Ashita no Sekai



 

Dans le temps, même le futur était mieux [Ft. Esther Millerwell]

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Sujet: Dans le temps, même le futur était mieux [Ft. Esther Millerwell]
Sam 20 Oct - 10:20

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Réputation: Regan c’est le chewing gum sur lequel tu marches par erreur et qui, en plus de limiter ton allure sur le chemin pavé de la vie, te nique ta paire de pompes favorite. Véritable paratonnerre à catastrophe, il est pour cela communément considéré comme un porte-bonheur par ses coéquipiers. Regan c'est l'immaturité assumée, presque l'inconscience par moment. Il est sans filtre, sans-gêne et d'un naturel.. envahissant. Plus instinctif que stratégique, il se contente généralement de suivre les directives de tacticiens plus compétents (non sans contester pour la forme).
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“ Dans le temps, même le futur était mieux. ”
[ RP flashback ○ Été 2060 ○ Ft. Esther Millerwell ]


"Pourquoi on s'est arrêté.." grommela Masao.

"Toi aussi t'en sais rien? Tape m'en cinq camarade!" se réjouit Regan dans un murmure enthousiaste qui fut naturellement entendu par tout le monde dans un rayon de quinze mètres.

C'est l'expression dépitée de son binôme qui finit par lui faire abaisser sa main et se refocaliser avec ennui sur les environs. Le groupe Omega s'était déployé par deux sur une large zone, à l'image de la technique de chasse des monstres qu'ils traquaient. Toru et Hiro étaient les plus proches d'eux, sur leur arrière droit, Kota et Akio un peu plus loin à leur gauche, le reste des membres invisibles depuis leurs postures accroupies dans le sous-bois qu'ils quadrillaient.

Hiro — leur chef qui les avait fait s'arrêter depuis plusieurs minutes déjà — leva un bras pour attirer leur attention. "Vous sentez..?"

Regan renifla. Ça sentait la pluie. Ça sentait la pluie, l'humus et un peu la merde, mais pas plus que les heures précédentes.

Masao s'agita nerveusement ses côtés avant de souffler "Inugami."

"Inukan." corrigea sèchement Hiro avant de détourner le regard et de maugréer "C'est le nom officiel qu'ils leur ont donné à Yokohama."

"Aotoshi." lui renvoya Masao avec sarcasme alors que Regan se redressait pour scruter la forêt, se sentant soudainement observé. Oh oui il sentait ça et ça n'avait rien à voir avec une odeur.

C'était un sentiment oppressant qui lui faisait se dresser ses cheveux sur la nuque. Une impression subjective qui ne l'avait jamais réellement quitté depuis qu'ils avaient commencé à pourchasser cette meute de.. chiens bizarres, il y a de ça trois semaines. Elle était toujours là, présente, en sourdine. Tellement que Regan avait fini par ne plus réellement y prêter attention, mais elle ne s'était jamais montrée aussi insistante et renforçait le sentiment d'attaque imminente.

Son regard darda entre les feuillages. Le silence était surnaturel, lourd de menace. Regan pouvait presque entendre comme un étrange bruit blanc derrière les battements sourds de son pouls. Il avait remarqué que le ce léger grésillement(..? sifflement?) apparaissait systématiquement lorsqu'il était sous tension ces derniers temps. C'était le genre de son discret impossible à ignorer une fois discerné et ça le rendait dingue. Il avait interrogé le reste de l'équipe à ce propos, mais il était apparemment le seul à subir ce problème. Toru — le gentil flic du duo de leaders — pensait que son ouïe cherchait sûrement à compenser la perte de son œil gauche et que sa pression artérielle dans ces pics d'anxiété devait exacerber ce réglage, créant ainsi des acouphènes.

Regan n'en était pas si sûr, mais il fut brusquement sorti de ses pensées quand la tension de la forêt éclata soudainement. Un mouvement vif secoua un bosquet et Masao, affolé, se mit aussitôt à tirer en rafale, mais quelque chose n'allait pas; la cible continuait de fuir. Elle devait être beaucoup plus petite qu'un Inukan et Regan n'était apparemment pas seul à avoir remarqué ce détail.

"Masao, stop! STOP!" ordonna Hiro alors que Masao tournait sur lui-même en suivant le mouvement des buissons sans une pensée pour les membres du groupe éparpillés dans le sous-bois. "REGAN."

"Quoi?!" s'exclama ce dernier en écartant les bras dans un geste d'impuissance. Il était peut-être le plus proche, mais il préférait largement le laisser vider son chargeur plutôt que de tenter d'intervenir et risquer de se prendre une balle.

Hiro n'était clairement pas de cet avis si Regan s'en tenait à son expression furieuse. Il grimaça et pointa à contrecœur son canon sur le pied de Masao, mais un "NON" ferme le stoppa in extremis. Il réalisa dans le même temps que c'était avec ce type exacte de plan qu'il finirait par faire tirer dessus en retour et qu'il devait le désarmer.

Regan retourna alors son fusil et éclata la main de son binôme d'un coup de crosse en priant pour lui faire lâcher prise du premier coup.

Ce qui fut le cas, mais Masao, dans un cri mêlant surprise, douleur et rage riposta en lui collant un poing dans la gueule. Le coup était imprécis car porté de sa main gauche et Regan en profita pour tenter de le maîtriser, mais il n'avait pas vraiment la carrure pour. Masao ne se laissait pas faire, bien au contraire et Regan finit par le frapper à son tour par pure frustration.

Ils furent brutalement séparés quand Hiro attrapa Regan par le col. "Pourquoi tu l'as pas assommé?!"

La remarque effara le rouquin. "J'en sais rien moi, pour pas qu'il me bute dans sa panique si j'me loupais peut-être?!"

"Kotaro est touché!" les alerta Akio, coupant court à la confrontation.

Putain ce qu'il haïssait les armes automatiques..

Hiro le relâcha sans ménagement et partit rejoindre le reste des membres d'Omega qui se rassemblaient autour de Kota, blessé à la cuisse. Regan soupira en réajustant ses vêtements et s'approcha jusqu'à se positionner légèrement en retrait du groupe.

"C'était quoi?"

"Qu'est-ce que j'en sais, un putain de lapin à tous les coups."

"La balle est ressortie?"

"On compresse la plaie ou on fait un garrot?"

Tous les regards se tournèrent vers Regan qui haussa un sourcil placide. "J'en sais rien moi, me regardez pas comme ça."

Il avait bien été (implicitement) désigné expert de leur arsenal, mais ce n'était pas pour autant qu'il savait comment en gérer les blessures.

Toru semblait avoir opté pour les deux alternatives et improvisa en réquisitionnant un duo de ceintures qu'il commença à harnacher autour de la jambe de Kota. Masao se confondait en excuses qu'Hiro balaya en déclarant un "J'vous avais dit que c'était une mauvaise idée d'accepter un gamin dans nos rangs." qui hérissa aussitôt Regan.

"Vous étiez bien content de me trouver quand j'vous ai appris à correctement entretenir ces armes."

"Tu te prends pour qui au juste?" revint à la charge Hiro en adoptant une posture d'intimidation. "Tu crois quoi? Que parce que t'es Russe c'est tes armes peut-être?" Les lèvres de Regan se pincèrent en une ligne butée parce que ouais il y avait de grandes chances qu'elles proviennent de la commande qu'il avait organisé à Vladivostok. "On te doit rien du tout et t'as d'ailleurs aucun droit sur notre matériel." continua-t-il en tendant brusquement le bras pour lui arracher son fusil d'assaut que Regan releva instinctivement dans une posture défensive.

Ou d'attaque..?

La meilleure défense c'était l'attaque, non?

Sauf que l'instant suivant, l'intégralité des membres d'Omega le tenait en joue.

Regan changea prudemment de pied d'appui et réaffirma sa prise en sentant ses mains devenir moites. Sa bouche, à l'inverse, s'était totalement asséchée.

Une brindille craqua à quelques dizaines de mètres d'eux. D'un seul mouvement, tous les canons pointèrent en sa direction.

De longues secondes s'écoulèrent avant que Regan n'abaisse brusquement son arme. "C'était une putain de balle perdue, c'était même pas moi qui avait le doigt sur la gâchette!" se dédouana-t-il en balançant un bras accusateur en direction de Masao. "Vous allez quand même pas me coller ça sur le dos?!"

Un silence tendu lui répondit alors que les membres d'Omega se toisaient.

"Ok, on est tous sous tension." tenta de désamorcer Toru. "Regan, ramène Kotaro en ville. On va sécuriser vos arrières en se déployant pour baliser la battue de demain."

Regan ouvrit la bouche pour contester avant de réaliser qu'il préférait largement quitter cette forêt sans consigne supplémentaire. Il se détourna du groupe sans demander son reste et avança en direction de la route principale à grandes foulées.

"Regan."

Bien sûr, ça aurait été trop beau.

"Quoi?" jappa-t-il avant de grimacer face au ton qu'il avait employé. Ses mots avaient pris la terrible habitude de sortir de sa bouche enrobés d’un venin qu’il ne lui ressemblait pas. Mais Toru ne lui en tint pas rigueur et lança un regard appuyé en direction de Kota qui boitait laborieusement à sa suite.

Regan leva les yeux au ciel et le rejoignit en passant son arme en bandoulière. Il lui attrapa un bras qu'il crocheta autour de son cou pour l'aider à transférer son poids et en glissa un autour de sa taille pour le stabiliser en agrippant sa ceinture. Après quelques ratés (assortis de noms d'oiseaux) les deux jeunes hommes purent commencer leur lente procession jusqu'à la ville.

Cela faisait huit mois que Regan avait rejoint Omega et jamais l'ambiance n'avait été aussi détestable, jamais l'équipe ne s'était montrée si nerveuse, si désordonnée. Le poids du fusil d'assaut lui était rassurant, familier, mais il ne se sentait plus autant en sécurité au sein du groupe.

Ils formaient, de base, une brigade nomade autogérée qui protégeait les places faibles le temps qu'elles érigent des défenses raisonnables. Quand ils rencontrèrent Masao — qui avait vu sa fille et sa femme se faire emporter par ce qu'il appelait les Inugami — l'équipe, dans un élan de solidarité, décida de l'aider à poursuivre et éradiquer la meute.

Mais cette dernière semblait se jouer d'eux, les laissant tranquillement évoluer dans leur périphérie tout en restant hors de portée. Ils ne l'avaient encore jamais vu dans son entièreté. Ils n'arrivaient à abattre qu'un ou deux individus à la fois quand elle se divisait pour chasser et plus le temps passait, plus l'équipe perdait pieds. Leurs échecs répétés ne faisaient qu'accroître les tensions, chacun reportant la faute sur l'autre. Ils étaient épuisés, stressés, frustrés et se sentaient étonnement vulnérables.

Il n'y avait aucune logique là dedans, le groupe s'était attendu à se faire attaquer et à en finir une bonne fois pour toute, mais les chimères prenaient un malin plaisir à les ignorer, semblant même parfois revenir sur leurs pas lorsqu'ils en perdaient la piste et Regan était persuadé qu'il n'était qu'une question de temps avant qu'elles ne viennent les cueillir sans le moindre effort.

La meute avait fini par se rapprocher dangereusement d'une ville où Omega s'était installé la veille en anticipant une attaque. Regan se rendait d'ailleurs dans un centre de soins improvisé dans une usine laissée à l'abandon qu'ils avaient repéré à leur arrivée. Il avait cru comprendre qu'ils recueillaient les victimes d'attaques de chimères et comptait bien profiter de son passage pour glaner des infos qui auraient pu leur échapper pendant leur (presque) mois d'exil.

C'est comme ça qu'il se retrouva à frapper comme un crétin (ou bourrin, selon les versions) sur l'énorme porte coulissante du hangar. Le bruit de tôle résonna dans le vaste espace, faisant sursauter des patients à qui il présenta un petit sourire penaud.

"Vous prenez les blessés par balle..?" tenta-t-il tout de même.

Une femme apparut instantanément à leurs côtés. Elle déchargea Regan qui, paradoxalement, se sentait déjà beaucoup plus léger depuis qu'ils avaient quitté la forêt.

Kota commençait à répondre aux questions qu'elle leur posait quand l'attention de Regan fut attiré par un flash de couleur vive. Il pencha la tête, intrigué. Il y avait une jeune fille aux cheveux roux au milieu de toutes ces têtes brunes.

Lorsqu'il reporta son regard sur.. l'infirmière(?) celle-ci retirait le linge maintenu par la seconde ceinture pour observer le trou de b—

"Hey! Ça te fera un deuxième trou de balle!" pouffa soudainement Regan en enfonçant douloureusement son coude entre les côtes de Kota.

"Va chier putain!"

Et Regan éclata de rire, relâchant tout le stress accumulé au cours de ces dernières semaines. C'était un rire libérateur, un poil hystérique, qui résonnait de manière obscène dans la quiétude de l'usine et sa joue le tiraillait là où Masao l'avait frappé.

Mais putain, il en avait bien trop besoin pour chercher à le réprimer.


Hors RP  —  Argh j'peux pas le mettre dans "Gif my ride" sans faire un double post mais.. Hiro & Regan:
 
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Sujet: Re: Dans le temps, même le futur était mieux [Ft. Esther Millerwell]
Jeu 25 Oct - 21:56

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“ Dans le temps, même le futur était mieux. ”
[ RP flashback ○ Été 2060 ○ Ft. Regan Volkov ]



Ce n’est pas exactement ce à quoi Esther s’attendait quand ses parents lui avaient annoncé d’un air faussement détendu qu’ils allaient « changer de vie ». Apprendre une langue compliquée, terrés dans les sous-sols de Londres pendant des mois pour enfin s’envoler à l’autre bout du monde, démarrer une vie de lycéenne relativement monotone et…

Voir le monde s’écrouler.

Voir les Hommes réduits à l’état de proies, ou pire, de jouets.

Etre témoin de la mort, du désespoir, et une fois encore, de l’abandon des moins chanceux.

Par un pur hasard, sa ville n’avait été, jusqu’à présent, que très peu touchée. Mais ce n’était pas le cas des villages qui composaient sa périphérie.

Ethan, son père, n’avait pas vu d’un bon œil sa décision de s’enrôler dans l’équipe des secouristes volontaires de la ville, estimant la tâche trop dangereuse, mais sa mère était au comble de la fierté. S’en était suivi un combat de regards entre les deux rebelles expatriés, mais au bout du compte, Esther avait obtenu ce qu’elle voulait : passer ses heures libres dans un hangar.

Le bâtiment, reste d’une usine presque entièrement détruite du quartier sud, et qui avait miraculeusement conservé toutes ses façades et gigantesques fenêtres intactes, avait été aménagé dans l’urgence. Les volontaires, infirmiers et rares médecins avaient déplacé à la force des bras les lourdes machines industrielles et installé une vingtaine de lits de camp, tout en instaurant le plus rapidement possible des normes d’hygiène dignes d’une véritable petite clinique d’urgence.

Esther était dans son élément. L’adolescente avait toujours eu un penchant pour les sauvetages, réparant les machines, puis, à son petit niveau, les Hommes, le tout en arborant son plus beau sourire. Car comme elle l’avait appris très tôt, les pires moments paraissent moins durs ainsi.

Voilà maintenant plusieurs mois que la jeune fille, sitôt la sonnerie du lycée de fortune entendue, traversait au petit trot les zones sécurisées, enfilait son tablier noir, et assistait les infirmiers dans ce refuge pour les blessés n’ayant pas eu la chance de porter le bon nom, ou le portefeuille de la bonne taille. Petit à petit, les objections de son père se faisaient plus rares, tout comme sa présence et celle de sa mère à son retour d’une journée éreintante. Absorbée par sa nouvelle mission, elle ne prêtait pas attention à ces détails, ni même à la politique, qui pourtant prenait une tournure qu’elle aurait dû reconnaître.
 
---

 Ce matin-là, comme la veille, Esther avait à peine pu embrasser ses parents avant que ceux-ci ne quittent leur petit appartement.

La jeune fille s’était rendue en cours, dans cette ambiance générale de peur, de méfiance, et de confusion. Quand ses camarades de classe se demandaient pourquoi le gouvernement maintenait les écoles ouvertes alors que le pays était à feu et à sang, elle ressortait ses leçons, apprises depuis bien trop longtemps :

« Lorsque le désordre règne et que les codes sont rompus, alors la panique détruit les Hommes. On va au lycée parce que c’était notre activité principale avant les bêtes.»

L’adolescente se demandait parfois comment ses pairs pouvaient ne pas comprendre ça. Leur ignorance évidente la poussait souvent à se mettre à l’écart, et à apprécier la compagnie d’élèves plus âgés, ou des infirmiers du hangar.

Une infirmière en particulier avait retenu son attention. Mika, s’appelait-elle. Petite mais suffisamment forte pour soulever un homme à elle toute seule, et empreinte d’une sagesse que la jeune fille savait acquise au pris de grandes souffrances. Une sagesse qu’elle espérait ne jamais obtenir.

Mika aimait travailler avec Esther. Volontaire et souriante, elle rendait parfois de grands services en se proposant de réparer certaines machines, obtenues grâce aux dons des habitants mais parfois dans un état de marche très relatif. L’infirmière avait rapidement décidé de former plus intensément l’adolescente aux premiers secours et aux interventions basiques, ou du moins, si « basique » pouvait être utilisé pour désigner les soins d’urgence aux victimes des chimères, et était resté silencieuse lorsque cette dernière lui avoua qu’elle n’était pas vraiment étrangère au traitement des blessures graves.

Ce jour-là, elle était occupée à changer les bandages d’un patient quand des coups retentirent à la porte massive du hangar. Toutes les têtes se tournèrent alors vers les deux hommes qui entraient, l’un s’appuyant lourdement contre l’autre, et Esther détourna rapidement son regard d’azur, entendant son patient gémir.

Mais ce qui attira réellement son attention fut le rire aigu et incontrôlable qui résonna alors dans la pièce, ce rire qui perça l’habituel brouhaha fait de plaintes et de pleurs, comme s’il s’était agi d’un frêle panneau de papier. La rouquine acheva son pansement et fit volte-face, se redressant pour mieux observer l’homme au rire salvateur.

Il ne devait pas être beaucoup plus âgé qu’elle, ce rieur. Plutôt fin et habillé de vêtements pratiques, solides et couverts de boue et de tâches rouge foncé, il ressemblait à un chasseur, ou à un soldat, à en juger par la lourde arme qui pendait en travers de son torse.
Esther avait toujours été méfiante face aux soldats. Comme le dit si bien sa mère, on ne sait jamais si ce n’est pas vous, aujourd’hui, la cible. Et dans la confusion générale, qui sait quelles surprises pouvaient leur réserver ces deux drôles d’oiseaux.


« Esther ! » appela Mika, qui s’était empressée de décharger l’homme de son compère blessé à leur arrivée « Viens m’aider ! »

Immédiatement, la jeune fille se leva de son petit tabouret de fortune et trottina jusqu’à son aînée, promenant son regard sur le blessé. Mise à part la jambe, il était en bon état. Mika l’avait allongé sur le lit le plus proche, et son compagnon se retrouvait seul, à la porte. Elle prit un instant pour le détailler de son regard azuré, et se maudit de ne pas avoir remarqué plus tôt ce qui lui sautait à présent aux yeux : c’était un étranger, et un rouquin avec ça ! Il n’y avait donc pas qu’elle et son père dans ce pays à avoir autre chose qu’une tignasse brunâtre ou noire, comme elle avait pu naïvement le penser à son arrivée.
Il y avait un autre étranger dans cette ville. Quelqu'un, d'une certaine manière, comme elle. Cette pensée lui fit esquisser un sourire et, pendant un instant, elle se sentit moins seule.


Se penchant sur son tout nouveau patient, elle marmonna «C’est une blessure bien ronde. Par balle. L’artère n’est pas touchée, pas besoin de garrot. Mais la balle… il faut regarder à l’arrière de la jambe ? »

L’infirmière, à ses côtés, hocha la tête, satisfaite. « Très bien. » répondit-elle à l’adolescente. « Dégage la plaie, je vais regarder de plus près. »

Esther enfila des gants neufs et entreprit de découper grossièrement le pantalon de l’homme à l’aide d’un petit scalpel, faute de mieux. Lorsque le vêtement fut transformé en demi-short, elle nettoya la plaie en y versant un sérum. Sa tâche achevée, elle tendit une fine main gantée, et quelque peu ensanglantée, dans la direction du rouquin, lui faisant signe d’approcher.

« Ne reste pas tout seul à la porte, ton ami va avoir besoin d’un peu de soutien. » lui dit-elle en décochant un sourire rassurant. 






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Sujet: Re: Dans le temps, même le futur était mieux [Ft. Esther Millerwell]
Ven 2 Nov - 19:35

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“ Dans le temps, même le futur était mieux. ”
[ RP flashback ○ Été 2060 ○ Ft. Esther Millerwell ]


Le rire de Regan s'éteignit au fond de sa gorge quand l'infirmière héla la jeune fille qui avait attiré son attention quelques instants plus tôt. Esther, qu'elle l'avait appelée.

Esther, dont le trot s'altéra légèrement quand leurs regards se croisèrent.

Elle n'était pas que rouquine, elle était aussi étrangère avait alors stupidement réalisé Regan.

Cette révélation lui procura un étrange sentiment d'appartenance, de communion, d'harmonie..? Il ne savait pas vraiment comment le décrire, il voulait lui présenter son petit doigt et le crocheter au sien comme s'ils partageaient un secret seulement connu d'eux. Il n'était pas totalement certain de cerner la symbolique de ce geste, mais il avait vu des jeunes japonaises le faire entre elles et c'était sans doute l'image qui se rapprochait le plus de la sensation qui s'était logée dans le creux de son ventre.

Elle avait affiché un petit sourire absent avant de commencer à examiner Kota et quand elle se mit à découper son pantalon, à lui tailler un short, Regan se surprit à refréner son envie impulsive d'en faire la remarque. Il avait pu rencontrer pas mal de monde depuis son arrivée au Japon et d'après les échos qu'il pouvait entendre en retour, il s'y prenait très mal. Tourner sa langue sept fois dans sa bouche avant de l'ouvrir était le conseil qui revenait le plus souvent avec arrêter d'interpréter les réactions des gens sur ce qu'il avait pu voir à la télé (qui n'était apparemment pas une bonne représentation de la réalité).

Mais c'était une fille.

Et Regan avait déjà eu des amiEs! Des prostituées, que son père lui avait envoyé dès la puberté dans l'intention de l'éduquer sexuellement tout en gardant le contrôle sur la période la plus hormonale de sa vie (manquerait plus qu'il lui fasse un bâtard dans le dos hein). Une manœuvre qui s'était avérée totalement inutile puisque Matvei et Regan avaient, d'un accord commun et tacite, déjà pris ce problème en main de leur côté.

Littéralement.

Entre eux.

Ce qui aurait sans aucun doute causé une vague d'anévrismes dans leurs familles respectives si cela avait été découvert, mais Regan avait profité de l'omerta pudibonde voilant ses activités sexuelles pour créer des liens étroits avec les prostituées, dont certaines avaient été à peine plus âgées que lui.

C'était leur présence même qui avait commencé à lui faire remettre en question le système dont il faisait partie. C'était d'elles qu'il tenait ses "valeurs sorties de nulle part" qui avaient tant perturbées son père, incapable de trouver la source d'éveil de ce sens moral dérangeant pour ses affaires futures.

Regan ne pensait pas s'être fait manipuler pour porter un coup de l'intérieur (et même si ça avait été le cas, il leur en serait reconnaissant). C'était des choses anodines qui lui avaient fait ouvrir les yeux sur l'absurdité de son milieu, progressivement, un pas après l'autre. Telle que passer des séances entières à gossiper comme des hyènes sur les soirées mondaines moscovites — où il leur arrivait de se croiser — en imitant ces outrecuidantes personnes qui, drapées dans leurs hautes estimes d’elles-même, appuyaient leurs noms de famille pour mettre en place cette pyramide sociale auxquelles ils attachaient tous un respect grotesque. Mais il y avait aussi eu des confessions, des confidences, des angoisses, des rires et des pleurs. Ces rendez-vous avaient été leur petite bulle de normalité dans un quotidien de vices et de brutalité et Regan était peut-être un handicapé social mais il ne pensait pas faire d'erreur en qualifiant les relations qu'il avait pu entretenir avec elles d'amitié.

Il y avait donc des précédents, il pouvait faire ça. C'était peut-être juste les hommes et les Japonais qui avaient un problème avec ses manières.

Perdu dans sa poussée d'optimisme, Regan sursauta légèrement quand Esther lui adressa la parole. Elle lui souriait, la main tendue. Putain si ce n'était pas un signe, une invitation, Regan n'y comprenait plus rien.

Déterminé à faire bonne impression, il s'avança de l'autre côté du lit en tirant sur la lanière de son arme jusqu'à ce que celle-ci soit dans son dos pour ne pas gêner ses mouvements. Il était réticent à l'idée de s'en séparer, les gens étaient prêts à faire n'importe quoi pour obtenir un moyen de se protéger. Regan en était bien conscient, c'était pour cette même raison qu'il avait rejoint Omega après tout.

"Pour ma défense, c'est pas moi qui lui ai tiré dessus." chercha-t-il à se justifier dans un marmonnement qui sonna presque coupable à ses propres oreilles.

Il lança un rapide coup d’œil incertain à Esther avant de placer ses mains sur les épaules de Kota pour les maintenir à plat sur le matelas. Il se demandait comment restreindre ses bras dans cette position quand un petit rire fatigué lui fit relever le regard sur son camarade.

"Je crois qu'elle parlait de soutien moral Regan.."

"Oh." Il relâcha sa prise en fronçant les sourcils.

"Laisse tomber.." soupira Kota. Il semblait plus las qu'énervé, ce qui rassura Regan avant qu'une main demandeuse ne lui soit présentée. "Trouve-moi quelque chose à me mettre entre les dents."

Regan cilla, mais reconnaissant de la porte de sortie que lui offrait Kota, repéra rapidement une desserte remplie d'instruments métalliques qu'il s'empressa de rejoindre. Concentré sur sa mission, il suivit d'une oreille distraite les échanges qui s'effectuaient dans son dos. Il y avait bien un tournevis qui pouvait faire l'affaire, enfin, son manche en bois plutôt, mais pouvait-il le prendre à mains nues ou devait-il enfiler des gants..? Et qu'est ce qu'un tournevis foutait là en premier lieu? Il haussa une épaule, il n'avait pas besoin d'être stérilisé pour l'usage qu'ils comptaient en faire de toute façon.

Il s'en saisit alors délicatement en prenant garde à ne rien toucher d'autre pour ne pas alourdir inutilement la charge de travail d'Esther mais son geste se figea quand cette pensée s'orienta soudainement vers son exacte opposé: Peut-être pouvait-il contaminer le plateau entier l'air de rien et lui proposer son aide pour bouillir tous les instruments avec elle..? Est-ce que cela faisait partie du genre d'actions qu'on lui reprochait en temps normal..? Il pouvait toujours feindre la débilité, personne ne remettait jamais cette excuse en question, mais ça serait contre-productif dans son cas, il voulait faire bonne impression..

Dans le doute, il abandonna l'idée mais quand il se retourna avec le tournevis en main, il réalisa que Kota avait déjà un objet beaucoup plus approprié entre les dents.

Il fronça de nouveau les sourcils; l'avait-il envoyé chercher quelque chose exprès pour l'éloigner..? Il revint lentement au chevet de son camarade en faisant tourner l'outil entre ses doigts. Ça ne jouait pas en sa faveur, mais il pouvait rattraper ça, suffisait juste d'être logique. Qu'est ce qu'on faisait généralement quand on rencontrait quelqu'un..? Oh.

"Moi c'est Regan." indiqua-t-il inutilement à l'intention d'Esther au moment même où Kota lâcha une plainte qui monta crescendo entre son mors.

..Jusqu'à atteindre un niveau de décibel qui fit grimacer Regan.

Timing, s'auto-flagella-t-il.


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Sujet: Re: Dans le temps, même le futur était mieux [Ft. Esther Millerwell]
Dim 4 Nov - 20:23

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“ Dans le temps, même le futur était mieux. ”
[ RP flashback ○ Été 2060 ○ Ft. Esther Millerwell ]


En pleine conversation avec sa supérieure, des années de méfiance instinctive lui firent noter malgré sa distraction que le rouquin avait placé son arme dans son dos.

Pas à terre.

Elle en conclut alors qu’il ne leur était sans doute pas hostile pour le moment, et qu’il n’était ni naïf, ni étranger aux situations « délicates ». Les chimères n’étaient pas là depuis suffisamment longtemps pour qu’une personne lambda développe se genre de réflexes. L’hypothèse du chasseur stupide en vadrouille qui tire sur son compagnon laissait sa place à quelque chose se rapprochant plus du soldat…

« ….c’est pas moi qui lui ai tiré dessus. »

Un soldat avec de l’humour -et un accent slave !- manifestement. C’était bien trop rare à sa connaissance pour ne pas lui arracher un demi-sourire, même si le regard plus qu’agacé du patient laissait planer un léger doute sur son implication dans l’histoire.

Le demi-sourire ne tarda pas à devenir plus franc quand elle vit ce dernier au comble de l’impatience alors que son compagnon tentait de l’immobiliser par les épaules.

« Et si tu te consacrais à ton travail plutôt qu’à épier nos visiteurs Esther ? » la sermonna Mika, les sourcils froncés et un index accusateur ramenant le regard de la jeune fille dans sa direction.

« Pardon Mika. Je ne vois pas souvent d’étrangers… » répondit-elle, faussement penaude, ses yeux d’azur jetant un nouveau regard curieux en arrière.

« Mika-sensei. » la corrigea pour la énième fois son ainée en tapant du pied, tant pour attirer de nouveau son attention que pour signifier son agacement.

La rouquine marmonna un « Oh, right. Honorifics. Damn it. » avant de s’excuser de nouveau, puisque manifestement les japonais avaient un goût prononcé pour les excuses plates et répétées, puis de retourner auprès du blessé, les instructions gravées dans sa tête.

Elle remarqua que l’étranger n’était plus au chevet de son compagnon, mais farfouillait du côté de sa desserte. Se rappelant qu’elle ne contenait aucun produit ni objet de grande valeur, elle reporta son attention sur son patient, et lui glissa d’une voix calme :

« Il va y avoir un très mauvais moment à passer d’ici une petite minute, je ne vous le cacherai pas. Vous ne voulez pas que votre ami soit à vos côtés ? »

Au regard qu’il lui lança alors, elle comprit qu’ils n’étaient peut-être pas aussi amis que ça, et qu’il l’avait sans doute éloigné volontairement, ce qui fit un peu tiquer la jeune femme. Après tout, les personnes de bonne volonté étaient si rares que les envoyer balader relevait de la bêtise. Il lui avait été très facile de remarquer, à la façon dont il avait consciencieusement tenté de maintenir le blessé, que le rouquin voulait aider. Alors pourquoi son propre compagnon ne lui permettait pas de se rendre utile ?

Esther avait pour principe de ne jamais mentir à ses patients. Ils étaient en droit de tout savoir sur ce qui leur arrivait et, dans ce cas précis, ce qui allait leur arriver. Elle entreprit alors de détailler au dénommé Kota comment, faute d’anesthésiants depuis quelques jours et de temps pour le saouler, la plaie étant dans un trop mauvais état pour attendre plus longtemps, elle ne pouvait lui proposer qu’une plaquette de bois entourée de gaze  à poser entre ses dents pendant que les deux femmes extrayaient la balle qui, après vérification par Mika, n’était pas ressortie.

A l’instant où il hocha la tête, indiquant qu’il comprenait et consentait à ce qu’elle se mette au travail, elle lui tendit l’objet, le rallongea tout en ajustant son oreiller, et fixa son bassin ainsi que sa jambe au lit à l’aide d’épaisses sangles. Changeant de nouveau ses gants, elle saisit une pince et s’accroupit au niveau de la plaie, à côté de son mentor. A son signal, elle jeta un dernier regard au blessé, ses yeux d’azur pleins de compassion et d’une appréhension dissimulée sous un sourire, et entreprit d’écarter la plaie, afin de permettre à Mika de glisser une pince plus petite, et repêcher la balle.

Les cris n’avaient pas commencé tout de suite. Ils résistent toujours un peu, pensa-t-elle. Mais à l’instant où Mika avait commencé à fouiller entre les chairs, un hurlement perçant avait empli la pièce.

S’il y avait un son qu’elle pouvait magiquement rayer de son existence, ce serait celui-là. Le son d’une souffrance si grande et indomptable que toute retenue explose en morceaux. Pour empêcher sa main frêle de trembler, elle se répétait sans cesse, comme un mantra gravé dans son esprit, qu’il ne mourrait pas. Pas aujourd’hui.

Il ne mourrait pas.

Pas aujourd’hui.

Pas aujourd’hui.

Respire.

Je connais ta douleur.


Les hurlements ne cessaient pas. Les sourcils froncés et un reste de sourire figé en une drôle de grimace, Esther luttait maintenant contre elle-même. Contre les souvenirs de ses propres hurlements, dans cette cave qui puait l’alcool et la moisissure, alors qu’elle venait de fêter ses douze ans. Alors que ses yeux commençaient à s’embuer et qu’une larme traîtresse menaçait de rouler le long de sa joue, les cris cessèrent enfin.

Il s’était évanoui.

La jeune fille laissa échapper un soupir de soulagement.

Tout va bien. A ton réveil, tu auras moins mal.

Soudain, des mots bénis.

« Je l’ai. » avait murmuré Mika. « Tu as fait du bon boulot, ma petite. » avait-elle ajouté en retirant la si insignifiante mais si dangereuse boulette de métal et en aspergeant la plaie de sérum désinfectant. « Elle n’a touché ni veine ni os. C’est un chanceux celui-là. Je m’occupe de refermer, change un peu d’air. » finit-elle en croisant son regard.

La rouquine acquiesça, reconnaissante. Elle appréciait Mika, et elle savait que le sentiment était réciproque. Il était facile de passer des heures avec l’infirmière, et les deux femmes se comprenaient souvent sans échanger de mots. Aussi aucune d’elles n’ajouta de commentaire quand Esther se releva, essuyant ses yeux d’un coup de manche au passage, et jeta avec un soupir fatigué la dernière paire de gants ensanglantés de sa journée dans une poubelle qui avait connu de meilleurs jours.

Elle prit une minute pour craquer ses phalanges crispées et se tourna vers l’autre visiteur, qui se tenait là, entre son compagnon et la desserte, un tournevis à la main, et une expression indescriptible dans ses yeux couleur de glace, qu’Esther se surprit à détailler une fraction de seconde de trop. S’avançant dans sa direction, elle arbora un sourire satisfait et se planta devant lui, les mains sur les hanches.

« Et voilà ! La balle a été extraite avec succès ! Mais maintenant, il a besoin de repos pour bien amorcer la cicatrisation, une dizaine de jours immobilisé je dirais. »

Se rappelant d’un détail qu’elle avait saisi Dieu sait comment au cours de l’opération, elle ajouta d’un ton enjoué :

« Oh je suis désolée, tu as dit quelque chose tout à l’heure non ? Ton ami a la voix qui porte ! » dit-elle en laissant échapper un petit rire, avant de porter son attention sur le tournevis qui faisait des acrobaties dans la main du jeune homme.

« Ah, tu as trouvé un de mes trésors ! Tu aimes la mécanique ? »

Esther n’allait pas rater une chance de parler à quelqu’un qui lui ressemblait plus que la centaine de personnes qu’elle côtoyait régulièrement, et se dit qu’après tout, une fin d’après-midi à retaper ces vieilles machines avec un peu de compagnie ne serait pas désagréable.





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Dans le temps, même le futur était mieux [Ft. Esther Millerwell]

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