Ashita no Sekai



 

Partagez|

Savannah Taisu

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas
MessageSujet: Savannah Taisu Jeu 28 Juil - 1:38
avatar

Chasseur/Cavalier
Depuis: Un mois
Réputation: Pour le moment "la fille à papa"
Arme(s) utilisée(s): Tir à l'arc, arbalette
« Administratrice du forum »
Voir le profil de l'utilisateur
Sexe : Féminin
Age : 21
Métier : Chasseur
Avatar : Hana de DctB
Messages : 7
Parmi nous depuis le : 12/12/2013

▬ ft. Heize

Âge : 21 ans (28 Décembre)
Groupe : Chasseur
Nationalité : Japonaise

Taisu Savannah
Caractère
Savannah est une jeune femme dégourdie et très souriante qui a ceci dit besoin qu'on l'encadre. Si en tant que Chasseuse elle fait preuve d'une débrouillardise et d'un esprit tactique particulièrement efficace, il n'en est rien quant elle rentre chez-elle. Savannah est assez maladroite et étourdie, alors qu'elle est littéralement un fauve lorsqu'elle combat une chimère dû à sa manière de combattre, elle peut oublier d'éteindre le gaz à l'appartement mettant la vie de ses colocataires en danger. Une fois arrivée chez son père, son éducation avait été complètement modifié, ce n'était pas elle qui s'occupait du ménage, du linge, de sa chambre... Sebastian lui apprend doucement mais sûrement à changer ses habitudes.
Il y a beaucoup de choses que Savannah aurait aimé faire et continuer : la danse, le piano, chanter... Mais sa vie actuelle la satisfait tout aussi bien.

Or voilà, Savannah a ses petits moments sarcastiques, cyniques et un peu bougon par moment. C'est souvent la première chose qu'elle vous montrera. Elle est un peu réservée avec les gens de son âge, cela dit avec les enfants et les adolescents, elle est très douce et sincère.
Physique
Blonde vénitienne, sourcils bruns glacés et yeux verts clairs, ce sont les traits caractéristiques chez Savannah. Un mètre soixante quatorze pour cinquante-cinq kilos et un 90B, mademoiselle Taisu fait partie de ces jeunes filles qui ont appris à être belles. Elle n'est pas née magnifique avec un charme fou, mais elle a appris à se mettre en valeur et à s'habiller. Ayant vite remarqué que les couleurs claires lui allaient bien mieux que sa couleur naturelle, elle s'est vite décolorée les cheveux. Suite à cela, elle s'est percée les oreilles, à la fin de l'académie, elle s'est tatouée les deux avant-bras, les deux cuisses et s'est percée la lèvre inférieure. Elle switche souvent ses tenues, pouvant passer à du décontracté baggie tee-shirt large veste en jeans à des vêtements sombres et plutôt grunge, à des vêtements rocks. Elle aime bien varier, ne pas s'habiller de la même façon surtout ! Ses cils sont bruns foncés, pas forcément noirs mais suffisamment épais et courbés pour renforcer ses yeux vert. Niveau maquillage, c'est comme ses vêtements ; elle varie énormément !
Histoire

Elle le voyait sans le voir vraiment. Cet homme sur l'estrade, félicitant tous ces nouveaux Chasseurs fraîchement diplômés, quittant les bancs de l'académie. Souriaient-ils ? Elle ne discernait aucun étirement de lèvres, ne serait-ce qu'un éclat de joie dans leurs pupilles. Soit elle voyait une vengeance indicible, soit un dépit violent, plus violent que ces regards remplis de haine et de colère. C'était pourtant un jour de fête, non ?

Faces in the crowd
Faces in the crowd will smile again



« Savannah ! »

Elle sursauta. Son père avait toujours eu ce don pour agir comme un père dans des circonstances peu agréables. Ca l'avait toujours marqué et fait doucement rire. Elle étira un maigre sourire et répondit, le plus faussement possible :

« Quoi ? »

« Retire ce sourire de ton visage. Le collège m'a appelé, encore une fois, pour me dire que tu n'avais pas rendu tes devoirs de maths ! Tu risques le conseil de discipline, est-ce que tu crois vraiment que j'ai le temps pour ce genre de choses ? »

« Ben, déjà que vous n'avez pas le temps pour les réunions parents-professeurs, je suppose que vous n'avez pas non plus le temps de voir votre fille se faire disputer par tout le corps enseignant. »

Son père se leva, faisant croître l'inquiétude de Savannah au fond de son ventre, mais elle continua de le regarder dans les yeux, avec arrogance. Son père ne la frappait jamais, il préférait jouer de sa voix inquiétante et de son apparence qui inspirait l'impartialité. Mais Savannah l'avait déjà bien assez vu ce tour de passe-passe. Son père lui faisait moins peur qu'avant, et elle osait lui répondre, et ce, honnêtement :

« Au risque de vous contrarier, père, il m'est difficile d'agir différemment. Je suis navrée si je vous blesse, mais je ne peux qu'être honnête envers-vous. Je n'aime pas le collège, ni le système scolaire, je ne m'y épanouie pas. Tout ce que cela va amener, c'est un échec scolaire. Il y a pleins d'autres solutions, je pourrais m'engager en tant que Carquois par exem- ... »

« Je t'ai dit : non. Et "non" ne signifie pas "essaie encore". Tu n'iras pas à l'académie. Alors, tu vas me faire le plaisir de retourner dans ta chambre, de retrouver ces devoirs, de les ranger dans ton sac et de les amener à ton professeur demain. »

« Mais père, vous ne comprenez pas » insista-t-elle, « je serai beaucoup plus utile là-bas, j'ai les capacités sportives qu'il faut, je le sais ! Pourquoi Sebastian Kaiso qui n'a jamais été ne serait-ce que dans un dojo a le droit d'y aller, et moi non ? »

« Parce que je l'ai décidé ! »

« Mais vous ne serez pas toujours là, et pensez-vous réellement que vous réussirez à faire en sorte que le métier que je ferai me plaise ? Léo m'a dit ... »

« Je me contrefiche de ce qu'a bien pu te dire ton oncle » s'écria-t-il, montrant pour la première fois depuis longtemps une colère que Savannah n'avait presque jamais vu chez-lui, « tu ne feras jamais partie des Chasseurs, m'entends-tu ? »

« Vous êtes stupide » s'énerva Savannah, oubliant les formes de respect qu'elle devait à son père.

La gifle qu'elle reçut sur sa joue après avoir dit ses mots restait gravée encore aujourd'hui dans sa mémoire. Il était à court d'arguments, et tellement excédé que le geste était parti de lui-même. Savannah toucha sa joue endolorie et se mit dos à son père, ramassant ses affaires d'école, elle lâcha tout de même, furieuse :

« Je ne suis pas votre marionnette, je ferai ce que je veux de ma vie, et vous ne pourrez pas toujours la contrôler ! »

And the Devil may cry
The Devil may cry at the end of the night



Elle releva ses yeux vers les étages. Là, elle y vit son oncle, Léo, la dévisager avec un sourire bienveillant. Elle aurait bien voulu lui rendre le geste, mais il fallait qu'elle reste neutre pour le reste de l’événement.
Son oncle avait été, d'après elle, le plus honnête de sa famille. Bien qu'il n'ait pas de sang Taisu qui coule dans ses veines, il méritait plus le titre de père à ses yeux. Il avait toujours été doux et très compréhensif. Il était le contraire de Kirito.


« Pourquoi papa ment toujours ? »

Léo s'était tourné vers-elle, quittant un bref instant la poêle des yeux pour la dévisager, surpris d'une question de ce genre.

« Que veux-tu dire par "il ment toujours" ? »

« Ce que ça veut dire. Il me ment tout le temps. Maman elle dit qu'il ne faut jamais se mentir dans la famille, qu'il faut tout se dire. Je dis tout ce que je pense à papa, mais papa lui ne pense pas ce qu'il me dit. Pourquoi il est comme ça ? »

« ... Hum. C'est une bonne question, ma chérie » prit-il le temps de dire, retournant à ses fourneaux par la même occasion, « je suppose que ton papa a dû côtoyer pendant très longtemps des menteurs, et qu'à force de croire et d'entendre les mensonges des autres, on en fait aussi. »

« Moi aussi je finirai par mentir si papa me ment toujours » demanda-t-elle, inquiète.

« ... Je n'espère pas, mais tu me sembles plus réfléchie et plus honnête que ton papa. Ne t'en fais pas, je ne me fais pas trop de soucis, de toute manière, tu n'y arriveras pas. Tu ne sais pas mentir. »

« Si, j'ai déjà menti à quelqu'un. Je lui ai dit que je serai toujours là pour lui, mais papa m'a récupéré et je ne peux plus le revoir. »

Léo éteignit le gaz et servit sa nièce dans son assiette avant de s'occuper de la sienne, rinçant la poêle pour ensuite la mettre dans le lave-vaisselle. Il s'assit à côté de la petite brune et lui dit, gentiment :

« C'est Jian Wan ? Ce n'est pas de ta faute, on dit que les vrais amis tout comme les gens qui s'aiment vraiment finissent toujours pas se retrouver. Je ne pense pas qu'il t'en veuille, il sait que tu l'apprécies, et inversement. Tu verras, ton père ne pourra pas t'interdire de bouger éternellement. »

« Je lui ai quand même menti. C'est mauvais de mentir. »

« Ce n'est pas un mensonge qui dépendait de ta volonté. Et puis, Sebastian n'est pas au collège avec Jian Wan ? »

« Si... Mais ils ne se parlent pas, apparemment. »

« Sois patiente » conclut-il, son sourire ne quittant pas ses lèvres, « tes sentiments sont sincères, et je sais que ce n'est pas des paroles en l'air ce que tu me dis. Tout ce qui est honnête se paie, tu verras, vous serez réunis un jour ou l'autre. »

La petite Savannah hocha mollement de la tête. Elle avait l'impression d'avoir commis l'erreur la plus grave de toute sa vie, et elle en avait le coeur lourd rien que d'y penser. Elle piqua sa viande à l'aide de sa fourchette et mâcha lentement, son esprit dans le vague.



« Brandis ta lame, chéris le sang qui la salit » chanta-t-elle, regardant droit devant elle, les yeux embués de larmes.

Elle ne se rendit compte qu'elle pleurait qu'au moment où les larmes s'écrasèrent brusquement sur ses joues. Elle en sursauta, posant sa main gauche sur son épiderme, les effaçant d'un geste vif, et regardant aux alentours si quelqu'un l'avait vu lâcher quelques larmes.

Il n'y en eut qu'un seul, à priori, et elle connaissait bien ce visage. C'était le plus beau visage qu'elle connaisse, le plus pur et le plus gentil. Il l'avait dévisagé avec inquiétude, mais le sourire maladroit qu'elle lui adressa semblait l'avoir légèrement - bien que peu - rassuré.

« La sueur qui tombera sur nos terres, donnera vie au printemps. »


« Encore ! Encore ! Rejoue du biolon, encore ! »

Il lui était encore difficile de prononcer les "v" à cette époque-là, elle devait avoir entre quatre et cinq ans et déjà, à cet âge-là, la musique l'intéressait plus que toute autre chose.

C'était Sebastian qui l'avait initié à la douceur et à la beauté de la musique. Il lui avait appris quelques petites choses à faire sur le piano, et jouait pour elle du violon. Comme elle le trouvait beau, comme elle le trouvait fort, qu'est-ce qu'elle rêverait d'être à la place de sa fiancée, qu'elle chance elle avait ! Sebastian était réellement un prince charmant. C'est comme ça qu'elle le voyait, avec sa voix fluette et douce, et ses beaux yeux noirs et ses cheveux de jais. C'était son Roi, et elle l'aimait trop fort pour son petit corps de bébé. Oh, elle lui avait dit de nombreuses fois qu'elle l'aimait. Peut-être même beaucoup trop de fois...

Ils se sont connus au berceau, Sebastian était le fils d'un ami et associé du père de Savannah, et même sa maman le trouvait bien élevé et charmant. Parfait, voilà comment ils le trouvaient dans sa famille. Monsieur Taisu fut bien déçu d'apprendre que déjà très jeune Sebastian soit déjà promis à une autre fille de bonne famille. Mais bon, au vu de leurs relations quasi fraternelles, il ne se faisait pas trop de soucis.

« Mais je l'ai déjà joué deux fois, tu ne veux pas qu'on aille se promener dans le jardin ? Il fait beau en plus, les poissons vont peut-être se montrer dans la mare ! »

« Oh oui ! Zebaztian, montre-moi ! »

"Zebaztian" sourit devant la frimousse illuminée du petit bébé Taisu, il lui prit la main et l'emmena jusqu'à l'étang, où les poissons chats se montraient en temps ensoleillé.
C'était vraiment de trop bons moments pour la petite Savannah Taisu.


Savannah releva sa tête au bout d'un certain temps, durant lequel l'orateur avait cessé de parler, et que les hommes s'étaient éparpillés dans la pièce. Elle n'avait pas bougé, comme sonnée avant de réaliser ce qu'il se passait. Elle se retourna soudainement, comme pour chercher quelqu'un. Elle le vit, entrain de partir, peu après que l'on ait parlé des chasseurs "spéciaux" ; ceux vivants à la base.

Jian Wan.

Jian Wan.


« Promets-moi que tu seras toujours avec moi » dit-il, comme apeuré.

Elle se souvint de s'être retournée vers lui, surprise qu'il lui demande quelque chose d'aussi stupide.

« Tu es mon chevalier, je suis ta princesse, pourquoi m'en irais-je ? »

Il ne dit rien, se contentant de la fixer de ses yeux d'ambre, inquiétant davantage Savannah. Elle se rapprocha de lui et le prit dans ses petits bras frêles, comme si vingt neuf kilos allaient le protéger de tous les malheurs du monde.

« Je serai toujours là » murmura-t-elle en posant sa paume de main sur son coeur, puis elle releva sa tête, « et également, toujours avec toi ! »

Elle lui sourit, éclairant ses traits faciaux comme un soleil. Dieu, comme elle l'aimait lui aussi. Il était son chevalier, celui avec qui elle voulait se marier. L'exact contraire de Sebastian. Lui avait des yeux ambré, presque rouge par moment, l'apparence et les traits plus mutins, plus malicieux. Et elle aimait vraiment son sourire narquois quand il se moquait gentiment d'elle. Et, elle aimait ses calins, chaleureux, quand il l'enlaçait, elle savait qu'il serait toujours là, auprès d'elle. Plus tard, Savannah comprendra ce qu'était Jian Wan à ses yeux : il était le vice, le rebelle,la force et la beauté brute, le danger. Sebastian lui était la sécurité, la douceur, la sagesse...

Il rendit l'étreinte, les yeux dans le vague. Il y eut quelques secondes silencieuses avant qu'il ne reprenne, dans un souffle :

« Ne change pas, ne change jamais. »

« Promis » lui assura-t-elle, sa joue posée contre son épaule.

Mais déjà, il lui semblait loin, déjà perdu.
Et deux trois jours après, elle était dans le centre de la ville.
Loin de son preux chevalier.
Loin de son Jian Wan.


Je t'aime encore, mon ami, je t'aime à mort et à vie
Le temps efface tout qu'on a dit
J'vais mourir affichant complet
Vous donnerez mon corps à la science
J'ai laissé mon cœur à ton chevet
J'ai croisé un ange en avance


« Jian Wan » appela-t-elle, jeune carquois encore innocente.

Elle ne savait pas, elle ne comprenait pas. La pauvre, elle était encore bloquée à leur dernière étreinte, elle n'avait aucune idée de l'évolution psychologique de Jian Wan depuis ce temps. Elle savait qu'il l'avait entendu, et elle savait qu'il l'avait reconnu. Mais il n'en fit rien, poursuivit sa route, comme si elle n'existait pas. La colère prit le dessus un cours instant, avec des indignations fusant dans sa tête. Qu'est-ce qu'elle lui avait fait ? Etait-il énervé de ne pas lui avoir parlé depuis ce temps ? Son amour n'avait-il pas été suffisant ? Croyait-il qu'elle n'était qu'un objet qu'on pouvait jeter lorsque tout ce qu'elle apportait ne suffisait plus ? Pour qui se prenait-il ?!

Et puis la tristesse, la culpabilité. Tout était de sa faute. Elle regarda sa silhouette s'effacer vers l'horizon, se baignant dans l'ombre de la sortie des camps d'entraînements.
C'était fini, mais dans sa tête et dans son coeur, subsistait encore son amour pour lui.

Je t’aime encore, mon salaud, je t’aime encore lorsque tout tombe à l’eau
Toi et moi face au monde, c’est comme ça qu’j’suis mégalo
Sur mon rafiot, t’auras toujours une place comme un croc sur mon gâteau
J’ai d’jà dégoté l’magot ; à ma droite, j'ai un ange, et ta face à ma gauche


Elle pinça l'arête de son nez et racla sa gorge. Lorsqu'elle eut relevé ses yeux, elle était dans la foule, avec les autres qui s'étaient dispersés çà et là dans la grande salle. Leur visage lui semblaient flous.

I'm sorry if I seem uninterested
Or I'm not listenin' or I'm indifferent
Truly, I ain't got no business here


Elle s'avança, évitant soigneusement les gens autour d'elle, tentant de se frayer un chemin jusqu'à la sortie, mais plus elle avançait, plus cette dernière lui semblait loin. On lui attrapa le bras pour l'attirer à des discussions, on lui tapota l'épaule, on l'appela, mais elle n'avait qu'une seule envie : bouger d'ici. Elle esquiva les gens comme un homme politique détourne une question de journaliste, et alors qu'elle allait passer la porte et souffler tranquillement...

« Savannah » s'exclama une voix forte.

I'm standoffish, don't want what you're offering
And I'm done talking
Awfully sad it had to be that way


« Oui ? »

« Je voulais te présenter certaines personnes... »

Shit.

« Pouvez-vous nous raconter votre expérience à l'académie ? Etait-ce dur, pour vous ? »

Le "pour vous" la fit rire jaune, elle secoua la tête de gauche à droite ; c'est normal, jamais il y eut trois ans de cela on aurait pu se dire que la frêle Taisu aurait pu faire un ascension aussi spectaculaire.

« C'était pas très agréable. La première année... J'ai su ce que c'était de se faire bizuter. Après la mort de mon père, je savais pas trop ce qu'il fallait que je fasse. Je n'avais plus de repère, et personnellement, je savais pas vraiment si j'avais envie d'être confrontée à des bêtes et de subir un entraînement intensif, le sport et moi ça avait toujours fait deux... Mais j'voulais montrer à mon père, désormais dans les cieux, que je pouvais le faire, que j'avais la volonté de le faire en fait. C'est comme un hommage en fait.

» Pour en revenir à la première année, la première épreuve ça n'a pas été vraiment simple. Après l'enterrement, j'avais changé radicalement, je m'étais décolorée les cheveux, je les avais coupé court et j'avais perdu beaucoup de poids. Le général ici présent m'avait imposé un psychologue mais je n'ai jamais souhaité parler de mes problèmes, se lamenter c'est pour les gens qui ne savent pas avancer. J'ai plutôt intériorisé, je crois que je n'ai parlé de M. Taisu à personne. Je n'ai pas parlé de mon ressenti tout ça, de cette sensation de vide, comme si plus rien n'avait rien d'importance. J'ai même commencé à fumer à cette période. Pas régulièrement au début, pendant trois ans, c'était genre une fois de temps en temps. Mais on y reviendra. Et, en me baladant dans l'académie, j'ai vu comment était les gens, ici. Leurs murmures, ils faisaient échos dans ma tête » débita-t-elle, pointant sa tempe de son index, tapotant le bout de sa cigarette de son autre main pour faire tomber les cendres dans le cendrier. « « Savannah, l'héritière de Kirito, sa dérogation elle l'a eu facilement ! » « tiens, ça m'étonne même pas qu'elle soit première de la classe, c'est pas n'importe qui cette nana là. » … Que des idiots, ils ne regardaient que ce qu'ils souhaitaient voir vraiment, c'est comme s'ils ne me voyaient pas avec leurs vrais yeux.

» Alors, dès l'entretien, j'ai mis les choses au clair. Je leur ai dit très simplement que j'étais peut-être la fille de Kirito Taisu, mais que je n'étais pas lui, et que je ne me servais pas de mon nom pour entrer là où je le souhaitais. Si j'avais posé ma candidature, c'était pour me prouver autant à moi qu'à mon père, et qu'à eux tous que j'étais capable de faire de grandes choses de moi-même, que j'avais des capacités non-négligeable à exploiter sur le terrain. Je suis impulsive, et je prends des initiatives pertinentes, j'agis avec instinct et, pour le premier semestre, c'était parfait. Il fallait que je leur montre à tous que j'étais capable de me débrouiller. J'étais pas une bête en sport, mais la volonté de leur en faire voir des vertes et des pas mûres était plus forte que ma fainéantise naturelle. Les sports de défense qu'on m'avait forcé à poursuivre au collège m'avaient vraiment servis. En corps à corps je me défendais très bien malgré mon manque flagrant d'endurance. On n'était des centaines à bosser la nuit, très tard sur tout ce qui n'allait pas. J'excellais là où ils n'excellaient pas, et inversement. Les trucs d'escalades, de parcours, de temps... J'étais une sacré bouze. J'ai plutôt bien réussi ceci dit. Même si je ne faisais pas partie des premiers arrivés lors de la course d'orientation, j'avais réussi à me démener comme pas possible. J'avais même traîné un boulet avec moi, je sais plus son nom, je ne m'en étais pas vraiment préoccupée après. Je ne sais même pas s'il avait réussi les autres tests.

» Malgré mes réussites, mes grands moments... Les Carquois n'étaient que de simples nombrilistes et ne voyaient rien si ce n'était que leur propre nez. Et se moquer de quelqu'un qui n'avait pas forcément de grande répartie, c'était plutôt facile. Je ne voulais pas impliquer mes amis là-dedans, ça n'incluait que moi. Alors, un jour, le général m'envoya une lettre dans laquelle il me disait de me forger non pas que physiquement, mais mentalement. Si je ne me faisais pas respecter, personne ne le ferait. Ça ne s'était pas fait tout de suite, la colère montait graduellement et bouillonnait en moi comme des plaques électriques : lentement, mais sûrement. Et un jour, l'alarme incendie de ma patience sonna. Notamment quand des Carquois avaient voulu me faire une blague de mauvais goût. Je n'avais pas vraiment été tendre, mais honnêtement, si c'était à refaire, je le referais sans problème. Si les plus abjects ne me respectaient toujours pas, ceux qui suivaient comme des moutons commencèrent à se remettre en question, et ne vinrent plus jamais me chercher des noises.

» Le début de l'année d'Archer avait été extrêmement intéressante. J'avais essayé une multitude d'armes, mais rien n'y faisait, j'étais faite pour les armes incluant des flèches, c'était incontestable. Cela dit, ces armes ne me permettaient pas d'être au corps à corps, tout du moins je n'avais pas conscience des capacités que l'arc et l'arbalète recelaient. À l'aide de professeurs d'armes, j'appris à concilier autant mes sens à l'aide de mes armes qu'à faire en sorte que mes armes soient tout terrain : autant de corps à corps que de distance. Paradoxalement, quant à la maîtrise de ma combinaison, elle se fit plus facilement que ce à quoi je m'attendais. Comme une seconde peau, il me fallut moins de temps que les autres pour me sentir à l'aise. Cela dit, pour la maîtrise de mes sens, ce fut une toute autre histoire. Ayant opté pour que ma gestuelle et que mon sens de l'observation soient plus souples et précis qu'à l'origine, je fus repérée très souvent. Je fus dans l'obligation de m'entraîner encore plus en escalade, notamment à grimper dans les arbres comme un félin et ce, en faisant le moins de bruit possible... Ce n'était vraiment, mais alors vraiment pas facile. Le test d'armes et de la combinaison se passa plutôt bien malgré les appréhensions que j'avais. Ce fut le deuxième qui coinça un peu plus.

» Faire équipe avec d'autres personnes que mon meilleur ami me mettait mal à l'aise, pourtant au collège ça ne me gênait pas tant que ça. Les choses étant différentes à l'académie et au collège, j'avais un peu de mal à me laisser aller avec les autres. Dans ma tête, tout le monde avait des a priori sur moi et ne me connaissait seulement parce que j'étais la fille de mon père. Du coup, ça me dérangeait un peu. Mais le temps fit son œuvre et je m'étais fait aux multiples co-équipiers que j'ai pu avoir.

» L'année de Flèche, là où j'ai littéralement changé ma perception des gens, a été ceci dit celle qui m'a plus foutu la pression dans les tests, et pour cause : les chimères. Et le fait que des milliers de personnes allaient me regarder soit maîtriser une chimère soit me faire défoncer la gueule. Ce fut aussi stressant que le baccalauréat, ça m'en avait rendu de nombreuses fois malades l'idée que tout s'arrête juste au moindre faux pas. Mais comme quoi que j'avais fait en sorte qui rien ne parte en vrille, et que j'avais réellement bien affinée mes techniques de combat. C'était vraiment très stressant... Vraiment. »

« Melle Taisu ? »

« Hein ? Aah euh et bien, j'ai juste travaillé, comme tout le monde ici présents. Y a pas de secret. Si vous voulez bien m'excusez ... »

Elle poussa enfin la porte, et inspira l'air frais à pleins poumons. Elle détestait ça, et elle ne savait même pas pourquoi.

Il lui fallait rentrer préparer ses affaires à présent, un déménagement ne se faisait pas tout seul.

Pseudonyme : Chloé
Âge : 20 ans
Commentaire : Eh non.

A votre propos
Revenir en haut Aller en bas

Savannah Taisu

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut
Page 1 sur 1
Sujets similaires
-
» Recption pour le baptême de Savannah [Libre]
» Savannah - It's dangerous, so dangerous
» Activité Réduite | Savannah
» Monument dédié aux combattants Haitiens à Savannah en 1779
» @NaughtyLewis | Savannah Lewis-Butler

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
ASHITA NO SEKAI :: Gestion des dossiers :: Présentez-vous, soldats !-
Sauter vers: