conduits dans les alentours plus rapidement qu’au fin fond de la campagne. »

Et pour avoir fait les deux, elle en savait quelque chose. Elle continua et répondit à la question aussi brièvement, simplement, que possible.

« Je suis médecin. »

S’il fallait préciser qu’elle bossait pour le SSN, elle le ferait mais autrement, elle n’en voyait pas l’utilité. Elle était médecin avant tout, Cavalier n’étant pour elle qu’une sorte de spécialisation et non un passe-droit comme certains de ses collègues pouvaient le faire valoir.
Elle s’apprêtait à poursuivre ses réponses quand le serveur refit son apparition avec les cafés. Elle allongea la monnaie nécessaire avant que la jeune femme n’ait le temps de protester. C’était elle qui était à l’origine de l’invitation, c’était, selon sa conception, à elle de payer les consommations. La première tournée en tout cas. Elle aviserait par la suite si elles avaient besoin d’un second round. Par réflexe, elle essuya la cuillère sur la serviette en papier puis se mit à touiller le café en dessinant une étoile à cinq branches.

« Hmm … question compliquée. Au quotidien, je n’aime pas que cela me prenne trop longtemps. Alors je vais aller au plus simple quand je n’ai pas la flemme en me faisant livrer. En revanche, ça ne me dérange pas d’y passer du temps quand j’ai du monde ou de m’y coller quand je suis en famille. J’aime cuisiner pour les autres, en fait. Quand il n’y a que moi, disons simplement que je m’en fous. Et l’un dans l’autre, je crois que je m’éclate le plus en préparant de la pâtisserie. Du genre simple. Pas le dessert à quinze étages et trente-six glaçages différents qui doit rester au frigo pour des phases intermédiaires pendant onze heures, quarante-cinq minutes et dix-neuf secondes … vous voyez l’idée. »

Laisser les madeleines au réfrigérateur une heure avant cuisson pour que la bosse soit plus jolie, oui. Mais il fallait que ça reste dans le même ordre de grandeur. Les préparations la veille ne lui posaient pas de soucis non plus.

« Et vous ? Vous avez un axe favori ou vous allez poster un peu de tout sur votre site ? Et vous n’avez pas trop de difficultés à obtenir les ingrédients nécessaires ? »

Une gorgée de café disparut.
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Sujet: Re: La cuisine et le café ou l'art de réunir deux femmes [pv : Amber Kaiso]
Sam 8 Déc - 23:32

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La proposition de logement était sans doute un peu trop osé, surtout pour une première rencontre avec une inconnue mais Eris, si elle en reconnaissait le côté audacieux et risqué, n’aurait guère su laisser une personne qu’elle avait fait venir dans les rues de Gotenba ou l’un de ces lieux à la réputation guère reluisante. Le jour, la situation n’était déjà guère reluisante et il fallait toujours vérifier que personne ne se décide à vous faire les poches mais la nuit, lorsque la lumière se faisait insuffisante pour voir la venue du danger, c’était encore pire. La discussion avait ensuite embrayée sur la venue d’Eris au Japon et lorsqu’Amber lui avait répondu que les joies de l’administration française ne lui manquaient pas, Eris n’avait pu s’empêcher d’esquisser un sourire. Elles avaient visiblement le même avis quant à sa lourdeur et ses inepties.

« Hmm… Ce n’est pas faux… Après je n’ai pas besoin d’une chimère pour me mettre dans un sale état. Toutefois lorsque j’évoquais un manque de facilités, c’était d’un point de vue logistique et sécuritaire. Je suis peut être téméraire mais pas totalement folle ! » répondit Eris en haussant les épaules avant de passer à la réponse suivante « Médecin ? Je note ! Toujours bon de connaître quelqu’un pour vous recoudre ou vous remettre un doigt en place ! ». Comprenant que la jeune femme ne puisse souhaiter en dire d’avantage, elle ne demanda qu’une simple précision « Médecin dans quelle domaine ? ».

Eris l’avait ensuite interrogé sur son goût pour la cuisine et, sans vraiment que cela surprenant, Amber se révéla être dans la moyenne : rien de compliquée d’ordinaire, faute de voir un intérêt à bien cuisiner pour soi seulement, et ne faire quelques efforts que pour des invités. C’était une vision qu’Eris ne partageait pas. Au contraire, elle aimait cuisiner afin d’éprouver différentes recettes, différentes combinaisons sans empoisonner, littéralement ou non, ses invités. Elle était toutefois d’accord avec une chose : les préparations extrêmement compliquées n’étaient pas très attirantes.

« Hmm…. Un domaine favori ? Non, pas vraiment. J’aime surtout jouer avec les ingrédients, expérimenter. J’apprécie faire les desserts, c’est par cela que j’ai commencé d’ailleurs mais cela n’en fait pas mon domaine favori. Je pense que je proposerai un peu de tout. La cuisine, ce n’est pas un seul plat mais une succession. N’en dévoiler qu’un seul type ne me paraît pas des plus intéressants. Quant aux ingrédients… Il n’est pas toujours simple de trouver ce que l’on veut mais il suffit de ne pas chercher l’impossible. Cuisiner avec ce que l’on a, c’est déjà bien. ». Après avoir répondu à cela, elle prit sa tasse et but une gorgée, petite car le café était brûlant mais aussi pour le faire durer autant que possible.

« Selon vous, est-ce une bonne chose que de purger tous les commentaires inutiles du type « haan trop cool cette recette ! » ? Ils m’agacent mais… Ce n’est peut-être pas très diplomatique de les retirer aussi sec ? J’avais aussi pensé à un système de notation mais comme cela variera encore avec les talents culinaires et la bonne foi des visiteurs de la page… Disons que ça n’a aucun intérêt. Quel est l’avis de ma plus courageuse lectrice ? » demanda-t-elle avec le sourire en reprenant une deuxième gorgée de café, observant Amber en quête de ses réactions. Elle était un bon moyen d’affiner ce que l’anonymat de l’écran ne lui permettait que d’envisager.

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Sujet: Re: La cuisine et le café ou l'art de réunir deux femmes [pv : Amber Kaiso]
Jeu 13 Déc - 18:23

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« Ah ? Vous êtes du genre maladroit qui se prend le coin du meuble ou la poignée de la porte ? »

Amber avait posé la question entre deux échanges alors que cela lui rappelait sa meilleure amie Nola. Si vous étiez dans la même maison qu’elle et que vous cherchiez à la localiser, il suffisait de suivre les « Aïe ! » et les « Ouille ! » qui ponctuaient l’atmosphère. Elle pouvait changer de registre quand elle renversait ou faisait tomber quelque chose … Mais à force, on s’y habituait.

« Au temps pour moi ! Et en effet, c’est mieux pour votre survie que de n’être que téméraire … »

Toujours bon … c’était à voir. C’est sûr que ça pouvait être utile et servir à l’occasion. Mais ceux qui connaissaient l’intéressée savaient très bien que cela viendrait avec une technique bien particulière et un lot de propos acidulés qui la caractérisaient. Elle soignait, oui, mais non sans vous engueuler si vous le méritiez … Ce qui en surprenait certains. Mais là aussi, on s’y faisait.

« Médecine générale avec une spécialisation pour être urgentiste, ce que j’étais en France dans un hôpital parisien. Puis je suis revenue au Japon et j’ai fait les 8 mois pour être Cavalier. Mais je reste médecin avant tout. »

Oui, elle insistait sur ce point parce que pour elle, ce n’était pas si important que ça. Sans les chimères, elle aurait tout de même continué de s’occuper de ses patients « normaux ». Et c’est ce qu’elle entendait bien faire une fois que l’invasion aura été contrée ou que le nombre de médecins nécessaires aura diminué. Quand sa présence ne sera plus indispensable ou au moins requise, elle rentrerait chez elle … mais la situation avait le temps d’évoluer d’ici-là.

Ainsi donc, Eris était une touche-à-tout quand elle était en cuisine. Cela promettait des articles sympas à lire et à voir. Et à tester si elle était motivée. Elle sourit brièvement en entendant son interlocutrice dire que la cuisine, ce n’était pas un seul plat mais une succession. Cela lui faisait penser à quelque chose qu’elle aurait pu lire dans une introduction de cours de cuisine ou d’un livre. Peut-être était-ce le cas mais même si ça l’était, cela suffisait à l’amuser. Mais en attendant, elle acquiesça parce qu’elle était d’accord : n’en proposer qu’un seul type ne serait pas des plus intéressants.

« Non, vous avez raison. Et en plus cela risquerait de réduire votre public. En restant ouverte à différents types, vous, en un sens, obligez vos visiteurs à revenir régulièrement pour voir les nouveautés. C’est aussi une façon de générer du trafic sur un site … »

Elle n’avait nullement fait d’école de communication ou quoi que ce soit de ce genre mais parfois, elle écoutait trop ce que son frangin pouvait lui dire. Et elle avait bonne mémoire.

« Hmhm. Et si vous cuisinez avec des produits locaux et simple à trouver, il sera plus facile pour vos lecteurs de reproduire vos recettes. Les ingrédients compliqués à obtenir, ou chers, peuvent souvent rebuter. En ce qui me concerne en tout cas. Le prix est rarement un souci mais si je dois acheter un kilo de fleurs cultivées au sommet du Mont Kerala pour en utiliser 10 grammes ou aller à l’autre bout du pays pour trouver une épice, je sais que je vais laisser tomber. Mais je ne suis probablement pas assez motivée cela dit. »

Elle serait prête à aller à l’autre bout du pays pour récupérer un livre alors … tout était question de priorité et la cuisine n’en était pas simplement pas une pour elle. En revanche, elle connaissait quelqu’un qui lui n’hésiterait pas.

« Ha ha, lectrice sans aucun doute mais courageuse, je ne sais pas. »

Tout dépendait de la définition que la jeune femme attribuait à cette notion mais ce n’était pas le sujet. Ou pas cette fois en tout cas. Amber se mit à réfléchir aux questions, tout en touillant son café toujours selon une étoile à cinq branches.

« Hmm … pour la notation, je ne sais pas. Comme vous le dites, cela dépend vraiment du visiteur. Je sais que si j’avais à attribuer une note à un plat, celui qui contient du chocolat ou du café gagnerait des points rapidement sans que je ne lise le détail. À moins d’être vraiment objectif, je ne sais pas si c’est très pertinent. Des tendances et des préférences pourraient se dégager des notes mais je ne pense pas que ça irait plus loin … Peut-être plus tard qui sait ? »

Elle marqua une pause pour réfléchir à la question des commentaires.

« Je peux comprendre qu’ils soient agaçants parce qu’ils n’apportent pas toujours un avis sur la recette ou une proposition d’en changer une partie pour éventuellement l’améliorer mais en même temps … totalement les retirer est peut-être excessif ? Peut-être que cela peut rebuter, je ne sais pas. Ou peut-être qu’il faudrait y répondre en incitant l’auteur à partager une photo lorsqu’il aura fait lui-même la recette ? Histoire de le motiver ? »

Elle fit une pause en avalant une gorgée de café encore chaud.

« Notez, tout dépend des proportions qu’ils prennent par rapport aux autres commentaires. Ils sont vraiment envahissants ou pas tant que ça ? »

Il fallait avouer que la japonaise ici présente ne parcourait que rarement ladite section des commentaires.
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Sujet: Re: La cuisine et le café ou l'art de réunir deux femmes [pv : Amber Kaiso]
Hier à 13:40

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« Ca m’arrive, comme à tout un chacun mais je pensais plutôt à ma facilité pour me plonger dans les ennuis jusqu’au cou… Pas pour rien que j’ai appris à me défendre ! » répondit Eris en souriant, amusé par le malentendu avant de s’enquérir du domaine d’expertise de la jeune femme. La médecine générale, c’était vraiment parfait pour les petits soucis de la vie et doublée d’une urgentiste… C’était l’amie rêvée n’est-ce pas ? Celle que l’on adore venir embêter pour gagner quelques secondes aux urgences, et s’éviter de patienter avec le fracturé dansant la java, la mère et son gamin qui a le nez qui coule à cause du froid et s’imagine qu’il a la pneumonie…

« J’ai fréquenté quelques hôpitaux parisiens, section urgence… Si ça se trouve on a pu se croiser… Voire vous avez peut-être eu la joie de me recoudre ! » après tout, ce n’était pas impossible. Entre la boxe et les querelles dans lesquelles elle se lançait et qui ne finissait jamais par des petits bisous mais plutôt des grands coups dans la tronche, elle en avait eu des motifs à se faire soigner. « Et vous avez raison. Peu importe pour qui vous bossez, vous faîtes toujours la même chose. Ce qui change, c’est le sujet, ou, dans votre cas, le patient. ». La discussion s’était ensuite orientée sur la cuisine.

« Honnêtement, je ne cherche pas à cuisiner avec des produits rares. Je fais avec ce que je trouve, en fonction de mes moyens. ». Il fallait être raisonnable, agir selon ses capacités et voyager à travers tout un pays pour aller obtenir un poivre sauvage ou une baie spécifique n’était pas vraiment dans celles d’Eris. Elle serait capable de se lancer dans l’aventure mais il fallait un transport et ça, au Japon, en ces temps troublés, ce n’était pas aussi simple.

« C’est vrai que retirer les commentaires est un peu extrême mais les laisser, c’est perdre les remarques pertinentes et oui, ils ont une tendance à proliférer. Après je n’ai pas vraiment fait d’études en gestion de site donc… Disons que je me fourvoie sans doute ! Il faudra que je réfléchisse à ce problème… Après qui va lire les commentaires sérieusement ? » répondit Eris en laissant s’exprimer un rire léger.

« Vous avez déjà essayé une tarte banane chocolat ? »
demanda Eris, se remémorant que c’était là où allait les préférences d’Amber et que le mélange était plutôt agréable. Il faudrait qu’elle ajoute la recette en rentrant, ainsi que celle du tiramisu d’ailleurs… Histoire de fidéliser la belle gourmande qui lui faisait face.

Au fur et à mesure que la conversation passait, et que le café diminuait dans sa tasse, Eris se détendait et laissait son esprit divaguer plus librement, son œil se promenait sur son vis-à-vis de façon plus marquée, ne remarquant pas que quelqu’un la soulager de son portemonnaie, le subtilisant dans la poche droite de sa veste. En soit, mis à part qu’elle perdrait une petite somme d’argent, ce n’était pas un souci immense puisqu’elle gardait ses papiers bien à l’abri des voleurs mais l’ennui se poserait lorsqu’il lui faudrait passer à la caisse, soit pour une deuxième tournée soit dans un autre magasin. C’était l’ennui quand l’on n’avait pas d’ID-0 au poignet.
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La cuisine et le café ou l'art de réunir deux femmes [pv : Amber Kaiso]

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