Ashita no Sekai



 

L'aurore d'or érubescent [Libre]

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Sujet: L'aurore d'or érubescent [Libre]
Dim 4 Nov - 16:18

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Réputation: On l'appelle l'éclair rouge de Aotoshi en référence à sa rapidité et son agilité dites "légendaires" qui se seraient affutées au cours de ces dernières années. Ce n'est pas la modestie qui l'étouffe, quant à se faire apprécier de ses pairs, c'est une autre histoire. On l'évite au mieux, on le méprise au pire. C'est à double-tranchant que de l'avoir dans l'équipe : soit il parvient à terrasser l'adversaire d'un coup de lame bien placé, soit il se fait toucher et devient une cible fragile. Plus c'est gros et lent, mieux c'est pour lui.
Arme(s) utilisée(s): Cimeterres en verres metalliques & projecteur à fils à couper/neutraliser

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Le crissement de ses pas s'intensifia à mesure que les secondes s'égrainèrent. La matinée s'annonçait prometteuse, et il ne sut si cela était dû au parfum de fer flottant dans l'air ou si son instinct lui jouait des tours.
Si le vent s'évertuait à jouer avec les mèches de leurs cheveux, Reese et son petit-frère, Kan, semblaient engoncés dans de bien troubles méandres. Ils arpentaient de la meme façon l'horizon par delà le 16eme étage et seul le souffle constant mais chantonnant de l'air les environnait.

- Il t'arrive souvent de regarder vers une direction qui se trouve à des kilomètres d'ici. Tu es sûr que tu as fait le bon choix ?


La question était tombée tel un couperet. Reese ne s'était pas véritablement attendu à ce que l'on remette en cause son illustre choix de devenir chasseur. Evidemment, il ne répondit pas, comme les trois quart du temps. Kan se permit de reprendre :

- ... Peut-être qu'on s'est trompés de voie, toi et moi. .. peut-être qu'elle aurait voulu que l'on soit des ...
- Kan.
Il se tourna vers lui pour ancrer son regard transparent dans le sien, lui intimant par ce biais de ne prononcer le nom de l'ennemi sous aucun pretexte. Les rebelles. Plusieurs fois il avait rêvé rejoindre ce camp, et puis, sa vengeance, sa haine, sa colère avaient malheureusement triomphé de tout.
Il se détourna de son champs de vision pour attraper son verre d'eau, et l'engloutit d'un seul trait avant de s'essuyer d'un revers de main le coin des lèvres. Il recut un appel par la suite qui prévoyait son départ, des plus imminents.

Il n'avait pas été mis au parfum concernant l'objet precis que Neiji Onichi devait recupérer mais ladite cause du voyage semblait importante, voire peut-être même primordiale. Reese n'avait pas cherché à savoir, et executait l'ordre de l'escorter jusqu'à Tokyo, pleine centre ville. Ils étaient une toute petite escouade de six membres, dont Neiji Onichi lui-même, un grand chercheur pour qui la science avait de moins en moins de secrets. Il était important pour Aotoshi, mais aussi pour cette mission. Il n'en restait pas moins que la raison du pourquoi et du comment échappèrent au taciturne eclair rouge qui n'ouvrait la bouche que pour ... respirer.

Un hélicoptère à l'aspect militaire les attendait. Reese prit place au sein de l'engin et écouta attentivement les détails de l'ordre de mission : une fois l'helico stationné, le pilote et l'un des chasseurs, Mamoru, resteraient sur place pour protéger la zone, tandis que le reste de l'équipe s'enfoncerait dans les venelles de Tokyo pour se rapprocher du centre.
Reese avait accumulé un nombre incalculable de missions. L'adrénaline inexistence, il emboita le pas de son escouade sans frissonner, sans ressentir la moindre étincelle d'excitation. Tout à son introspection, il ne lâcha pas du regard ce qui pouvaient être considérés comme étant les angles morts de la ville. Vêtu simplement de la légendaire combinaison, il avançait aisément parmi les nombreux décombres, et ne sut si c'était le fruit de son imagination en sentant quelques paires d'yeux posées sur eux.

Les rebelles...


   

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Sujet: Re: L'aurore d'or érubescent [Libre]
Sam 17 Nov - 18:52

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L'aurore d'or érubescent
Ft. Reese FitzReagan ]


C’était une mauvaise idée.

Elle le savait. Même Asae, l’oreille collée contre la porte de l’atelier pour entendre leur conversation, le savait.

Tokyo n’était pas sûr, et trop loin.

Mais Tetsuo avait insisté, s’était évertué à minimiser chacune des objections de la jeune femme avec son empressement habituel et ridicule, et Esther avait cédé. Pas pour lui, jamais pour quelqu’un comme lui, mais pour l’issue que pourrait avoir cette expédition.

Une capsule.

Une réserve d’énergie quasi illimitée pour peut-être plusieurs villes rouges, sous la forme d’une capsule de la taille d’une valise, abritant un matériau développé par le Japon il y a environ 20 ans et produisant une quantité phénoménale d’énergie avec une facilité d’installation et d’usage déconcertante. Maintenant utilisé dans toutes les villes bleues, il était plus rare de pouvoir en trouver dans les villes rouges, alimentées par des groupes électrogènes, le SSN ayant réquisitionné la plupart des capsules lors de l’apparition des chimères, pour ses villes, ses structures, et en particulier pour les camps de chasseurs.

Avoir une capsule à Gotenba signifierait offrir une meilleure protection aux habitants par le biais des multiples pièges et systèmes automatisés qu’Esther développait chaque jour mais envoyait directement dans sa remise, faute d’énergie suffisante pour les faire fonctionner.

Tetsuo avait eu vent via ses informateurs douteux qu’en fuyant Tokyo lors de l’invasion des chimères, les techniciens de la ville avaient oublié une capsule dans l’un de leurs postes électriques. Une occasion pareille pourrait ne jamais se présenter à nouveau, et l’autre solution étant un raid de ville bleue, inenvisageable pour la jeune femme qui refusait catégoriquement d’impliquer des innocents au grand  désespoir de son acolyte, elle ne laisserait pas passer cette chance, aussi hasardeuse fut-elle, et même s’il fallait supporter cet imbécile une journée entière.

C’est ainsi que deux jours plus tard, au petit matin, les deux rebelles empruntèrent une des rares routes  encore praticables jusqu’à Tokyo, dans le 4x4 de Tetsuo, à toute vitesse.

Esther avait une confiance très limitée en son partenaire, mais c’était objectivement un très bon pilote. Aussi s’accorda-t-elle un instant sans surveiller la route.

Ça vaut le risque, se répétait-elle comme un mantra. Il n’y a que nous deux, on entre, on sort. Ça ira.

« Tu es inquiète. » lui glissa le jeune homme, ses yeux durs fixés sur la route.

« Et pas toi c’est ça ? » lui répondit la jeune femme en une fraction de seconde.

« Hey Es’, ça va le faire. On va garer la voiture un peu à l’écart de la ville, on récupère la capsule, et on se barre. Et après ça, je t’emmène boire un verre. » Ajouta Tetsuo avec un sourire en coin.

Ça aurait surement été indélicat de vomir sur ses chaussures, alors la jeune femme serra les dents et répondit sèchement :

« Esther. Tais-toi et conduis. »

« Bien madame » siffla-t-il en ricanant.

Une heure plus tard, la ville était en vue. Ou plutôt, les monstrueuses ruines qui se trouvaient à la place de l’ancienne capitale.

Les deux rebelles cachèrent la voiture et se dirigèrent vers les restes de bâtiments. Pas de chimères en vue, pas d’alerte. Tout se passait relativement bien, mis à part qu’Esther n’allait pas tarder à étrangler son coéquipier si elle devait l’écouter une minute de plus parler de sa personnalité ô combien magnifique. Rien ne pouvait être plus éloigné de la vérité qu’avait pu observer la jeune femme.

Soudain, Tetsuo se tut.

La rouquine se rapprocha, la main sur la hanche, touchant dans un geste rassurant le manche du couteau de chasse caché sur son flanc.

« On n’est pas loin, je crois. » murmura le jeune homme en sortant son téléphone « c’est ce bâtiment » ajouta-t-il en pointant la carte sur l’écran et en désignant d’un coup de menton un immeuble encore relativement debout entre les gravats, à quelques dizaines de mètres de leur position.

« Parfait. On y va. »

Mais à l’instant où la jeune femme prenait les devants et s’élançait d’un pas décidé, un bruit beaucoup trop reconnaissable les figea sur place.

Un moteur d’hélicoptère.

Qui se dirigeait vers la ville.

« Et merde ! » grogna le blond « Il devait pas y avoir de patrouille! »

Esther agit par reflexe et l’empoigna par le col, le tirant jusqu’à un reste de bâtiment auquel il manquait portes et fenêtres. Dans l’obscurité des ruines, elle en profita pour bien dissimuler ses cheveux trop reconnaissables sous une casquette noire et noua un foulard autour de sa bouche. S’il s’agissait de ce qu’elle redoutait, alors il fallait réduire au maximum le bruit de leur respiration.

La réponse à cette question ne se fit pas attendre, alors qu’ils assistèrent à l’arrivée d’un petit groupe armé, et plus important encore, dont certain de ses membres portaient ce qu’elle espérait encore ne pas voir aujourd’hui.

La combinaison.

Des chasseurs.

Accroupie dans l’ombre, son regard glacé occupé à détailler avec précision le moindre de leur équipement, Esther était en alerte. La capsule n’était pas loin, il était encore possible de se faufiler dans les ombres et de rejoindre le bâtiment. Lorsqu’elle estima que les chasseurs s’étaient suffisamment éloignés pour respirer à nouveau, elle fit un signe de tête entendu à son partenaire et ils se déplacèrent, au ralenti, entre les décombres, et se glissèrent sans bruit à l’intérieur de l’immeuble.

Les chasseurs n’avaient pas encore atteint ce point, sans doute occupés à fouiller la zone. Tant mieux. Ça leur laisserait un peu de temps pour trouver la capsule et partir d’ici, aussi rapidement que possible.

C’était une mauvaise idée. Elle le savait.
 





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Sujet: Re: L'aurore d'or érubescent [Libre]
Jeu 29 Nov - 15:57

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Il fit néanmoins confiance à son instinct. L'objet de leur recherche et de leur présence devait probablement aussi attirer d'autres fouines, mais il ne comprit pas alors la raison de le faire maintenant. Il lui arrivait fréquemment de se poser ce qu'il estimait être "les bonnes questions", à ne jamais souffler à l'oral.
Qui était réellement le SSN ? Et surtout, il y avait-il des fouines au sein même de l'unité des chasseurs ? Pourquoi seraient-ils à l'abri de complots et diverses alliances tacites et officieuses ?
D'un coup de main, il chassa ces pensées, néfastes à sa concentration, et approcha l'un des seuls immeubles encore capable de se soutenir malgré l'état cataclismique de l'environnement. Remontant les gravas, et à mesure qu'il avançait, il allegea le poids de son corps dans son avancée, sur le qui-vive. Il n'arrêta pas d'estimer les lieux d'une ronde analytique des yeux, jusqu'à ce qu'on le surprenne en demandant :

- Où vas-tu, Reese ?
Le roux tourna de moitié le visage, et n'approuva pas la familiarité avec laquelle son camarade le hêlait.
- Kyoshi a designé cet immeuble pour "ce que nous cherchons".
- Tu veux dire l'ar..." Une main sur posa précipitemment sur la bouche de Sada. On l'entendait "momoter" même avec la bride vocale sur lui.
- La ferme, Sada ! Pourquoi on t'a fait venir dejà ?" grogna l'un des quatre chasseurs qui pesta en son for devant l'indiscrétion totale de son homologue. Enfin, il savait les capacités de Sada au-delà de l'impossible, au vu de sa propension à braver les imprévus un par un avec un toupet comme on en voyait peu, pour ne pas lui administrer un coup dans la gueule.
Ils se rapprochèrent tous de Reese et tous sentirent un froid gagner leur visage. .. La combinaison semblait en revanche les conserver de tout état de température.

- On avance !

Le groupe s'engouffra alors dans les décombres. Bien que sombre à l'intérieur de l'immeuble en état de stase, les quelques fenêtres bancales permirent aux raies de lumières d'éclairer légèrement leur chemin.
Seulement, Reese n'était absolument pas rassuré. On lui avait assigné cette mission à la dernière minute, ce qui l'handicapait sur les détails de la mission qui pouvaient, de manière fortuite, sauver la donne. Outre le fait qu'il n'était qu'un remplaçant.

- Qui sait pour notre venue ?" demanda-t-il subitement, incitant le chef d'escouade à prendre la parole.
- Personne, Reese. Ne t'inquiète pas, nous avons fait plusieurs rondes ces derniers temps pour repérer les mouvements des rebelles. Ils ne sont pas au courant de cet engin et s'ils le sont, ils ne sauront pas le faire fonctionner.

Le roux étrecit ses yeux, et observa sa supérieure. Brune, cheveux au carré, les yeux en amande, le regard acéré, d'un vert flamboyant. Il s'agissait d'une tres belle femme mais arborait une attitude froide, fiere et lugubre. Il était rare qu'elle fasse la conversation et Sada et l'équipe furent étonnés qu'elle daigne discuter avec Reese sans le remettre à sa place. Un "ca ne te regarde pas" aurait fait l'affaire, d'ordinaire.

Sada s'essaya alors, en s'incrustant dans la discussion :
- Et on arrive bientôt, dites ?
... Sitôt, un leger sifflet venteux fit office de réponse, tandis que seule l'anarchie de leur pas donna un indice quant à leur présence, et leur nombre.

Reese stoppa net son avancée et tourna la tête vers le côté gauche, comme happé par un son étranger. ..
- On ne doi..
- Chut.
- .. se séparer..
- On se sépare." declara Reese sans attendre les ordres. Après un certain silence, leur chef somma à l'encontre de Saga :
- Accompagne-le.


   

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Sujet: Re: L'aurore d'or érubescent [Libre]
Dim 9 Déc - 18:49

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Le sous-sol était humide et sombre.


Esther devait constamment garder un œil sur ses bottes de cuir pour éviter de signaler sa position en marchant sur des gravas instables.
Les chasseurs avaient pénétré le bâtiment. Elle avait entendu l’un d’eux babiller un peu trop fort. S’ils se mettaient à signaler eux-mêmes leur position, la vie allait devenir plus facile, se dit la jeune femme en contournant une poutre effondrée.
Devant elle, Tetsuo avançait d’un pas précautionneux mais assuré. Malgré ses nombreux défauts, Esther admirait ses qualités, et parmi elles figuraient une détermination sans faille et une rapidité dans ses prises de décision qui faisaient de lui un allié inestimable.
Instable et imprévisible, mais inestimable.
« Alors, je suis comment de dos ? » souffla-t-il en se retournant à moitié, un sourire suggestif sur les lèvres.
Esther leva les yeux au ciel. Imprévisible.
« En fait, je me demandais au bout de combien de temps tu allais me sortir une connerie du genre, et combien de temps il me faudrait pour t’étrangler. »
« Tu sais, ces jolies mains seraient tellement plus agréables… » commença Tetsuo avant que la main en question ne vienne se plaquer sans ménagement sur sa bouche. De son autre main, elle passa un index sur ses propres lèvres, lui intimant de ne plus faire un bruit.
« Shhh ! J’ai entendu des pas ! »
Le sourire de Tetsuo mourut en un instant, et Esther ajusta sa prise sur le fidèle couteau de chasse attaché à sa cuisse.
A l’étage, les pas se dispersaient dans plusieurs directions différentes. Le groupe se séparait. Elle entendit deux, peut-être trois paires de bottes résonner dans leur direction. L’un deux avait un pas plutôt saccadé, comme s’il hésitait à avancer, ou attendait qu’on le lui permette.
L’autre cependant, avait une démarche lente et régulière. Calme. 
  
C’était une personne habituée à la pression et aux missions discrètes, ça ne faisait aucun doute. 

Bien qu’intriguée, Esther ne prendrait pas le risque d’attendre plus longtemps et de tomber nez à nez avec elle.
Elle fit un signe muet de la tête à son acolyte, et ils se remirent en route, avec une précaution doublée.
Quelques minutes plus tard, alors qu’ils sortaient d’un couloir qui ressemblait plutôt à un parcours d’obstacles, son téléphone vibra. Enfin, se dit-elle dans un soupir de soulagement. Le capteur qu’elle avait développé quelques jours plus tôt fonctionnait à merveille, pour sa plus grande satisfaction, et confirmait la présence d’une source d’énergie intense à proximité. 
Vraiment très intense.
A bien y réfléchir, cette information aurait dû inquiéter la jeune femme, mais son empressement à vouloir quitter cet endroit au plus vite faussait sa réflexion.
Les rebelles n’entendaient plus les pas des chasseurs. Ces derniers devaient fouiller la zone, ce qui expliquait pourquoi ils mettaient tant de temps. Il ne fallait pas traîner ici. 

Entrant dans la pièce d’où venait le signal le plus fort, Esther jeta un regard glacé vers la moindre petite étagère de ce qui semblait être un vieux laboratoire, alors que Tetsuo gardait l’entrée. 

Il ne lui fallut pas longtemps pour repérer la capsule. Enterrée sous une pile de paperasse, elle émettait toujours cette très reconnaissable lueur bleue. La jeune femme attrapa la poignée de cette dernière et la posa délicatement à terre. S’accroupissant, elle contempla sans cacher sa fascination l’objet qui allait rendre la vie meilleure à des centaines de personnes.
Une minute passa, et soudainement, soulevant le cache du panneau de contrôle, la jeune femme pâlit. 

Elle ne remarqua pas tout de suite que Tetsuo avait bougé. Elle ne s’inquiéta pas de le voir pencher un peu trop souvent la tête par l’embrasure de la fenêtre, et ne fit aucun commentaire lorsqu’elle l’entendit jurer entre ses dents. Parce qu’autre chose retenait son attention, une chose qui faisait trembler ses mains pourtant si habiles. Une chose terrible, qu’elle n’avait même pas envisagée.
Le voyant était rouge. 
« Tetsuo… » murmura la rebelle.
« Et merde. On va avoir de la visite. Prends la capsule, on dégage de là. »
« Tetsuo. »
« Grouille. Tu as besoin d’aide pour la porter ? »
« TETSUO! »
Au diable les chasseurs.
« Mais t’es dingue ! Ils vont nous repérer ! »
Elle releva soudain la tête vers son compagnon, et le jeune homme, contemplant le visage noyé d’anxiété de la rouquine, se tut. 
« Elle n’est pas sécurisée Tetsuo. Elle est instable. C’est…C’est… »
A cet instant, alors qu’elle était accroupie sur le sol poussiéreux, jonché de décombres, la capsule clignotant entre ses mains pâles, son regard d’habitude si assuré cherchant celui du blond dans un élan de désespoir, les mots avaient rarement été aussi difficiles à prononcer.
« C’est une bombe. »
Tetsuo accourut à ses côtés, tirant sur une lanière pour faire glisser son arme contre son flanc.
« Regarde-moi. » lui glissa-t-il. Esther restait muette.
« Regarde-moi Esther ! » répéta-t-il, prenant le visage de marbre de la jeune femme entre ses mains calleuses. « Elle n’a pas explosé en cinq ans. Elle n’explosera pas aujourd’hui. Est-ce que tu comprends ? »
Un hochement de tête.
« Bien. Est-ce que tu peux la stabiliser ? »
Esther émit un petit rire désespéré.
« Je ne peux pas. Je ne connais pas cette technologie. Je n’ai jamais eu l’occasion d’en voir de si près, je… »
« C’est pas grave. » coupa-t-il. « On va trouver quelqu'un qui sait. Les chiens de chasse sont venus avec un homme qui a l’air taillé pour la paperasse. C’est sûrement un scientifique d’Aotoshi.»
« Et quoi ? On va lui demander s’il ne peut pas retaper la capsule et s’enfuir ? C’est ridicule. On la laisse là, Tetsuo. On trouvera un autre moyen. »
« Non ! » s’emporta le jeune homme. « On n’aura pas d’autres occasions ! » Il s’éloigna de quelques pas, hésitant. Il soupira. Lentement, il tira son téléphone de sa poche, et composa un numéro.
« Je suis désolé, Es’, tu n’aurais jamais accepté si tu avais su. »
La sonnerie résonna faiblement dans la pièce.
Biip. biip.
« Tetsuo. »
« Tu veux toujours qu’on parte en petit groupe, mais tu sais, le nombre ça peut être utile, dans ces cas-là par exemple. »
Biip. Biip.
« Tetsuo qu’est-ce que tu fais ? » Esther se releva, marchant dans la direction du rebelle.
« Oui ? » dit une voix jeune, beaucoup trop jeune, à l’autre bout du fil. Elle ne reconnaissait que trop bien cette voix. C’était Kuran, un jeune rebelle tout juste majeur de la ville de Tetsuo.
« L’homme en costume. Il nous le faut. »
« QU’EST-CE QUE TU FAIS ?!! » criait maintenant la jeune femme. « Tu n’as pas pu faire ça ! Ils ne savent pas se battre !! »
Alors qu’il raccrochait sans lui prêter attention, elle lui asséna un coup de poing qui le précipita au sol. A cet instant, elle entendit les premiers coups de feu au dessus de sa tête, et son cœur hurla de douleur.
« Ils vont se faire massacrer !! Dis leur de fuir ! Dis leur de se rendre ! »
Dans sa rage, elle ne remarqua pas l’homme à la chevelure flamboyante qui venait de passer la tête par l’embrasure de la porte.
 






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