Ashita no Sekai



 

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oldfeeeeeeeee

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MessageSujet: oldfeeeeeeeee Lun 25 Juil - 19:01
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Chasseur/Cavalier
Depuis: 1 an
Réputation: Se donna à coeur joie lors de son premier test face aux chimères, si bien que l'on se questionna sur son état psychologique. Représente une source de danger (ou de courage, selon le point de vue) véritable : Il a faillit faire tuer une collègue lors du test final en ne faisant pas attention à ses alliés. In extremis, il changea sa position avec celle de cette dernière pour la secourir. On parle encore de cette représentation aujourd'hui. Peu aimable, a(i)mant à filles, étranger (français)...
Arme(s) utilisée(s): Grosse épée et petites épées
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Sexe : Masculin
Age : 26
Métier : Chasseur
Avatar : Noctis Lucis Caelum
Messages : 11
Parmi nous depuis le : 08/12/2013
▬ ft. Kaito Alasdair by LAS-T

Taille : 1m82
Poids : 76 kilos
Yeux : Marron rougeâtre
Cheveux : Noir ébène et épais
Style vestimentaire : Couleurs sombres (a bit d4rk, a bit classy)

Autre particularité :
Piercings
Oreille gauche : 3 piercings au lobe ainsi qu'à l'helix
Oreille droite : 2 au lobe.
Lèvres : Piercing lèvre labret décalé (gauche) spirale noire, bout en pic.

Tatouages
Bras gauche entier.
Épaule droite et avant bras droit.
Et un autre en dessous du pec gauche, sur l'abdomen.

Cicatrices
Un point en dessous de la lèvre à droite.
"Griffure" sur le genou gauche.  
Plusieurs ailleurs, des plus minimes.
BLAH BLAH BLAH
JIAN WAN KURODAC'est quand la vérité s'éclaire que tout devient sombre

Date de naissance : 10 juillet  ▬ Âge : 23 ▬ Sexe : Pénis ▬ Orientation sexuelle : Ca te regarde fdp ? ▬ Nationalité : Japonaise ▬ Origines : Chinoises ▬  Groupe : Chasseur

Histoire :
Quand bien même il avait su être patient jusque là, au moment de les accueillir il avait éclaté. Après la cérémonie dédiée aux nouvelles recrues, on lui avait demandé de faire de la place dans ses quartiers pour ses nouveaux colocataires. Partager son habitat ne le réjouissait pas de base mais quand on lui révéla leurs identités… comment aurait-il pu tenir en place ? La soirée avait été longue.

Il était celui que l’on avait jeté à la porte mais sans nul doute, elle avait été éprouvante pour tout le monde. Malgré les apparences, il s’en était mieux sorti que les autres. Ses écouteurs dans les oreilles et une énième bière presque vide à la main, il titubait dans les rues éclairées d’Hoeru, le quartier militaire d’Aotoshi. Rouge, vert, bleu, les lumières des circulations coloraient la ville chaudement malgré la fraîcheur de la nuit. Le couvre-feux n’allait pas tarder à se faire entendre par la tour mais étant chasseur, c’était une règle civile à laquelle il dérogeait. Il pouvait encore errer comme bon lui semblait, tant qu’il ne jouait pas dangereusement avec sa sobriété.
Son genou finit par se cogner contre un banc sur lequel il se laissa volontiers tomber. Glissant son corps pour se mettre sur son dos, il s’allongea la tête vers les étoiles, un bras derrière le crâne en guise de coussin. Il y avait peu de pollution cette nuit-là. Le ciel était dégagé et on pouvait y voir les étoiles comme en pleine campagne. Il devait bien admettre qu’Aotoshi était une ville charmante, quand bien même le monde qui l’habitait était sombre.

Amber lui envoya un message. Il n’eut pas besoin de sortir son téléphone de sa poche pour vérifier. A part elle, qui devait être partagée entre l’inquiétude et l’envie de le sermonner, de qui ça pouvait bien venir ? Il n’avait pas envie de savoir quel choix elle avait fait. Si elle voulait le voir ou le gronder, ça pouvait attendre, alors il laissa son mobile vibrer dans sa poche sans même le toucher. Ce n’était pas une réaction raisonnable de l’ignorer,cependant il n’avait pas le cœur à l’être. De manière nonchalante, il termina sa bière avant de l’envoyer valser plus loin. Au bruit d’éclat qui résonna dans la grande rue bientôt déserte, il devina que la poubelle ne se situait pas là où il l’avait imaginé. Tant pis. Fermant les yeux, il soupira, ignorant le peu de monde qui déambulait encore dehors. Il ne voulait pas bouger maintenant. Il voulait juste être tranquille, juste encore un moment…

Ses écouteurs quittèrent ses oreilles.

« Mais tu m’avais dit que je pouvais choisir la couleur que je voulais !
- Je sais, c’est ce que j’ai dit mais je suis désolé mon chéri, maman n’a pas trouvé de lit bleu dans le magasin.
- Si il y en avait, je les ai vu.
- Pourquoi ? Tu n’aimes pas le rouge ? Tu m’as dit que tu aimais le rouge la dernière fois !
- Je t’ai dit que je voulais du bleu…
- Écoute Jian, peu importe ce que je prends, ça ne te va jamais ! Un coup c’est rouge, un coup c’est bleu, tu fais des caprices pour n’importe quoi ! L’enfant des Kaiso lui, il écoute ce qu’on lui dit et il n’en fait pas qu’à sa tête ! Tu m’as dit rouge la dernière fois, alors ce sera rouge ! »

Pourquoi ? Pourquoi je revis cette scène-là ? C’est comme si je l’avais vécu ce matin. Je me souviens de la lumière dans la pièce, de ce qu’elle portait, du timbre de sa voix, de son parfum et même de la chaleur moite de sa main dans mes cheveux. Elle me caressait toujours les cheveux quand elle mentait ou qu’elle voulait que je lui rende service. Et elle me souriait affectueusement.

« Tu veux bien m’apporter un café mon amour ? »  Sa main, son sourire.
« Promis, l’an prochain, tu pourras te percer l’oreille » Son ton, son odeur.

Et je me rappelais tout aussi bien de ce lit bleu dans le magasin, comme de lui avoir dit et répété que c’était la couleur que j’aimais.

J’étais pourtant un bon enfant. Poli, intelligent, gentil, joyeux, mignon. Honnêtement, mes parents m’avaient élevé correctement, je ne pourrais leur reprocher les fondements de leur éducation. Mais ce n’était jamais assez, jamais suffisant. Être poli, d’accord, mais il fallait que je sois mieux que ça. Qu’à même pas 6 ans, je sache comment disposer les couverts sur une table dans les règles de l’art, que je sache qui servir en premier. Être intelligent c’était bien mais si je n’étais pas premier – à quoi bon ? Joyeux, mignon, c’était sympa, ils reconnaissaient, mais ça tout le monde pouvait l’être. Ils m’ont alors inscrit dans tout un tas de clubs (créatifs ou sportifs). Et malgré ça, ma mère arrivait à se plaindre de sa vie de parent auprès de ses camarades. Quand elles lui disaient qu’elles avaient du mal avec leurs enfants respectifs, elle disait qu’elle aussi elle se démenait. Elle voulait qu’on la voit comme une mère formidable alors tout en me caressant les cheveux et en me souriant, elle racontait des bêtises que je n’avais jamais faites pour s’octroyer un mérite malsain, comme si le fait de bien m’avoir élevé ne suffisait pas.

Mon père ? Hin, il ne le disait rien pour la contredire. Il « l’aime ». Aveuglement. Comme un imbécile heureux. Elle est belle, féminine, bosseuse, et bonne femme au foyer, qu’a-il besoin de plus ? Elle se sert de lui pour l’argent, le travail, le confort, rien de plus. Mais si vous allez leur demander, ils vous répondront certainement qu’ils s’aiment pour de vrai et le plus fou c’est qu’ils croiront en leur connerie. A mes yeux, ils ne sont pas un couple, juste une combinaison humaine confortable, comme bon nombre de gens d'ailleurs.

Parfois je me dis que ma mère a dû apprendre à mentir avant de savoir respirer. Jamais quelqu’un ne vous paraîtra plus sincère que ma mère lorsqu’elle vous dit à quel point elle est franche. Le pire c’est qu’entre nous, je pense qu’elle a fini par croire elle-même en ses propres fabulations. Elle a aussi ce don machiavélique qui vise à vous faire douter de votre vérité, juste assez pour que vous ne soyez plus sûrs de ce que vous avancez et ainsi que vous arrêtiez de lui tenir tête. Elle allait parfois jusqu’à vous traiter de fou et vous vous retrouviez incapables de dire si oui ou non elle avait raison. C’est ce que l’on appelle des manipulateurs de haut niveau, et malheureusement depuis que j’ai l’âge de pouvoir penser intelligiblement, j’ai appris que le monde en est cerné. Pire encore, que majorité des manipulateurs ne sont même pas conscients de l’être et que des manipulateurs peuvent être manipulés par d’autres et ainsi de suite. La loi du plus fort est vétuste depuis un long moment déjà. Ce qui fait tourner notre époque, c’est la loi de celui qui ment, manipule le mieux.

Ce qui est marrant, c’est que d’aussi loin que je puisse me souvenir, on m’a toujours appris que mentir était une tare mais savez-vous combien de fois une personne moyenne ment par jour ou cache la vérité ? Un petit mensonge par ci, un petit mensonge par là… On se dit que c’est pas grand-chose, on se dit que ça changera rien. Mais on se trompe. Ca anime des fausses idées, des mauvaises perceptions, tout se barre, plus rien n’est solide. Pourquoi croyez-vous qu’il y ait autant de personnes troublées par leurs identités, qui se cherchent, se demandent qui ils sont, et pourquoi autant de personnes galèrent à trouver l’âme sœur ou juste à comprendre une tierce personne ? Hin. L’honnêteté radicale rendrait tellement les choses plus simples. Plus pures. L’ironie dans tout ça, vous voulez que je vous la dise ? C’est que c’est les gens francs que l'on diabolise. Les gens qui râlent quand ils veulent râler, qui insultent quand ils veulent insulter, qui frappent quand ils veulent frapper. On dit qu’ils ne sont pas « civilisés », tout simplement car ils ne rentrent pas dans la loi moderne des manipulations. On ne peut pas manipuler et être honnête, c’est indéniable.

J’ai aussi appris qu’il y a une différence notable entre le fait d’être aimé pour qui l’on est et être aimé pour la compagnie que l’on représente. Ma mère ne m’a jamais aimé moi mais elle donnerait sa vie pour son enfant, vous comprenez ce que je veux dire ? Peu importe qui je peux être, ça ne change rien, elle m’aimerait pareille, me chanterait les mêmes berceuses, me donnerait les mêmes baisers. Alors autant dire que c’est vite vu.
Alors quand quelqu’un dit qu’il vous donne son amour, soyez prudents. Il vous donne un cailloux qui sent la pizza, ne croquez pas dedans. Les gens n’ont aucune idée de ce que l’amour est, ils ne donnent que des mots sans saveur et dénués de leurs sens mais comme vous n’avez pas non plus idée de ce qu’est l’amour, pour vous cette pierre est un délice. Par contre, je vous assure que si il vous déteste, le cailloux qu'il vous lancera ne sentira pas la pizza. Ce sera un cailloux qui sentira parfaitement le cailloux. Pas d’entourloupe, pas de piège. Ca fera mal mais ce sera réel. Eh oui, c’est pas dans l’amour que les gens sont le plus honnête, c’est dans la haine.
Alors détestez-moi si vous voulez, je préfère ça que d’avaler vos conneries. Je ne vous aime pas non plus de toutes façons et c’pas comme si j’avais besoin de vous. Je sais me cuire ma propre pizza contrairement à vous qui confondez solitaire, solitude, amour, manque et besoin.

Doucement, les effluves de la pâte à pizza fraîchement sortie du four firent remplacées par une odeur âcre, presque piquante. Ça sentait fort les produits de nettoyage et à cette odeur s’ajouta des bruits aigus, répétitifs, d’abord lointains puis de plus en plus proches… Du blanc, du blanc partout. Où est-ce que je me trouvais à présent ? Ca prenait forme…

« Écoute gamin, si tu veux mourir,  je m’en contrefous, c’est toi que ça regarde, m’assena une femme d’un ton sec mais étrangement calme. Mais si tu meurs ici, ça m’oblige à remplir tout un tas de paperasses dont je me passerais bien. Alors t’es gentil mais tu la fermes, tu te calmes, et tu me laisses regarder ta plaie. Une fois qu’elle sera soignée, tu auras tout plaisir de choisir un endroit où mourir loin d’ici, c’est pas mon problème. » … Amber ?

Quel âge elle avait ? 22 ? Je penchai ma tête sur la droite, remarquant sa tenue. Ça devait remonter à loin. C’était son uniforme de stagiaire lorsqu’elle travaillait encore à l’hôpital près de chez moi quand la capitale du Japon était encore Tokyo et que je l’habitais.

Je me rappelle m’être dit à ce moment-là que cette femme devait avoir un vice caché. Elle était jolie, forcément un peu intelligente (médecin) et franche, c’était déjà trop demander à un humain moyen dans mon esprit. Je devais avoir 12 ou 13 ans, et je me souviens être tombé amoureux. Mais ce n’était pas un amour de nature ordinaire. Il est vrai que je rêvais parfois qu’elle m’embrasse, me prenne dans ses bras, mais ça n’avait rien de sexuel. Je crois que je la voulais comme une mère, une grande-sœur, un toit, un abri, une famille entière. Je voulais qu’elle m’aime. Car je savais qu’elle était sincère. Plus on se disputait, car les occasions de passer à l’infirmerie ne me manquaient pas -et auquel cas, je les créais-, plus mon amour grandissait. Une fois, j’ai oublié mon ipod dans sa salle. Elle me le ramena le soir-même chez moi, après y avoir rajouté une musique.

We'll do it all everything on our own
We don't need anything or anyone
If I lay here, If I just lay here, would you lie with me and just forget the world?


Comme si elle lisait dans mes pensées.

Ceci étant dit, son amour ne put rien faire quant au conflit que j’entretenais avec mes parents. Je devais avoir 14 ans, j’étais pas bien âgé mais ça faisait déjà quelques années que mes parents me disaient « être en crise d’adolescence », ils s’imaginaient que j’étais juste précoce. Et ils avaient des raisons de le penser. J’étais soudainement devenu intenable et il n’y avait pas vraiment d’événement marquant en mesure de l’expliquer. Impoli, méchant ? Laissez-moi rire. J’étais déjà un connard vulgaire avant d’avoir mon premier poil de barbe. Il serait difficile pour moi de traduire la violence dont je faisais preuve ou ne serait-ce que la violence qui vivait dans ma tête. Je n’allais même plus aux clubs, si je voulais m’entraîner à cogner, je cognais sur les autres. J’avais conscience qu’ils espéraient que tout ceci ne soit qu’une passade, mais au fond de moi je savais qu’ils se trompaient et j’attendais impatiemment le moment où ils le réaliseraient. C'est finalement à 15 ans que je quittai ma maison et rejoignis ma grand-mère dans une campagne.

J’étais bien heureux d’avoir une petite sœur, âgée de 5 ans de moins. Je savais qu’ils pourraient à l’avenir reposer leurs attentes de parents sur elle et ainsi plus facilement me lâcher les basks. Lorsqu’elle est venue au monde, elle avait tiqué ma curiosité, je me rappelle m’en être vaguement occupé mais ce beau tableau de famille s’est bien vite dissipée. Des souvenirs heureux avec Jun, j’en compte si peu que je ne suis même pas certain de pouvoir la reconnaître aujourd’hui si je la croisais dans la rue.

Est-ce que c’est elle que je vois ? L’image est floue, je ne discerne qu’une silhouette. Le fond disparaît et cette fois-ci tout est blanc, vraiment tout. Il n’y a aucune forme, aucun volume. C’est le néant. Il n’y a qu’elle, toute petite, qui me tient par la manche. Les couleurs de ses cheveux, de ses yeux, de sa peau, apparaissent lentement. Non, ce n’est pas Jun, c’est… Pourquoi toi ? Tu n’es pas ma sœur. Je tente de lui faire lâcher ma manche mais elle resserre ses doigts dessus.

« Tu as dit que j’étais ta princesse. » me dit-elle, les yeux larmoyants. « Tu as dit que tu étais mon prince. Tu as menti.
- Je n’ai pas menti, dis-je, la coupant. Tu en étais une mais tu es devenue une mauvaise reine.
- Tu as dit que tu serais toujours là.
- Non, c’est toi qui a dit ça ! Je t’avais dit de ne pas changer, c’est toi qui a ment- !
- Pourquoi tu ne m’aimes plus grand-frère ? Pourquoi tu ne m'aimes plus ? » pleure-t-elle à chaudes larmes tandis que la pigmentation de son corps s’assombrit.

Finalement, elle n’est plus qu’une image en noir et blanc. Savannah. Tu es sombre. Sombre comme ton royaume. Je veux lui dire mais rien ne sort. Je veux qu’elle me lâche mais elle me tient. Alors je force, force, force encore jusqu’à sans le vouloir, la cogner avec mon coude. Elle part alors en arrière, je m’agite pour la rattraper mais ses ses doigts m’échappent. Me voilà qui tombe avec elle dans un trou sans fond. J’ouvre mes yeux en grand, mon coeur palpite quand tout d’un coup, quelqu’un me met un coup à la tête. Je relève le visage.

« Jian Wan Kuroda, si vous voulez dormir, faites-le en dehors des cours. » me sermonne-t-il.

Je le regarde déconcerté. Son visage m’est familier, est-ce que je suis-… ? Je tourne vivement mon regard à gauche mais le corps du professeur me cache la vue. J’attends qu’il reparte en direction du tableau. Petit à petit, il prend forme. Je vois son épaule, sa nuque, ses cheveux, ses bras… Sebastian. Je suis au collège alors ? La sonnette retentit. Les cours sont finis. Les élèves quittent la classe mais l’un d’eux vient vers Sebastian. Ah oui, lui.

Je me souviens de cette scène. Elle s’est réellement produite. Ce mec avait été désigné au hasard pour nettoyer la classe avec lui. Au Japon, c’est une chose courante. Deux éleves sont désignés chaque semaine pour s’occuper des corvées, c’est censé responsabiliser les élèves sur leurs environnements. Parfois ça marche, parfois… non.

« Mon cher Kaiso. A ce qui paraît c’est à nous deux de laver la classe.
- Oui, je suis au courant. Je ne comptais pas fuir, le rassura-t-il en rangeant ses cahiers.
- Heureusement oui, lui répondit-il avec un rire dangereux. Si on est deux à se casser ça marche pas. Alors je t’explique, tu laves la salle comme il faut et tout seul comme un grand, et demain matin, quand je reviendrai, je veux que tu témoignes de ma présence aux professeurs, c’est bien clair ? Et la joue pas de travers avec moi.

C’est dingue. Je pensais qu’avec le temps, certains passages de notre vie seraient plus faciles à surmonter que la première mais visiblement, ce n’était pas toujours le cas. J’avais le même sentiment que des années plus tôt. La même envie noire de lui déboîter la mâchoire pour lui faire avaler chacune de ses dents de fils de pute.

Ne vous méprenez pas. Sebastian n’était pas mon ami – personne n’était mon ami, j'étais seulement entouré de gens qui me craignaient. A vrai dire, j’avais à son égard une animosité égale si ce n’est plus forte que celle que j’éprouvais pour l’enfoiré qui lui parlait de travers. Pour tout dire, j’étais le premier à l’emmerder. A frapper dans sa chaise pour le provoquer, à lui donner des surnoms ridicules, à le défier à chaque fois que j’en avais l’occasion. Mais quand c’était quelqu’un d’autre qui s’en prenait à lui, c’était comme si on touchait quelque chose qui m’appartenait. Ce n’était pas la même colère, la même rancœur. Je ne le détestais pas parce qu’il était un menteur, un manipulateur, un connard, ou un ignorant comme les autres, je le détestais parce qu’il était justement tout le contraire. Trop aimable, poli, intelligent, joyeux, … même mignon haha. C’était sans doute l’adolescent que mes parents rêvaient d’avoir. Comment avait-il pu rester ainsi en grandissant ? Pourquoi comme moi, il n’avait pas tout envoyé en l’air ? Pourquoi il ne râlait pas, grondait pas, ne sortait pas ses crocs ? Est-ce que ça le rendait plus faible ou plus fort que moi d’avoir réussi à rester ainsi ? C'est ça qui me rend fou. Je n'ai jamais vraiment été sûr...

- C’est bien clair, lui répondit-il simplement avec un sourire poli mais évidemment malhonnête. Ca ne me dérange pas de toutes façons.

Trop faible. C’est ce que j’avais pensé à ce moment-là.

Je me rappelle m’être levé et avoir pris la tête de l’enfoiré entre mes bras pour le malmener. Je l’avais victimisé jusqu’à suffisamment l’humilier pour lui faire perdre toute crédibilité auprès de Sebastian. Au bout du compte, je l’avais forcé à laver seul la classe, l’obligeant à laisser partir Sebastian qui n’était nul autre que mon propre souffre douleur et celui de personne d’autre.

Cependant, ce n’est pas comme ça que ça se passa cette fois-ci. Je ne bougeais pas. Pourquoi je ne bougeais pas ? Je voulais me lever mais une fois encore, j’étais devenu impuissant. Ils ne me voyaient même pas, dans cette dimension là c’était comme si je n’existais pas.

Bam. Mes yeux s’écarquillèrent. Il venait de le frapper. Je dus me reculer en vitesse pour éviter que Sebastian ne s’écroule sur moi. Sa bouche saignait, il avait été cogné avec un classeur rigide. Révolté, je relevai le visage vers l’autre connard qui le bras levé, s’apprêtait à lui assener un autre coup. Mais qu’est ce qu’il fait ? Il est malad-

« ARRÊTE ! » criai-je dans la panique !

Personne ne pouvait m’entendre non plus. Son classeur traversa mon bras et alla se crasher sur son visage.

A califourchon sur lui, il continuait de le frapper, sans s’arrêter. Encore et encore, jusqu’à ce que son sang recouvre sa mâchoire comme si il s’agissait d’un masque. Les yeux ronds, tétanisé par ce qui se passait devant moi et par le fait de n’avoir aucun pouvoir dessus, je vis le visage du connard switcher avec le… mien.

C’était maintenant moi que je voyais au-dessus de lui, prêt à le tuer, ignorant ses gémissements de douleur, ses supplications. Qu’est ce que je faisais ? Pourquoi j’étais là, pourquoi je faisais ça ? Mon visage était rongé par la colère, on aurait dit un fou. Tout à l’heure, quand dans l’appartement, la dispute avait dégénéré, est-ce que c’est à ça que j’avais ressemblé ? Est-ce que j’aurais pu le tuer si-…

« AMBER ! AMBER ! » hurlai-je en renfort sans qu’on ne me réponde. J’avais beau hurlé, j’avais beau pleuré, je ne m’arrêtais pas. Je me voyais le tuer un peu plus chaque seconde, je voyais qu’il répondait de moins en moins aux coups, il perdait la vie et je perdais espoir. L’espoir… Voilà quelque chose que j’avais perdu depuis bien longtemps.

Zfiiit. BAM.

Hum ?



Où est-ce que je suis ?



Péniblement, j’ouvre mes yeux. Ils sont collés comme si je m'étais endormi après avoir pleuré. Il fait sombre mais des lumières colorés un peu plus loin éclairent les environs. Face au sol, la tête collée contre le trottoir, je me redresse. Je remarque que mes écouteurs sont emmêlés, ils ont probablement dû tomber depuis un moment. Mon crâne me fait mal, je fronce les sourcils et me tourne. A trois mètres, j’aperçois une bouteille de bière brisée. Ah, c’est bon. Je me remets les idées en place. D’un geste lent et faible, je viens rabattre mes cheveux en arrière et me relève. Je titube un peu, j’ai du mal à trouver mon équilibre. Une fois trouvé, je m’approche de la bouteille, la ramasse et la jette dans la poubelle à côté, contre laquelle je pose ensuite le bas de mon dos pour me maintenir debout. Je sors mon téléphone de ma poche. 2 h du matin, déjà ?

Amber m’a envoyé deux messages. Je les ouvre et les lis. « Ne fais pas plus de bêtises, imbécile » dit le premier « Reviens, je laisse ma porte ouverte » dit l’autre. Je souffle du nez en souriant légèrement. Je lui réponds pour la rassurer et remarque un troisième message, d’un numéro inconnu.

« Ptdr !  Je vien de voir une meuf asiat ROUSSE. Une ASIAT ROUSSE mec, tu crois que c kom les étoile filantes, c’rare donc faut faire un vœu ? »

Je plisse les yeux puis arque un sourcil. Un message débile criblé de fautes d’orthographe... Regan. Comment il a eu mon numéro ce teubé ? Je m’apprête à ranger mon téléphone dans ma poche arrière puis m’arrête en chemin. Finalement non. Je me décide de lui répondre.

« Laisse ta porte ouverte, j’arrive. » Quitte à avoir un mec chiant sur le dos, autant qu’il soit un brin utile.

Puis il peut parler… C’est un russe débile roux et borgne, est-ce qu’on peut faire mieux ?

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Âge : 21
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