Ashita no Sekai



 

[ONE SHOT] 10 jours après la dispute

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Sujet: [ONE SHOT] 10 jours après la dispute
Mar 15 Sep - 18:35

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Réputation: Se donna à coeur joie lors de son premier test face aux chimères, si bien que l'on se questionna sur son état psychologique. Représente une source de danger (ou de courage, selon le point de vue) véritable : Il a faillit faire tuer une collègue lors du test final en ne faisant pas attention à ses alliés. In extremis, il changea sa position avec celle de cette dernière pour la secourir. On parle encore de cette représentation aujourd'hui. Peu aimable, a(i)mant à filles, étranger (français)...
Arme(s) utilisée(s): Grosse épée et petites épées
10 JOURS APRÈS LA DISPUTE


Depuis la dispute, mes nuits étaient rythmées par des maux de tête dus à l’écoute excessive de musique, une sorte d'eczéma pas très sexy causé -d'après Internet- par un stresse incontrôlable et des terreurs nocturnes ayant tout l'air de crises d'angoisses, chose que je connaissais bien et bien malgré moi.

Ce matin encore, je m'étais levé aux alentours de 3 h du matin, fatigué des négociations avec mon bourreau Morphée. Rien ne manquait à l'appel : Le mal de crâne à en faire pâlir un doliprane, les plaques plus rouges qu'un coup de soleil sur l'épaule d'un roux à force de m'être griffé de partout et le réveil en sueur, le souffle coupé. En sortant de la douche, je fus contrains de remarquer, aussi, la profondeur de mes cernes.

« A en rendre jaloux les fanatiques de zombieland et d'Itachi » avais-je soufflé pour moi-même face à mon reflet, constatant en même temps la propagation des plaques d'eczéma sur mon corps.

En m'habillant en tenue de sport, je fus aussi alerté par ma lenteur et ma maladresse. J'avais pris une douche à 10 degrés et me comportais pourtant toujours comme si je venais à peine d'ouvrir les yeux. Après avoir pris mon sac de rechanges et quelques autres affaires, je bus donc un verre de jus de fruits, juste histoire de tenir la route la durée du chemin. Puis je partis enfin, le plus discrètement possible mais sans pour autant me préoccuper de leurs sommeils. Je m'inquiétais juste -mais sans y réfléchir consciemment- de les croiser dans un tel état. Je m'en faisais si bien qu'en une semaine, je ne les avais croisé que deux fois dans l'appartement.

Comme souvent, j'étais parti « chercher de l'air » en faisant des activités très contradictoires. Courir, m’entraîner, … Un peu trop pour mon corps qui ce matin-là, eut ce qu'on appelle dans le jargon geek canadien du dimanche « une esti de surchauffe ». J'étais tombé raide sur la piste de course en seulement 2 h. Après 10 jours avec un tel train de vie, je devais probablement m'estimer heureux d'avoir tenu jusqu'ici, quand bien même la chute avait été ridicule. Une fois par terre, je roulai sur mon flanc pour me coucher sur le dos, en étoile et bless dans les oreilles. J'étais crevé et je m'endormis.

Forcément, ma fatigue progressive et cette manie de faire du sport pour me réveiller me posa un soucis aux réels entraînements -entre autres- dictés par l'armée. Je peinais à garder des résultats convenables. J'étais courbaturé et manquais d'ardeur, de fougue. Jour de repos, je n'avais ni à me soucier de mes stats, ni des regards curieux aujourd'hui. Propre et changé dans les vestiaires de la bâtisse sportive, je m'affalai sur un banc pas loin, une main massant ma tempe. Il était 9 h et quelques. J'avais fait une « sieste » de 3 h, réveillé par le soleil mais qui me parut rénovatrice pour le moment. Relativité, ton existence me sert bien. Écoutant une musique qu'Amber m'avait fait connaître il y a de ça 9 ans, c'est le regard posé sur mon téléphone que je me décidai à l'appeler. Tandis que la sonnerie retentit, j'avalai ma salive.

… bip … bip … bip ..-

- Oui Julian? , s'exclama-t-elle d'une voix pressée à peine le téléphone décroché.
Je me grattai le bras par dessus mon t-shirt propre.
-  Je semble te déranger. Je peux rappeler plus tard si tu préfères? lui répondis-je, la voix calme.
- Je suis juste au boulot, Seb ne va pas tarder ... Je détournai le regard du point que je fixai, ne réalisant pas qu'elle avait volontairement dit son nom. Tout dépend de toi. Si tu es as pour longtemps, je te laisse deviner la réponse. Sinon je t'écoute.
- Non, je voulais savoir si… Je me mordis la lèvre du bas, comme si une partie de moi voulait m'empêcher de parler. Si tu vas bien, si il va bien. Si on peut se voir, si tu m'en veux, si tu es toujours là, si je peux dormir chez toi. Laisse, finis-je par dire plus déterminé. Je vais passer plutôt. Bises.
Je raccrochai sans attendre de réponse. Sebastian allait passer? J'arrêtai de me gratter non sans mal et balayai les cheveux devant mes yeux à l'aide de ma main, me relevant du banc pour ranger mon téléphone dans ma poche arrière.

Je pris le tram A, direction base médicale des chasseurs.

° ° ° ° ° ° ° ° ° ° ° ° ° ° ° ° ° ° °

Dimanche ou pas dimanche, dans les centres militaires il y avait toujours le même monde. Le système fonctionnait par roulement. Chaque trimestre nos jours et horaires de travail changeaient. Ce trimestre-ci, j'étais libre le jeudi et le dimanche, à l'instar de mes deux colocataires. Amber était libre le mercredi et le jeudi. Naturellement, en situation de crise, nous pouvions tous être appelés à rejoindre la base peu importe le jour et peu importe le moment, qu'on soit sur une plage à mater des culs ou en train de jouer des maracas à poil dans le lit de ses grand-parents mais rien de tel aujourd'hui. J'étais là uniquement dans un but non professionnel.

Slalomant dans les couloirs de cet hôpital militaire que je connaissais par cœur, je me rendis tranquillement à l'endroit espéré. Je m'arrêtai dans le couloir, retirant mes écouteurs avant de franchir le seuil de la porte. Ouf, entendre le bruit extérieur me surpris presque. Que ce soit pour faire du sport, manger, dormir, et même me doucher, je ne les avais pas quitté. Je m'étais exclu du monde avec la musique et exclu de ma propre personne. Écouter des chansons m'empêchait de réfléchir, c'était un bon moyen de fuir.

J'entendis dès lors sa voix. Je fis un pas hésitant. Puis la sienne. Je me stoppai net. Alors elle était là. Un rictus contrarié déforma mes lèvres. Sans faire de bruit, je me mis alors à l’embrasure de la porte pour y accoler sobrement mon épaule. Il était assied sur le lit et elle se tenait juste en face. Elle allait pleurer. Je le devinai au rythme de discours.

- Coucou…
- Salut, lui répondit-il avec un sourire un peu maigre mais semblant sincère.
- … Tu vas bien ?
- Eh bien, commença-il en riant un peu, j'ai connu mieux mais ça va, je vais bien. Je suis content que toi tu n'aies rien.

L'attitude de Kuroe était comme… maladroite. Elle était mal à l'aise, c'était flagrant. Elle avait quelque chose à dire. Après un silence de quelques secondes, elle pris le siège à roulettes derrière elle et le fit rouler en face de lui afin de s'y asseoir. C'est après ça qu'elle craqua, prenant sa main pour la serrer fort dans la sienne. Très touchant. Un fond rose un peu flou derrière et on aurait séduit les téléspectateurs d'Amour gloire et botox.

Lui, Sebastian je veux dire, ne semblait pas si mal en point. Mieux que la dernière fois que je l'avais croisé en tous cas… Je supposais qu'il avait rendez-vous avec Amber pour qu'elle lui retire ses points. Je m'apprêtais à partir, peu désireux d'assister aux backstages d'une comédie-romantique -plus comique que romantique d'ailleurs-, quand elle commença à pleurer des excuses. J'étais de profil, l'oreille dans sa direction et ... curieux. D'ici, il fallait que je me concentre pour tout entendre. Sa voix était basse. Comme si mes oreilles ne souffraient pas déjà assez. Mes sourcils se froncèrent légèrement, tiraillés par la douleur.

- Je suis… tellement, tellement… désolée…

Les larmes arrivèrent en moins de temps qu'il ne m'en faut pour insulter un inconnu, c'est à dire particulièrement vite. Je relevai mon regard vers eux, observant Sebastian tenter d'arrêter son amie. Je ne l'entendis pas, faute à sa voix plus grave, mais je devinai qu'il l'incitait à se taire, ne souhaitait pas qu'elle se tourmente avec cette histoire. Etait-il fait en guimauve cet abruti ? Je retins un soupire, pinçant seulement mes lèvres en détournant le regard quelques secondes.

- Non attends s'il te plait, laisse-moi parler… Je savais que je te faisais du mal en te laissant comme ça sur le banc de touche… je savais que si je me retournais et que je voyais de mes yeux le mal que je te faisais j'allais arrêter tout de suite … et je ne pouvais pas arrêter, je ne pouvais pas.

Ses mots étaient mal choisis. Ce n'était pas une histoire de capacité mais bel et bien de volonté. J'étais agacé. J'étais agacé parce que je savais qu'elle et lui le savaient aussi. On aurait dit qu'ils se mentaient à eux-même pour préserver leur amitié, c'était d'un pitoyable… Préférer ignorer la vérité démontrait seulement qu'ils ne pensaient pas leurs sentiments envers l'autre suffisamment solides pour y survivre et une grande peur de la solitude.

- Je n'ai pas de regrets dans les choix que j'ai fait ou du moins qu'un seul … c'est celui de t'avoir blessé.

Je n'ai aucune idée de l'expression qui ressortit sur mon visage mais ce dont je suis certain, c'est qu'il ne s'agissait ni d'empathie ni de compassion. Puis quand bien même j'en aurais ressenti, ces temps-ci mon visage était figé par de la fatigue et de la douleur -qu'on pouvait facilement confondre avec de la colère d'ailleurs-.

Comment pouvait-elle lui dire que si c'était à refaire, elle le referait et en même temps lui dire qu'elle éprouvait du regret ? Ça n'avait aucun sens si ce n'est un seul : elle regrettait oui, mais pas au point d'agir autrement si on lui offrait la possibilité de retourner en arrière. En gros : elle l'aimait oui mais pas plus que ses propres intérêts. Était-ce une amitié à sens unique ? Ca m'en avait l'air, mais je ne comprenais pourquoi lui s'y accrochait comme ça.

Je la vis poser son front sur son torse et un hoquet de soupire m'échappa sous son audace. Il était très court, comme si j'avais expiré un peu fort et qu'on m'avait coupé dans mon élan. Ses sanglots camouflèrent le bruit.  

- Tu es la dernière personne à qui j'aurais souhaité faire du mal… Mais je l'ai fait, consciemment, car je ne voulais pas souffrir… Et c'est la pire chose que j'ai pu te faire, t'ignorer pour me protéger de mes souvenirs… Je ne veux plus te faire de mal, je t'aime tellement…

De l’honnêteté et de la conscience de soi ? Mes yeux s'écarquillèrent. Je la regardai perturbé. Enfin, elle avouait.

Ils s'enlacèrent. Milles pensées bombardèrent mon crâne, accentuant mon mal. Principalement, je me demandais Comment. Comment, finalement, leur amitié pouvait être assez forte pour pardonner ça ? Enfin, précisément, comment l'amitié de Sebastian envers elle le pouvait ? Et pourquoi ? Lui n'avait commis aucune faute. Ne méritait-il pas mieux ? Ça me paraissait si illogique que leur embrassade me fit avoir un mouvement de recul. C'était un peu comme si je venais subitement de me faire mordre durant une délicieuse fellation. De la surprise mêlé à de la douleur. Est-ce que je venais vraiment de ressentir de l'indignation et de l'envie ? Si oui par rapport à qui et par rapport à quoi ? Est-ce que j'aurais aimé être à la place de Kuroe, là, près de Sebastian ? Est-ce que moi aussi, je voulais savoir comment pardonner, lui pardonner à elle et à tous les autres ? Hin… Entre nous, les deux, mais les idées ne purent même pas me traverser l'esprit. Dans ma maladresse, je m'étais cogné au chariot de médicaments derrière moi, faisant tinter les contenants en verre, me coupant de toute réflexion.

La peur de me faire repérer emballa mon pouls. Je me collai au mur du couloir aussitôt, retenant ma respiration comme si elle effacerait ma présence. 1, 2, 3 secondes… Ils ne semblèrent pas s'inquiéter du bruit outres mesures, du moins pas au point de se lever et de vérifier dans un élan de paranoïa si un inconnu les observait. Je fermai les yeux et inspirai discrètement une grande bouffée d'air, rassuré.

Puis je l'aperçus. Amber, au bout de l'autre couloir, le pas pressé mais l'allure toujours aussi droite. Je pouvais presque reconnaître le son de ses talons contre le sol parmi la centaine d'autres. Non en fait, j'étais presque sûr de le pouvoir. Préférant filer avant qu'elle ne m'aperçoive, je rebroussai chemin, n'oubliant pas de dérober quelques boites de somnifères. Fatigué mais rusé. Je sortis ensuite de l’hôpital, poussant au passage quelques inconnus sur mon chemin mais n'entendant aucunement leurs plaintes. J'avais repris la lecture de mon Ipod.

C'est comme si c'était elle qui me l'avait écrite, et c'est tout ce que je pensais avoir besoin d'entendre pour aujourd'hui.

Follow me, you can follow me. And I will not desert you now.
When your fire's died out, no one's there, They have left you for dead…

Follow me, you can follow me. I will keep you safe. Follow me, you can follow me, I will protect you…


I won't let them hurt, hurting you, no, when your heart is breaking…




[SUITE DEMAIN LOL]


Ce soir comme hier soir, tu céderas à tes démons. Tu détestes les problèmes mais encore plus les solutions.  - Disiz #810808
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Sujet: Re: [ONE SHOT] 10 jours après la dispute
Mer 23 Sep - 21:28

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La doc se rendait dans son bureau, faisant claquer ses talons sur le sol carrelé. Signe annonciateur d’inconfort chez certains. De soulagement chez d’autres. Tout dépendait de la situation. Passé le seuil de la porte, elle déposa son disque dur plus fin qu'un livre de poche sur la … table à paperasse, à défaut d’avoir un nom plus approprié à ce qu’elle détestait le plus. N’ayant nullement besoin de sortir de St-Cyr pour le deviner, elle interrompait visiblement une scène qu'elle devinait très émotive compte tenu des reniflements de Kuroe, sans compter la façon dont elle frottait ses yeux rouges à l'aide de ses manches. Sebastian semblait ému et elle décelait la peine sur son sourire. Détail qu’elle n’appréciait pas véritablement. Ressentant sans difficulté le malaise de ses deux interlocuteurs, elle ne fit aucun commentaire sur le sujet, préservant leur intimité.

Elle s’avança jusqu'à l’un des placards, les laissant ainsi finir leur conversation tout en espérant qu'elle ne s'éterniserait pas. Après tout, il s'agissait de son lieu de travail et non d'un salon de thé. Après avoir enfilé sans encombre un premier gant sur sa main droite, faisant sciemment claquer le bord sur son poignet, elle jeta un coup d’œil à la sortie, intriguée. Elle aurait mis sa main à couper qu'il passerait dans la matinée. Derrière elle, Kuroe se leva de son siège, le faisant rouler jusqu'à sa place initiale.

- Bon eh bien je file. Prends soin de toi Sebastian, dit-elle en attrapant son sac, se déplaçant jusqu'à la sortie toute penaude.
- Ne t'en fais pas, je suis entre de bonnes mains, lui répondit-il en faisant un mouvement de tête vers Amber.
- C'est vrai, un sourire maigre apparut. Elle salua la médecin qui en fit tout autant.
- A tout hasard, Julian ne serait pas passé par là ? demanda cette dernière.

Après tout il était tout à fait probable qu'il soit le responsable de la tension entre ces deux-là. Ce que Julian avait à lui dire lui avait paru important et elle était persuadée qu'en mentionnant Sebastian, il aurait cherché à venir ce matin, même s’il ne l’aurait jamais avoué spontanément, pour s'assurer de son état. De ce fait, elle voulait savoir si oui ou non elle l'avait raté de peu.
Sebastian adressa un regard à son amie s'étant arrêté au seuil de la porte, interloqué, avant de répondre à sa cousine.

- Non, du moins on ne l'a pas vu… Tu l'attendais ?
- Plus ou moins. Je l'ai eu au téléphone et il m'a dit qu'il passerait.

Sebastian hocha simplement la tête, détournant un instant les yeux. Ce bruit tout à l'heure, peut-être que…

- Bon ! Ce n'est pas tout ça mais j'ai d'autres choses à faire alors occupons-nous de la couture maintenant. Si tu es sage, tu auras le droit à un bonbon ! plaisanta-t-elle, adressant un sourire amusé à son patient avant de faire un signe de la tête à Kuroe en guise d'au revoir, lui signalant par la même occasion qu’il était temps qu’elle lève les voiles
- Je m'en remets à vous. Au revoir et merci encore pour la dernière fois.

Le nouveau chasseur ne mentionna pas son nom durant « l'opération » points de suture mais le pensa plus d'une fois. Il se posait des questions. La cavalière en avait aussi, différentes certes mais qui concernaient également son état. Ceci dit, ce n'était pas le moment pour elle. Elle était en train de bosser et se faire du souci était mauvais pour la concentration. Par habitude, elle rangea alors ses interrogations dans un tiroir mental et s'activa à la tâche avec la douceur qu'on lui connaissait au travail.


° ° ° ° ° ° ° ° ° ° ° ° ° ° ° ° ° ° °


Il avait été sage et comme promis, il avait eu le droit à son bonbon à la fraise. Amber tenait toujours ses promesses, même les plus ridicules, excepté si de nouvelles circonstances changeaient la valeur de ces dernières mais c'était un cas qui ne les concernait pas aujourd'hui. Elle était une personne fiable et réfléchie, tout comme son cousin. Ou du moins, jusqu'ici il l'avait toujours été.

L'ID-0 du médecin bipa. Une urgence. Elle râla, pour la forme, jura, pour le principe, et se se releva aussitôt pour se presser vers la sortie, pensant naturellement à verrouiller l'écran tactile de son « ordinateur » à écran holographique. Professionnelle jusqu'au bout des ongles et qu’importent les cas d'urgence. La faculté de médecine, combinée à des amis joueurs, était un excellent formateur.

Donnant séjour à Sebastian, elle sortit de la pièce sans plus de cérémonie qu’un petit geste de la main. Livré à lui-même, il se releva et jeta un coup d'oeil au miroir en face de lui. Il tapota son front avec douceur. Ce n'était pas très beau -et encore un peu douloureux- mais Amber avait estimé que d'ici deux semaines on ne verrait plus rien. En ramassant ses affaires, son regard se posa sur le disque dur que sa cousine avait mis là quelques minutes plus tôt. Il savait quel genre de disque dur c'était. Il s'agissait des livrets médicaux de l'armée. De la paperasse que sa cousine aurait certainement refilé à ses collègues avec plaisir. Une certaine raison devait la pousser à préférer s'en charger-elle même.

Il ressentit une chose qui lui était encore inconnue. Une curiosité oui, mais une curiosité malsaine. Il s'agissait d'une curiosité très forte, presque obsessionnelle mais c'est par « malsaine » que lui-même l'aurait qualifié. Il n'arriva pas à décrocher son regard du disque, toutefois conscient qu'il s'agissait de documents très privés et qu'il bafouerait plusieurs règles d'éthique si il se décidait à l'ouvrir. Qu'il encourait même des punitions d'un autre ordre. Une tension noua son ventre, il se gratta l'arrière du crâne, contenant tant bien que mal son agitation. Les sirènes étaient belles et envoûtantes. La tentation dévora le marin tout cru.

Les mains quelque peu tremblantes, il inséra le disque dur dans la centrale de l'ordinateur, tapant le code qu'il ... connaissait. La semaine dernière, sans vraiment le vouloir, il l'avait déchiffré lorsqu’Amber l'avait composé. Il n'était pas le fils d'un pionner de la nouvelle technologie pour rien. Une fois l'écran déverrouillé, il chercha son nom, le trouva, et frôla son dossier du bout de ses doigts.

La lecture des premiers fichiers fut rapide et négligée. Il ne savait pas ce qu'il cherchait mais il avait une idée sur ce qu'il ne cherchait pas. Ce n'était pas ses statistiques, les dates de son dernier rhume ou ses éventuelles MST qui l’intéressaient. Non, il cherchait quelque chose de beaucoup plus gros, de beaucoup plus important. Et il trouva. Ses pupilles se dilatèrent brusquement.

Cependant pressé par l'agitation qu'il percevait dans les couloirs, il dut faire vite. Il fouilla dans les placards, les tiroirs, les pots à crayon -peu utilisés- quelque chose lui permettant de … Ah !  Il mit la main dessus. Insérant la clef USB dans l'appareil, il transféra les dossiers datés de 2056 à 2057. Un regard paniqué vers la porte d'entrée, il tapota son doigt sur le comptoir, attendant avec une impatience très mal contenue que le chargement se termine. Une fois fait, il la retira illico, la cachant dans une poche de sa veste. En moins de 5 secondes, il replaça les affaires comme il pensait les avoir trouvé, verrouilla l'écran et déserta les lieux.

Une fourberie qui ne dupa nullement le médecin qui, quelques minutes après le départ de son cousin, revint constater le méfait. Après la fiabilité, l'observation était l'une des qualités d’Amber les plus remarquables. Sans mentionner sa minutie qui lui faisait, par exemple, ranger ses affaires d'une manière très particulière pour, par exemple, vérifier que personne ne vienne à les toucher. Elle était méfiante ou protectrice, voire les deux, tout dépendait de la manière dont on le percevait mais dans une organisation militaire et à cette époque donnée, c'était une qualité recommandée.

Elle s'était toujours dit que Sebastian aurait un jour ou l'autre, une bonne influence sur Julian mais imaginer que Julian puisse en avoir une mauvaise sur lui, ça … Formée à envisager toutes les possibilités, elle y avait pensé. Mais elle n’y avait accordé aucun crédit. Force est d'admettre qu'elle préférait toujours voir le bon côté des gens et que son cousin était le prince de l'éthique. Il avait énormément de principes. C'était de famille. L'éducation sans aucun doute.
Et c'est pour cette raison que sa confiance en lui ne s'ébranla pas, il lui en faudrait tellement plus que ça, et qu'elle ne qualifia aucunement cette action de mauvaise influence comme on aurait pu être emmenés à le penser. Elle lui préféra le qualificatif de prise de risques et de courage … même si cela restait, en son sens, complètement stupide. Des traits que Julian avait, un peu, en trop selon elle et dont lui, en revanche, manquait. Elle savait que ses intentions n'étaient pas nuisibles, au contraire. Et heureusement. Cependant, elle espérait sincèrement pour lui qu’il ne se croyait pas à l’abri parce qu’ils étaient de la même famille. Il n'allait pas s'en tirer comme ça, oh que non. Il allait morfler. Comme n’importe quel imbécile qui venait l’emmerder. Elle était persuadée qu'il devait déjà s'en vouloir à l'heure qu'il était et qu'il viendrait s'excuser d'ici très peu de temps mais cela ne changeait rien. Il était trop tard pour les excuses. Quand bien même prendre ce genre d'initiative le changeait un peu, lui qui respectait toujours les règles au dépend de ses ressentiments, il s'agissait d'un dossier privé. De l'armée. Et surtout : à sa charge. Ce point primait encore plus que les précédents. Elle en était responsable.

Sans évoquer l'importance du contenu de ce dernier…

On ne sortait pas major de promo d’une faculté de médecine sans avoir quelques neurones et capacités de réflexion.
Sans compter qu’elle connaissait parfaitement le voleur. Elle devinait parfaitement ce qu'il avait cherché.

D'où était tombé Julian.

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