Ashita no Sekai



 

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Sujet: welcome (+jian wan)
Mer 7 Nov - 16:10

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welcome
C’était le grand jour. Celui de rayer une nouvelle chose sur sa bucket-list. Peut-être. S’il faisait l’affaire. Et ce n’était pas gagné d’avance. Peut-être que le propriétaire de la bête n’était pas au courant de la situation de Marko. Peut-être que ce serait un point négatif, que ça tuerait toutes ses chances. Il n’arrivait même plus à se souvenir s’il en avait parlé, lorsqu’ils avaient décidé de la rencontre. Il lui semblait que non, parce que c’était un détail qu’il avait toujours tendance à oublier de préciser, que ce soit volontaire ou non. Ah, peu importe, au final. Il verrait bien. Sans jeu de mots.


Marko s’était levé tôt, parce qu’il pensait qu’il serait productif et profiterait des heures matinales pour passer son appartement au peigne fin et le rendre impeccable. On s’en doute cela dit, il n’avait pas été productif. Il était resté assis sur sa chaise, dans la cuisine, à fixer sa tasse de café, se demandant s’il faisait trop froid pour la boire dehors. Le temps qu’il se décide, c’était le café qui était devenu trop froid. Alors il l’avait jeté dans son évier et s’en était refait coulé un autre, toujours la tête dans le pâté, avant de se faufiler par la baie vitrée de la cuisine pour s’installer sur le balcon.

Si ce n’était pas pour la vue, il se serait cru à la campagne à chaque fois qu’il sortait. De la fausse pelouse au sol, un bain de soleil et une piscine miniature gonflable pour y plonger les pieds les jours de grande chaleur. Un petit coin de paradis dans la prison qu’était Aotoshi. Il se sentait le roi du monde, perché là haut, entre les fausses plantes qu’il avait installées là pour donner un petit côté… exotique, disait-il. Mais malgré tout le charme que possédait le balcon, là tout de suite, seulement vêtu du caleçon qui lui servait de pyjama, il se les pelait sévère. Par acquis de conscience, il avala une gorgée de son café, faisant mine d’observer l’horizon, histoire de dire qu’il profitait quand même un peu du bout d’extérieur qu’il possédait et puis il s’enfuit, au chaud à l’intérieur.

Il avait failli s’installer à nous à la table de la cuisine, pour pouvoir regarder à travers la baie vitrée, comme s’il était encore dehors. La chaleur en plus. Et le confort en moins, surtout. Marko n’avait jamais cru utile de s’acheter des chaises, parce qu’il avait tendance à ne s’asseoir que sur le canapé, alors c’était ses parents qui avaient fini pour lui en filer, s’inquiétant probablement plus pour ses invités qu’autre chose. Et soyons clair, s’ils avaient voulu se séparer de quatre chaises signées d’un designer à la mode, ce n’était pas parce qu’elles n’allaient plus dans leur intérieur ; c’était parce qu’elles étaient plus inconfortables qu’un trottoir humide, parsemé de cailloux et de rats. Elles n’en avaient pas l’air comme ça, ces chaises, mais elles étaient ignobles. Le genre à vous péter le dos si vous y restiez plus de dix minutes. Pauvres invités, au final.

Il s’était donc ravisé, de toute façon, la cuisine c’est pas très intéressant. Aseptisée, sol carrelé blanc et murs gris, cachés derrière les meubles de rangement et les outils électroménagers. Une pâle copie de la salle de bain, la baignoire jacuzzi en moins. Franchement, la cuisine était la pire pièce de son appartement. Marko ne l’aimait pas. Parce qu’il n’aimait pas trop cuisiner, il n’aimait pas trop devoir sortir la vaisselle du lave-vaisselle, toujours à se planter une fourchette dans la main parce qu’il ne l’avait pas vu, ou à manquer de détruire une pile d’assiette parce qu’il a rompu l’équilibre en en posant une de travers par dessus. Que des difficultés qui n’allaient pas s’arranger avec le temps. Il finirait sûrement par ne plus prendre que des repas en livraison. Comme ça, y’aurait plus qu’à tout mettre à la poubelle. Fini la vaisselle et les explosions de céramique par terre.

Le canapé, du coup. Dans le salon, la pièce centrale de l’appartement, celle qui donnait sur tout le reste. A part sur la salle de bain, dont la porte restait planquée dans l’entrée. Le beau canapé en cuir, installé sur un tapis acheté en solde pour lequel Marko avait eu un véritable coup de coeur, à l’époque. Il apportait un peu de gaieté au milieu des nuances grisâtres qui recouvraient chacun des murs jusqu’aux sols, même le parquet. Ce tapis bordeaux, à poils longs et rond, qui tranchait si fort avec tout le reste, carré, net. Même le canapé n’était rien de plus qu’un rectangle de peau teintée en gris souris. Super confortable, par contre.

Marko s’y était enfoncé dedans un lassant un soupir de soulagement, comme s’il venait de finir une grosse et fatigante journée de travail. Pourtant il venait techniquement de se lever, et tout ce qu’il avait fait de sa journée pour l’instant était tourner en rond et faire couler du café. Qu’il devait boire, d’ailleurs. Ce serait bien dommage de devoir jeter à nouveau le breuvage parce qu’il avait encore refroidi. Allumant machinalement la télévision, accrochée au mur en face de lui alors qu’il savait qu’il ne la regarderait pas, il pris son temps pour descendre sa boisson. Elle lui brûlait un peu la langue quand elle passait, peut-être aurait-il dû attendre encore un peu, en fait.

Il n’était plus à ça près, de toute façon. Il s’était retourné pour observer l’énorme horloge plantée dans le mur derrière lui, histoire de vérifier à quel point il était en retard. Oh putain… laissa-t-il échapper. Il venait de perdre une bonne heure et demi. A ne rien faire. A siroter un café, à s’avachir tellement fort dans son canapé que ce dernier avait fini par prendre sa forme.

Marko se leva d’un coup, posant sa tasse vide sur la table entre le canapé et la télé, manquant au passage de renverser la plante carnivore qui vivait là. Vite vite vite. Il ne lui restait pas tant de temps que ça, si il y réfléchissait bien. Il devait faire les choses dans l’ordre, de manière organisée, comme il les ferait à l’agence. Alors d’abord, la douche. Le plus important, être présentable, au moins un minimum. En premier, récupérer ses affaires. Parce que ce serait dommage de devoir traverser l’appartement trempé après la douche pour aller les récupérer.

Marko se précipita dans sa chambre, ouvrant la troisième baie vitrée de l’appartement pour aérer et jetant les couvertures sur son lit pour faire comme s’il l’avait fait. Il ne savait pas trop pourquoi il se souciait de cette pièce, d’ailleurs, il y avait assez peu de chance qu’elle soit visitée. Mais il le faisait par principe, sûrement. Content de lui, il alla récupérer ses vêtements, les préféra sobres, dans des tons gris et noirs, comme ses murs et ses portes. Assortis. Une chemise, un jean taillé au style actuel et il finirait ça par une paire de sneakers passe partout. Casual sans être un sac.

Il avait ensuite couru vers l’entrée, poussant la porte de la salle et se jetant sous l’eau dès qu’il s’était débarrassé de son pyjama - ce qui n’était long à accomplir. Pas le temps pour un jacuzzi ce matin, il tira tira le rideau qui protégeait le reste de la pièce et alluma le pommeau de douche, fixé en hauteur. Se laver rapidement, il connaissait bien. Les douches longues, finir tout fripé et s’étouffer dans la buée, y’avait mieux.

Une fois tout frais et habillé, il abandonna la salle d'eau pour chercher quelque chose dans le placard de l’entrée - un balais. L’appartement n’était pas sale, et loin d’être en bordel aussi, mais il allait y repasser un petit coup, sait-on jamais. Il s’attachait les cheveux en traversant la pièce à vivre, ouvrant la baie qui donnait sur le balcon. C’était son petit secret sa manière de passer le balais. Il ramenait tout dans le salon et jetait tout sur le balcon. Voilà. Il n’avait jamais acheté de balayette et, de ce qu’il pouvait en voir, ça marchait assez bien. Rappelons cependant qu’il n’y voie pas forcément bien, et même si elle ne dit rien par respect, sa femme de ménage se demande à chaque fois pourquoi il y autant de poussières et de miettes amassées devant cette fenêtre. Aah, si elle savait !

Il ne lui fallut quelques minutes pour “nettoyer” l’appartement, passant dans toutes les pièces à la vitesse de la lumière, ne sachant même pas s’il ramassait vraiment quelque chose. Fier de lui, il avait posé le balais à côté de la baie, laissant celle-ci ouverte par ailleurs, histoire de laisser entrer de l’air frais.

Il lui ne lui restait plus qu’à ranger, maintenant. Il n’y avait pas grand chose à faire dans ce domaine là, puisque Marko se préservait en évitant de laisser des trucs traîner. Il avait appris par coeur la disposition de ses meubles et les chemins menant d’une pièce à l’autre, pour pouvoir se mouvoir chez lui sans avoir besoin de réfléchir, alors à quoi bon se mettre des bâtons dans les roues en ne rangeant pas ce qu’il mettait en désordre. Mais qu’importe, il allait quand même passer en revue tout ce qui pourrait dépasser et décaler d’un demi-centimètre chaque objet de décoration, comme s’il les remettait à leur place initiale, comme s’ils avaient bougé, alors que non, pas du tout.

D’abord la bibliothèque, objet qui ne lui servait plus mais qui était sympa comme déco. Il vérifia qu’aucun livre ne manquait à l’appel, alors qu’il n’avait pas lu depuis des siècles. Puis les plantes vertes, posées dans les coins du salon, qu’il aspergea d’eau dans sa clémence. L’une d’entre elle semblait souffrir et perdre son aspect luisant, peut-être devrait-il la déplacer à l’extérieur, un de ces quatre. Mais il n’avait pas le temps, là tout de suite. Enfin dans la cuisine, il s’assura qu’aucune vaisselle sale n’avait été oubliée, ne pensant même pas au mug à café qu’il avait laissé sur la table basse du salon. Il remarqua que le rouleau d’essuie-tout était finit et, même si n’était pas important sur le moment, il pris la décision de le changer. Il jeta alors le vide à la poubelle et attrapa, dans le placard accroché au dessus de lui, un nouveau rouleau.

Et là, la sonnette. Marko se retourna, regardant l’horloge à travers l’ouverture qui donnait sur le salon. Ouais, il était en avance. Embarquant son rouleau d’essuie-tout neuf avec lui, il se dirigea vers la porte pour appuyer sur le bouton de l’interphone, ce qui déverrouilla la porte qui donnait sur la rue, avant de parler dans le microphone. “ C’est au cinquième, la porte au fond à droite, je laisse ouvert. ”

Sur ces mots, il ouvrit à demi sa porte comme invitation à entrer, et se retourna pour fouiller dans le placard à la recherche de ses lunettes. Il voulait les porter, déjà pour faire passer le message sans avoir à l’articuler, mais aussi pour éviter que son regard vagabondant ne mette mal à l’aise son interlocuteur. On lui avait déjà dit que ça faisait bizarre, quelqu’un dont les yeux ne savaient se caler sur quelque chose et c’était tout à fait le genre de commentaire qu’il se passerait bien d’entendre une seconde fois. Mais apparement, cette fois Marko n’avait pas assuré. Il ne les avait pas rangées à leur place, et il n’avait aucune idée de là où il avait bien pu les poser, si ce n’était pas dans ce placard. Tant pis, il allait sûrement devoir faire sans, puisqu’il ne voulait pas trop s’éloigner de la porte pour ne pas être de l’autre côté d’un mur lorsque la personne à qui il avait ouvert arriverait. Alors il avait fermé le placard, regardé le rouleau d’essui-tout dans sa main en se demandant pourquoi il l’avait embarqué et été resté là, planté derrière la porte, comme s’il attendait son jugement.


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Sujet: Re: welcome (+jian wan)
Jeu 8 Nov - 22:56

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Informations complémentaires
Depuis: 1 an
Réputation: Jian Wan est doué au combat mais un connard méprisant dans la vie de tous les jours. De ce fait, il est difficile d'ignorer son existence. Même si sa compagnie n'est pas franchement appréciée – excepté par les dames dans un contexte précis (...bien que pas toujours, ne vous faites pas de fausses idées), on est ravi de l'avoir en tant que compagnon d'arme. Jian Wan laisse les stratégies à ses camarades qui le sollicitent généralement pour les attaques de front.
Arme(s) utilisée(s): 2 épées des plus classiques, 1 lourde courbée et une plus fine et raide, semblable aux armes factices que l'on retrouve au Kendo.
Welcome
ft. POLO

Jian wan s’était levé tôt, par habitude plus que par obligation. Sa mission d’hier lui promettait, en théorie du moins, une journée sans appel. Une information que son horloge biologique n’avait visiblement pas jugé utile de prendre en compte. Les yeux péniblement dirigés sur son ID-0, il avait commencé à remettre en doute l’existence même des alarmes digitales en voyant 05:15 flotter au-dessus de son poignet. Il désactiva le réveil qui aurait dû sonner deux heures plus tard et sortit de sous ses draps dans un soupire. Putain d’horloge.

Heureusement, il n’avait rien contre le matin. A vrai dire, et surement contre toute attente, c’était le moment de la journée qu’il appréciait le plus après la nuit. Il aimait se lever très tôt, quand le soleil est timide et le temps encore frais et brumeux, quand les rues sont calmes puisque desertes. Très tôt le matin, il pouvait profiter de la lumière sans se sentir assailli par la noirceur des autres. Il n’y avait personne pour lui infliger un visage plein de micro expressions qu’il ne pourrait pas ne pas voir. Ou presque. Peu de chasseurs pouvaient se vanter d’une grasse mat. Au domaine militaire, il devait être nombreux à enfiler leurs baskets avant 6 h. Il n’était pas le seul de la ville, seulement de son quartier. Enfin… si on ne compte que les êtres sur deux jambes.

Il ne lui avait pas donné de nom. Il n’y avait pas vraiment réfléchi non plus. Il était trop petit pour ça. Une excuse insensé au premier abord mais le fait est qu’il était incapable de penser à quelque chose qui ne sonnait pas ridiculement mignon pour son espèce. Il suffisait de le voir pour comprendre ce qui le retenait. Il donnait envie de le manger dans un petit tacos braisé aujourd’hui mais il savait qu’en grandissant il serait celui qui donnerait l’impression aux autres d’être de la viande sur pattes enroulée dans une chair moelleuse style pain de mie Harrys. Du moins, c’est ce qu’il espérait pour lui. Pour l’instant, le chiot se montrait plutôt craintif. Pas avec lui mais avec tout ce qui lui était inconnu, au point de se demander si ça avait été une bonne idée de l’emmener courir avec lui. Jusqu’ici, c’était une voisine du rez-de-chaussée qui travaillait dans le milieu qui s’était chargée de le sortir, et de le garder en fin de compte quand lui ne pouvait pas. Il rentrait aussitôt ses services faits et le récupérait dès que possible, une situation difficilement gérable sur le long terme. Cela faisait un mois, le petit s’était ouvert (non sans mal), il était temps de lui dire au revoir avant qu’il ne s’attache trop, qu’ils ne s’attachent trop. En attendant, il comptait bien profiter des dernières heures qui lui restait avec lui. Autant dire qu’il ne courut pas à vive allure – ok, surtout parce que le chiot en avait décidé ainsi.

۞ ۞ ۞ ۞ ۞ ۞ ۞ ۞

L’adresse et le numéro du candidat lui avaient été transmis par sa voisine. Elle lui avait parlé de l’annonce dès qu’elle l’avait entendu mais conseillé d’attendre que le chiot soit prêt, pas seulement mentalement mais d’un point de vue médical et administratif. Tout était bon désormais. Ce petit tacos lui avait bien mangé son argent ...et son rideau aussi, ainsi que son plaid et un bout de son fauteuil. Petite tête mais grandes dents. Piranha ? Non, trop féroce comme nom, pensa-t-il tandis qu’il resserrait le porte bébé rose blanc que sa voisine lui avait gentiment dépanné. Il enfila son casque, et en profita pour y cacher sa honte en même temps.

Il était peut-être économe, mais digne aussi. Étonnamment, il ne jugea pas nécessaire de monter dans l’immeuble avec le porte bébé. Aussitôt garé, il le rangea avec son casque dans le petit coffre de la moto. Finalement, il ne traversa la route qu’avec l’essentiel, le chiot et un sac plastique remplit de croquettes, de jouets et d’un bout du plaid rouge qu’il avait déchiré et dont il se servait comme doudou. Il appuya sur l’interphone, dé-zippant sa veste à l'avance. Il n'y avait pas un immeuble à Aotoshi qui était dépourvu de chauffage.

« C’est au cinquième, la porte au fond à droite, je laisse ouvert. »

God. Il ne devait pas être du genre à recevoir beaucoup de visites lui. Il n'avait pas même envisagé quelqu'un d'autre. Avec une expression traduisant un "compréhensible", il poussa la porte avec son pied.

La voisine lui avait dit d’éviter de le porter mais il était difficile de résister à la tentation. Il se donnait toujours une excuse, du genre… Il était petit. La cause de bien des troubles, vous l'aurez remarqué. Le monde regorgeait de dangers pour les choses si petites et fragiles, dont se coincer la patte dans une porte automatique ou se faire planter par le talon aiguille d’une Jimmy choo, pour en citer quelques uns. Pensant qu’il lui en avait peut-être trop demandé ce matin, il préféra prendre l’ascenseur. C’était leur – peut-être – dernier moment d’intimité. Il se permit un regard tendre sur son museau, puis sur ses oreilles qui ne demandaient qu’à être croquer. Crocmou ? Pas mal... Ah et puis merde, pourquoi cherchait-t-il encore un nom ? Il se contenta de le baptiser d’un baiser, auquel le Rottweiler lui répondit en prenant son menton pour une glace à la fraise.

« Ah ok, amatrice de French kiss, hein ? »

Malgré son sourire, il se sentait tendu. Tendu puisque triste n’était pas une option, et qu’il se savait trop protecteur pour la céder à un autre facilement. Il caressa sa tête une dernière fois avant que l’ascenseur ne sonne l’étage puis soupira comme pour chasser ses pensées. Au fond à droite donc. Il s’assura que les portes se referment avant de la déposer au sol. Oui, ça allait être compliqué de la céder sans être sûr qu’elle irait bien.

Il la regarda se dandiner toute seule vers le fond du couloir alors qu'il la suivait. Elle avait l’air étrangement à l’aise, de quoi le dérider un peu. L’idée même de se montrer plus souple et tolérant l’irritait, mais si elle avait confiance, peut-être qu’il avait moins de soucis à se faire qu’il ne le pensait. Il croyait en peu de choses mais il était trop sensible aux autres lui-même pour douter de l’instinct animal. Il sortit ses gants de moto qu’il rangea dans les poches de sa veste et recoiffa vulgairement ce que le combo cheveux-mouillés-de-la-douche et moto avait fait de ses cheveux en les tirant vers l’arrière. Et la porte s’ouvrit sur le passage de-

« Petite. »

Qui se stoppa aussitôt pour le regarder, sa queue s’agitant sur place. Est-ce que ça avait été son nom tout ce temps, sans s'en rendre compte ?

Elle ne le savait pas encore, mais elle tournait le dos à son prochain père. Si tout se… passait…- Est-ce que c’était du sopallin dans ses mains ? Il passa furtivement sa langue sur ses lèvres. Ok.

« J’arrive trop tôt peut-être ? »  

Le ton était anormalement sérieux pour une remarque qui se voulait taquine. C’est qu’il n’était pas certain de pouvoir en rire … ni de pouvoir lui serrer la main l'esprit tranquille. Il s’en abstient d'ailleurs, l’ignorant si elle se présentait.

« Je me permets. » annonça-t-il en refermant la porte derrière lui.

Lorsqu’il se retourna, l’hôte avait reposé ses yeux sur la chienne. Il put noter qu’il portait ses chaussures à l’intérieur donc ne s'embarrassa pas d’enlever les siennes. Aaah, cela fait des années qu’il n’avait pas été chez quelqu’un qu’il ne connaissait pas, excepté ceux chez qui il entrait pour coucher évidemment. Il balaya la pièce du regard. La sobriété du lieu fit très vite échos à son propre appartement. Minimaliste, c’était peut-être le mot ? Il se permit de faire quelques pas dans le salon. La tasse à café sur la table, le balai contre la baie vitrée. Était-il toujours aussi organisé ou avait-il maquillé la scène du crime ? Il se tourna vers la bibliothèque, passant sa main sur la bordure des livres sans se soucier d’être intrusif. Allright. S’il n’était pas organisé, alors il méritait un doctorat en make up de star. ...Ou quelque chose de similaire mais qui a la décence d'exister.

« Tu as déjà eu un chien ? » lança-t-il en recentrant son attention sur lui, d'une voix poussant à l'honnêteté.

« Pas déranger par leur nature bordélique ? »

Droit devant sans passer par la case vouvoiement. Minimaliste n’est pas le mot, pensa-t-il en baissant ses yeux sur la chienne qui se frottait au canapé parfaitement placé et entretenu.

Son apparence aussi ne laissait entrevoir aucune entaille, aucune faute. Il était élégamment habillé et sa carrure laissait deviner un rythme de vie sain. Bien, au moins il n’aurait pas à s’inquiéter de savoir s’il saurait satisfaire ses besoins physique en grandissant. Parce que diable qu’elle allait en avoir … une fois qu’elle en aurait fini de se terrer sous la table basse.

« Elle a été trouvé dans un nid de chimères. Je ne sais pas combien de temps elle y est restée. Assez pour être craintive. » lui dit-il en la suivant des yeux. C’était sa façon très neutre de le rassurer sur son comportement. Elle ne le rejetait pas, elle était simplement craintive au départ. « On ne dirait pas mais elle semble plutôt à l’aise. » Moins neutre, parce qu’il s’était promis de faire un effort. Pour elle.

Il retint un soupire à cette perspective. Maintenant, il n’avait plus d’autre choix que de se confronter à lui. Non pas à ses yeux bleus, sa voix ou son corps, mais à ses regards, ses tons et sa gestuelle qu’il avait plus ou moins fuit jusqu’ici.
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Ce soir comme hier soir, tu céderas à tes démons. Tu détestes les problèmes mais encore plus les solutions.  - Disiz #810808
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Sujet: Re: welcome (+jian wan)
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Le ding de l’ascenseur. Celui qui annonçait qu’il ne pouvait plus reculer, plus se débiner. C’était idiot, d’être autant stressée pour si peu. Marko ne comprenait même pas pourquoi son cœur s’était mis à battre plus vite, pourquoi la terre tournait plus fort depuis que l’interphone avait sonné. Peut-être parce qu’il n’avait jamais été mis face à pareille situation ; il n’avait même jamais eu besoin de passer un entretien d’embauche, il n’avait aucune idée de comment se vendre ou donner l’apparence de quelqu’un de bien. Peut-être aussi parce qu’il savait qu’il y avait une chance que dans quelques heures, sa vie aie totalement changé. Qu’il n’aurait pas qu’à s’occuper de lui-même, mais qu’il aurait aussi à charge une petite créature qui n’a jamais rien demandé. Peut-être était-ce une mauvaise idée au fond. Peut-être était-ce la pire des idées, même. Ou peut-être le contraire. Il ne pourrait pas savoir tant que rien n’était fait. Cétait comme une surprise, un jeu de chance. Pile ; tout ira bien. Face ; il ruine sa vie et celle d’un animal.

La porte se poussa. Seule ? Non. Marko avait dû chercher du regard, de haut en bas, pour trouver l’origine de l’ouverture. Ils étaient là. La petite boule de poils, dans le pas de la porte, et derrière, probablement son propriétaire. Il n’avait pu s’empêcher de sourire, qui aurait pu de toute façon. Qui pouvait se retenir de sourire devant ce genre de choses. Même les cœurs de pierre les plus endurcis ne pouvaient rester de marbre devant un petit chiot. Il voulait tant s’agenouiller et tendre la main, mais avant ça il avait dû retourner les yeux vers le propriétaire. J’arrive trop tôt peut-être ? Etait-ce l’essuie-tout qui lui avait fait penser ça ? Probablement. Il y avait de quoi, au fond. Marko secoua la tête pour signifier que non, essayant de cacher le rouleau derrière son dos. Je me permets. Porte fermée. La petite bête pouvait maintenant découvrir sa peut-être future maison tranquillement, sans que personne ne s’inquiète qu’elle cherche à filer par la porte.

Elle l’envoutait presque. Marko n’avait jamais vu de chien aussi beau, à ses yeux du moins. Ceux qu’il avait rencontrés dans son quartier californien étaient souvent chétifs, sales et montraient les crocs à tous ceux qui s’approchaient. Même les chiens qui appartenaient à ses voisins, il ne les avait jamais trouvés beaux. Tout balafrés, enchaînés toute la journée à niaquer à tout ce qui osait bouger. Marko n’avait compris que de longues années plus tard l’utilité de ces molosses, et la raison pour laquelle ils semblaient y en avoir un nouveau toutes les trois semaines. Des bêtes qu’on n’avait jamais aimées, qui n’avaient jamais aimé, qu’on avait dressées pour le mal et qui le faisaient bien. C’était pas de leur faute, aux chiens, s’ils étaient aussi hargneux, mais ça avait laissé l’impression au jeune Marko que tous les canidés étaient un danger pour sa vie, jusqu’à ce qu’il soit adulte, dans un meilleur environnement, et qu’il ait pu rencontré des chiens qui n’avaient pas été élevés dans la colère et la pauvreté. C’était pour ça qu’il avait voulu un chien, au final, parce qu’il avait l’impression d’avoir raté quelque chose, et qu’il voulait connaître la complicité unique qui pouvait apparaître entre les bêtes et les Hommes quand toutes les bonnes conditions sont réunies.

Tu as déjà eu un chien ? Ses invités avaient déjà commencé à sillonner le salon, et il les avait suivit. Mais cette question était un peu une question piège. Il était vrai qu’il n’en avait jamais eu. Un non serait-il un condamnation certaine ? Il n’espérait pas, parce qu’il l’aimait déjà, ce chiot. Enfin, en quelques sortes, autant qu’on peut aimer quelque chose d’aussi adorable qu’on vient à peine de rencontrer. Ce genre de sentiment qu’on a, tel un preux chevalier prêt à défendre ceux qui en avaient besoin. Le chiot semblait en avoir besoin. Cela suffisait à Marko pour s’imaginer en armure étincelante et sur un cheval blanc.

Pas déranger par leur nature bordélique ? Les contraires s’attirent, qu’on dit. Il était un vrai qu’un chien dans un appartement pareil semblait faire tâche, mais cette remarque ne fit rien d’autre que faire sourire Marko. « Du tout. Je trouve même que ça manque un peu de bordel ici, justement. » Il cherchait peut-être à détendre un peu l’atmosphère. Parce que l’autre, le propriétaire, semblait un chouïa tendu. Mais il pouvait le comprendre, il serai dans le même état à sa place.

Avançant dans le salon, Marko déposa le rouleau d’essuie-tout sur un petit meuble qu’il savait près de lui. Si son geste semblait si hésitant, c’était parce qu’il n’avait pas envie de rater sa cible devant quelqu’un qui était là pour le juger. Mais tout s’était bien passé, le rouleau était bien posé sur une surface dure et n’avait pas finit par rouler par terre, comme Marko l’avait craint un instant. Au fond, peut-être que cela aurait pu amuser le chiot, qui avait apparemment élu domicile sous la table basse. Adorable.

Elle a été trouvé dans un nid de chimères. Je ne sais pas combien de temps elle y est restée. Assez pour être craintive. Ah, pauvre petite. Il y aurait donc du travail à faire, sûrement. Marko ne serait plus le seul de son entourage à devoir apprendre et réapprendre certaines choses, et d’une certaine manière, c’était rassurant. Il avait même hésite à tenter l’humour, à dire qu’ils pourraient aller voir le psy ensemble du coup, mais il s’était ravisé. Ce n’était sûrement ni l’heure ni le moment d’évoquer sa santé mentale qui battait de l’aile. On ne dirait pas mais elle semble plutôt à l’aise. Ca, c’était quelque chose qui lui faisait plaisir.

« C’est une bonne nouvelle, ça, non ? » Un sourire, et quelques pas vers la table basse et celle qui était cachée en dessous. Il avait tout fait pour s’approcher doucement, pour ne pas effrayer la petite merveille. Mais il voulait la voir, et malheureusement il ne pouvait pas voir à travers les meubles. Alors il s’assit par terre, en tailleur, et tendit la main gauche vers la petite, gardant la droite appuyée au sol pour ne pas perdre l’équilibre. Viens là, c’est juste une main, c’est gentil une main dit-il, dans un quasi chuchotement attendri, adressé seulement à la boule de poils. Mais elle ne prit pas, alors Marko rangea sa main, redressant le dos tout en restant assis, comme s’il cherchait à l’habituer à sa présence.

« Elle a un nom ? » Son regard s’était retourné vers celui qui avait accompagné le chiot. Il avait l’air assez fermé, ce gars là. Enfin en tout cas, c’était l’impression que Marko en avait. Peut-être était-ce juste dû à la situation. Peut-être pas. Peu importe, il n’était pas vraiment là pour faire copain copain, de toute façon. Il suffisait juste qu’il aie assez confiance en Marko pour que ça aille, non ? Mais Marko était-il quelqu’un de confiance ? Il en doutait lui-même, à vrai dire ; et comment rassurer quelqu’un alors qu’on est même pas sûr soi-même.

Il jeta un œil à la petite, toujours sous sa table, avant de se relever. « Je sais pas si t’as vu, mais il y a un balcon. » Cette fois, ce n’était pas au chien qu’il s’adressait, même s’il espérait un peu attirer son attention aussi. Évitant le canapé de justesse, il s’était avancé jusqu’à la baie vitrée, à côté de laquelle reposait toujours le balais. « Avec piscine, pour les jours de chaleur. » il indiqua du bout du doigt l’objet dégonflé à côté du bain de soleil. Elle ne payait pas de mine comme ça, la piscine, mais en vrai on pouvait y mettre facilement trente centimètres d’eau. Il était sûr que ça plairait à la petite chose, en temps voulu.

Et il se rassit, là où il s’était avancé, à côté de l’ouverture sur le balcon. Essayant encore d’appeler le chiot, quitte à avoir l’air ridicule. Et même si sa petite bouille commençait à dépasser timidement de sous la table, Marko ne semblait pas avoir trop de succès pour le moment. Ca viendrait, se disait-il. Ca viendrait. « N’hésites pas si t’as des questions, ou si tu veux visiter. Je comprends que tu veuilles t’assurer de la laisser entre de bonnes mains. » L’appartement, il saurait le vendre, ça il n’y avait pas de soucis. C'était son job, au fond, et il était bon. Par contre il redoutait plus les questions. Il ne savait pas vraiment quoi craindre, cela dit. Quels genre de questions difficiles à répondre pourrait-il bien lui poser ? Plein, en fait. Il y avait plein de choses à savoir sur quelqu'un avant de lui confier un animal. Et Marko n'aurait pas forcément toujours les bonnes réponses à donner. Mais il donnerai les meilleures qu'il pourrait. Il se débrouillerait. Comme toujours.
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