Ashita no Sekai



 

« De surprise en surprise » ou « Un malheur n'arrive jamais seul » hum ?

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Sujet: « De surprise en surprise » ou « Un malheur n'arrive jamais seul » hum ?
Dim 29 Mar - 17:18

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Réputation: Se donna à coeur joie lors de son premier test face aux chimères, si bien que l'on se questionna sur son état psychologique. Représente une source de danger (ou de courage, selon le point de vue) véritable : Il a faillit faire tuer une collègue lors du test final en ne faisant pas attention à ses alliés. In extremis, il changea sa position avec celle de cette dernière pour la secourir. On parle encore de cette représentation aujourd'hui. Peu aimable, a(i)mant à filles, étranger (français)...
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« Parmi toutes les nouvelles recrues, il fallait que ça tombe sur Kuroe et Sebastian. KUROE ET SEBASTIAN ! »

Je m'étais retenu. Durant la cérémonie, l'annonce et jusqu'au retour dans mon appartement. Je m'étais retenu plus que jamais je n'avais eu à le faire de toute ma vie. Ma patience n'avait pas atteint ses limites, elle les avait largement surpassé.

Tel un boulet de canon, j'étais rentré chez moi à peine mon emprunte déposé sur l'écran digital. Ma main avait juste eu le temps de frôler le plasma que les portes automatiques s'étaient ouvertes pour nous laisser passer. Amber emboîtait mon pas tout en maintenant une certaine distance entre nous. Sécurité obllige.

« Julian, calme-toi… »

Le vase était plus que plein et la pression si importante qu'elle devait être évacuée de la manière la plus expéditive qui soit. La seule méthode que je connaissais répondant à ces critères se nommait « CHIENNE DE RACE DE MERDE », ou dans un autre jargon « violente rage physique » Tout ce qui se trouvait sur mon chemin fut envoyé au loin aussi dignement que dans une série mélo-ado-dramatique.

« ME CALMER ? » Les mains aggripées au meuble central de la cuisine, je m'étais tourné vers elle le regard noir.

La colère l'avait emporté sur la raison. Je l'avais toisé comme je toisais n'importe quel enfoiré avec qui je me préparais à rentrer en confrontation. Les jointures blanches tant je pressais la table, je m'étais retrouvé le temps d'un instant sur le fil du rasoir. Je regrettai immédiatement mon geste. Elle me connaissait mieux que personne, probablement mieux que moi-même et se démenait seulement avec les moyens qu'elle disposait dans mon état pour limiter les dégâts.

M'accrochant à ma tignasse avec une force à m'en rendre chauve, j'aspirai un grand coup. Ma respiration était telle que mon corps manifestait le moindre changement. Chaque inspiration, chaque expiration était exagérément puissante. Je n'avais pas apprécié le regard que je lui avais lancé, je pense même l'avoir détesté bien plus qu'elle. J'essayais de me reprendre, aussi difficile que soit cette tâche.

« Me calmer… » répétai-je d'une voix légèrement tremblante, laissant un silence finir ma phrase. « Mais MERDE ! »

Raté. Aucun self contrôle. Le pichet à ma droite partit rejoindre ses camarades au milieu du salon en un coup de bras. La tempête qui me faisait rage était intense mais se freina subitement à l'arrivée d'une troisième personne, comme étouffée par la peur.

On entendit tout d'abord le bruit spécifique d'une semelle qui s'écrase sur des morceaux de verre. Ni elle ni  moi n'avions soulevé nos jambes depuis mon dernier geste. De profil à elle et dos à l'entrée, cette fois-ci je la dévisageai plus curieusement qu'autre chose. Qui se trouvait dans mon dos ? L'un comme l'autre, nous fumes comme des bêtes sauvages prises au piège.

Les yeux écarquillés par une prise de conscience tardive, je réalisai. Sans mon emprunte digital, il n'y avait qu'un membre gradé pour passer les portes.

«  Commandant Taisu,
- Julian. Je m'attendais à une réaction mais d'une telle ampleur, je dois avouer que ça me surprend. »

Je me tournai lentement en sa direction, camouflant tant bien que mal mon affolement.

« Je..-
- Inutile de t'excuser. Il n'est écrit nulle part dans le règlement que s’énerver chez soi est un délit. »

Le commandant s'avança dans la pièce en évitant de mettre le pied sur une zone encombrée par les débris de verre. Dans son avancée, il salua Amber d'un signe poli de la tête et mains tenues dans le dos, il me fit face. De nouveau, je me retrouvais dos à l'entrée.

« Je me doutais bien que devoir vivre avec Sebastian Kaiso ne t'enchanterait pas compte tenu des échos que j'ai pu entendre concernant votre relation mais je ne savais pas que Kuroe représentait elle aussi une source de conflit.
- Commandant Taisu, je ne voulais pas- »

Il m'arrêta derechef, accompagnant son acte d'un geste de la main. Putain.

« Je ne vais pas te rendre la tâche difficile en te demandant de m'expliquer ce qui te déplaît chez ma nièce, ce sont vos histoires. Je suis seulement surpris. Je pensais que vous étiez restés de bons amis d'enfance. Depuis le temps qu'elle me parle de toi, j'imaginais que la relation était entretenue et réciproque. J'ai mis les pieds dans le plat visiblement, » ajouta-t-il avec un sourire que je n'aurais su qualifié.

Ne sachant quoi répondre de politiquement correct, je préférai me taire.

« Si j'avais su, j'aurais peut-être fait les choses autrement mais malheureusement, commença-t-il, passant ses mains sous le robinet automatique, les ordres viennent de plus haut. »

Intrigué, je jetai un coup d’œil furtif à Amber. Elle ne paraissait pas non plus savoir de quoi il parlait. Comment ça, de plus haut ?

« Le SSSN chercherait-il à me surveiller ? » demandai-je de but en blanc, ma voix se réconciliant avec son assurance.

Le chef Taisu esquissa un léger sourire et sortit ses mains de l'eau pour agripper un chiffon sur lequel s'essuyer. Je le suivis des yeux, l'expression du visage raide et figée. Je sentis ensuite une vague de chaleur dans mon dos. Amber s'était rapprochée et s’évertuait de me faire comprendre un message. Ou deux. Le premier, « je suis là », le deuxième « ne va pas plus loin où je te tue ». Du moins c'est ce que cette attention me fit ressentir. Je glissai mon regard vers elle le temps de quelques secondes, comme pour lui montrer ma reconnaissance, puis le dirigea de nouveau sur l'orateur.

« Surveiller est un mot un peu fort mais l'idée est là je suppose, me répondit-il en gardant son sourire. C'est incontestable Julian. Tu as fait énormément de progrès sur le plan disciplinaire alors je te l'accorde, c'est une drôle de façon de t'en féliciter.
- Permettez-moi alors de vous demander où est le problème.
- Nous souhaitons former des équipes d'élite. »

J'eus un sourire embarrassé, comme si mes lèvres s'étaient déformées pour cacher une grimace.

« Une équipe d'élite ? Répétai-je avec appréhension et une pointe d'aigreur. Qu'est ce que c'est censé vouloir dire ? »

Il me fixa un moment et se mis à marcher en direction du salon, le regard porté vers l'extérieur.

« A notre époque où marcher est une devenu une activité sollicitant de grands efforts, tu détiens les meilleurs résultats académiques dans plus d'un exercice et ceci sans aucun passé militaire. Tu as de grandes compétences, si bien que certains parlent de talent. Et je ne mentionne même pas les retours que j'ai eu sur tes expéditions. »

Je regardai Amber avec incompréhension. Le commandant était-il en vraiment en train de me faire des éloges ? Et si oui, par équipe d'élite, est-ce qu'il voulait dire que…

Puis il revint poser son regard dans le mien.

« Et il vous fallait au moins ça pour ne pas être démis de vos fonctions. »

Bam. Dans ma gueule. C'était bien joué de m'avoir mis sur un pied d'estale pour que la chute n'en soit que plus inattendue. Comme un novice, il m'avait pris de cours. Si bien que j'eus du mal à soutenir son regard et le détournai une seconde. Humidifiant mes lèvres, signe de mon embarras, je l'écoutai ensuite continuer.

« Je ne vous demande pas de faire ami avec Sebastian ou de renouer vos liens avec Kuroe. Plus de 10 ans et des milliers de kilomètres forment effectivement une bonne raison de vouloir tirer un trait sur une personne. Mais là n'est pas la question. Voyez tout ceci comme un échange de bons procédés. Vous avez des choses à leur apprendre et vis versa. »

Je crois avoir arrêté de respirer à ce moment-là. Non en fait j'en suis sûr. Je me mis à chercher du soutien vers Amber, en vain. Elle était aussi impuissante que moi face aux événements. Je ne pouvais rien dire, rien faire.
Ou tout du moins, il n'était pas raisonnable de le faire.

« Commandant Taisu, avec tout le respect que je vous dois, Tant pis, être raisonnable ne me va pas au teint. N'est-ce pas étrange de demander à un homme qui n'a selon vous pas le profil du membre idéal d’entraîner des camarades du même grade ? Pour une fille, votre nièce a fait une prestation incroyable. Je n'ai rien à lui apprendre. Quant à Sebastian, pour un non sportif, il a..
- Il n'est nulle question d'enseignement Julian. Tu n'as rien à faire de plus qu'autrefois. Il a été jugé bon de vous mettre dans les mains l'un de l'autre. Vous vous stimulerez mutuellement par votre mode de vie.
- Nous stimuler ? repris-je avec un de ces sourires qui n'envisagent rien de bon. Vous savez ce qui me stimulerait à moi ? C'est de ne pas avoir à partager mon espace vital avec les deux énergumènes qui me rendront chaque bouffée d'air amer et vomitive et que vous avez choisi pour me surveill-.. ! »

Je m'apprêtais à m'emporter. Amber s'apprêtait à m'arrêter. En gros, la suite des événements allait être déterminée par le plus rapide d'entre nous.
Mais c'était sans compter sur l'apparition des deux autres concernés. Nous nous attendions pas à nous faire couper l'herbe sous le pied et encore moins par eux deux.

Dites-moi que c'est une caméra caché.

« Super. » Lançai-je dans un soupire très significatif, les yeux roulant insolemment.

« Pour ma biographie, « De surprise en surprise » ou « Un malheur n'arrive jamais seul » hum ? » demandai-je à Amber, un peu de ton dans mon sarcasme.


Ce soir comme hier soir, tu céderas à tes démons. Tu détestes les problèmes mais encore plus les solutions.  - Disiz #810808
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Sujet: Re: « De surprise en surprise » ou « Un malheur n'arrive jamais seul » hum ?
Mar 31 Mar - 22:12

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Trois, deux, un … et voilà. Amber leva les yeux au ciel sans pour autant cesser de suivre Julian. Il fallait bien qu’il explose à un moment ou à un autre. Elle lui était reconnaissant d’avoir attendu jusque-là. Et quelque part, fière qu’il ait tenu si longtemps. Sa patience s’améliorait progressivement. C’était toujours ça de pris. Si elle avait eu à parier, elle aurait perdu, présageant la perte de contrôle bien avant le retour à leur appartement. La suite serait assez folklorique. Mais il était trop tôt pour se permettre d’en rire à haute voix.
Elle passa la porte à sa suite et se garda de s’approcher trop près de lui, comme s’il était porteur de la peste. Sécurité oblige. La sienne. Elle était pour une fois habillée en civile et n’avait rien dans ses poches qui lui permette de le calmer rapidement. Et elle ne tenait pas à prendre un coup pendant les minutes à venir. Cela dit, si elle ne pouvait rien lui faire physiquement, elle avait d’autres atouts. Dont certains bien plus efficaces qu’une ampoule de morphine coincée dans une seringue. Elle s’adressa à lui d’une voix douce et compatissante, reprenant en français.

« Julian, calme-toi … »

S’énerver donnait des rides. Il le savait pourtant non ? Depuis le temps qu’elle s’évertuait, non sans mal, à le lui dire et à le lui faire comprendre. Elle comprit que ce n’était pas la remarque adaptée quand il commença à expédier tout ce qui se trouvait dans son champ de vision au sol. Heureusement qu’elle n’était pas en face de lui. Et que ce n’était pas elle la femme de ménage. Cela dit, il se pouvait qu’elle arrive à le contraindre de nettoyer de lui-même ses conneries. Elle allait reprendre sur le même ton quand il la prit de court en haussant la voix. Ce point précis, elle aurait pu s’en arranger sans faire de vague. Elle avait l’habitude de ses éclats et elle le supportait sans broncher puisque souvent, ils lui permettaient d’aller mieux derrière.
En revanche, le regard qu’il lui jeta en même temps était très loin d’avoir son approbation. C’était plutôt l’inverse d’ailleurs. Il était énervé, elle pouvait le comprendre. Très bien même. Leur relation durait depuis suffisamment longtemps pour qu’elle se permette de penser qu’elle le connaissait mieux que personne. Lui y compris peut-être. Elle était une amie. Et à ce titre, elle estimait mériter mieux qu’un regard méprisant parce qu’elle énonçait une évidence. En conséquence, son ton fut froid et tranchant. Comme avec n’importe quel crétin de base.

« Oui, te calmer. Et ne m’oblige pas à me répéter. »

Aux gestes qui suivirent, il fallait être aveugle et sourd pour ne pas comprendre qu’il s’en voulait et qu’il le regrettait. Elle ne l’était pas. Elle soupira doucement et laissa couler son énervement. Elle ne voulait pas attraper de rides prématurément. Elle lui sourit doucement pour l’encourager … sans succès. Nouveau soupir. Blasé cette fois-ci. Bon, il fallait trouver une autre technique avant que le mobilier ne soit réduit totalement à néant.
Elle aurait peut-être eu le temps d’y réfléchir si une tierce personne n’était pas arrivée entre-temps. Concentrée sur Julian, elle ne l’aurait pas forcément remarquée si un bruit de verre crissant sous une semelle ne s’était pas fait entendre. Heureusement qu’elle ne se baladait pas pieds nus aujourd’hui d’ailleurs … Souriant doucement, elle ne répondit rien à l’interrogation silencieuse de son ancien patient. Finalement, sa solution venait d’arriver. Et il y en a un qu’elle allait laisser se démerder royalement avec ça. Rancunière ? Pas vraiment. Voir pas du tout. C’était plus une question de principe pour le coup.

Elle rendit le salut de la même façon au commandant et recula silencieusement pour poser ses fesses sur le rebord d’un des meubles avant de croiser les bras. Elle n’avait pas à intervenir dans leur conversation et sa position lui permettait aussi de voir la porte d’entrée. Et puis, écouter pouvait se révéler tout aussi instructif. Notamment quand cela commençait à toucher à des sujets inconnus. Elle rendit son regard interrogatif à Julian et faillit se contenter, pour sa part, de rester muette et immobile. Mais ça, ce n’était pas possible.
D’une part à cause de la réponse de l’intéressé qui n’allait pas tarder à sortir une connerie, elle le sentait, de l’autre, à cause des silhouettes, dont elle ne doutait pas de l’identité, qui se dessinaient à travers la porte d’entrée. Elle se déplaça pour être, bien que toujours dans son dos, plus près. Si elle arrivait à tout lui faire comprendre, à savoir qu’elle allait le tuer s’il sortait de ses gonds, qu’elle était néanmoins là pour lui et que bientôt ils seraient plus que trois, ce serait un miracle. Et il semblait que tout le message n’était pas passé entièrement.

# Mais … qu’il est con bordel. #

La présence du commandant l’empêchait toutefois de lui en fait part à haute voix. Elle craignait sincèrement le pire pour la suite même si, pour l’instant, ça restait tranquille. Pourvu que ça dure. Ou que ça penche en faveur de son supérieur comme elle le sentait venir avec le début de compliments. Si c’était bien la technique à laquelle elle pensait, technique à laquelle elle avait souvent recours, Julian allait déchanter rapidement.

# Ne me regarde pas imbécile. Tu es en train de te faire avoir comme un bleu … #

Bingo. La cavalière soupira intérieurement. Pourtant, elle lui avait déjà fait le coup. Ce n’était pas comme si c’était la première fois qu’il y avait droit. N’apprenait-il donc jamais ou quoi ? Sachant rester à sa place quand il le fallait, elle n’ajouta rien et attendit la suite.

# Ce n’est pas moi que tu dois regarder … qu’est-ce que tu veux que j’y fasse hein ? Que je te colle une seringue là où je pense pour te faire oublier peut-être ? Et bordel … #

Pourquoi avait-il fallu qu’il commence sa phrase par ça ? Généralement, la suite était tout sauf respectueuse. Puisse-t-elle se tromper sur ce coup. Et non. Elle allait lui passer un de ces savons quand le commandant serait reparti qu’il ne s’en remettrait pas de suite. Allez, puisque son supérieur restait calme, peut-être qu’il n’allait pas tout faire foirer et que la suite se passerait bien. Ou pas. Elle n’eut le temps, sans bouger, que de prononcer son prénom d’un ton sec. Tant pis pour sa crédibilité auprès du commandant. Il n’avait qu’à savoir se tenir. L’arrivée de Sebastian, auquel elle accorda un sourire complice, et de Kuroe ne lui laissa pas l’opportunité d’en dire plus.
Elle se tourna vers Julian, sa voix prenant un ton cassant que lui seul pouvait entendre. Les autres n’auraient qu’un murmure audible soit, mais incompréhensible.

« Je pense que "Le jour où une amie m’en a collé une devant mon supérieur parce que j’étais trop con" me semble approprié. Continue comme ça et je te jure que c’est à moi que tu devras répondre Julian. »

Elle marqua une très courte pause avant d’exercer discrètement une légère pression sur son poignet et de reprendre de la même façon : audible pour lui mais pas pour les autres. Son ton en revanche avait changé. De sec, il était passé à doux et chaleureux.

« Tiens le coup encore un peu, s’il te plait. »

Elle le relâcha tout aussi rapidement et retourna s’assoir sur le meuble qu’elle avait choisi comme fauteuil. Même si elle espérait ne pas avoir à intervenir, elle préférait rester à portée. Au cas où.





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Sujet: Re: « De surprise en surprise » ou « Un malheur n'arrive jamais seul » hum ?
Mer 1 Avr - 11:10

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«Ah merde... »

Un soupir blasé suivit cette remarque. Oh bien sur, je m'étais retenue lors de la cérémonie, vous imaginez le scandale ? J'avais juste attendu de me retrouver toute seule dans un angle, et hop : c'était sorti tout seul ! J'aurais très bien pu continuer à me lamenter comme j'en avais l'habitude, mais bon... Il fallait relativiser, après tout, c'était Sebastian, mon meilleur ami, mon grand frère même, j'aurais très bien pu tomber sur un enculé premier du nom.

Je n'avais pas idée que le premier enculé du nom était l'autre nom désigné tantôt : Julian de Rodez. Je ne savais pas grand chose sur ce dernier, si ce n'était le "protégé malgré-lui" de Seb. Outre ses miracles pendant les examens - oui je pèse mes mots, des miracles hein - je ne le jugeais pas plus que ça. Quoi que ce dernier n'allait pas s'empêcher de le faire une fois arrivé chez-lui, mais c'est un détail que je ne remarquerai que bien plus tard. Non, ce qui me gênait dans l'histoire c'est la manière dont j'avais ignoré Sebastian. J'avais peur de sa réaction m'en voulait-il ? Je ne pouvais me donner la réponse de moi-même, mais ça ne m'étonnerait pas qu'il ait un temps d'adaptation après ces dernières années.

Je n'eu pas le temps de ressasser ces moments tant chaleureux à l'académie qu'une silhouette vint me faire de l'ombre, à mesure que je me rapprochais de "mon appartement".

« Ah. » Je conçois, j'aurais pu faire mieux comme réaction... « Sebastian... »

Il se tenait là, devant moi, avec son sourire doux, comme si rien ne s'était passé. Vraiment, Sebastian, est-ce que ça t'arrive de t'énerver contre moi par moment ? Cesse de faire comme si de rien n'était... Je ne pouvais soutenir son sourire, je me sentais trop mal vis-à-vis de lui, alors je regardais le sol, l'air penaud, non méritante de cette marque d'affection. De toutes les personnes au monde, quand lui agissait comme il le faisait, ça me faisait du mal ; je préfererai me prendre des coups dans la figure plutôt qu'il me fasse preuve de bonté. En avais-je le droit ? De toutes les personnes, il avait fallu que ce soit Sebastian qui récolte l'ignorance la plus blessante de toutes... Avais-vraiment le droit de mériter son affection, aujourd'hui...?

« Je suis désolée... »

Le visage toujours blessé, j'avais du mal à relever mes yeux vers lui, et je n'avais pas vraiment attendu sa réaction pour laisser tomber mes affaires et le prendre dans mes bras. Une étreinte qui signifiait tout, absolument tout, et j'espérai qu'il me pardonne suffisament pour ne pas rejetter cette étreinte. Ca faisait longtemps que je n'avais pas reçu ses marques d'affection, mais je n'avais pas le droit de lui demander de son temps à l'époque : on n'avait pas le temps. Relevant mon visage vers le sien, je ne lisais que dans ses yeux une compassion débordante ; il n'avait pas changé, l'académie ne l'avait pas changé, et je remerciai la personne qu'il étai d'avoir su rester le même peu importe les obstacles qu'il avait du subir : la vie l'avait épargné.

Et c'est ensemble que nous nous dirigions vers l'appartement. Haku devait être déjà là-bas, et comme ce n'était pas une visite de courtoisie, je ne pouvais pas être moi-même avec lui, et c'était bien normal. J'étais un peu désolée pour Sebastian, de devoir vivre avec l'énergumène qu'il ne voulait plus côtoyer, et comme d'après ses dires « il ne ressemble en rien à ton Julian », j'avais bien du soucis à me faire pour ma santé mentale, et physique.

Mon Julian... Qu'était-il devenu ? Une bouffée d'affection remplit alors mon coeur, et j'eu un petit sourire en repensant à certains moments passés... Mais c'était du passé.

« Mais qu'est-ce que...
- Je me doutais bien que devoir vivre avec Sebastian Kaiso ne t'enchanterait pas compte tenu des échos que j'ai pu entendre concernant votre relation mais je ne savais pas que Kuroe représentait elle aussi une source de conflit.
- Commandant Taisu, je ne voulais pas- »

Je me raidis, littéralement. Si je ne réagissais pas encore pour l'instant, la veine qui palpitait contre ma tempe elle, s'excistait. Je retins Sebastian en l'attrapant par le bras, remarquant sa cousine Amber dont il m'avait si souvent parlé, en lui adressant un sourire poli, mais ce dernier s'évapora très vite. Nos prénoms avaient fusé dans la conversation, et je crois que c'était nous qui avions provoqué les éclats de verres au sol.

« Je ne vais pas te rendre la tâche difficile en te demandant de m'expliquer ce qui te déplaît chez ma nièce, ce sont vos histoires. Je suis seulement surpris. Je pensais que vous étiez restés de bons amis d'enfance. Depuis le temps qu'elle me parle de toi, j'imaginais que la relation était entretenue et réciproque. J'ai mis les pieds dans le plat visiblement. »

... De quoi ? Me tournant vers Sebastian, lentement, et j'appuie sur le mot "lentement", je le dévisageai, comme s'il allait m'apporter une réponse à ce couac. Comment ça "ma" relation avec "LUI" ? Amis d'enfance ? On se fouterait pas un peu de ma gueule ? À défaut de m'énerver sur quelqu'un à voix haute, je me criai dessus intérieurement. Même si l'envie d'exhorter mon incompréhension était tellement prenante. Je n'avais pas lâché ma main du bras de Sebastian, et peut-être craignait-il pour la vie de son membre puisqu'il se libéra de mon emprise. Inspiration, expiration. Mon regard légèrement hargneux était sensé signifier " ça va c'est bon je suis calme " et ça, je suis sûre que tout le monde y croyait... N'est-ce-pas ?

« Si j'avais su, j'aurais peut-être fait les choses autrement mais malheureusement, les ordres viennent de plus haut. »

Allons donc ! Forcément que ça venait d'en haut ce genre de décisions débiles.
Mais ça me mettait hors de moi cette histoire ! Est-ce qu'ils essayaient vraiment de me faire croire que "ce" Julian était "MON" Julian ? Mon Julian n'était certainement pas comme lui. Certainement pas. Ils n'allaient pas me faire avaler ça.

Leur conversation continua alors, entraînant une petite fureur que j'avais du mal à contenir à mesure que, oui putain, c'était "le" Julian que j'avais connu. Avais connu, j'insiste, lui, je ne le connaissais pas. La seule chose à la rigueur que j'avais envie de connaître chez lui, c'était les évènements qui avaient conduit à une telle personne. Il avait tué les souvenirs doux que j'avais de lui, il venait de tuer mon précieux grand-frère, lui... C'était un inconnu.

Inspiration, expiration un peu lourde de ma part lorsque je vis le Julian monter en pression, et je ne pus m'empêcher de marcher vers leur rencontre, le sac posé en vrac devant moi avec un son bien sec, les bras le long du corps et bien droite, coupant apparemment la parole du Julian que je regardais fixement dans les yeux. Sebastian ne tarda pas à me rejoindre, et je pouvais sentir dans mon dos son regard qui signifiait " ne fais pas de bêtises, s'il te plaît ". Tournant d'un quart mon visage vers lui pour lui faire comprendre que " JE SUIS CALME TOUT VA BIEN ", je me permis de planter à nouveau mon regard vers le brun avant de lâcher, une inspiration prise au préalable avant que le son ne sorte, et que je me tourne vers mon oncle :

« Commandant Taisu. »

Je me tins droite, suite à ces mots dit avec un calme... Présageant une grosse tempête. Il ne fallait pas trop m'en demander, je n'allais certainement pas ne pas réagir après. Néanmoins, je reculai le pas vers Sebastian, il me fallait au moins quelqu'un ou quelque chose pour me garder calme, même si Sebastian tenait ce rôle pour le moment, ce qui voulait dire que plus tard il n'allait plus pouvoir le faire. J'allais pousser à bout ce Julian, et tant pis si j'en ressortirai broyée, je voulais comprendre comment il avait fait pour devenir un enfoiré de première catégorie. Et qu'il ne veuille plus me voir également. Qu'est-ce que j'ai pu te faire à l'époque, je t'ai volé une carte pokémon ou comment ça se passe ?
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Sujet: Re: « De surprise en surprise » ou « Un malheur n'arrive jamais seul » hum ?
Lun 6 Avr - 23:40

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J’étais resté attentif tout le long de la cérémonie. Je n’avais pas bronché, tel un bon petit soldat. Et dans tout les cas, pourquoi aurais-je dis quelque chose ? Je n’étais pas énervé, juste surpris. Partagé entre deux émotions : l’appréhension et le dépit. Etre avec Kuroe et la retrouver ne me dérangeais pas, j’avais simplement peur de sa réaction. En revanche me mettre dans le même appartement que Julian… Ils cherchaient quoi ? A ce qu’on s’entretue ?

Mes pensées se bousculaient tandis que je marchais dans les couloirs de la base jusqu’à ma future demeure, portant mes sacs sur mon dos et mes pas se faisant de plus en plus lents. Puis, au détour de deux couloirs, je l’aperçu. Pour moi, elle n’avait pas changée. Malgré son nouveau corps, sa nouvelle coiffure et la combinaison qu’elle portait fièrement. J’avais toujours gardé un œil sur elle et avais même participé à l’enterrement de son père, un homme que j’admirais également. Dans l’ombre, je l’avais regardé s’épanouir avec ses nouveaux amis et obtenir de bonnes notes, souriant lorsqu’elle terminait haut la main un exercice physique que j’avais du mal à finir. La petite fille dont je prenais soin était bien loin à présent…

Me rapprochant doucement, je n’eus besoin de la voir de face pour connaitre sa réaction, apercevant un tout petit sursaut. Puis, avant même de se retourner elle s’adressa à moi, comme si elle avait juste eu besoin d’entendre le son de mes pas pour me reconnaître. Lorsque nos regards se croisèrent, je ne pu m’empêcher de lui adresser un sourire, celui qui voulait tout dire. Mais mon cœur se serra quand elle détourna les yeux en baissant la tête, s’excusant honteusement comme si elle réclamait son châtiment.

Non, Kuroe... Pourquoi t’excuses-tu avec cet air si triste ? Je ne t’en veux pas et je ne pourrais jamais t’en vouloir… Même si je n’ai pas pu te parler pendant trois ans, j’ai réussi à veiller sur toi de loin et c’est tout ce qui compte.

Allant pour faire un pas vers elle, j’eus à peine le temps de lâcher mes affaires qu’elle me sautait déjà dans les bras, laissant nos sacs tomber respectivement au sol dans un bruit sourd. La serrant alors contre moi délicatement, je posai une main sur sa tête et caressai ses nouveaux cheveux roses, toujours aussi doux et avec toujours cette même odeur. Sans rien dire, je lui fis comprendre que tout allait bien, que je ne lui en voulais pas et que j’étais de nouveau là, à ses côtés. La laissant sécher ses quelques larmes au creux de mon épaule parce que je savais qu’elle n’aimait pas que je la vois comme ça, elle relâcha finalement son emprise et j’en fis de même, gardant mon sourire. Ses petits reniflements me firent craquer et je lâchais un rire soulagé. Nos habitudes reprirent vite le dessus et alors qu’elle commençait à faire la moue, je pointais mes doigts sur son front pour lui faire une « pichenette » de bienvenue, qu’elle n’eut le temps d’esquiver.

Quelques minutes plus tard nous étions devant notre porte d’entrée, des éclats de voix parvenant déjà jusqu’à nos oreilles. Et tandis que Kuroe ouvrait celle-ci d’un pas décidé, le mien fut plus hésitant. A l’ouverture, mes yeux se posèrent directement sur un visage m’étant bien familier, celui de Bee. Répondant à son sourire, la savoir présente m’avait redonné de l’énergie pour la suite. Et dieu sait que j’allais en avoir besoin… En cet instant elle était comme le soleil avant la tempête. A moins que la tempête ne soit déjà passée…

Mon regard glissant vers le sol, je ne pu que remarquer la présence de débris de verres étalés un peu partout au milieu du salon. Pas le temps de réfléchir, le commandant était là lui aussi et ses paroles me firent bien vite redresser la tête puisqu’il parlait de nous. Ou plutôt… De Kuroe. Si bien qu’elle m’attrapa précipitamment le bras en le serrant un peu plus à chaques mots prononcés. J'apprenais en même temps qu’elle -ou peut-être même avant- que le Julian dont elle me parlait depuis notre enfance n’était autre que l’énergumène qui me harcelait depuis six ans. Répondant tant bien que mal au regard qu‘elle me jeta, ma tête se mit à bouillonnée lorsque mes neurones firent « tilt ». Bingo. Avec cette nouvelle je venais peut-être d’avancer d’un pas concernant Julian...

Récupérant calmement mon bras avant qu’il ne finisse broyé, je remis mes idées en place et gardais un oeil sur Kuroe. La connaissant, elle n’allait pas réussir à se contenir bien longtemps et il valait mieux que je ne sois pas loin lorsque ça arriverait.

Lorsqu’il expliqua que les ordres venait de plus haut, cela ne m’étonna pas le moins du monde. Il n’y avait que ces gens là pour prendre des décisions pareilles. Aucun de nous deux ne réagissait pour le moment, écoutant le reste de leur conversation et suivant les deux protagonistes du regard. Je crois que nous étions arrivés pile au bon moment, découvrant tous ensembles les raisons de notre cohabitation. C’était… Une blague, n’est-ce pas ?

Un sourire crispé se dessina sur mes lèvres. Est-ce qu’il venait vraiment de dire que vivre ensembles nous permettrait de nous entraider et de combler les lacunes de chacun ? Hahaha… Si ils voulaient nous éliminer, il fallait le faire tout de suite ou nous jeter dans l’arène sans armes, ça aurait été plus simple ! Parce que j’avais du mal à concevoir le fait que Julian nous enseigne quoi que ce soit et que Kuroe avale la pilule si facilement. Une boucherie, voilà ce qui allait arriver dès le moment ou il aurait franchit cette porte. Un carnage sans nom qui allait finir le reste du mobilier en moins de temps qu’il ne faut pour le dire. Quoique, Amber était encore là et je savais que je pouvais compter sur elle pour m’aider à empêcher ça.

Il a… ? …

Mince, le commandant lui coupa la parole. Pour le coup, je lui aurais sauté dessus afin de connaitre la suite mais cela ne me ressemblant pas, je ne fis rien, m’asseyant sagement sur les mots que voulait prononcer Julian à mon sujet. La suite me brisait tous rêves de compliments. J’avais eu envie de lever la main et de dire « Hey ! C’est moi la bouffée d’air amer et vomitive… ! » mais je n’en fis rien non plus, me contentant de rire nerveusement.

Amber avait fait de son mieux pour le retenir et je m’apprêtais à faire de même avec Kuroe. A croire que c’était un don dans la famille... Elle avait larguer son sac devant elle en provoquant un bruit assez proche du « j’en ai marre » et s’était dangereusement approchée d’eux, m’obligeant à emboîter le pas.

Ne fais pas de bêtises, s’il te plait… Eeeet merde.

Son regard suffit à me faire comprendre que non, elle n’était pas calme et que non, tout n’allait pas bien. D’ici une minute ou deux la soupape allait péter et le feux d’artifice allait commencer. Saluant sobrement son oncle, je suivis son exemple et il nous répondit tout aussi sobrement avant de s’adresser enfin à nous; laissant Julian sur la touche, les nerfs à vifs et le regard fuyant.

« Kuroe, Sebastian, vous arrivez à pic. » commença-t-il doucement, plaçant ses mains dans son dos et se dirigeant lentement vers la sortie. « J'allais justement expliquer à votre colocataire comment se déroulera votre cohabitation. »

Et ?

Le suivant des mes yeux turquoises, je fis un sursaut lorsqu’il s’arrêta net.

Bon sang, je déteste quand il fait ça…

« Etant locataire de cet appartement depuis un an, il est naturel de vous adapter aux règles de vie de votre ainé. »

Continuez commandant, ne vous arrêtez pas en si bon chemin ! Avec tout le respect que je vous dois, il est inutile de faire durer le suspens plus longtemps, je vous assure…

Ses yeux ridés se tournant en particulier sur Julian, je compris qu’il appuyait ses dires principalement pour lui. « En tant qu'adultes civilisés et modèles de la nation qui plus est, j'imagine que vous n'aurez aucun mal à faire de compromis. »

Mais bien sur, cela va de soi, commandant. Ce n’est pas comme si personne n’avait de dents contre personne ici…

Mon regard se glissa vers Julian qui, comme un enfant à qui on enlèverait son jouet, croisa les bras et claqua sa langue contre son palais. Rapidement, ses yeux se plantèrent dans les miens, me fusillant sur place. Avalant ma salive, je reportais mon attention sur le commandant, qui concluait l’instant avec un magnifique :

« Sur ce, si vous n'avez aucunes questions... ? »

Est-ce qu’il est sérieux, là ? Il vient de nous envoyer à l’abattoir et il nous demande si on a des questions… ? Il me semble que Julian à épuisé son stock tout à l’heure et que nos questions à nous ni changeront rien, non ? Kuroe, parfois j’ai vraiment envie d’étrangler ton oncle…

Silence de plomb, personne n’osait répondre. « Bien, je vous laisse vous installer tranquillement » Termina-t-il en nous saluant poliment avant de déserter les lieux. Une seconde passe, mon regard croise à nouveau celui de Julian. Il nous toise chacun notre tour, les sourcils froncés.

3... 2... 1... Dans le mille.

Se décollant du comptoir contre lequel il s’était appuyé, il fait un pas pour rejoindre le commandant dehors mais se fait stopper d’une main par Amber, toujours aussi réactive.

Bon et bien… C’est partit. Vivons les joies d’une bonne collocation…


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Sujet: Re: « De surprise en surprise » ou « Un malheur n'arrive jamais seul » hum ?
Mar 7 Avr - 22:59

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Réputation: Se donna à coeur joie lors de son premier test face aux chimères, si bien que l'on se questionna sur son état psychologique. Représente une source de danger (ou de courage, selon le point de vue) véritable : Il a faillit faire tuer une collègue lors du test final en ne faisant pas attention à ses alliés. In extremis, il changea sa position avec celle de cette dernière pour la secourir. On parle encore de cette représentation aujourd'hui. Peu aimable, a(i)mant à filles, étranger (français)...
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Les Taisu avait un talent sournois pour choisir leurs entrées. Théâtrales de par leurs apparitions inattendues, mythiques quant à leur caractère divinatoire. La façon dont ils se manifestaient se montrait à mes yeux plutôt équivoque sur le dénouement. Bruit de semelles, coup de pied dans le derche. Bruit de sac, …cul de sac. Vous voyez où est-ce que je veux en venir ?

La réplique de Bee aurait pu me faire rire dans d'autres circonstances mais de toute évidence, celle-ci ne s'y prêtait pas. J'imagine bien que ce n'était pas le but qu'elle visait non plus. Dans une situation aussi délicate, digérer autant de sarcasme représentait une tâche surhumaine et aussi monstrueux puis-je être, c'était au-delà de mes compétences. Au lieu d'écorcher à mes lèvres un sourire, je soupirai du nez, bien incapable de nier qu'elle m'avait outrageusement cloué le bec. J'étais clairement dépendant de l'amitié dont elle me nourrissait que s'en était presque misérable. J'imagine que même les monstres ont leurs failles et bien qu'il m'arrivait dans ces moments-là de m'en plaindre, elle finissait toujours par me convaincre du contraire.

J'aurais aimé qu'elle ne lâche pas son emprise sur mon poignet et qu'elle m’emmène bien loin d'ici. Dans un endroit où les fantômes du passé ne viennent pas me hanter jusqu'à mon propre chez moi. Mais d'ici là j’espérais que la chaleur de sa voix puisse suffire à tenir à distance la froideur du regard que je sentais se poser sur moi.

Elle avançait dans une pièce ravagée par une colère en son encontre et quelque chose me disait qu'elle ne me fixait pas si intensément dans les yeux sans avoir son idée là dessus. La mini Taisu devait traîner dans les parages depuis un moment et je réalisai seulement maintenant à quel moment au juste elle avait pu surprendre notre conversation. Aaah, c'était donc ça le dernier message. J'eus soudainement très peu de considération pour moi-même. Adressant un coup d’œil furtif à Amber, je laissai mon expression parler d'elle-même. Ce fut un échange rapide qui ne dura pas plus de deux secondes dans lequel elle put lire toute ma désolation. Parmi les trois messages, il fallait que j'ignore celui-ci. Mais … que je suis con bordel.

J’interprétai son faciès express comme une affirmation à mes propres pensées. Un genre de « Qu'est ce que tu veux que j'y fasse ? Je suis médecin pas pédiatre » ou plus sobrement un « Eh oui, malheureusement… » petit mais puissant par son degré de lassitude. C'était incontestable maintenant, elle me connaissait si bien qu'elle développait un don de télépathe. Effrayant.

Plus effrayant que ce qui se tenait devant moi ? Très bonne question. Elle n'avait fait que s'avancer, Sebastian dans son ombre et pourtant, le silence de ses mots en disait long. Je n'avais fait que croiser son regard quelques instants plus tôt lorsqu'elle nous avait coupé mais ça avait suffit à éteindre l'envie en moi de le refaire. Je le soutenais par insolence et curiosité mais j’appréhendais en quelque sorte ce que je pouvais y trouver. Elle salua le commandant qui les salua tous deux avant de prendre la parole, ignorant mes dernières paroles comme si elles n'avaient jamais été prononcées.

Frustré ? Quel doux euphémisme. Ceci étant dit, il en valait peut-être mieux pour moi ainsi. Le suivant du regard et l'écoutant attentivement, j'attendais impatiemment qu'il se décide à cracher le morceau. Il n'avait certainement pas fait mine de ne pas se préoccuper de mon impudence sans raison.

Méfiant cette fois-ci face au début encourageant de son discours, je le dévisageai de plus belle. Quand dans sa démarche vers la sortie, il s'arrêta pour me toiser fixement, je sentis qu'elle allait être dévoilée ici.

Sans faute. Adultes civilisés et modèles de la nation, hein ? Quelques années plus tôt, j'aurais sûrement eu le culot de me retourner pour chercher avec lui une personne plus qualifiée à ce titre. Dans le cas présent, je me contentai seulement de croiser les bras et pester en détournant le regard, claquant ma langue contre mon palais. Commandant, j'ai vraiment envie de vous éclater la gueule.

En changeant de direction mon regard, celui-ci s'entrechoqua dans celui de Sebastian. Le blond mangea toutes mes pensées noires sans vraiment que je ne le réalise. Elles semblèrent durent à avaler étant donné que je le perçus déglutir et fuir mes prunelles. Tch...

Suivant son regard pour retomber dans celui du commandant, ce dernier s’embarrassa d'une question qui n’espérait nulle réponse. Me mordant l'intérieur de la joue tout en maintenant ma position, c'est à dire accolé à un des meubles de la cuisine, nous laissâmes un blanc souligner la majestueuse autorité de notre locuteur.

A priori satisfait du caractère loyal et sage de sa bonne brigade de chiens esclaves, il mis fin à son intrusion, quittant la pièce en incitant les nouveaux colocataires à s'installer.

Aussitôt que les portes électroniques se refermèrent, l'impression de manquer d'air frappa mes poumons et me fit serrer mâchoire et poings. J'étais en colère et personne n'avait le droit de me délégitimer ceci. J'avais fait d'énormes efforts pour en arriver là. J'avais calmé mes ardeurs, je m'étais retenu de faire milles et unes saloperies durant ces trois années, me tenais parmi les meilleurs et voilà comment on me remerciait. En m'offrant comme colocataires les deux personnes capables de me foutre hors de moi par le simple fait de respirer, deux enfants à papa sans doute pas là pour la déco mais soigneusement choisis pour s'infiltrer dans ma vie et garder un œil sur mes faits et gestes comme si l'ID-0 ne suffisait pas. A quoi bon continuer d'agir aussi bien si c'est pour gagner ce qui se fait de plus mauvais. Qu'est qui pouvait m'arriver de pire en étant moi-même finalement, hein ? Il ne me fallut pas plus de trois secondes après sa sortie pour me décider à clarifier les choses avec lui une bonne fois pour toute. Je ne voulais pas d'eux chez moi et le regard furtif que je leur adressai leur fit très bien comprendre. Prêt à le rejoindre, je fus stoppé dans mon élan par la main d'Amber. Observant sa main avant de remonter mes yeux vers les siens, je pus sentir à quel point son geste avait été certain. Sa main était droite, son bras raide et dans son regard je devinais sa certitude concernant ce choix. Aucun mot ni son ne sortit de ma bouche. Pas même une langue claquant le palais ni un soupire retenu. J'avais arrêté de respirer comme pour retenir la bombe en moi d'exploser, bombe qu'elle désamorça avec une facilité déconcertante.

« Je suis avec toi. Quoi qu'il advienne, maintenant ou plus tard. Mais ne fait rien que tu ne puisses regretter par la suite »

Comme si le souffle de sa voix on son sourire m'avait cogné, j'eus une sorte de vertige cérébral. Le genre de vertige qu'on apprécie. Avec si peu de choses, elle détenait un pouvoir immense. A mon grand désarroi, la sensation de n'être que tous les deux ne perdura pas longtemps. Ceci étant dit, je me sentais plus léger et ce malgré le poids du regard de mes deux enfoirés de colocataires.

Sagement, je me remis alors à ma place.

Nouveau blanc. Blanc long et pesant, uniquement rythmé par le tapotement régulier et rapide de ma botte contre le sol. Chacun se regardait ou du moins, je regardais chacun et d'un regard souhaitant tout sauf la bienvenue. Exception faite pour Amber évidement. Je ne préférais même pas projeter mon futur avec eux.

Je ne voulais pas d'eux chez moi, c'était très clair. Incompatible. Je ne voulais pas de son visage, de ce ramassis de souvenirs qu'elle traînait derrière elle que je détestais tout autant que son soit-disant ami. Malgré moi j'avais suivi son avancé au sein de l’académie, j'avais été spectateur de ses changements aussi stupides soient-ils et je n'étais pas non plus passé à côté de sa relation avec Sebastian. Comment aurais-je pu ? Et dire qu'ils se tenaient là, lui tout près d'elle, elle tout près de lui. Tableau mignon d'une amitié énorme et éternelle. Comme si elle ne l'avait jamais considéré autrement  que comme un vulgaire accessoire ou coupe de cheveux qu'on coupe et change à sa guise. Une sale pute superficielle et un connard d'abruti fini.

Un « Ksh. » ponctua mes pensées, laissant deviner que ce qui se passait dans ma tête n'était pas une rediffusion de tinkiwinki et de ses amis télé-teubés. C'était vraiment dur de ne pas les insulter ouvertement. Ils auraient dû remercier le ciel d'avoir fait en sorte que Amber se tienne là elle aussi. Elle restreignait considérablement mon champ d'actions.

« Dis-voir, au lieu de râler pour rien, à part chopper des rides, tu ne voudrais pas plutôt te rendre utile et nettoyer le foutoir que tu as mis ? » Pire, elle me poussait à faire des actes contre-nature.

J’émis un toussotement comique. Ça ne l'était pas mais ça ressemblait foutrement à de l'ironie.

« Râler ou nettoyer, je me demande bien ce que je préfère… » Comme si je réfléchissais sérieusement à la question, je me touchai le bas du visage, glissant mon index sur ma lèvre inférieur. Laissant la comédie faire effet quelques secondes, je m'arrêtai ensuite, la regardant fixement. « T'es sérieuse ? » lui demandai-je d'un ton sec mais avec regard amusé que contrairement aux autres, elle pouvait aisément percevoir.

Question rhétorique. Non effectivement elle ne l'était pas mais ça ne l'avait pas empêché de l'espérer non plus. Disons qu'elle aurait sûrement regretté ne pas tenter l'expérience. Parfois on se surprenait alors on essayait toujours mais là... je me demandais même si elle n'avait pas posé la question seulement dans le but de détendre les muscles de mon visage.

« Je suis payé pour sauver des vies, pas pour récurer les chiottes. Puis je suis pas connard au point de voler le taff de ma pauvre femme de ménage » lançai-je en attrapant un raisin de ma panière à fruit « Puis maintenant qu'elles sont trois, il vaut mieux pas s'immiscer dans leur travail… » rajoutai-je en toisant les deux à qui je faisais allusion avec un dédain très mal retenu. Quoi qu'on parle pas de retenu lorsqu'on l'exprime fièrement... oups.

Mettant le raisin dans ma bouche, je me tournai ensuite derechef vers Amber. Pas de réaction exorbitante. J'imagine qu'elle me laissait tout de même une certaine marge de naturel. Sebastian était un habitué après tout. Glissant mon regard vers le sien, je ne le vis pas plus enchanté que moi face à la situation. Quant à Kuroe, j'avoue qu'après l'avoir traité de sale pute superficielle dans ma tête, il m'était encore plus difficile de la regarder sans éprouver l'envie de lui vomir moralement dessus. Le point positif étant qu'au moins j'étais d'avantage fixé sur ce que je ressentais à son égard, l'ignorance ne m'handicapait plus autant. Plus de raison de vouloir fuir son regard par peur que de vieux démons surgissent, son pitoyable présent se trouvait en première ligne et me préservait en quelque sorte de ce que je ne voulais pas voir. En gros, je ne me sentais pas plus mal à l'aise en sa compagnie que en celle de n'importe quel être qui me débecte, c'est à dire pas mal de gens... si  ce n'est quelques exceptions. Dont Amber par exemple -si ce n'est le seul- à qui je fis signe par ma gestuelle que j'allais prendre les choses en mains. Ca avait été une sorte de geste de la main accompagné d'un clin d'oeil plutôt vague, un peu comme pour indiquer à quelqu'un qu'on va faire quelque chose qui va l'impressionner. En effet... j'allais communiquer.

« Bien, étant le locataire de cet appartement depuis un an, il semblerait que je sois l'aîné auquel il vous faut vous adapter » dis-je en reprenant les paroles du commandant, crachant mes pépins à distance jusque dans l’évier « Une chance que je sois cet adulte civilisé et modèle de la nation, j'aurais pas pu mieux me décrire »

Là c'était de l'ironie vif et volontaire. En temps normal j'aurais sûrement rincé l'évier après le jet de pépins mais ça s'accordait mal avec le côté risible de la chose. En fait, pour être franc, en temps normal je n'aurais même pas craché. Enfin pas comme ça. Disons que si je l'avais fait, je l'aurais fait plus proprement. Même si il étonnant de ma part de le dire, on se débarrasse mal des habitudes prises dans l'enfance.

Sortant de l'espace cuisine pour les rejoindre dans le séjour, je les dévisageai d'haut en bas silencieusement, m'attardant sur leurs bagages. Aucun d'eux ne semblait avoir d'animal de compagnie et c'était bien mieux ainsi. Autant pour ces pauvres bêtes élevés par des maîtres plus idiots qu'eux que pour leurs propres vies. Diable sait ce que j'aurais pu leur faire.

Relevant les yeux, je pointai du doigt un coin derrière eux. Bien, commençons.

« La piano. Si vous ne savez pas y jouer, n'y touchez pas. N'apprenez pas, ne vous y entraînez pas. Si vous posez vos doigts sur ce piano, c'est pour jouer bien sinon rien. Faites une fausse note et dites au revoir à vos bras. Salissez-le, cassez-le et je me chargerais moi même de vous réserver le même sort. »

J'aurais eu du mal à faire plus clair. Faisant un quart de tour en toisant leurs valises, je relevai les yeux vers eux et ajoutai « Prenez vos affaires. »

Décidé à leur faire le tour du propriétaire en leur listant les règles de vie commune (mot seulement là pour la déco), je m'en allai dans le couloir, les incitant à me suivre. Première porte du couloir à droite, ma chambre. Je me tournai dans leur direction et posai une main sur le cadrant, les regardant fixement l'un après l'autre.

« Interdiction de s'en approcher, d'y jeter un œil à travers le couloir ou de frôler ces murs. N'y entrez pas. N'osez même pas frapper à la porte. Sous aucun prétexte. Particulièrement si des femmes crient. Surtout si des femmes crient. » me repris-je. Faisant la moitié d'un tour sur moi-même, je m'arrêtai subitement quelques secondes. « A part peut-être si c'est toi qui crie. » dis-je en revenant sur mon pas, fixant la rose, une mine de dégoût à peine dissimulée. « Dans ce cas là, tu entres et me prescris une paire de lunettes » fis-je à Sebastian avant de poursuivre mon bout de chemin jusqu'à la salle de bains, pièce collée à ma chambre. C'est partit.

« Salle de bains. Même si il est dur moi de le dire, je préfère savoir que vous l'utilisez tous les jours. Ne laissez pas traîner vos affaires, et par pitié, gardez vos produits de beauté dans votre chambre » lançai-je et toujours à l'encontre de Sebastian, accompagné d'un sourire tout ce qui a de plus sarcastique. Glissant ensuite mon regard dans ceux verts et froids de la fille à papa, je poursuivis : « Tes poils de chatte vierge et décoloré, j'en veux pas non plus. Nettoyez derrière vous ou je viendrais littéralement chier dans votre lit et pendant que vous y dormez. »

Pour Amber, c'était une menace qui ne tenait pas la route. J'étais bien trop propre pour ça, malgré les apparences. Ceci étant dit, eux n'en étaient pas aussi surs et le doute que je perçus dans leur regard suffit à me satisfaire. Tant que l'incertitude est là, c'est l'essentiel. Quoi que je ne suis pas certain que leurs sourcils froncés étaient liés à cette partie de mon discours. Me penchant sur le côté pour voir Amber derrière le mètre 85 de son bâtard de cousin, je m'assurai de son animosité à mon égard. Visiblement, je n'avais pas encore dépassé les bornes. Bien. Comme un enfant qui teste sa mère, je poursuivis, leur accordant de nouveau mon attention avec le si peu de considération que je leur portais.

Fond du couloir, pièce en face.

« Passons à la première chambre. »

Comme une miss météo, je me mis devant et présentai la poignet à Sebastian afin de l'inviter à l'ouvrir lui-même. Quand celui-ci s’exécuta, je continuai, ne lâchant pas ses yeux d'enfants ne serait-ce qu'une seconde. Je ne voulais pas rater ça.

« A ton goût j'espère. » lui dis-je tout bas, assez près pour assister à la décomposition de son visage. « Ok c'est pas très grand mais il y a pas tout le monde qui peut se vanter d'avoir une chasse intégré à son lit. Puis pour la trique du matin, t'es tout équipé. »

C'était une blague facile mais parfois plus elles étaient idiotes et plus il m'était difficile de retenir un sourire. Mes lèvres finirent par s'étirer dans un coin et je jetai un nouveau coup d'oeil à Amber. Son expression désabusé me défiait presque de faire mieux que ça. Passant rapidement ma langue sur mes lèvres pour faire disparaître le sourire naissant, je laissai Sebastian fermer la porte et me toiser comme il le fit.

« T'aurais été déçu que je te la fasse pas. »  fut ma justification, aussi légère et petite que la blague en elle-même. « Donc oui les toilettes, faire ses besoins, tirer la chasse, je crois que j'ai pas de dessin à vous faire. C'est un peu comme votre sanctuaire non ? Le roi et la reine de merde qui font des petites merdes qu'ils envoient ensuite dans leur monde spirituel de merde nommé "shibal-merde", ce genre de chose… » blablatai-je en faisant des signes approximatifs avec mes mains pour illustrer mes paroles.

Puis sans plus m'attarder, je revins sur nos pas, reculant en restant face à eux pour leur présenter les deux réelles chambres qui se trouvaient donc face à la mienne et la salle de bains.

« Vos chambres sont là. Donc toutes vos affaires le seront aussi. Que ce soit clair, tant que je ne dis pas « faites comme chez vous » ne vous sentez pas comme chez vous. Même si vous avez l'impression que je m'assagi, rappelez vous du debut de cette phrase : ce n'est qu'une impression. Ne laissez pas trainer vos affaires ailleurs et ne ramenez pas vos petits copains non plus » dis-je une fois de plus à Sebastian. Puis je rivai mes yeux dans ceux de Kuroe, l'air presque désolé « Pour toi je me fais pas trop de soucis. »

Face à eux et donc dos au sejour, je pointai canapé et enceintes du doigt, finissant enfin l'état des lieux :

« Ah oui. Mon canapé, mes enceintes. Des questions ? »

Tournant ensuite mon visage dans la direction d'Amber qui ne s'était pas embarrassée de la visite, je lui lançai, plein d'assurance et de sarcasme :

« J'ai eu tort de douter de tes conseils. Communiquer, partager, s'ouvrir aux autres, tout ça... c'est vrai que ça fait du bien. » Mais au final ça ne l'était pas totalement. Sarcastique je veux dire. Car d'une certaine manière évacuer ma colère plus pacifiquement, si on peut effectivement considérer ça comme tel avait apaisé mes colères. Seul problème, elle avait éveillé ma soif. De l'eau, vite.


Ce soir comme hier soir, tu céderas à tes démons. Tu détestes les problèmes mais encore plus les solutions.  - Disiz #810808
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Sujet: Re: « De surprise en surprise » ou « Un malheur n'arrive jamais seul » hum ?
Lun 20 Avr - 13:02

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Qu’il tienne le coup encore un peu … peut-être lui en demandait-elle beaucoup pour cette même journée. Il s’en tirait pourtant admirablement jusqu’ici. Toute proportion rapportée à Julian évidemment. Mais cela aurait pu être tellement pire que ça … Elle soupira intérieurement. Dans un autre temps, une autre époque, il aurait déjà explosé. Et elle n’aurait pas été capable de l’arrêter aussi facilement que ça. Elle se mit à sourire toute seule malgré elle. Mine de rien, elle était fière des progrès qu’il avait fait tout au long de ces années écoulées.
Elle capta son regard alors qu’il constatait enfin la présence de Kuroe. Elle lui retourna un regard entendu, lui confirmant silencieusement que oui, il était con  mais qu’elle soignait les corps uniquement. Même si elle était au-delà de ça avec lui, elle ne pouvait pas non plus faire de miracles.

Techniquement, Amber n’avait rien à faire dans cet appartement. Il n’était pas le sien et en tant que cavalière, elle n’était même pas logée dans le complexe. Ce qui, dans le fond, ne la dérangeait pas du tout. Elle avait son propre petit appartement dans un des quartiers de la ville, logement qu’elle pouvait aménager comme bon lui semblait et y mener la vie qu’elle voulait sans se soucier de respecter le règlement interne ou d’y croiser ses collègues. Excepté un mais c’était une autre histoire. Qui pourrait finir en collocation à force, s’ils continuaient de squatter l’un chez l’autre de cette façon. Ou même plus que ça mais ils n’en étaient pas encore là. Elle n’en était pas encore là en tout cas.
En attendant, le fait était qu’elle n’était pas membre des chasseurs et que la conversation ne la concernait pas vraiment. Sauf d’un point de vue relationnel puisque deux des trois chasseurs étaient des personnes à qui elle tenait plus que tout. Le commandant ne lui ayant pas demandé de sortir, elle estimait être dans son bon droit en restant appuyée contre l’un des meubles tout en observant, plus ou moins silencieusement, la scène.

Elle écouta les propos du commandant en retenant un rire sec. A pic. Oui, c’était le mot. Pile quand il ne fallait pas surtout. Un petit temps d’acceptation aurait pu être bénéfique à Julian avant que lesdits colocataires ne débarquent. Là, il allait falloir faire avec et ce n’était pas gagné. Elle se contenta de rester muette et immobile mais néanmoins prête à parer toute éventualité.
S’adapter aux règles de Julian … voilà qui promettait d’être assez folklorique, surtout dans l’énonciation. Une partie d’elle avait envie de se barrer maintenant et de les laisser se démerder comme les adultes qu’ils prétendaient tous être. Peut-être que cela leur ferait les pieds. Mais cela ne serait juste pour aucun d’entre eux que de subir les humeurs des autres. Après tout, aucun des trois n’avait eu le choix. Autant s’assurer que tout débute le mieux possible à défaut de parfaitement.
Elle ne put cette fois retenir un sourire, mélange d’amusement et de cynisme, à la formulation de départ de leur supérieur. Comme s’ils avaient la possibilité d’avoir des questions. La sienne n’en était pas une. C’était de la pure rhétorique qui n’entendait aucun retour. Elle marquait la fin de la conversation et surtout, le fait qu’ils acceptaient, sans avoir signé, leur nouvelle situation. C’était maintenant que les festivités allaient commencer. Elle répondit poliment à son signe de tête avant de se fixer un par un les nouveaux habitants de l’appartement. Kuroe semblait être paralysée, ne semblait pas croire ce qu’elle avait sous les yeux. Sebastian était dans l’attente d’une réaction, d’où qu’elle vienne, un peu comme elle-même en fait. Quant à Julian … une bombe prête à exploser n’aurait pas d’autre visage que le sien. Et elle était désolée pour lui.
Alors qu’il n’avait pas encore décollé de son appui, elle avait déjà quitté le sien, anticipant la suite. Elle l’intercepta de ce fait bien avant qu’il ne soit à portée de la sortie et sans presser le pas. Si elle n’avait pas eu besoin de vitesse, elle n’avait pas non plus besoin de force physique. Aucune utilité de le retenir par les épaules à deux mains. Une main ferme posée à plat, bras tendu, sur son torse, suffisait. Elle n’agissait jamais sans avoir réfléchi aux conséquences, même dans l’urgence de la situation. La simplicité d’un acte était parfois ce qu’il y avait de mieux.
Elle attendit patiemment que l’intéressé croise son regard, remontant depuis la main qui avait stoppé son élan. Ce n’est qu’une fois qu’elle fut sûre de l’avoir accroché qu’elle lui sourit avec tendresse, elle que les bruits de couloir disaient incapable de le faire, s’adressa à lui dans un souffle.

« Je suis avec toi. Quoi qu'il advienne, maintenant ou plus tard. Mais ne fait rien que tu ne puisses regretter par la suite. »

Sous ses doigts, elle le sentit se détendre. Pas énormément, mais suffisamment pour la rassurer c’était toujours ça de pris. Si elle-même ne faisait pas de miracles, elle n’en attendait pas non plus de l’extérieur. Alors qu’il reprenait sa place, elle reprit la sienne, joker en attente d’un besoin d’utilisation demandée ou spontanée.
Le silence s’installa de nouveau et elle ne fit rien pour le briser. Ce n’était pas son rôle. C’était à eux de discuter, ou de hurler peu importe, et elle n’était pas là pour jouer les négociateurs. Ou les entremetteurs. Tout dépendait de la façon dont on voyait la scène actuelle. A la ponctuation de désapprobation, elle ne retint pas ses propos.

« Dis-voir, au lieu de râler pour rien, à part chopper des rides, tu ne voudrais pas plutôt te rendre utile et nettoyer le foutoir que tu as mis ? »

Il ne lui servait à rien de tergiverser sur la situation. C’était ainsi et, même si elle le comprenait aisément, il allait devoir s’y faire même si cela ne lui plaisait pas pour l’instant. Autant se détendre et faciliter les choses … au moins un tout petit peu en tout cas. Et à force de grimacer ainsi, il allait rester bloqué. Souriante, elle haussa les épaules à sa question. Non, elle ne l’était pas mais qui ne tentait rien n’avait rien. Elle ne pouvait pas nier que cela l’aurait amusé s’il s’était mis à faire le ménage. Elle aurait même consenti à lui filer un coup de main pour lui montrer son approbation. Mais ce n’était pas  d’actualité puisqu’il ne le ferait pas. Au moins, il avait arrêté de se crisper.
Elle l’écouta et leva les yeux au ciel pour simple réaction. Chasser le naturel et il revient au galop. Au moins, il était lui-même. Sebastian connaissait cette facette de lui pour toutes les fois où ils s’étaient croisés. Si ce n’était pas le cas de Kuroe, autant qu’elle l’apprenne le plus vite possible. Cela lui éviterait d’autres déconvenues comme celle dont elle semblait toujours accuser le coup depuis tout à l’heure. Même si elle soupira doucement en secouant la tête de droite à gauche brièvement en voyant le signe de Julian, elle n’en bougea pas plus pour l’instant, se contentant de rester attentive. Principe de base pour éviter un désastre.

Combien de temps Sebastian et Kuroe allaient tenir ? Malgré elle, elle hésitait à envoyer un message à Jensen pour lui parler de la situation et lui demander de parier. Cela le ferait bien rire. Pour une fois, elle ne savait pas s’il était en mission ou non et elle ne tenait pas à le déranger si c’était le cas. Et puis, ils devaient se voir le soir même. Elle aurait au moins un truc fun, de son point de vue, à lui raconter.
La visite allait commencer et elle daigna se décaler vers un nouveau poste avancé. Changement stratégique afin de pouvoir observer tout l’appartement sans avoir à bouger de nouveau. Elle écoutait toujours ce que pouvait sortir Julian. Rien qui ne sortait de l’ordinaire pour l’instant. Aucune intervention prévue immédiatement. A la bonne heure. Elle sortit une seringue vide de sa poche et commença à la faire tourner autour de ses doigts, sans raté, pour s’occuper.
Autant la menace concernant le piano était tout ce qu’il y avait de plus viable, autant la dernière ne l’était pas. Il était possible de dire un certain nombre de choses sur le jeune homme, bonnes ou mauvaises, mais l’hygiène avait toujours comptée parmi ses qualités. Et elle ne pensait pas qu’il descendrait si bas simplement pour ça. Elle le fixa sans ciller alors qu’il la regardait en se penchant sur le côté, la taille de Sebastian l’empêchait de le faire par-dessus l’épaule. Aucune réaction de sa part quant à sa conduite récente, il pouvait poursuivre sur cette voie mais qu’il reste prudent tout de même …

Elle laissa couler la blague qui n’en était même pas une si elle considérait son niveau. Alors qu’il cherchait son approbation, un demi-sourire aux lèvres, elle lui adressa un regard blasé en retenant quelques remarques sans cesser de jouer avec sa seringue. Vraiment, il n’avait que ça en réserve ?
Il était clair qu’avec ce qu’ils entendaient, ils n’allaient pas se sentir comme chez eux. Le contraire aurait été étonnant. Et si elle plaignait Julian, elles les plaignaient eux aussi. Pas plus que lui ils n’avaient demandé à être là. Sauf qu’actuellement, ils faisaient les frais du mécontentement du locataire le plus ancien. Elle lui en toucherait deux mots, en privé. Et plus tard, quand au lieu d’entendre seulement, il écouterait ce qu’elle lui dirait.

Alors qu’il annonçait la fin de la visite et qu’il la prenait à témoin, elle le regarda, toujours sans ciller, se retenant de lui dire un certain nombre de choses qui lui passaient par la tête au même moment. Notamment le fait qu’un coup de pied au cul pouvait également se partager. Et qu’elle portait des escarpins à bout pointu. Malgré tout, il avait réussi à rester calme, peu ou prou. De ce fait, elle ne réagit pas vraiment, se contentant d’hocher la tête. Ce qu’elle attendait maintenant avec attention ne venait pas de lui. Mais des deux autres qui étaient restés silencieux jusque-là.

Il fallait toujours se méfier des gens calmes.

Ils pouvaient toujours exploser au moment où l’on s’y attendait le moins.





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Sujet: Re: « De surprise en surprise » ou « Un malheur n'arrive jamais seul » hum ?
Lun 20 Avr - 19:22

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Ce qui est très fascinant avec moi, c’est que je suis plus versatile que je ne le laisse croire.
J’étais passée d’une envie de meurtre à une émotion intense en l’espace de quelques instants.

Oh bien sûr, j’étais perdue compte tenu des propos qu’il avait tenu à mon égard, mais j’étais tellement … Je n’avais pas de mot juste, alors autant laisser la phrase en suspend. Haku était parti, ne restait plus que la colère de Julian, l’effacement de Sebastian, et l’empathie d’Amber.

J’étais triste, furieuse, mais la nostalgie l’emportait contre ses deux autres émotions. C’était incompréhensible et illogique, au vu des horreurs qu’il avait certainement du proférer à notre égard dans ses pensées, mais le sourire concis qui se dessinait sur mes lèvres était là, et il était sincère. Dix ans, dix longues années que je ne l’avais pas revu, et je me sentais tellement bien, et tellement mal à la fois. J’avais été rejeté, on venait de me mettre à la rue, lui qui avait été mon foyer pendant ces longues années, il était la seule chose à laquelle je me raccrochais quand je ne me sentais pas bien dans une quelconque situation. À chaque fois, je m’amusais à me dire «  et qu’aurait fait Julian à ce moment-là », et je me relevais, parce que si je tombais maintenant, ce serait trop dur après.

Force était d’admettre que je me sentais vraiment sans maison lorsqu’il « m’offrit » un regard dédaigneux, comme un chat non content de voir un chien. Il me rejetait, moi, une partie de son passé, moi, sa princesse. Je penchais ma tête sur le côté lorsqu’il me dévisagea d’une manière que je n’appréciai pas vraiment, car d’aventure, jamais il n’aurait posé un tel regard sur moi. On pourrait presque se croire dans une chanson de System of a Down avec cette tension dans l’air. Amber avait retenu Julian de faire quelque chose de stupide – oui, parce qu’aller voir Haku maintenant relevait de la débilité pour ne pas mâcher mes mots, mais cela n’engageait que moi bien sûr – je me tournais vers Sebastian et lui souris, histoire de lui montrer que j’allais bien, et que tout allait bien se passer malgré la difficulté, je ne pus m’empêcher de lui dire, par ailleurs :

« Faisons de notre mieux, onii. »

Je ne pus entendre la réponse de Sebastian, car très vite, Julian revint avec Amber. Un tapotement régulier, et détestable vint rythmer le silence imposé par nous trois. Amber ne prenait pas parti, ou si elle le prenait, ce serait du côté de Julian, je pensais. Ils avaient une relation que j’enviais. Elle me rappelait la relation d’antan, celle qui me mettait les étoiles plein les yeux. Très vite mon regard glissa vers le piano. Il était magnifique. Un sourire s’était dessiné sur mon visage, et je me retournai bien vite vers Sebastian, et au moment même où j’allais ouvrir la bouche pour dire quelque chose, un son. Un simple son, qui me tua. Je m’étais raidie, et mon sang s’était glacé. Cela avait été un simple petit son de rien du tout, provoqué par une bouche … Mais ce son provenait de Julian. Et nous était destiné. Mon cœur se serra, et je me braquai, reprenant ma place, les mains derrière le dos, le regard hagard.

Je n’écoutais pas le dialogue entre Amber et Julian, il me révulsait, dans le sens où si on remontait un peu en arrière, et qu’on modifiait certains évènements, ce serait peut-être moi à la place d’Amber. Ça me dégoutait de penser de la sorte, mais je ne pouvais pas contrôler. Alors mon attention se porta sur la fenêtre, et je comptais les immeubles à travers la baie vitrée, tout en tournant une de mes bagues sur mon annulaire.  

Le bruit d’un pépin qui fend l’air me tira de ma contemplation. Ouais, allez. Fais le tour de la propriété, histoire que je choisisse ma chambre, que je m’enferme le plus vite possible. Ne tue pas plus les souvenirs qui commencent à avoir un goût amer. Je n’avais pas souri pour faire joli, j’avais souris parce qu’indiciblement… Tu réveillais en moi de si bons souvenirs. Navré que mon visage ne t’offre rien mise à part des regrets. Mais ne brise pas mes souvenirs, pas les miens. Tu as le droit de détruire ta vie, ça te regarde… mais ne détruis pas la mienne.

Je m’étais appuyée maladroitement contre Sebastian quand il nous avait demandé de prendre mes affaires… Mais je me sentais tellement atone, tellement amorphe… J’avais été pris d’un petit vertige, comme lorsqu’on s’empiège soi-même avec ses propres pieds. Pourtant j’avais ma combinaison.

Et il nous fit faire le tour. Le sarcasme lui faisant une deuxième peau, il ne se priva pas de petites remarques que j’entendis partiellement. Julian, où es-tu ? Où t’es-tu caché dans ce corps ? Rendez-moi mon frère… Tu me manques parfois, tu sais ?

Le silence.
Ce fut le silence, total. Quand on se tournait vers-moi, on pouvait ressentir comme du froid. Un silence qui enveloppe et emmagasine tout sur son passage. La petite blague cocasse avec la petite référence Dreamworks, l’El Dorado et Xibalba… Pas vraiment comprise, pas vraiment entendu… Mon regard fuyait tout le monde. Parce que je n’arrivais pas à comprendre cette hostilité envers-moi. Pourquoi semblait-il me haïr ? Il ne se rendait pas compte de la peine qu’il me faisait. Peut-être s’en foutait-il ? Oui, ce serait plus juste. Devrais-je faire mon deuil, et le haïr à mon tour ? Où devais-je me débrouiller pour apprendre à l’apprécier et à l’aimer ? C’était trop dur pour le moment. Je ne voulais pas réfléchir de la sorte, surtout pas aujourd’hui. Surtout pas maintenant.

« Julian ! » … Qu’est-ce que… « Tu… »

... wait, est-ce que c’est moi qui venait d’hausser la voix de cette manière ? Pourquoi ?

Ma main venait de se poser d’une manière sèche, mais qui ressemblait plus à une caresse nette qu’à une claque, sur sa joue. Tandis que mon autre main s’était posée sur son autre joue, tout doucement. Et je le dévisageai. Comme l’on découvrait pour la toute première fois quelqu’un. Mes grands yeux anthracite dans les siens, éteints, mais qui me ravivaient des souvenirs. A l’époque, je n’arrivais pas à le regarder dans les yeux, mais aujourd’hui, je pourrais dévisager ces yeux ambrés sombres sans aucun problème.

Je ne bougeai plus, je ne parlai plus. Je n’arrivais pas à formuler quoi que ce soit de politiquement correct. Il n’empêche qu’un autre son s’échappa de ma gorge, à mesure que mes yeux semblaient lui dévoiler un SOS :

« Tu me… »

Et puis, quelque chose me ramena à la réalité. Me ramena à ce que j’étais en train de faire. Mes mains lâchèrent Julian, comme si je m’étais brûlée les mains au premier degré, en plus de croiser le regard d'Amber qui avait semblé attendre une réaction des personnes qui jusque là n'avait rien dit, rien fait.

Ce fut littéralement le seau d'eau dans la figure, pour le coup.

Et je m’étais reculée, regardant tour à tour Sebastian et Julian, et, bredouille, je dis complètement paumée :

« Je prends celle avec les escaliers de secours. Je… Je… » Je quoi ? Je quoi, putain ? « … Je vais ranger mes affaires donc… A tout à l’heure… »

Je pris mon sac, et sans attendre quoi que ce soit d’autre, j’ouvris la porte pour la refermer aussitôt derrière-moi. Et mon dos glissa contre la porte, je me permis de me laisser un peu aller pour cette fois ; plus personne ne me regardait, ne me jugeait. À tâtons, je partis vers la fenêtre, pris une cigarette dans la poche avant de mon sac et mon briquet, ouvris la vitre, passai vers les escaliers de secours et m’assis en tailleur sur la marche après avoir légèrement refermée la fenêtre coulissante.

Le soleil se couchait et donnait un ciel orange, les immeubles ne devenant que des formes sombres qui jouaient avec les rayons chauds du soleil bientôt endormi. Le paysage me détendit un peu, ainsi que l’air frais. Je m’étais sentie étouffée, avec Julian et Sebastian. Je m’étais sentie mal à l’aise…

J’allumai ma cigarette et inspirai, les lèvres posées sur le filtre… Tout en essuyant de ma main libre mes joues humides. Qu’est-ce qu’il venait de se passer avec Julian, à l’instant ? C’était quoi ce geste irréfléchi ? Je me recroquevillai un peu plus contre moi-même et soufflai la fumée qui s’extirpait de mes poumons, la tempe posée contre la rambarde en acier. C’était un peu trop pour moi…

***
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Sujet: Re: « De surprise en surprise » ou « Un malheur n'arrive jamais seul » hum ?
Ven 21 Aoû - 20:09

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J’avais observé la scène tout en restant sur mes gardes. Elle avait réussie à le calmer en trois simples phrases. Immobile et d‘un calme sans nom, aucune stupéfaction ne s’afficha sur mon visage à cet instant puisque je connaissais moi-même cette sensation. Elle avait également ce genre d’emprise sur mon esprit bien que dans mon cas, elle en avait rarement recours. Ça peut paraître étonnant de par mon image mais il arrive parfois des moments ou lorsque mes limites sont atteintes, je peux exploser tout comme lui, que la situation soit à mon avantage ou non. Ces moments restent néanmoins rares et dieu soit loué, ça n’est encore jamais arrivé en sa présence. Pourtant croyez-moi, il à bien faillit en être spectateur à de nombreuses reprises…

Après ça, il avait reprit sagement sa place contre le comptoir et avait, par son changement de comportement soudain, instauré un silence de plomb d‘autant plus pesant que le précédent. Le genre de blanc dont j’avais particulièrement horreur et c’était déjà le deuxième en moins d’une minute…

Entre temps, Kuroe m’avait adressé un sourire censé me rassurer et m’avait susurré de « faire de notre mieux » auquel je ne répondis qu’un doux « oui ».

Pour seul fond sonore, le bruit incessant de la botte de Julian claquant le sol.

On était tous là, à ce regarder en chiens de faïence, dans l‘attente d‘une quelconque réaction.

Amber nous observait tour à tour. Kuroe regardait Julian, complètement perdue dans un torrent de sentiments contraires qu’elle contrôlait avec difficulté et qui commençait à la noyer. Quant à moi, au milieu de toute cette tension, je ne savais plus qui regarder ni que faire. Si bien que je n’osai bouger ne serait-ce qu’un orteil. C’était vraiment palpable et j’étais pleinement conscient que si Amber n’avait pas été là, l’appartement aurait déjà été transformé en champ de bataille.

C’est d’ailleurs sa voix qui trancha finalement le silence, me permettant ainsi de reprendre mon souffle. Elle demandait au « propriétaire des lieux » de nettoyer son foutoir. Zieutant une nouvelle fois le sol, de la même manière qu’à notre arrivée, mon expression appuya ses mots. Il serait en effet fâcheux que quelqu’un se blesse sur un morceau de verre. Mon côté maniaque bien enfermé dans un mouchoir de poche, je redressai les yeux et ne pris même pas la peine d’écouter une réponse qu‘il pensait intéressante.

Provocations sur provocations, c’est tout ce qu’il savait faire. Je me demandais même pourquoi je lui avais donné un tant soit peu de considération ces derniers temps puisqu’au final, il s’était une fois de plus proprement foutu de moi.

Laissant leur petit jeu se mettre en place, j’en profitais pour observer vite fait l’appartement avant de reporter mon attention sur Julian qui s‘adressait à nous de vive voix. Sobre et avec peu de décorations mais toutefois propre et bien rangé. A la bonne heure ! Il a au moins une qualité…

A peine eut-il ouvert la bouche que mes yeux roulèrent d‘eux-mêmes, indiquant ma fatigue face à son sarcasme. Il s’amusait à reprendre les mots du commandant et malheureusement nous ne pouvions rien y faire. Il était bel et bien le plus vieux locataire de ces lieux.

Tiquant légèrement lorsqu’il cracha son pépin de raisin dans l’évier, je fis mine de n’avoir rien vu et ne bronchai pas non plus lorsqu’il s’approcha de nous. Il nous dévisageait encore, ça m’horripilait. Un coup d’œil sur nos bagages et il se décida enfin à nous faire visiter. Vivre sous son règlement, je craignais le pire…

Nous retournant simultanément lorsqu’il pointa du doigt derrière nous, j’affichai un petit rictus à son interdiction de toucher au piano si nous ne savions pas en jouer. A l’avance, je savais que je toucherai ce magnifique instrument de mes mains très bientôt et aussi souvent que possible. Dans le cas contraire, je traînais toujours avec moi mon vieux violon. Pas d’inquiétude de ce côté-là donc.

Empoignant mon sac afin de lui emboîter le pas après qu‘il nous est « invité » à le suivre, je sentis un poids s’appuyer maladroitement contre moi. C’était Kuroe qui s’excusa presque immédiatement. Elle avait mauvaise mine. L’accompagnant lorsqu’elle se redressa, je gardai une main sur son épaule un instant histoire de m’assurer que je pourrais amortir à nouveau sa chute si ça lui reprenait. Puis, sagement, on se mit à suivre notre « hôte » dans le couloir.

Quelques enjambées plus tard, nous nous arrêtions devant une première porte. Jouant du pouvoir qu’il avait sur nous, Julian prit ses aises en posant une main sur le cadran et cita sa deuxième règle de vie sans même avoir besoin de nous indiquer qu’il s’agissait de sa chambre. Passant ses dernières phrases aux oubliettes -comme la plupart du reste d’ailleurs- mon regard changea du tout au tout lorsqu’il s’attaqua à Kuroe. Là, j’avoue avoir serré le poing, celui-ci ayant grandement envie d’effleurer sa mâchoire. Son regard rempli de haine suffisait à lui faire de la peine, pourquoi en ajoutait-il autant ? Pourquoi s’acharnait-il alors qu’elle était encore sous le choc ?

Rassure-toi, je m’assurerai qu’elle ne mette jamais un seul pied dans ton bordel…

Comprenez par là « maison close » puisque j’avais déjà eu affaire à ses « femmes » qu’il était si fier de faire crier et la plupart laissaient à désirer… Pas du genre à s’embarrasser d’une vraie petite amie si vous voyez ce que je veux dire…

Une porte plus loin, il nous présentait la salle de bain en nous prenant par la même occasion pour des personnes sans hygiène. Un nouveau sarcasme à mon encontre et mes yeux répondirent à ma place, un sourcil redressé, le visage déformé par un faux sourire.

Et alors ? C’est pas un pot de crème hydratante qui va te boucher le trou de cul que tu es, si ? Ah, autant pour moi.

Reprenant mon « sérieux » lorsqu’il relança des pics à Kuroe, ce n’est pas de l’énervement qui se manifesta cette fois mais une envie de rire.

T’es quoi, un gamin ? Quel genre « d ‘adulte civilisé » lancerait une menace pareille ? Il essaie vraiment de nous faire croire qu’il en serait capable là ? Aller arrête, t’es pas crédible sur ce coup.

Lorsqu’il se pencha pour observer Amber derrière mon épaule, j’eu l’envie irrésistible de me déplacer exprès pour l’emmerder. Mais ce serait me rabaisser à son niveau et ça, il en était hors de question.

Pour la pièce suivante, Julian me présenta la poignet avec tellement d’enthousiasme que je sentis à plus d’un mètre l’entourloupe. C’était certain, il y avait anguille sous roche. Mais tel un bon garçon de famille, je m’exécutai. Abaissant calmement celle-ci entre ma main, j’ouvris de la même façon la porte et découvris avec -peu- de stupéfaction… Les toilettes. Bravooo Julian, ta petite blague est bonne à jeter dedans et à envoyer au fond du trou en tirant la chasse.

Crétin…

Mon expression ne dissimula pas mes pensées. Et alors qu’il jouissait de son petit tour, je tournai mon visage en sa direction pour lui afficher mon dépit en pleine face. Seulement, mes yeux se plantèrent directement dans les siens, laissant la lassitude faire place à la surprise. En fait, je ne m’attendais pas à ce qu’il soit encore si près, soit à quelques centimètres de moi. Lorsqu’il s’était approché de mon oreille, j’avais cru comprendre qu’il s’était ré-éloigner ensuite, mais non. La scène n’avait durée que quelques secondes et pourtant j’avais pu percevoir la même surprise dans son regard avant que nous ne reculions au même moment comme si nous avions reçu une décharge similaire.

Restant idiot un instant, lui retomba sur ses pattes en enchaînant sur la blague qu’il venait de me faire.

Euh… Stop. Arrête de parler, tu vas trop loin là… Pensais-je lorsqu’il partit seul dans son délire de « roi et reine de merde ». Pinçant mes sinus tout en soupirant, je m’impatientais de la fin de cette visite qui commençait à devenir embarrassante.

Lorsque vint la présentation des dernières pièces -en l’occurrence nos véritables chambres- je laissai passer l’air de sa dernière vanne au dessus de ma tête, déjà prêt à enfreindre plusieurs de ses règles, nullement effrayé par ses menaces.

- Aucunes. Répondis-je brièvement à sa question avant qu’il ne s’adresse à la seule adulte ici.

Enfin libre de prendre nos quartiers, je n’eu le temps de me tourner vers Kuroe qu’elle avait déjà empoignée Julian de ses mains en une fraction de secondes, cherchant des mots qui ne sortaient pas. Vous auriez du voir sa tête. Il ne s’était surement pas attendu à ça. Ni ne s’y était préparé. Il fallait que je réagisse vite avant qu’il n’est le temps de reprendre ses esprits.

- Kuroe ! Lançais-je en lui attrapant l’épaule, dans l’espoir qu’elle le lâche. Sa réaction ne se fit pas attendre. Après avoir sursauté, elle recula presque aussitôt, réalisant son geste. Son regard cherchant désespérément à comprendre ce qu’il venait de se passer, elle bredouilla hébétée quelques phrases avant d’aller s’enfermer dans sa chambre, laissant un Julian totalement crispé et un moi n‘ayant pas eu le temps de choisir la sienne… Je gagnais donc d’office celle face à Julian. Merci Kuroe !

- Bon et bien, je prends celle-là… Dis-je avant d’aller y poser mes affaires, profitant ensuite de son mutisme pour rejoindre la cuisine. Fouillant un peu dans les placards afin de mémoriser chaques emplacements, je m’attaquai ensuite au frigo, à mon désarroi peu rempli. Au moins il y avait de quoi faire le dîner de ce soir et se désaltérer.

Deux canettes de bière atterrissant dans mes mains, je me redressai et croisait les yeux de Bee, interrogateurs. Un sourire étira mes lèvres et j’haussai les épaules.

- Quoi ? Il a pas parlé de ça. Rétorquai-je, amusé, avant de repartir en direction du couloir. Faisant un léger demi-tour sur moi-même en le pointant du pouce, j’ajoutai :

- Je te le laisse, je vais m’occuper de Kuroe. Ce qui du faire comme un déclic puisqu’il se réveilla instantanément et me lança sur un ton mi attendrit mi moqueur :

- Oooh, tu vas aller réconforter l’amie qui t’a ignoré durant toutes ces années ? Que c’est mignon…

La main sur la poignet, je me tournai vers lui et lui répondis très sérieusement :

- Ces années ont été difficiles pour chacun d’entre nous. J’ai choisis de ne pas lui en tenir rigueur.

Auquel il répondit d’une voix plus grave avant que je ne passe le seuil de la porte :

- Si vous pleurez, faites le en silence.

Refermant derrière mon passage, je soupirai. Face à moi, une fenêtre entre-ouverte d’où je pouvais deviner la silhouette de Kuroe. Elle s’était déjà réfugiée sur les escaliers de secours. Marchant jusqu’à ceux-ci, je me permis de m’assoir à côté d’elle, remarquant ses joues humidifiées par des larmes. Alors, pour capter son attention, je posai l’une des canettes froides sur sa peau, l’invitant à la prendre.

- Trinquons à nos retrouvailles… Petite sœur.


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Sujet: Re: « De surprise en surprise » ou « Un malheur n'arrive jamais seul » hum ?
Lun 24 Aoû - 16:28

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Amber attendit patiemment la suite des événements, n’ayant pas forcément à intervenir dans cette histoire. Elle retint un soupir alors que la visite touchait à sa fin. Le problème avec les crétins, qu’ils le soient de façon ponctuelle ou durable, c’est qu’ils ne s’en rendaient pas compte. Et elle en connaissait un qui allait s’en prendre une, tôt ou tard.
Des trois personnes présentes dans la pièce, il n’y en a qu’une qu’elle ne connaissait pas vraiment. Voire pas du tout, pour être honnête. Les garçons, l’un comme l’autre, lui en avaient parlé, plus ou moins longuement, avec plus ou moins de détails. Mais c’était tout. Et cela ne suffisait pas, selon ses critères, à connaître quelqu’un. Elle n’avait jamais passé de temps avec elle. Pas plus que quelques passages à l’infirmerie et c’étaient des conversations d’usage qui avaient eu lieu. Parce qu’elle bossait et qu’elle n’avait pas le temps de faire autre chose. Ou qu’elle n’avait pas pris le temps avec la demoiselle. Peut-être qu’elle aurait dû.
Parce que des trois, c’était elle qui perdait pied à présent. Pas de la même façon que Julian, soit, mais au final, cela importait peu. Et cet imbécile, ne se rendait-il pas compte qu’il en était la cause ? Même elle pouvait le voir : Kuroe semblait désenchantée, comme si à la place du prince charmant elle avait trouvé le grand méchant loup. Elle n’avait pas tous les éléments concernant leur relation, elle avait déjà bien assez à faire avec les siennes, mais elle ne pensait pas se tromper en pensant qu’une conversation, sérieuse, entre êtres humains, devrait avoir lieu un jour ou l’autre. Les non-dits étaient toujours mortels pour une relation et il y en avait trop entre eux, elle y mettait sa main à couper.
 
Alors qu’elle continuait d’observer, analysant simplement comme elle savait si bien le faire, plutôt concentrée sur Kuroe même si elle n’avait pas raté les précédentes réactions de son cousin, leurs regards se croisèrent. Et son interlocutrice sembla revenir d’un autre monde. Elle ne pensait pas avoir ce pouvoir. Ou du moins pas sur elle. Une petite conversation, une vraie, était à envisager. Sans la retenir, pas plus que Sebastian ou Julian, elle la laissa filer vers l’une des chambres. Tout comme elle le laissa se servir dans le frigo en souriant, même si elle se demandait ce qu’il allait en sortir, connaissant le maigre contenu de ce dernier.
 
« Non, tu as parfaitement raison. Et il y a deux trois autres détails qui lui ont échappé dans son discours … énonça-t-elle en regardant Julian d’un air lui interdisant la moindre réplique sur ce sujet Je t’en ferai une liste plus tard si tu le souhaites. Tu pourras la partager avec Kuroe, je n’y vois aucun inconvénient. »
 
Elle s’apprêtait à acquiescer quand l’intéressé fut plus rapide. Elle ravala la réplique qu’elle avait sur la langue, celle qui consistait à préciser qu’il avait des amis, lui. Ce serait contre-productif pour la suite. Elle laissa Sebastian répondre, fière de lui, de ce qu’il était et de ce qu’il était capable de faire pour les gens qui comptent pour lui.
 
« Dis à Kuroe de passer me voir à l'occasion quand elle aura le temps, s’il te plait. »
 
Ses propos furent parasités par la réponse de Julian mais elle espérait qu’il les avait tout de même entendus. Au pire, elle savait où la trouver. Pas aujourd’hui, soit, mais plus tard. Et cela pouvait fermer le bec d’un certain individu si elle précisait qu’elle ne passait pas pour lui. Quand la porte fut fermée, elle continua de la fixer, reprenant la parole, d’une voix calme et sans hausser le ton, à l’adresse de son emmerdeur de première, indifférente.
 
« Tu sais, il y a très peu de gens à qui je tiens vraiment et qui me connaissent réellement, qui m’ont vue hors de mon boulot. Je ferai n’importe quoi pour eux. Y compris ce qui pourrait me coûter mon poste, ma réputation ou bien plus encore. Et je suis sincère avec eux. Je l’étais quand je disais être avec toi, maintenant ou plus tard. Et je n’ai pas changé sur ce point. dit-elle avant de marquer une légère pause puis de se tourner vers lui, le fixant sans ciller Mais il y a des fois où je me dis qu’un bon coup de pied au cul te remettrait peut-être d’aplomb ce qui te sert de cervelle. A moins que je ne me trompe depuis des années et que tu en sois tout simplement dépourvu. Auquel cas j’aurai perdu mon temps … »
 
Amber soupira en fermant brièvement les yeux avant de reprendre, lui coupant l’herbe sous le pied avec douceur.
 
« Ecoute, je sais ce qui s’est passé, tu me l’as dit et j’étais là à certains moments. Mais crois-tu sincèrement que ton comportement actuel y changera quelque chose ? Alors oui, j’imagine bien que vu tes sourires satisfaits, ça t’a fait du bien. Et maintenant ? »
 
Elle se rapprocha de lui et posa ses mains sur ses épaules, l’obligeant à la regarder si elle n’avait pas déjà toute son attention.
 
« Tu vas continuer à être comme ça tous les jours ? Tu vas poursuivre ce rôle de connard qui ne supporte nul autre que sa propre petite personne ? Tu t’abaisserais réellement à ça juste pour les faire payer ? Sebastian a raison sur un point : les années ont été douloureuses pour tout le monde. Ne peux-tu pas tenter de passer outre et avancer ? Je ne te demande pas de devenir comme lui, loin de là. Vous avez tous deux vos qualités et vos défauts mais je ne vous changerai pour rien au monde, c’est ce qui fait de vous ce vous êtes. Je ne te demande pas non plus de devenir leur meilleur ami du jour au lendemain, personne n’y arriverait. »
 
Surtout avec un passé comme le leur. Elle croyait néanmoins qu’une réconciliation était possible. Même si elle-même était étiquetée comme une personne froide et distante, elle croyait tout de même au meilleur de l’être humain. Elle déplaça sa main droite pour caresser la joue gauche de celui qu’elle tenait aussi pour un second petit frère.
 
« Mais tu vaux tellement mieux que ça Julian … tellement plus que ça ... »
 
Elle embrassa son front et l’attira à lui pour l’enlacer.

« Combien de temps espères-tu sincèrement tenir sur cette voie ? A court terme, elle est néfaste pour les autres. A long terme, c’est pour toi qu’elle l’est. Je t’aime Julian. Alors combien de temps penses-tu que je te laisserai agir sans rien faire ? »






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Sujet: Re: « De surprise en surprise » ou « Un malheur n'arrive jamais seul » hum ?
Mar 25 Aoû - 21:39

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Arme(s) utilisée(s): Grosse épée et petites épées
- Julian ! Tu…

Mes yeux s'écarquillèrent.

- Tu me…

Elle avait osé.

Ce qui me surpris en premier fut naturellement le geste. Je ne l'avais pas vu venir, à quoi pensait-elle ? Ensuite, la chaleur de sa peau. Sa main avait été un peu moite à moins que ce ne soit mon amertume à son égard qui l'ait perçu ainsi. Puis finalement, il y a eu cette lueur dans son regard. Ses pupilles se dilatèrent sans raison apparente, comme pour s'ouvrir à moi. Les yeux sont le reflet de l'âme à ce que l'on dit, à ce moment-là je crus comprendre ce que c'était censé vouloir dire. Je pouvais lire en elle. Elle était déboussolée et son émotion, comme un miroir, se refléta aussi en moi. "Déconcerté" était un euphémisme.

J'étais dans un tel état second que je n'entendis pas Sebastian lorsqu'il l'interpella en lui secouant l'épaule. Je ne le vis même pas d'ailleurs. Ni lui ni Amber ni même le reste de l'appartement. J'étais seul avec elle, le temps sembla s'être arrêté.

Elle se réveilla de sa torpeur soudainement, retirant ses mains de mon visage comme si il l'avait brûlé. Complètement étourdie elle se mis à balbutier quelque chose en reculant, scrutant tour à tour Sebastian et moi. Je n'avais pas bougé d'un poil. J'étais resté figé, finissant par la fixer sans plus vraiment la voir.

- Je prends celle avec les escaliers de secours. Je… Je… Je vais ranger mes affaires donc… A tout à l’heure…

Les muscles de mon visage se crispèrent enfin. Mes sourcils se froncèrent, ma tête se pencha et ma bouche s'entrouvrit. Elle ne laissa passer aucun son, mon cerveau trop occupé à mettre de l'ordre dans le foutoir qui y régnait.

Je la suivis du regard quand elle quitta le séjour d'un pas pressé pour rejoindre sa chambre. Lorsque la porte se claqua derrière elle, enfin, je parvins à me défaire de l'étrange emprise émotionnelle qu'elle avait eu sur moi. J'eus un frisson du genre plutôt désagréable, un peu comme lorsqu'on est face à quelque chose qui nous dégoûte.

- Pour qui elle se prend... avais-je alors murmuré, contrarié.

Un silence pesant s'installa. Elle avait été une tempête peu bruyante mais une tempête quand même et il nous fallut quelques secondes pour reprendre le cours de nos actions.

Sebastian, après ma phrase, fut le premier à bouger. Il se rendit dans sa chambre, forcé de prendre celle qui restait pour y déposer ses affaires. Il revint ensuite, faisant le tour de la cuisine comme s'il était chez lui. Je le scrutai d'un air particulièrement mauvais. Pour qui se prenait-il lui aussi ? Il se pensait chez sa riche tante Marie-Antoinette salope junior deuxième du nom peut-être ?

- Qu'est ce que tu crois fai-...

- Quoi ? Il a pas parlé de ça, lança-t-il à Amber, m'ignorant totalement.

Wat. J'eus une sorte de soupire ou de rire nerveux. Quoi qu'en soit la nature du bruit, ce fut quelque chose de très court et discret mais signifiant très fort " attends j'ai pas rêvé là ? tu viens de m'ignorer ? ". Et dire que je l'avais aidé à réussir ses examens... quel arrogant petit fils de ttt- Aish.

Remarque isolante à laquelle Amber répondit comme si de rien n'était :

- Non, tu as parfaitement raison. Et il y a deux trois autres détails qui lui ont échappé dans son discours … Elle me lança un regard m'incitant au silence. Je t’en ferai une liste plus tard si tu le souhaites. Tu pourras la partager avec Kuroe, je n’y vois aucun inconvénient.

Je croisai les bras, me collant contre le meuble derrière. En effet, j'avais oublié pas mal de choses mais je comptais bien leur faire savoir le reste tôt ou tard. Je lançai à un Amber un sourire narquois comme pour la remercier de l'avoir renseigné sur le sujet sans toutefois être aux anges face au fait de m'avoir fait taire. Toutes les idées dévastatrices qui défilaient dans ma tête étaient particulièrement difficiles à retenir.

Quand il repris la parole pour annoncer à Amber qu'il allait s'occuper de Kuroe en précisant qu'il me "laissait à elle" comme si j'étais un gamin qu'il fallait surveiller, ça alla jusqu'à me couper le souffle. Vraiment ?  Je perdis pieds et âcre je lançai la première chose qui me vint à l'esprit :

- Oooh, tu vas aller réconforter la pute qui t’a ignoré durant toutes ces années ? Que c’est mignon…

- Dis à Kuroe de passer me voir à l'occasion quand elle aura le temps, s’il te plait.

Je me tournai vers Amber, étonné de ce qu'elle venait de dire en même temps que moi. Si j'avais parlé un poil plus fort, on ne l'aurait même pas entendu. Voir Kuroe ? Pourquoi faire ? De la compassion ? Je fronçai les sourcils et la toisai, consterné. Alors la scène d'amour gloire et beauté qu'elle nous avait joué tout à l'heure l'avait touché ? De nous tous, elle était sans aucun doute la pire. J'étais un connard à 100 %, Sebastian un masochiste gentilhomme à 100 %, il n'y avait aucun doute là dessus. On ne trompait ni décevait personne, ce qu'on attendait de nous, on le faisait. Elle, elle était une sale pute dans le corps d'un ange, le mal qu'elle faisait était plus violent que n'importe quel de mes mots, et il était hors de question pour moi que mon Amber lui donne l'attention qu'elle ne méritait pas. De quel côté était-elle au juste hein ? Ça me rendit dingue.

- Ces années ont été difficiles pour chacun d’entre nous. J’ai choisis de ne pas lui en tenir rigueur.

Hin. Celle-là était bonne. Il avait du toupet le bougre. Si la haine avait eu des yeux et une voix, elle aurait probablement choisi les miens à ce moment précis.

- Si vous pleurez, faites le en silence.

Cette dernière phrase sembla faire écho dans le grand appartement. Nous n'étions plus que tous les deux et au lieu de me préparer à lui faire une crise, j'aurais mieux fait de me mettre en condition pour ce qui allait suivre. Comme à son habitude, Amber ne mâcha pas ses mots.

Je savais déjà à quel genre de discours m'attendre, du moins pour celui qui suivait dans l’immédiat. C'était une technique qui ressemblait d'une certaine manière à celle que le commandant avait utilisé quelques minutes plus tôt. La différence étant que ce n'était pas moi qu'elle avait mis sur un piédestal pour que la chute n'en soit que plus violente mais ses propres sentiments à mon égard. Bien sûr, cette fois-ci le but s'avérait totalement différent. Ceci dit et malheureusement, dans l'état dans lequel je me trouvais, ma conscience ne m'empêcha pas d'être heurté par ses mots. Douter de mon intelligence, envisager avoir perdu son temps... On peut dire qu'elle n'avait pas besoin de seringue pour me piquer exactement là où ça faisait mal. Je serrai mes lèvres entre elle, avalant difficilement ma salive.

Qu'est ce que je pouvais bien répondre à ça ? " Désolé d'avoir été dure avec une sale pute que tu ne connais même pas " ? Non, et je ne le pensais pas. " Désolé d'avoir vanné ton cousin " ? Non, je ne le pensais toujours pas. " Excuse-moi d'avoir instauré une mauvaise ambiance " ? Pourquoi ? Elle était adéquate la situation, non ? Il fallait que je fasse quoi ? Que je souris, facilite leur emménagement, leur mente ? Elle soupira en fermant les yeux face à mon silence, devinant certainement ce à quoi je pouvais penser. Elle repris ensuite, le ton plus doux.

C'était un discours délicat. Un discours que je ne voulais pas entendre et ce pour deux raisons. Il s'agissait de reproches venant d'Amber et de reproches dont je ne me sentais pas tant concerné. La raison était simple, à cette époque, je pensais réellement faire les bons choix. Je n'avais pas non plus l'impression de me rabaisser en agissant ainsi. Je faisais ce qui me semblait juste de faire pour moi, vivre pour les autres n'étant à mes yeux qu'une morte lente et douloureuse. Je vivais simplement, n'ayant foi qu'en mon instinct. Je ne pensais pas ma vie si mal. Je la pensais réaliste. Sans faux semblants, et puis, oui, l'avoir mis plus bas que terre m'avait fait satisfait et maintenant je ne ressentais plus grand-chose mais " personne n'est heureux en permanence ", du moins c'est ce que je m'était dit à ce moment-là.

Elle essayait de me résonner et j'agissais comme un gamin, laissant les informations passées par une oreille pour s'échapper par l'autre.

Puis elle me pris par les épaules comme pour me pousser à être attentif avant de poursuivre. Elle était sérieuse mais ce n'était pas le moment. La cérémonie, la colocation, lui, elle, le colonel, le passé qui revient, l'ignorance, tout ça, ça faisait beaucoup. Je fermai les yeux, crispant mes paupières et fronçant mes sourcils. Non, je ne voulais pas savoir la suite, pas plus que je ne voulais changer les choses. Et puis si admettons je cédais, est-ce que les choses seraient vraiment moins insupportables ? Pour moi il était certain que non et pour eux, bien qu'on puisse penser le contraire, je n'en étais vraiment pas convaincu. Les gens sous-estimaient la violence d'un sourire sans valeur.

J'avais rouvris mes yeux à la moitié de sa tirade, quand elle m'expliqua qu'elle ne cherchait pas à ce que je devienne comme lui ni même son grand ami. J'imagine qu'elle souhaitait seulement qu'on s'entende et je pouvais comprendre. Elle était avec moi mais il s'agissait aussi de son cousin et quoi qu'on puisse en penser, Bee avait aussi un grand cœur et j'aurais parié qu'elle s'inquiétait pour l'autre aussi. J'aimais vraiment Bee et moi aussi je pouvais faire n'importe quoi pour elle. Mon boulot, ma vie, quelle importance ça avait si elle n'était plus là mais même avec ce genre de pensée, ce qu'elle me demandait là relevait de l'impossible.

Quand elle leva sa main pour l'emmener à mon visage et caresser ma joue, je laissai mes paupières s'abaisser de nouveau. Je penchai un peu ma tête contre ses doigts, m'y abandonnant avec douceur. J'étais rassuré par ce geste. Ce geste m'avait sauvé plus d'une fois déjà.

"Tu vaux tellement mieux que ça..." Qu'est ce que cela signifiait ?

Elle embrassa mon front sans attendre de réponse de ma part, me faisant une place entre ses bras. Je posai mon visage sur son épaule mais l'entourai de mes bras que très faiblement. Est-ce qu'elle insinuait que je valais moins bien ? Par rapport à quoi ou à qui ? Eux ?  

Je n'eus que le courage de répondre à sa dernière question, si on peut appeler ça du courage.

- Laisse-moi une petite dizaine d'années et ça devrait le faire...

Ma voix était las, quand bien même j'avais tenté d'y mettre un peu d'entrain On se distança l'un de l'autre en même temps, moi lui accordant un regard qu'on n'aurait pas non plus su qualifier.

Je me passai alors les mains sur le visage, tentant de reprendre mes esprits.

- Je pense que je vais aller prendre une douche, annonçai-je en retenant un soupir Je te raccompagne avant.

Étonnamment elle déclina mon offre (ou ordre, selon comment on le voit), me faisant relever la tête. Un diner ? Est-ce qu'elle blaguait ?

- A ta guise. Mais si tu cuisines pour eux, n'oublie pas la mort au rat dans le placard à droite, répondis-je alors, enjoué comme un végétalien dans un abattoir. Je vais me laver, je reviens j'en ai pas pour longtemps.

Avant de m'échapper, j'attrapai son poignet. Je lui devais quand même des réponses un tant soit plus sérieuses.

- Si un jour te vient l'envie de me le mettre pour de bon, ce coup de pied au cul, fais-le. Si un jour tu finis réellement par penser que ce qui me sert de cervelle est une boite vide, alors très bien, j'accepterais d'être un idiot. Mais si un jour te revient l'envie de me faire croire que je serais plus heureux si j'étais comme eux, retiens-là. Je suis un connard, ok, j'irais surement pas au paradis, mais les peu de sourires que je fais ne cachent pas des armes et mes rares éclats de rire ne dissimulent aucun hurlement. Quand je veux frapper je frappe et quand je veux insulter j'insulte et... quand j'aime, j'aime, je ne fais pas semblant. Je lâchai délicatement sa main. Je t'ai toi, je n'ai besoin de rien d'autre.

Je m'étais abstenu de tout dire. J'empruntai le couloir.

- Mais j'ai saisi le délire. Je promets rien ceci dit.


- - - - - - - - - -


22h, la tête posée contre la cabine de douche, j'avais laissé l'eau couler sur moi un moment. Je mis peut-être une vingtaine de minutes au total dans la salle de bains. Quand j'en sortis, ce fut en tenue de ville -ou presque-. Un pantalon et une chemise noire, une ceinture et l'attirail habituel : les piercings aux oreilles, la langue, la montre et un collier. J'étais même mieux habillé que pour la cérémonie quand bien même le 31 avait été demandé. J'y étais allé en simple jean t-shirt, après tout pour célébrer deux connards il n'y avait pas besoin d'être solennel. Rejoignant ma chambre, j'y cherchai un objet que l'une des filles avec qui j'avais eu une nuit charmante avait laissé traîner. Une fois trouvé je le mis dans ma poche arrière et rejoignis le séjour, les cheveux encore mouillés.

Ils étaient là, assieds autour de la table du salon à rigoler. L'écho de leurs voix enjouées me donna la gerbe. Quand ils s'arrêtèrent de parler en remarquant mon intrusion, j'avais déjà détourné le regard et claqué ma langue contre mon palais. J'enfilai mes bottes à l'entrée, faisant tomber quelques gouttes par terre. Mieux m'essorer les cheveux avait été un peu le cadet de mes soucis.

Je pris ma veste en cuir quand Amber me fit signe de m'approcher pour "au moins goûter" ce qu'elle avait préparé. Je les rejoignis alors autour de la table basse et voyant que Sebastian regardait Kuroe, je profitai de son inattention pour me servir dans son plat. Je pris le bol et les baguettes et goûtai les nouilles. Sans surprise, elles étaient meilleures que les miennes. C'était Amber qui m'avait tout appris en cuisine mais j'étais vraiment mauvais et finissais donc toujours par me tourner vers mes rations militaires de nutriments en poudre. Ce qu'elle n'appréciait pas et en toute sincérité, je n'aimais pas non plus : ça n'avait aucune saveur, je faisais juste comme si.

- Hm. Pas de mort au rat, c'est dommage , lui fis-je en reposant le contenant sur le meuble, assez loin pour que Sebastian soit obligé de se lever pour le récupérer. Je sors, poursuivis-je en enfilant ma veste, le sachet tombant de ma poche. Soyez sages avec maman et ne faites surtout pas trop de bêtises, dis-je avec un faux sourire les dents serrées, baissant mon buste pour embrasser Amber ... sur les lèvres. Je le faisais rarement, seulement quand j'avais peur que quelqu'un me la dérobe. Sauf que ça, il n'y avait que moi pour le savoir. Les autres n'y voyaient que de la provocation.

En me redressant, je vis au sol le paquet qui s'était enfui de l'arrière de mon pantalon et m'abaissai pour l'attraper. Lorsque je me relevai, je croisai le regard de Sebastian qui était une fois de plus ce soir, relativement près de mon visage. Il l'avait vu ? Oui, sans doute. De la cocaïne ça ne passe pas inaperçu et on se trompe rarement sur sa nature. Je la rangeai rapidement mais cette fois ci à l'intérieur de ma veste, léchant ma lèvre inférieur sous l'embarras. Ce guignol allait se méprendre et je le défiai du regard de dire quoi que ce soit.

- Je laisse Amber se charger de vous apprendre les dernières règles de la maison. N'oublie pas celle qui dit que respirer ici est un délit.

J'avais complètement ignoré Kuroe. Je ne lui avais accordé aucun regard, si ce n'est un lorsque j'étais revenu dans la pièce et qu'elle s'était retrouvée dos à moi. Poussant le lacet de ma chaussure à l'intérieur de cette dernière, je tapai le code digital, prêt à m'casser d'ici. Respirer n'était pas un délit mais avec eux autour, l'impression d'étouffer me gagnait.


Ce soir comme hier soir, tu céderas à tes démons. Tu détestes les problèmes mais encore plus les solutions.  - Disiz #810808
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Sujet: Re: « De surprise en surprise » ou « Un malheur n'arrive jamais seul » hum ?
Mer 26 Aoû - 17:57

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(...)
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Une sensation de fraîcheur vint me couper de mes rêveries, me faisant légèrement sursauter comme la première des bleues.

- Trinquons à nos retrouvailles… Petite sœur.

Au son de cette voix, un sourire doux vint se dessiner, tandis que mes muscles se détendirent d'un coup. Toutefois, je ne pus cacher un certain désarroi en captant qu'il m'avait vu ruisselante de petites larmes. Une grimace gênée vint prendre la place du sourire d'il y a quelques secondes, tandis que je lui hochai de la tête, tendant ma main vers la sienne.

Prenant la canette, posant ma cigarette contre ma boite en fer, je trinquai avec Sebastian qui avait volé à mon secours. Comme la plupart du temps, du loin que je m'en souvienne. Décapsulant la bière, j'en bus une bonne gorgée, reprenant mon roulé entre mes mains, inspirant une boucane au goût caramélisé. Ramenant mes genoux contre mon buste un peu plus, je me resserrai contre la rambarde pour laisser une place à mon meilleur ami, posant ma tête sur son épaule en passant mon pouce contre ma paupière inférieure. Je n'avais pas vraiment le cœur à en parler, peut-être était-ce un mauvais choix que de se renfermer sur soi après un tel événement, mais moi-même je n'étais pas vraiment au clair. Si je lui en voulais, si je l'aimais, si je le détestais, si j'étais triste, si j'étais heureuse. Tout se cognait et ne formait qu'un sombre brouhaha, et ce n'était pas du tout une chose qui me plaisait. J'aimais être au clair dans ma tête, et là, c'était comme si je coulais dans des sables mouvants, m'empêchant de bouger. Dévisageant un instant le ciel orangé, je reposai à nouveau mon regard dans celui de Sebastian, logé depuis tout à l'heure dans le mien.

- Je n'ai pas envie d'en parler pour l'instant. Je comprends pas moi-

- Je comprends, dit-il simplement.

J'attrapai sa main droite et la portai à mes lèvres pour embrasser ses phalanges, pressant de mes doigts les siens, le regard dans le vide.

- Tu m'as manqué.

Lui dire la raison de mon éloignement n'était pas nécessaire, on se connaissait depuis assez longtemps pour savoir ce qui nous passait par la tête quand on faisait quelque chose d'étrange, quoi que j'avais battu les records d'étrangeté ces dernières années. Ce n'est pas comme si ça m'avait fait plaisir de le laisser derrière-moi, mais j'étais convaincue qu'une fois éloignée de lui, je pourrais mieux le retrouver. Et il m'avait attendu, malgré les chances qu'il ne soit pas aussi clément qu'il ne l'était à ce jour. Il me répondit tout en m'entourant de son bras droit :

- Mais j'ai toujours été là.

Je me blottis un peu plus contre lui pour lui témoigner ma reconnaissance et mon affection, cachant au passage un sourire très niais. Je bus à nouveau tout en tirant sur ma cigarette, créant un nuage opaque de fumée, s'évaporant en douceur vers les autres immeubles. Après la boisson et le tabac, je soufflai, pas très rassurée :

- Ça va être un fiasco les prochains jours, je sais pas comment on va faire avec ce gars.

C'était dit de manière si naturelle, si vrai. Ce gars. Comme s'il n'était rien pour moi. Ce qui était en soi le cas, il n'était rien, je ne le connaissais pas, c'était tout simplement le meurtrier de mon enfance, et je ne voulais pas m'affilier avec ce genre d'individus. Je n'éprouvais pas de regret pour le moment, persuadée que c'était préférable de le détester plutôt que de chercher à comprendre. Je ne souhaitais même pas le provoquer pour qu'il daigne me fournir de renseignements. Je l'ignorerais, il ne sera qu'un figurant dans ma vie, et je me concentrerai sur le reste. J'allais tout d'abord rattraper le temps perdu avec Sebastian, puis après j'aviserai. Lui n'était pas important. Lui n'était rien.

- Faut que je range mes affaires... Tu m'aides et je t'aide ?

Sortant de ce qui faisait office de balcon, nous rentrâmes dans la chambre pour placer le plus gros des affaires dans les petits meubles mis à disposition – il faudra que je refasse la décoration, au moins je peux être sûre de ne pas me faire emmerder dans mon espace personnel.

S'il ne voulait pas que je mette les pieds dans sa chambre, lui n'aurait certainement pas le droit de longer ma porte.

**

Ça ne nous prit pas bien longtemps, d'autant plus que Sebastian me parla d'Amber qui me proposait de passer la voir dans son cabinet pour une raison qui me restait inconnue. Sceptique, Sebastian me rassura : sa cousine était une personne gentille. Oh, non pas que je doutais de sa gentillesse, c'est juste que ça me semblait très bizarre de discuter avec -apparemment – la protectrice du connard et de la cousine de mon meilleur ami. Mille questions me traversèrent l'esprit. Pour quelles raisons souhaitait-elle me voir ? Je stoppai mes divagations et acceptai bien évidement de lui rendre visite un de ces jours, Sebastian m'en parlait si souvent et en bien ! Il était évident que j'avais toujours eu envie de rencontrer cette si gentille cousine qui faisait sa fierté. Nous revînmes avec nos canettes vides dans la salle de séjour, vide elle aussi, mais une bonne odeur s'échappait de la cuisine. Curieux, nous nous avançâmes vers l'émanation et découvrîmes Amber qui cuisinait. J'avais au préalable, en me rendant vers la cuisine, ramassée les débris de verre pour les mettre à la poubelle et m'étais très naturellement proposée pour mettre la table avec Sebastian qui lui avait fait un tour rapide précédemment. Aussi il m'indiqua où se trouvaient les assiettes que je disposai sur la table basse.

Amber arriva avec le plat contenant les pâtes assaisonnées, inutile de vous dire que je mettais mise à côté de mon meilleur ami, attrapant une pâte pour la mettre entre mes lèvres. C'était une atmosphère plus douce, plus agréable... Qui devint détestable quand le silence apparut. Pas besoin de me retourner pour comprendre, Sebastian me dévisagea quand il me sentit me tendre, un sourcil froncé, et lorsque mon regard croisa le sien, je tentai tant bien que mal de nier en reprenant une attitude serein- oh merde hein.

- Hm. Pas de mort au rat, c'est dommage.

Plantant sans ménagement un regard dur dans le sien qui me fuyait délibérément, Sebastian en profita pour placer sa main sur la mienne, l'air de dire « ne tombe pas dans son jeu, tu es plus intelligente que ça ». Et oui, c'était même sûr, j'étais plus intelligente que ça. Je me retins de maugréer un « crétin », et inspirai silencieusement, détournant mon visage, plus que déçue. Plus ça allait, plus je le détestais. Je le déteste.

- Je sors.

- Tant mieux, avais-je maugrée. Celle-là je n'avais pas réussi à la garder dans ma gorge, et le regard que m'offrit Sebastian en cet instant précis me fit redescendre sur terre.

- Soyez sages avec maman et ne faites surtout pas trop de bêtises.

Et le regard de rejet qui suivit très vite. Plissant les yeux lorsqu'il nous provoqua en embrassant Amber – ou me méprenais-je – l'expression de Sebastian m'interpella très vite. Il semblait interrogatif et quelque peu blasé. Un pivot simple et rapide pour constater que le mec qui me servirait très prochainement de deuxième colocataire et mon bourreau au passage ramassait un sachet. De drogue. Ehontée, choquée, dégoûtée, scandalisée, lorsque je fis volte face vers Sebastian les yeux révulsés, il se raidit.

- Je laisse Amber se charger de vous apprendre les dernières règles de la maison. N'oublie pas celle qui dit que respirer ici est un délit.

Mais la pute à toi. Bon, c'était un peu l'hôpital qui se foutait de la charité venant de la fille qui fumait du shit pendant les afters, mais bon.

- Ce n'est pas ce que je crois, articulai-je à défaut d'être audible. Ma voix n'était qu'un souffle, mais Seb lisait parfaitement sur mes lèvres.

Et au vu de son expression embarrassé... Oh putain le con. Oh putain la conne que je vais être. Oh merde. Le regardant correctement, dos à moi sa veste sur les épaules et les cheveux trempés s'égouttant sur le sol, ma voix claqua dans la pièce.

- Tu déconnes.

Un petit silence s'en suivit, Seb s'était relevé par automatisme pour éviter un hypothétique meurtre mais décidément je n'en avais rien à faire. Et dire que je m'étais résolue à l'ignorer tout le restant de ma vie, je venais de rompre mes propres engagements. Il abuse. Je lui coupai l'herbe sous le pied :

- Non non, ne te méprends pas ; ce n'est pas une question. C'est un constat. Tu déconnes. En plus d'être devenu un gros connard – d'ailleurs ça fait quoi d'être devenu un enculé de première catégorie ? Dis-moi j'aimerais que tu me racontes tes expériences personnelles afin d'écrire une thèse la dessus.

Je m'étais relevée sous la petite panique de mon meilleur ami, vraiment, vraiment mais alors vraiment pas rassuré de la suite des événements.

- Je mettrai comme titre « comment un garçon adorable que j'ai aimé toute ma vie est devenu un gros fils de pute », qu'est-ce que tu penses de ce titre ? C'est prometteur, non ? Ça ferait un très bon best-seller.

Je me retirai violemment de l'emprise de Sebastian qui tentait de me « canaliser », répliquant un peu plus sèchement que je ne l'aurais voulu :

- Sebastian je t'aime de tout mon cœur mais n'interfère pas.

Autant parler à un sourd, il resserra son étreinte et prit un ton plus dur qui me hérissa le duvet corporel. Foutage de gueule, du gros foutage de gueule !

- Écoute, je comprends que tu sois énervée et tu as toutes les raisons de l'être mais ce n'est vraiment pas le moment !

- … Ce n'est... Quoi ?!

- S'il te plait, laisse le partir avant que ça ne dégénère, reprit-il, plus doucement.

Je me mis à ricaner, frénétique, au bord de l'hystérie. Il se foutait littéralement de ma gueule. Je craquai, le visage rouge de colère, me secouant pour me débarrasser de l'emprise de Sebastian, ferme et pointai du doigt le connard de service :

- Non... Non, non. Non, non, non, non ! NON ! LUI A LE DROIT DE ME TRAITER COMME DE LA MERDE, MAIS MOI NON ? MOI !

Mon visage se retourna vivement vers le concerné, mes traits ne laissant apparaître qu'une haine plus que palpable. Fils de...

- … Dix ans que je n'ai pas vu mon grand frère et on me redonne quoi ? … QUOI ? Hin hin... ! DANS LA FAMILLE FILS DE PUTE JE DEMANDE LE DECHET. LE MONGOLE. LE TARÉ. LE FOU ! JE REFUSE.

Gigotant pour récupérer un peu de mon espace vital, j'explosai finalement toute la colère et l'amertume qu'il avait crée en moi.

- LÂCHE-MOI SEBASTIAN, T'AS PAS LE DROIT ! CE CONNARD A TUÉ MON FRÈRE, IL L'A TUÉ, IL L'A TUÉ, IL L'A-

Je ne me contrôlais absolument plus, mon corps était rempli de spasmes incontrôlables. Bousculant violemment Sebastian, c'est sur un Julian (insérer ici la réaction de Julian) que je me ruais, lui frappant le torse à l'aide de mes poings, les nerfs à vifs.

- Rends-le-moi, rends-le-moi, rends-moi mon grand frère, rends-le-moi, rends-le-moi j't'en prie, j't'en supplie, RENDS LE MOI !

- KUROE, coupa sèchement Sebastian, mais toutefois surpris. … Tu pleures, lâcha-t-il brusquement.

- Quoi, répliquai-je la voix brisée par un sanglot.

Me reculant vivement, anesthésiée, je plaquai ma main sur ma joue pour récupérer les larmes qui dévalaient comme une rivière en crue... Mais... Comment... ? Un hoquet s'échappa de ma gorge, ma main se posa sur mon front. J'allais devenir folle...

Et je venais peut-être de signer mon arrêt de mort par la même occasion.
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Sujet: Re: « De surprise en surprise » ou « Un malheur n'arrive jamais seul » hum ?
Sam 29 Aoû - 18:20

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Réputation: Se donna à coeur joie lors de son premier test face aux chimères, si bien que l'on se questionna sur son état psychologique. Représente une source de danger (ou de courage, selon le point de vue) véritable : Il a faillit faire tuer une collègue lors du test final en ne faisant pas attention à ses alliés. In extremis, il changea sa position avec celle de cette dernière pour la secourir. On parle encore de cette représentation aujourd'hui. Peu aimable, a(i)mant à filles, étranger (français)...
Arme(s) utilisée(s): Grosse épée et petites épées
J'avais tenu le coup. J'avais laissé couler. Quel âge avait-elle au juste pour lancer des provocations aussi dérisoires ? Elle ne voulait pas me voir, certes, c'était une réalité plutôt évidente. Appelons une pute une pute, je n'en méritais pas moins mais tout de même. C'était une honte pour un connard de mon envergure de recevoir aussi peu de considération. Elle aurait pu y mettre du sien. Un simple et bien connu « Prends ton temps surtout » ou un « Ne reviens jamais » m'aurait fait plus réagir. Il faut croire qu'elle se battait mieux avec des flèches qu'avec des cordes vocales.
Ignorant sa prétendue insolence, je les prévins de mon départ avec un « sourire » respirant le « allez crever » en me rendant à l'entrée pour finir d'enfiler mes chaussures. J'avais bien entendu été enchanté de voir Sebastian se lever pour récupérer son bol et se crisper sous le baiser donné à sa chère cousine. Ce n'était pas grand-chose mais ce fut suffisant pour me redonner du baume au cœur comme on dit. Ça faisait partie des petits plaisirs de ma vie si on veut.  Malheureusement, ce moment de joie fut de courte durée. Mes pensées l'avaient-elle atteintes pour que si brusquement, sa répartie se déchaîne ?


Je m'étais redressé une fois mon lacet terminé, les observant perdre le contrôle ou paniquer. Une bouteille de coca que j'avais trop secoué, voilà ce qu'elle était. Prête à imploser à tous moments, le petit agneau dévoilait peu à peu sa véritable identité. Je scrutai son visage se durcir, se rougir, ses traits se tirer, se froncer. Elle ne mâchait pas ses mots. Personne ne semblait les avoir mâcher aujourd'hui, pas même Sebastian. A moins que… ? Oui, il avait sûrement dû m’injurier plus d'une fois dans son palais mental. Il peinait à maintenir les ardeurs de son « amie ».


C'était trop tard, elle était lancée, il semblerait que j'eus pousser le bouchon un peu trop loin. Oops ? Je décernai son expression de dégoût, de colère, de tristesse, de déception et plus que tout, d'arrogance. Elle osait dire des choses bien plus grosses qu'elle, loin d'avoir conscience que l'immensité de ses mensonges avait fini par les lui faire croire. Elle ne devait pas non plus avoir idée de la merde dans laquelle elle venait de poser ses pantoufles de verres. Sebastian, lui, le savait. Il tenta de la retenir et avec une force que je sus percevoir, elle essaya de s'en défaire, en vain. Contrairement à elle, il connaissait le Julian du présent et redoutait de ce qu'il adviendrait de la Kuroe du futur. Il renforça son emprise. Un mal pour un bien. Une égratignure pour protéger de la plaie.
Amber quant à elle, n'avait rien dit. Pas un mot, pas un souffle. Comme moi à ce moment-là, elle se tenait droite et inexpressive, se contentant seulement de suivre le déroulement des événements.


Un sourire, très fin, quasi imperceptible finit par étirer le coin de mes lèvres. « Sebastian je t'aime de tout mon cœur mais n’interfère pas. », vraiment… ? Haha. Bullshit. Il fallait avouer que cela portait à rire. Elle semblait avoir tellement de conviction dans tout ce qu'elle disait que cela la rendait ridicule et piteuse. Elle usait le mot Aimer à tort et à travers. Elle parlait d'amour comme elle pouvait parler de son café starbucks ou de la dernière couleur de cheveux à la mode. Aimer n'était qu'un mot dont la définition lui échappait totalement. Et il en allait de même pour tout le monde.


Ils finirent par se chamailler. Quelle réjouissance d'en être la cause. Il chercha à la raisonner, elle chercha à le fuir, secouant violemment son bras pour se débarrasser de sa prise. Quand ce fut fait -et non sans mal je présume-, elle me pointa allègrement de son doigt, rouge de colère, hystérique. Je l'avais rendu folle. Elle riait.


Elle passa cap. La frontière. Elle alla trop loin dans ses propos comme dans ses actes. Je détournai le regard une micro seconde en me léchant les lèvres, contenant ce qu'il y avait à contenir en moi. Me traiter de fils de pute, de déchet et de mongole était une chose. Me prendre pour un fou en était une autre. Crier des aberrations sur l'amour qu'elle avait eu pour moi, des absurdités sur ce que je lui évoquais à présent, je pouvais m'en accommoder. Hurler que j'avais tué « son » frère comme si j'en avais déjà été un pour elle, et me le répéter et répéter encore, me le reprocher, me tenir pour coupable et en tenailles, et jusqu'en lâcher des larmes, ça aussi, c'était différent. Très différent.


Elle fit trois pas en arrière, j'en fis un avant.


Je souriais nerveusement. Un sourire léger, paraissant presque honnête. En fait, je cherchais par où commencer. Il y avait tant de choses à dire, tant de choses qui masseraient en moi et que j'aurais voulu vomir d'un coup,  ici, maintenant, à ses pieds. Je cherchai l'inspiration en regardant un coin en hauteur, passant de nouveau ma langue sur ma lèvre inférieure pour y effacer le sourire qui s'y était dessiné par erreur.


« Alors c'est comme ça » commençai-je, le regard toujours dans le vide.


« Comme ça que tu accueilles ton frère, que tu as toujours aimé. »


Mon regard se posa sur elle. Contrairement à l'époque, elle ne sembla avoir aucun à le soutenir. Mon ton était très significatif sur le fond de ma pensée. Sarcastique à souhait.


« J'ai une meilleure idée pour ton livre. Que penses-tu de « Comment être présomptueuse » pour les nul- euh pour les gros mongoliens d'segpa, hein ? Si tu veux faire un best-seller, il faut que ta clientèle soit nombreuse après tout. »


Sebastian la tira en arrière tandis que je m'approchai un peu, lui tournant autour, faisant les cent pas.


« Chapitre 1 : Mentir. Si vous êtes bien des gros mongoliens d'segpa, pas de panique, vous finirez par y croire vous-même. Je m'arrêtai un moment, bougeant mes bras comme si je contais une histoire, Surtout, surtouuut, quand il s'agit d'aimer. Soyez passionnés dans tous que vous faites, dans votre vie professionnelle comme dans votre vie personnelle. Dites aimer votre travail, dites aimer les gens et croyez-y fort. Très très fort. » Je me remis à marcher. « Ainsi, si quelqu'un vous chagrine par son attitude, fièrement, vous pourrez lui reprocher tout ce que vous aviez toujours eu envie de lui reprocher. Après tout, vous avez fini par croire en votre amour alors sincèrement, vous penserez mériter plus que ça, vous aurez oublié toutes vos maladresses ou les aurais justifié par vos sentiments factices. Mettez lui tout sur le dos, tout, et vous verrez, enfin, ça arriva. Vous vous sentirez bien. Vous vous sentirez forts. Vous vous sentirez honnêtes et irréprochables. Ce sera beau. Vous aurez enfin réussi, vous serez présomptueux. » Je me stoppai de nouveau, sec, plongeant profondément mes yeux dans les siens. « Mais malheureusement trop crétins pour vous en rendre compte. Vous vous sentirez mieux que lui, mais vous vous sentirez triste aussi. Piégé par votre propre piège. Risible n'est ce pas ? »


J'en avais fini avec mes mouvements de bras, mon rythme de marche, mes levées de jambe. Je la scrutai intensément et semblais serein. Mon regard lui, était empli d'une aigreur sans nom.


« Ensuite, vous verrez, dis-je en haussant la voix, moins calme, Vous pourrez prétendre aimer quelqu'un comme vous pourriez dire aimer les putes russes et thaïlandaises à gros nibards. Vous pourrez OSER, dire, droit dans les yeux de cette personne, que par exemple, vous l'avez toujours aimé alors que vous n'auriez même pas été CAPABLES de le reconnaître après TROIS ANS AUPRÈS D'ELLE. »


J'approchai d'un pas directement vers elle.


« NE PRÉTENDS PLUS M'AVOIR AIME. NE PRÉTENDS PAS AVOIR ÉTÉ MA SOEUR., fis-je emporté par la rage. Ma sœur à qui j'ai parlé trois fois dans ma vie est capable de reconnaître ma voix sur cent milles, toi, avec qui j'ai partagé un bout important de la mienne,  tu n'es même pas capable de me remettre et tu te dis m'avoir aimé, tu me dis être ton frère ?  JE N'AI JAMAIS ETE RIEN POUR TOI. ET TU N'ES PLUS RIEN POUR MOI NON PLUS. Alors arrête de faire comme si. ARRÊTE ! »


Avec une robustesse mal contrôlé, je passai rapidement mes mains sur mon visage, ramenant sans le vouloir mes cheveux trempes sur mon visage.


« Tu n'es rien. Tu n'es rien. Tu n'es rien. Alors de QUEL DROIT TU ME REPROCHES D'AVOIR TUE L'ENFANT QUE J’ÉTAIS. DE QUEL DROIT ? ALORS QUE TU ES CELLE QUI M'A LAISSE CREVÉ. QUE VOUS M'AVEZ TOUS LAISSES CREVÉ ! » lançai-je enfin, la voix tremblante et cassée par les émotions qui me noyaient.


Mon bras était parti. Hors de contrôle. Le revers de ma main était venu cogné son visage dans un geste vif et ample. Elle fut renversée en arrière, à terre. Le choc et le sol avaient dû être plus douloureux que le coup en lui même car quand bien même ma force n'avait pas été mesurée, cela restait le revers de ma main et grand heureusement pour elle.

Incontrôlable, et peut-être prêt à la frapper de nouveau pour à mon tour, lui reprocher tout ce dont je la tenais responsable, pour lui reprocher son affront, ses discours révoltants, ses gestes provocants mais aussi celui que j'étais aujourd'hui, Sebastian dut intervenir. Et il ne s'en tira pas aussi bien qu'elle. Oh non. Je le frappai de mon poing entier, l'obligeant à répliquer. L'on tomba l'un au dessus de l'autre, moi le maintenant en dessous. Et le cognant. Encore. Encore. Encore. De plus en plus fort.


« TE CROIS TU MIEUX PARCE QUE TU DIS BONJOUR AUX GENS ET QU'ILS TE RÉPONDENT ? TE CROIS TU MIEUX POUR CA ? PARCE QUE QUAND TU SOURIS, ILS TE SOURIENT, PARCE QUE TU QUAND TU PLEURES, ILS TE TENDENT UN MOUCHOIR, PARCE QUE QUAND TU HURLES, ON TE DEMANDE CE QU'IL Y A ? TE CROIS TU MIEUX QUE MOI POUR CA KUROE ? » Et je le frappai encore. Et encore. De moins en moins fort.


« PEUX TU LUI DIRE SEBASTIAN », dis-je en attrapant ses bras pour ne pas qu'il me frappe. « PEUX TU LUI DIRE QUE TU N'AS JAMAIS SOUFFERT DE SON IGNORANCE A TON ÉGARD. QUE LA REGARDER DE LOIN TE SUFFISAIT. QUE LA VOIR TE PASSER DEVANT SANS UN REGARD, PRÉFÉRANT « RIRE » AVEC D'AUTRES NE TE FAISAIT AUCUN MAL ? PEUX-TU LUI DIRE ? NE MENS PAS ! » Je le frappai de nouveau, mais d'un coup considérablement moins dur que les précédents.


« Tu t'es fait percée. Tatouée. Tu as changé la couleur de tes cheveux, la façon dont tu t'habillais. Et comme si tout comme ces choses, il ne représentait qu'un élément superficiel de ta vie, tu l'as mis de côté. T’appelles ça aimer, t’appelles ça de l'amitié, j'appelle ça une PUTAIN DE BLAGUE. » dis-je, paraissant plus calme mais la voix toujours autant cassée. Mes cheveux mouillés collaient à mon visage, gênant presque ma vue. Je baissai le regard sur les lèvres de Sebastian « Crois-tu que son sourire ne cachait aucune larme, aucune COLÈRE ? Vous mentez tout le temps. Je fermai mes yeux un moment avant de les réouvrir, le regard vide. Tout le temps... Les gens ne savent pas aimer mais dans la haine ils sont tous honnêtes. Je ne pourrais pas être plus vrai, plus moi que ce que je suis maintenant. Et si vous, ça vous va de faire « comme si » à jamais, alors allez-y, partez et mentez bien au monde et à votre propre personne. Soyez des connards "subtiles" et malhonnêtes, je resterai un connard assumé et foutrement "méchant". Mais quoi qu'il puisse advenir, je n'ai rien à vous offrir à part de mauvais souvenirs, à mes yeux tu ne resteras qu'une sombre pute hideuse et toi qu'un ôh combien incroyable crétin. »


Quand je les ouvris, j'avais posé mes mains d'un côté et de l'autre du visage amoché de Sebastian. Je ne l'avais pas raté, il saignait. Du nez, de la bouche, des pommettes. Du front aussi. Et mes yeux s'écarquillèrent. Qu'est ce que je venais de f-… Une goutte d'eau s'écrasa sur sa joue, puis le noir complet. Amber, postée derrière moi, posa ses mains devant mes yeux et me tira en arrière pour dégager Sebastian.

« Sortez s'il vous plait. Tout de suite. »

Est-ce que c'était une... larme ?


Ce soir comme hier soir, tu céderas à tes démons. Tu détestes les problèmes mais encore plus les solutions.  - Disiz #810808
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Sujet: Re: « De surprise en surprise » ou « Un malheur n'arrive jamais seul » hum ?
Mar 8 Sep - 21:20

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Ces simples paroles suffirent à lui redonner un semblant de gaieté mais la grimace qui s’en suivit, je ne la connaissais que trop bien. Elle était gênée que je l’ai vu pleurer et elle avait toujours eut une sainte horreur de ça; tout comme moi. Je détestais la voir triste, ça me fendait le cœur.

Empoignant la canette que je lui tendais, elle l’a fit claquer dans un bruit sourd de métal contre la mienne avant d’en boire une gorgée après l’avoir décapsulée. Puis, fumant sa cigarette tout en se calant un peu mieux contre la rambarde afin de me laisser plus de place, je la sentis songeuse. Lorsqu’elle prit la parole, je la coupai gentiment avant même d’entendre la fin de sa phrase; compréhensif face à la situation.

Le geste d’affection qu’elle me rendit ensuite me rappela des souvenirs nostalgiques, me souvenant d’une époque où elle le faisait régulièrement. Lui dire qu’elle m’avait également manqué ne servait à rien à cet instant précis, je devais avant tout lui enlever le poids du remord qu’elle portait sur ses épaules depuis trop longtemps, sachant parfaitement la raison de son éloignement. Resserrant doucement mon étreinte, je lui répondis alors simplement que malgré la distance, j’avais toujours été présent à ses côtés.

L’un contre l’autre, le regard vers l’horizon et la teinte orangeâtes qu’il nous offrait, nous restâmes un moment sans prononcer un mot, profitant du calme qui régnait à l'extérieur des murs.

Ça va être un fiasco les prochains jours, je sais pas comment on va faire avec ce gars.

Tournant mes yeux vers les siens, je ne répondis pas immédiatement, interloqué par sa façon de parler de lui. Si ses mots faisaient croire qu’elle avait tiré un trait sur le « nouveau » Julian auquel elle venait d’être confrontée, je savais au fond de moi que ça n’en resterait pas là. Elle craquerait, un jour ou l’autre. Et si pour elle je comprenais sa peine et visualisais parfaitement son point de vue, je restais tout de même perplexe, chiffonné par des détails que seul moi pouvais voir aujourd’hui. Le fait d’avoir découvert que le « grand frère » de Kuroe et Julian puisse être une seule et unique personne me taraudait sérieusement. A l’époque ils étaient très proches, entretenaient la même relation que moi avec elle et maintenant, il lui crachait à la figure, comme si elle avait été responsable de quelque chose qui l’aurait poussé à la haïr.

- C’est vrai… Marquant une pause, j’hésitai à continuer puis repris finalement, le regard inquiet.

- Méfie-toi de lui Kuroe. Tu as le droit de chercher à comprendre ce qu’il s’est passé durant ses années, ce qui l’a fait autant changer et pourquoi il t’en veux autant; mais ne le confronte pas maintenant, s‘il te plait. Pas avant qu’il ne se soit habitué à nous voir ici. Pas avant que vous ne soyez prêt tout les deux. Tu as eu un aperçu de ce qu’il est devenu mais crois-moi, il peut être bien pire…

Tout comme il pouvait être aussi bien mieux, j’en étais persuadé.

Je sais, j’ai dis tout à l’heure qu’il s’était foutu de moi depuis le début mais je n’arrivais pas à m’en convaincre réellement. Je restais certain qu’il m’avait aidé volontairement, à sa façon. J’avais le sentiment qu’il avait essayé de se rapprocher de moi, inconsciemment ou non, et mon esprit n’arrivait pas à en démordre, quoi que mes yeux puissent voir dans ses actes et quoi que mes oreilles puissent entendre dans ses mots. Pour moi, il était comme un animal sauvage solitaire qui se rebiffe dès qu’on tente de l’approcher et de lui venir en aide. Dès que nos marques d’affection deviennent trop grandes. Et quant on essaye de creuser, même en douceur, on se heurte à un coffre, enchaîné à de multiples cadenas verrouillés. Une carapace impénétrable.

Là, vous vous dites surement que je suis plutôt contradictoire. Et vous avez peut-être raison. Le fait est que moi-même j’étais perdu entre le fait de le détester ou de l’apprécier à sa juste valeur. Il est vrai que j’ai parfois des envies de meurtre lorsqu’il va trop loin mais je ne peux ignorer ses bons côtés. Tout comme je ne peux ignorer les rares moment de complicité que nous ayons eu.

Je m’arrêtai là, cherchant simplement à ce qu’elle fasse attention. Étant encore dans la supposition, je ne voulais surtout pas lui donner de faux espoirs de retrouver une relation fraternelle avec lui.

Acquiesçant d’un léger signe de tête, elle me sourit et proposa d’aller ranger nos affaires, chacun aidant l’autre. J’approuvai l’idée et nous retournâmes dans la chambre. Vidant les valises petit à petit, j’en profitais pour lui parler d’Amber et de ce qu’elle m’avait confiée comme tâche tout à l’heure : lui dire qu’elle passe la voir quand elle en aura envie. Rieur face à sa réaction, je la rassurais tant bien que mal en lui expliquant que c’était surement juste pour apprendre à la connaitre, bien que je savais qu’elle voudrait aussi lui parler des événements récents. Amber avait toujours été douée pour soigner tous types de blessures, qu’elles soit physiques ou morales. Elle était comme ça. Et puis je savais que Kuroe aurait moins de mal à parler avec elle qu’avec moi puisqu’il est toujours plus aisé de se confier à des inconnus.

•  •  •  •

Plus tard dans la soirée, lorsque nous avions enfin terminés et que nous nous étions changés afin de nous libérer de nos combinaisons; nos estomac nous rappelèrent à l’ordre et tandis que nous retournions dans le séjour, j’entendis l’eau couler dans la salle de bain. Un détail que j’oubliai bien vite quand l’odeur qui se dégageait de la cuisine parvint à mes narines affûtées. C’était une spécialité d’Amber, mon flair ne me trompait jamais. Approchant de la pièce, c’était effectivement elle que nous découvrîmes en tablier devant les fourneaux.

Aidant Kuroe à nettoyer à la place de Julian les débris qui étaient restés au sol, nous nous attelâmes ensuite à mettre le couvert, prêts à déguster les nouilles qui nous ouvraient grandement l’appétit. Après une journée comme celle-là, rien de mieux qu’un plat chaud pour réchauffer l’atmosphère ! Et il ne fallut pas grand-chose pour la refroidir.

Kuroe et moi étions dos à lui, seule Amber lui faisait face. Je pris pourtant la peine de me retourner, sans grand intérêt je l’avoue, mais pourquoi faire comme si il n’était pas là puisque ce n’était pas le cas. Lorsque mon regard se posa sur lui, mon cœur manqua un battement et je me sentis bizarre. Vraiment bizarre. Au point de m’en être remis à ma place presque immédiatement, les yeux légèrement écarquillés et une main sur la bouche. Est-ce que je venais de le trouver… Sexy ? Non… Non non non non ! Simple hallucination.

Peinant à reprendre mon calme, j’inspirai un coup et me concentrai sur Kuroe pour penser à autre chose. La partie n’était pas encore terminée et j’espérais bien qu’elle appliquerait mon conseil et ne foncerait pas tête baissée ce soir. Son corps s’était crispé, c’était mauvais signe. Son regard tenta de me faire croire le contraire mais je savais qu’elle n’était pas sereine, loin de là. Cherchant mon bol des yeux sur la table basse pour en reprendre une bouchée, c’est lorsque Julian -qui nous avait rejoint- prit la parole que je retrouvais celui-ci, entre ses mains.

L’observant avec dépit le reposer le plus loin possible de moi, je posais ensuite une main sur celle de Kuroe, essayant de la faire se rappeler de mes paroles un peu plus tôt.

Pas maintenant. Ne le confronte pas maintenant…

- Je sors.

Profitant de ses sages paroles pour récupérer mon repas non sans m’être levé, c’est lorsqu’elle lui maugréa un « tant mieux » que mon regard se durcit.

Kuroe, non, ne commence surtout pas. Laisse le partir.

Nouvelle provocation. Il embrassa Amber sur la bouche devant notre nez, me provoquant une poussé d’adrénaline qui m’obligea à briser l’une de mes baguettes entre la main qui la tenait. Mes yeux faillirent se planter dans les siens mais autre chose vint me distraire. Un sachet, poser au sol, juste à côté de mon pied. Ça ressemblait grandement à de la farine mais bien malheureusement, ça n’en était pas. De la cocaïne ?! Sérieusement ?! Mon regard se planta cette-fois véritablement dans le sien, une fois de plus un peu trop près, mais là je ne ressentis rien de spécial, si ce n’est de la déception. Coucher avec des prostitués et en vouloir à la terre entière était une chose, mais se droguer en était une autre. Était-ce vraiment à lui ?

- Je laisse Amber se charger de vous apprendre les dernières règles de la maison. N'oublie pas celle qui dit que respirer ici est un délit.

Je me raidis légèrement. Pas à cause de ce qu’il venait de dire mais à cause de la tête à faire peur que m’avait lancé Kuroe.

« Ce n'est pas ce que je crois » Compris-je en lisant sur ses lèvres.

Si si Kuroe, c’est bien ce que tu crois…

A cet instant je regrettais de lui avoir fais comprendre ce qu’elle voulait entendre puisque son sang ne fit qu’un tour. Et voilà, c’était la fin... Me relevant en même temps qu’elle, cherchant à la retenir, elle démarra son monologue et je cachai mon visage entre ma main lorsque j’entendis tout comme lui ses propos.

Pourquoi Kuroe ? Pourquoi ? Pourquoi ne m’écoutes-tu jamais ?

Me plaçant devant elle, je posai fermement mes deux mains sur ses épaules, l’incitant à arrêter le massacre avant qu’il ne soit trop tard. Mais celle-ci n’en fit qu’à sa tête et se libéra de mon emprise en me répliquant de ne pas interférer. Surpris par le ton sec qu’elle avait employée, je n’en démordais cependant pas, peinant réellement à lui faire comprendre qu’elle n’y arriverait pas de cette façon. L’empoignant alors plus fort, je répliquai, sérieusement :

Écoute, je comprends que tu sois énervée et tu as toutes les raisons de l'être mais ce n'est vraiment pas le moment !

… Ce n'est... Quoi ?!

S'il te plait, laisse le partir avant que ça ne dégénère. Repris-je devant son étonnement.

Mais avant de comprendre quoi que ce soit, elle avait radicalement changer de comportement, s’en prenant même à moi pour la toute première fois. Elle laissait finalement exploser toute la colère qu’elle avait accumulée en elle, piétinant au passage mes sentiments comme un parterre de fleurs. Je m’étais pourtant préparé à ce moment mais j’avais été bien loin du compte. Je ne l’avais tout simplement jamais vu comme ça. Jamais.

Choqué, je relâchai juste assez mes muscles pour la laisser me filer entre les doigts. Bousculé, je fis un pas en arrière mais ne réagis pas. J’étais complètement figé, incapable de répliquer à nouveau face à son acharnement, la force m'ayant abandonné. La poitrine compressée, c'est lorsque je repris finalement mes esprits, toujours inquiet, que je vis Kuroe frapper le torse de Julian en le suppliant de redevenir celui qu’il était avant. La boule au ventre et les yeux humidifiés, j’ouvris la bouche en haussant la voix, pour qu’elle cesse enfin ses coups.

- KUROE ! … Tu pleures.

L’effet fut immédiat. Elle se recula et plaquait une main sur sa joue, surprise. Maintenant qu’elle avait lancé toutes ses injures et paroles provocatrices, le pire était à venir… La réaction de l’intéressé. Et il était beaucoup trop tard pour faire marche arrière.

Mon regard quitta Kuroe pour se diriger sur Julian, attendant qu’il réagisse, qu’il rétorque, et je savais ô combien ça allait être dur rien qu’à voir son visage.

Il mit du temps à répliquer, observant des points morts autour de lui, mais lorsqu’il ouvrit la bouche, Kuroe arrêta de sangloter, ses yeux s’écarquillant à mesure qu’il parlait, totalement immobile. Sa voix résonnait comme un écho tant ses paroles étaient lourdes de sens. S’approchant un peu, il se mit à marcher dans le salon, lui tournant autour. Peu confiant, je la tirai alors vers moi. De façon théâtrale, il accentuait ses mots en usant de ses bras, comme si il récitait simplement une pièce. Marchant et marchant encore, il s’arrêtait de temps à autre, la regardant de haut.

Son attitude était peu sérieuse, il utilisait l’ironie. Mais derrière cette barrière de sarcasme se cachait ses véritables sentiments.

A la fin de sa narration, il se stoppa devant elle et la fixa, droit dans les yeux, l’air satisfait et tout à fait calme. Cependant, lorsqu’il reprit, sa voix changea, devenant beaucoup plus dure. Il ne plaisantait plus, il voulait vider son sac.

Les reproches fusaient de part et d’autre de l’appartement, le ton haussant toujours plus. Il se laissait gagner par la rage.

Kuroe ne bougeait plus. Son regard était vitreux et si elle ne sanglotait plus, les larmes continuaient de dévaler sa peau avant de s’écraser à ses pieds. Ses mots s’adressaient à elle mais ils étaient tellement forts qu’il m’atteignaient même. Pour la toute première fois, il avait baissé sa garde, laissant entrevoir ses blessures. Des plaies qui n’avaient jamais cicatrisées et qui continuaient de le faire souffrir.

Plus je l’écoutais et plus mon hypothèse devenait réelle. Cette fois c’était sur, il y avait encore du bon en lui, à l’intérieur de ce coffre qu’il gardait précieusement verrouillé. Ce qu’il me manquait pour comprendre, c’était la raison.

D’un coup, je le sentis à bout. Mais pris de cours par la sincérité de son ressentis, par la nouvelle facette qu’il me montrait ce soir, je n’eu le temps de réagir assez vite. Sa main était partie. D’une vivacité telle que lui-même n’avait pas su la retenir.

La claque avait retentit et Kuroe avait atterrit face contre terre, du à la violence du choc. Mes yeux s’écartèrent, je n’en revenais pas. Il venait de la frapper, devenu fou. Le pire, c’est que si je ne lui avais pas foncé dessus afin de l‘en empêcher, il aurait certainement recommencer. Sans surprise, il m’atteint le premier de son poing et tandis que j’essayai de répliquer, il me fit une prise et nous tombâmes sur le parquet, mon dos cognant violemment celui-ci. Me maintenant sous lui, il m’assailli d’autres coups, de plus en plus puissants, ne me laissant aucune chance de me défendre.

Ma tête valsait de gauche à droite, de droite à gauche, et je tournai au ralenti. Tout devenait flou, je n’arrivais plus à entrevoir quoi que ce soit. Il hurlait, perdant le contrôle. Tous ça ne m’était pas destiné, il s’adressait à Kuroe et pourtant, je préférais qu’il se déchaine sur moi. Au bout d’un moment, les frappes devinrent moins fortes, il ralentissait enfin. Alors, entre deux, je pu percevoir le visage de Kuroe, maintenant la joue qu’il avait giflé de sa main, les yeux affolés.

De mon regard amoché, j’essayai tant bien que mal de lui faire comprendre que tout allait bien. Après tout, ce n’était pas la première fois que je me faisais battre, j’en avais vu d’autres. Ma main avait essayée de se diriger vers elle dans un mouvement doux et lent mais avant de l’atteindre, il l’avait plaquer au sol, s’adressant cette fois à moi, me jetant encore son poing à la figure.

Que je n’ai jamais souffert ? Bien sur que si.

C’est vrai, il y a eu des moments ou j’avais envié ses nouveaux amis, ou je me demandais pourquoi elle n’était jamais venu me voir à la mort de son père et aussi pourquoi elle avait préférée couper les ponts du jour au lendemain, sans prévenir. Mais au final, chacun vit un deuil à sa façon, chacun fait des choix qui ne sont pas forcément bons ni mauvais et qui leur permettent de continuer à avancer. J’ai eu mal, c’est vrai. Mais quel genre d’ami, quel genre de frère aurais-je été si je l’avais rejetée plutôt que d’être fier de l’avoir vu se relever, de l’avoir vu se débrouiller sans moi. De ne pas avoir suivi son évolution et de ne pas l’avoir encouragé dans l’ombre. Au fond de moi je savais que ce ne serait qu’une passade, qu’elle finirait par revenir lorsqu’elle se sentirait prête.

En fin de compte, elle avait toujours été comme ça.

J’écoutais ce qu’il disait, attentivement, bien que ma conscience commençait à me jouer des tours. Son visage, je le voyais trouble mais je pouvais voir ses cheveux mouillés éparpillés sur celui-ci, lui collant à la peau. Son regard était vide mais puisqu’il était si près, je pu voir son âme. Qu’avait-il bien pu lui arriver pour qu’il ne croit plus en rien ? Était-ce vraiment juste à cause de Kuroe ? Non… Pas uniquement.

Ploc

Mes muscles s’étaient contractés, je venais de recevoir une goutte d’eau sur le visage. Plongeant difficilement mes yeux dans les siens, son expression à ce moment était incroyablement triste, je ne l’avais vraiment jamais vu comme ça. En fait, il pleurait, littéralement. Des larmes discrètes, des larmes subtiles qui coulaient doucement. Des larmes certainement aussi précieuses pour son propriétaire que sa propre vie.

Puis, Amber intervint enfin, posant ses mains devant ses yeux et le tirant en arrière afin de me libérer de son emprise.

- Sortez s'il… vous plait…. Tout de suite…

Je venais de perdre connaissance.


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Sujet: Re: « De surprise en surprise » ou « Un malheur n'arrive jamais seul » hum ?
Jeu 31 Déc - 11:31

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Amber se doutait bien que le moment n’était pas forcément le mieux choisi pour faire ce genre de discours au jeune homme. Mais que pouvait-elle faire d’autre ? Laisser couler et le laisser croire qu’était d’accord avec ce qui venait de se passer ? Non. Encore moins. Elle préférait, quitte à ce qu’il ne soit pas totalement attentif, lui en toucher deux mots maintenant … quitte à recommencer plus tard. Peut-être pouvait-elle initier un début de réflexion …
Elle sourit à sa réponse et ils se lâchèrent en même temps, dissipant ce cocon confortable qui s’était installé autour d’eux. Elle aurait bien aimé le prolonger, il en avait besoin. Et à elle, ça lui faisait du bien. Pourquoi s’en priver ?

« Je te laisse le temps qu’il faut. Il faut ça vienne de toi. Que tu le fasses pour toi, pas simplement pour me faire plaisir. »

S’étirant pendant que Julian revenait plus au moins au monde présent, elle déclina sa proposition simplement, avec une neutralité de mise. Pourquoi ? Parce qu’elle voulait simplement préparer de quoi manger pour ce nouveau trio qui n’en était pas un mais dont elle ne doutait pas qu’il finirait par agir comme tel dans un futur plus ou moins proche. Plutôt moins pour le moment mais ce n’était que du détail. Et n’ayant pas précisé qu’elle devait voir Jensen pour un dîner justement, même si elle allait finir par être en retard, elle préférait éviter d’ajouter ça sur le tas …

« Pour sûr. Et comme ça j’ai encore plus de boulot et de paperasse à remplir ? Tu veux que je passe ma soirée à bosser ou quoi ? Non merci. J’ai déjà suffisamment donné de mon temps à la fac à Paris. »

Elle allait ajouter une broutille quand ce fut à son tour de lui couper l’herbe sous le pied. Elle écouta, attentivement, et se dit qu’il n’avait décidément rien compris de ce qu’elle avait voulu dire. Ou qu’il avait interprété de travers, ce qui était probablement vu l’état dans lequel il était. Elle démentit tout de même parce qu’elle n’aimait pas ce qu’elle entendait.

« Je n’ai jamais dit que tu serais plus heureux en étant comme eux. Mais comme tu n’as écouté qu’à moitié, je ne t’en tiendrais pas rigueur. On en reparlera une autre fois, à tête reposée. »

Elle n’était pas certaine qu’il l’ait entendu plus cette fois-ci. Elle avait au moins bonne conscience d’avoir essayé. C’était toujours mieux que rien et elle allait s’en satisfaire aujourd’hui. Souriante, elle le laissa partir tout en choppant un tablier pour éviter de se tâcher.

« Je t’aime aussi Julian. »

N’attendant pas de réponse de sa part, elle se mit à cuisiner, rapidement, efficacement. Elle en profita, avant que qui que ce soit revienne de quelque part, pour envoyer un sms à Jensen, le prévenant qu’il allait devoir être patient et qu’elle n’allait pas être là de suite. Cela dit, normalement, elle ne mettrait pas si longtemps que ça. Des pâtes, ça ne mettait pas trois ans. Elle attendrait juste qu’ils commencent à manger et puis basta.
Lorsque Sebastian et Kuroe apparurent, elle avait presque terminé. Il ne restait que la table à mettre et ils s’en chargèrent très bien sans elle. Deux couverts. Ils ne comptaient donc pas Julian. Et elle était sûre qu’il ne se serait pas compté non plus. Personne ne se verrait offusqué.

Tout aurait pu être tellement simple. Mais non. L’atmosphère changea du tout au tout en rien de temps. Avant qu’elle n’ait le temps de recadrer qui que ce soit : un geste de Julian, une réaction de Kuroe et une flammèche apparue. Sebastian tenta de lui faire comprendre qu’il valait mieux le laisser sortir mais sans succès. Les instants précédents n’avaient été que prélude à ce qui se déroulait maintenant.

Au final, n’était-ce pas mieux que tout finisse par sortir ? Et quitte à être là, à assister à ça même si elle aurait préféré que ça se fasse sans elle, sans bouger, elle continua ce qu’elle savait si bien faire : écouter et synthétiser ce qu’elle entendait. Peut-être que cela ne lui servirait pas de suite mais elle aimait à avoir des données. Les problèmes se résolvaient bien plus facilement quand on savait de quoi on parlait.
Kuroe débuta la séance, soft. Mais elle s’enfonçait au fur et à mesure.  Elle ne donnait pas l’impression d’avoir connu Julian ces dernières années. Ce qui, dans le fond, était vrai. Peu de gens pouvaient s’en vanter d’ailleurs. Et ceux qui le pouvaient ne le faisaient pas. Elle aurait pu s’en tirer. Mais elle avait utilisé les mauvais mots, les mauvaises formulations. Et le retour de flammes n’en serait que plus douloureux. Elle n’avait aucune idée de ce qui l’attendait.
Dévastateur. Dans le camp de son jeune ami, la flammèche gagna en intensité, se transformant en brasier fulgurant.
Amber n’intervint pas. Elle n’en avait pas besoin. Et surtout, elle n’avait aucune raison de le faire. Il leur aurait dit leurs quatre vérités un jour ou l’autre. C’était peut-être trop élevé au niveau sonore mais au moins, les jeunes gens ne pourraient pas dire qu’ils n’avaient pas entendus. La compréhension était une autre part de l’histoire.
Elle ne bougea pas plus, pas même de surprise, quand un revers de main atteignit la demoiselle. Elle ne pouvait pas nier qu’elle l’avait cherché. Elle-même n’était pas partisane des poings, elle préférait largement les mots, domaine dans lequel elle excellait. En temps normal, elle lui aurait fait une remarque, comme le fait que ses mots avaient surement fait bien plus mal que ça. Tout comme le fait qu’elle n’était pas d’accord quand il disait que tout le monde l’avait laissé crever. Si tel était le cas, elle ne serait pas là … et elle doutait d’être incluse dans le lot. Mais ce n’était pas un temps normal. Julian se livrait, un peu, qu’il le veuille ou non. Et elle ne voulait pas l’interrompre. Elle estimait les événements salvateurs pour eux trois, même s’ils ne s’en rendaient pas compte pour l’instant.
Sa résolution fut mise à l’épreuve quand la cible changea. Favoritisme ? Evidemment. Elle aimait Sebastian et ne connaissait que peu Kuroe. Rester indifférente, peu ou prou, au sort du premier était bien plus difficile. Mais elle resta vissée à sa position, un bref tressaillement trahissant ses émotions au premier coup. Puis à chacun d’entre eux. Elle vit les coups durcir puis ramollir. Le plus dur était de ne pas intervenir. Le final était bientôt là. Elle ne savait pas encore sous quelle forme il allait se présenter. La seule chose qu’elle savait là maintenant, c’était qu’elle allait avoir du boulot et qu’elle allait devoir annuler son dîner en plus de demander un coup de main.

# Chier. #

Elle bougea rapidement quand elle vit la première apparaitre au coin de son œil alors qu’il semblait mesurer ce qu’il venait de se passer. Elle posa doucement ses mains sur ses yeux et tira lentement en arrière. Elle n’avait pas besoin de plus pour l’amener à reculer. Sa demande n’avait aucun sens. Kuroe était bien trop sous le choc pour faire quoique ce soit pour l’instant et Sebastian gisait inconscient, du sang s’écoulant lentement. De ce qu’elle avait vu, des points de suture seraient obligatoires. Et il aurait de belles ecchymoses. Mais rien de plus grave. Et heureusement, elle n’aurait pas été en mesure de les couvrir autrement …
Il lui fallait maintenant réfléchir vite et bien. Heureusement qu’elle avait été entrainé aux deux. Dans l’idéal, il lui faudrait pouvoir se dupliquer afin de s’occuper des deux jeunes hommes en même temps. Mais c’était impossible. Elle jura, en différentes langues, avant de diriger Julian vers le canapé et de l’y faire assoir. Il n’y opposa aucune résistance. Elle embrassa son front avec douceur puis sortit son téléphone pour joindre son joker. Il décrocha de suite et ne lui laissa pas le temps de dire quoi que ce soit.

« En retard et ce n’est pas ton genre. Tu as besoin de quelque chose ?
- Ta présence. »

Et elle lui expliqua rapidement la situation, lui indiquant où elle était puis raccrocha. Elle entrouvrit la porte d’entrée, la bloquant avec une cale prévue à cet effet. Laissant Kuroe se remettre seule de ses émotions pour l’instant, elle s’accroupit auprès de celui qui était comme son petit frère pour l’examiner un peu plus en détail. Si ce n’était pas très beau à voir actuellement, rien ne serait définitif, elle en était certaine. Par contre, autant profiter de son inconscience pour remettre en place le nez cassé. Ni vu ni connu. Un nouveau bruit sec se fit entendre, suivi d’un bref éclat de rire qui la fit sourire.

« Que veux-tu, on ne fait pas d’omelette sans casser des œufs. Et puis, c’était où attendre qu’il se réveille pour le remettre sous anesthésie alors autant gagner du temps …
- Note que je n’ai rien dit.
- Je sais. Mais tu y as pensé très fort. »

Avisant la demoiselle qu’il ne connaissait pas, Jensen s’empêcha tout geste déplacé envers Amber, quand bien même cela le démangeait. Cette dernière ne jugea pas utile de faire les présentations et enchaîna directement alors que son ami était arrivé à sa hauteur.

« Tu peux me l’emporter à l’infirmerie s’il te plait ? Je vais avoir de la couture à faire et je n’ai pas de matériel ici. puis se tournant vers Kuroe Tu devrais l’accompagner. Je vous rejoins rapidement. »

Ce n’était pas une proposition. De toute façon, dans son état émotionnel, à part faire ce qu’on lui disait, elle ne l’a pensait pas capable de faire autre chose. Et surtout, elle ne voulait pas qu’elle reste ici avec Julian. Sans demander son reste, son ami s’exécuta, ayant lui-même les accès à l’infirmerie. Les laboratoires étaient à côté, l’ensemble était une sorte de package.
La doc nettoya rapidement, avec efficacité, les quelques traces de sang présentes au sol. C’était loin d’être une mare, seulement quelques éclaboussures. Mais ce n’était pas du meilleur effet dans le passage. Et voir ce genre de décoration au réveil n’était pas sincèrement recommandé pour passer une journée convenable à défaut d’être normale. Elle revint vers son autre petit frère d’adoption, ayant fait un détour pour prendre un autre torchon qu’elle avait humidifié. Il semblait complètement ailleurs. Elle tenta d’avoir son attention tout en nettoyant ses mains avec douceur mais fermeté : le sang n’était pas que sur le sol. Sur la chemise noire, elle ne voyait rien mais elle ne doutait pas qu’il y en avait aussi. Quant à la veste en cuir … quelques gouttes avaient trouvé leur chemin.  

« Julian … »

Aucune réaction. Avisant les mains désormais propres, elle posa le torchon entre deux assiettes de nouilles, quel gâchis, et entreprit de lui retirer sa veste. Un flamby laissé en plein Sahara aurait eu plus de volonté d’opposition.

« Tu devrais prendre une douche et dormir. Ça devrait te faire du bien … »

Elle caressa sa joue doucement. Elle préférerait rester là et le garder contre elle mais il n’était pas le seul à avoir besoin de ses soins ce soir. Elle se redressa et retourna au-dessus de l’évier pour rincer le torchon avant de le mettre à sécher. Elle retira également, à l’aide d’une feuille de Sopalin, les traces de sang de la veste en cuir. Elle n’avait pas le temps de le nettoyer correctement, ne sachant même pas s’il y avait de quoi faire ici, mais comme le sang n’avait pas eu le temps de sécher, il y avait une petite chance pour qu’il ne marque pas. Elle posa la veste sur le dossier d’une chaise et revint auprès du jeune homme.

« Je dois y aller. Mais n’hésite pas à m’appeler si tu as besoin de quoi que ce soit, d’accord ? »

Elle embrassa son front de nouveau et sortit rapidement de l’appartement, refermant derrière elle. Si elle avait besoin, elle emprunterait le pass de Sebastian ou de Kuroe pour revenir. Sans courir pour autant, elle se dirigea rapidement vers l’infirmerie, ses pas résonnant dans les couloirs déserts.
Elle y trouva son patient nocturne installé et son matériel nécessaire préparé. Elle n’avait plus qu’à enfiler ses gants et se mettre au boulot. Elle adressa un sourire ravi à Jensen qui le lui rendit.

« C’est toi le meilleur !
- Hey, quitte à être là, autant faire ça bien ! »

Elle fit un petit détour pour embrasser sa joue avant de revenir à son cousin.

« Je vais t’arranger ça Seb, promis … »

Et elle se mit à faire ce pour quoi elle avait étudié. La scène avait comme des airs de déjà vu …





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« De surprise en surprise » ou « Un malheur n'arrive jamais seul » hum ?

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